La percée des éco-entreprises
Grandes entreprises implantées sur les marchés
internationaux ou entreprises petites et moyennes particulièrement
innovantes : l'éco-industrie constitue désormais un
secteur d'activité important pour notre économie nationale.
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Lancées au début des années 1970 pour répondre
aux premières politiques publiques en faveur de la protection
de l'environnement, les éco-entreprises constituent aujourd'hui
un secteur d'activité relativement important de notre économie.
Selon les statistiques officielles, elles représentent un
chiffre d'affaires global de l'ordre de 21 milliards d'euros pour
les seules entreprises répertoriées comme telles,
c'est-à-dire celles qui travaillent dans les secteurs de
l'assainissement, de la gestion de déchets et de la récupération
des matériaux. En fait, d'après une étude publiée
récemment par la , on pourrait y ajouter nombre d'entreprises
petites ou moyennes spécialisées qui interviennent
dans des domaines très divers à la fois par la matière
traitée (l'air, l'eau, les déchets industriels ou
les ordures ménagères
) et par le type d'activité
(la collecte de produits, la dépollution des sols ou la fabrication
d'équipements spécifiques
). Au total, si l'on
exclut les travaux menés à des fins environnementales
par les entreprises du bâtiment et des travaux publics, on
estime que l'activité des éco-industries se répartit
selon quatre grands domaines : la gestion d'installations de collecte
avec les services associés (40 %), la récupération
de matériaux ou de déchets (30 %), la fabrication,
l'installation et la maintenance d'équipements spécifiques
(25 %), le solde, 5 %, regroupant les études, le conseil,
l'ingénierie, le contrôle et la R&D.
Des cadres pour les éco-industries
Former des élèves ingénieurs aux métiers
de l'environnement industriel et territorial dans un contexte de
développement durable : tel est l'objectif de l'option Environnement
présentée aux étudiants par l'Ecole des mines
de Saint-Etienne. Depuis sa création, en 1995, cette formation
n'a cessé d'évoluer pour s'adapter aux besoins des
écoentreprises. Elle propose aujourd'hui quatre modules d'enseignement
distincts qui débouchent sur trois profils d'ingénieurs
différents : ingénieur Environnement industriel, ingénieur
Etudes-services aux collectivités et aux entreprises et ingénieur
Aménagement du territoire.
Grands groupes et petites entreprises familiales
Un ensemble relativement disparate donc dans lequel cohabitent
des grands groupes à notoriété mondiale et
des très petites entreprises familiales voire unipersonnelles.
C'est ainsi que l'on trouve dans ce secteur non seulement des entreprises
puissantes, comme Veolia Environnement ou Suez Ondeo, qui sont de
véritables leaders internationaux sur leur marché
et qui conduisent, avec leurs moyens propres, d'importants programmes
de recherche et développement mais aussi une myriade de petites
entreprises de production ou d'ingénierie, issues le plus
souvent de l'essaimage des laboratoires publics, qui font généralement
preuve de grandes qualités d'innovation et de réactivité.
Bien entendu elles n'ont pas la même clientèle, elles
n'utilisent pas les mêmes technologies et elles ne présentent
pas le même potentiel de croissance. A noter néanmoins
que plus de la moitié du chiffre d'affaires de l'ensemble
du secteur est réalisé par les entreprises de moins
de 250 salariés.
Une progression supérieure à la moyenne nationale
Même difficulté d'appréciation pour les statistiques
concernant les effectifs de l'ensemble de la profession. On estime
à 98 000 le nombre des salariés affectés à
des éco-activités dans les entreprises appartenant
aux secteurs de l'industrie et des services. A ce chiffre, on peut
ajouter environ 38 000 emplois pour les activités du BTP
liées aux travaux concernant la défense de l'environnement
ainsi qu'une part significative des emplois d'ingénierie
correspondants. Bref, le nombre d'emplois offerts actuellement par
les éco-entreprises pourrait se situer aux environs de 150
000. Autre indicateur significatif: celui de la croissance du marché
des éco-industries dans notre pays qui a atteint pour les
dernières années une progression nettement supérieure
à celle de l'ensemble de l'économie nationale : +
5 % par an pour la période 1990-2002.
Un plan export pour les éco-entreprises
Face aux enjeux internationaux du marché de l'environnement
(il est estimé à plus de 400 milliards d'euros), l'Etat
a mis en place, en 2002, un plan export destiné à
mobiliser acteurs publics et acteurs privés au profit du
développement international des éco-entreprises françaises.
C'est ainsi qu'une démarche stratégique a été
engagée pour identifier les atouts de l'offre française
ainsi que les cibles considérées comme prioritaires
sur les marchés étrangers. Un premier bilan vient
d'être établi et Christine Lagarde, ministre déléguée
au Commerce extérieur, a décidé de nommer une
commission parlementaire qui est chargée de fixer les conditions
d'une relance de ce plan et de préciser les moyens nécessaires
à sa réussite.
Bien implantées sur le marché national où
les collectivités locales leur fournissent une part importante
des débouchés (37 % du chiffre d'affaires global derrière
l'industrie manufacturière : 45 %), les écoentreprises
françaises occupent également une place honorable
sur le marché international (elles se situent au quatrième
rang mondial) et les moyens qu'elles mobilisent dans de nombreux
pays étrangers sont importants : environ 30 % de leur potentiel
total si l'on tient compte à la fois des exportations et
de la production réalisée hors de France. Car, au-delà
du chiffre d'affaires des éco-industries réalisé
à l'export (15 %), les entreprises de ce secteur sont largement
implantées hors de nos frontières sous la forme de
filiales ou de participations dans des entreprises de droit local.
D'importants investissements directs ont ainsi été
réalisés par des groupes français dont certains,
en matière notamment de traitement de déchets et d'eaux
usées, réalisent désormais plus de la moitié
de leur activité hors de France.
Pôles territoriaux et réseaux
Au début des années 1990, les acteurs du secteur
de l'environnement, soucieux de leur compétitivité
en France et sur les marchés étrangers, ont mis en
oeuvre une stratégie de développement en réseau.
On recense ainsi désormais une dizaine de pôles locaux
ou régionaux, constitués autour d'entreprises industrielles
et centrés sur des problématiques telle que l'innovation
ou l'export. Parmi les plus importants, on peut citer :
- ,
- ,
- le pôle de l'eau de Saint-Etienne,
- l', en région Provence-Alpes-Côte d'Azur,
- l'Europôle de l'Arbois, près d'Aix-en-Provence
- , le
pôle éco-industries de la zone d'Alès,
- CDEE-Création-développement éco-entreprises,
en région Nord - Pas-de-Calais,
- Apesa-Association pôle environnement sud aquitain,
en Aquitaine.
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Cette bonne performance d'ensemble se traduit, au niveau géographique,
par une forte présence des éco-entreprises françaises
dans les Etats membres de l'Union européenne : plus de la
moitié de nos débouchés à l'étranger.
Mais notre leadership international en matière de prestations
de services dans le domaine du traitement de l'eau et des déchets
contraste avec des positions moins affirmées sur le segment
des marchés d'ingénierie et d'études, d'exportation
de technologies et de ventes d'équipements industriels. A
noter également qu'un nombre limité de PME indépendantes
de ce secteur d'activité, qu'il s'agisse d'entreprises industrielles
ou de sociétés de services, connaissent une présence
significative à l'international.
Auteur : Laurence Chesnais. Photos : VEOLIA
Source : n° 108 octobre 2005
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