Impôts : la révolution copernicienne www.impots.gouv.fr
Avec la montée en puissance du programme
Copernic, les entreprises peuvent
désormais utiliser la voie électronique pour procéder
à la déclaration et au règlement
de leurs impôts à l'administration fiscale ainsi que
pour consulter leur compte fiscal.
Disposition nouvelle importante contenue dans la loi de finances
2006 : toutes les entreprises dont le chiffre d'affaires réalisé
au titre du dernier exercice connu est supérieur à
1,5 million d'euros sont tenues, depuis le 1er janvier dernier (on
passera à 760 000 euros à compter du 1er janvier 2007),
de déclarer et de payer leurs échéances de
taxe à la valeur ajoutée par voie
électronique. Jusqu'à la fin de l'année dernière,
cette obligation ne concernait que les entreprises dont les ventes
annuelles dépassaient les 15 millions d'euros. Une mesure
qui accompagne la montée en puissance au sein du ministère
de l'Economie, des Finances et de l'Industrie des services dématérialisés
offerts par le programme Copernic lancé il y a cinq
ans maintenant.
Destiné à l'ensemble des contribuables, particuliers
comme entreprises, ce programme
doit permettre, d'ici à l'échéance 2010, aussi
bien d'accomplir ses obligations fiscales en
ligne que d'accéder à toutes les informations relatives
à sa propre situation fiscale. « Reposant sur les
grandes possibilités offertes par les nouvelles technologies
de l'information et de la communication, explique Patrick Dailhé,
le directeur du service à compétence nationale Copernic,
cette véritable e-administration est aujourd'hui déjà
largement opérationnelle
pour les quelque 3,5 millions d'entreprises que compte notre pays.
»
Une convention avec les experts comptables
Signature le 6 décembre dernier entre Jean-François
Copé, ministre délégué au Budget
et à la Réforme de l'Etat, et Jean- Pierre Alix,
président du Conseil supérieur de l'Ordre des
expertscomptables, d'une nouvelle convention de partenariat.
Elle porte sur deux domaines principaux :
- la promotion des téléprocédures. Les
deux parties se sont engagées à développer
au niveau régional des actions d'information et de communication
visant à encourager les entreprises à recourir
aux téléprocédures ;
- la mise en oeuvre des mesures fiscales. Les experts-comptables
seront désormais plus étroitement associés
à l'élaboration de la politique de simplification
et de modernisation engagée depuis plusieurs années
maintenant par l'administration fiscale.
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Plus de 80 milliards d'euros de TVA collectés en ligne
Premier volet : les déclarations fiscales. TVA, impôt
sur les sociétés, taxe professionnelle, taxe sur les
salaires
toutes les entreprises ont désormais la possibilité
de déclarer et de régler en ligne, de manière
sécurisée, la totalité des sommes dues à
l'administration
des Impôts. Pour la taxe à la valeur ajoutée
par exemple, plus de 80 milliards d'euros (soit
56 % environdu montant total) ont ainsi été collectés
l'an dernier. Mise en place en 2002, la procédure dite TéléTV@
pour déclarer et payer la TVA est extrêmement simple.
Après avoir déposé un dossier de souscription
au service des Impôts géographiquement compétent
et obtenu le certificat numérique indispensable, il suffit
de saisir sur les écrans proposés par l'administration
fiscale, au moment de chacune des échéances et en
une seule opération, l'ensemble des éléments
constitutifs de sa déclaration puis de procéder au
paiement de la somme due par télérèglement.
En cas d'erreur, des envois rectificatifs sont naturellement possibles.
Deux modalités de transfert des données sont prévues
- la procédure EFI (Echange de formulaire informatisé)
accessible par internet dans laquelle l'entreprise saisit elle-même
les informations nécessaires sur des écrans interactifs
et la procédure EDI (Echange de données informatisé)
dans laquelle un prestataire de services effectue les envois pour
le compte de l'entreprise - et des accusés
de réception sont adressés à l'entreprise concernée.
Pour les impôts autres que la taxe à la valeur ajoutée,
une procédure équivalente et aussi simple a été
mise en place. Principaux avantages du télérèglement
: il n'entraîne aucun frais pour l'entreprise si ce n'est
le coût d'achat du certificat numérique qui est très
vite amorti et surtout il peut être effectué à
tout moment, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, même si les
sommes ne sont prélevées qu'à l'échéance.
« Grâce à ce système, précise
un chef d'entreprise utilisateur, nous n'avons plus à
attendre l'imprimé envoyé par l'administration, ni
à gérer les délais postaux. »
Au-delà de la possibilité de s'acquitter de ses obligations
fiscales, Copernic offre également aux contribuables professionnels
une large palette d'autres services en ligne dont le principal est
l'accès au compte fiscal. Ils peuvent y trouver un historique
des déclarations fiscales et des paiements déjà
effectués par papier ou par paiement électronique,
suivre leurs demandes de remboursement de TVA, gérer des
informations fiscales personnalisées ou consulter
un agenda fiscal.
« Cet espace, indique un chef d'entreprise, nous
permet donc d'avoir une vision d'ensemble de toutes nos obligations
fiscales et de nous assurer par exemple qu'une déclaration
est bien arrivée ou que son paiement a bien été
pris en compte par les services fiscaux. »
Il y a quelques semaines, l'administration fiscale a adressé
un courrier d'information à toutes les entreprises concernées
par l'abaissement du seuil d'obligation de télédéclaration
et de télépaiement. Il contenait un descriptif des
démarches à effectuer ainsi qu'une invitation à
utiliser les multiples services offerts par Copernic. Bien entendu
l'administration des
Impôts se tient également à la disposition des
responsables d'entreprises pour répondre à toute
demande d'assistance ou à toute question complémentaire
sur le portail fiscal du programme Copernic http://www.impots.gouv.fr.
Quatre questions à Patrick Dailhé, directeur du programme Copernic à Bercy
Industries : Quels sont les grands axes du programme Copernic
?
Patrick Dailhé : Lancé au début de
la présente décennie, le programme Copernic vise
essentiellement à moderniser les relations entre l'administration
fiscale et ses usagers.
Il permet progressivement aux contribuables d'accomplir plus
simplement leurs obligations fiscales et aux agents du ministère
de mieux gérer les quelques 34 millions de foyers fiscaux
et les quelque trois millions de professionnels dont ils ont
la charge. Tout cela contribue à réduire le coût
de la collecte de l'impôt qui est aujourd'hui plutôt
plus élevé en France que dans les pays industriels
comparables.
Industries : Pour un programme aussi ambitieux, quelle
a été la stratégie choisie ?
P. D. : Notre objectif est de construire un nouveau système
d'information fiscale partagé par les Impôts
et le Trésor public autour du compte fiscal unique
sur internet. Mais nous avons décidé de conduire
ce programme pas à pas, étapes par étapes
en évitant les effets " big bang". Nous avons
donc fait le choix d'une stratégie pragmatique qui
repose sur l'offre progressive, et à échéance
régulière, de nouveaux services dématérialisés
à l'ensemble des
usagers de l'administration fiscale.
Aujourd'hui, cette stratégie s'est concrétisée
par de nombreux acquis constatés à mi-parcours.
Industries : Quel bilan peut-on tirer après cinq
ans de fonctionnement ?
P. D. : Un bilan plus que positif avec de nombreux acquis
notamment pour les entreprises. Depuis près d'un an,
tous les professionnels peuvent déclarer et payer leur
TVA en ligne ainsi que leurs autres impôts. Ils peuvent
également consulter leur compte fiscal. Plus de six
milliards d'euros transitent désormais par ce canal
chaque mois. Ce sont surtout les grandes entreprises qui utilisent
ce moyen mais les entreprises petites ou moyennes y viennent
progressivement.
Industries : Quelles difficultés avez-vous rencontrées
?
P. D. : Outre les freins inévitables d'ordre sociologique,
l'administration électronique pose des problèmes
divers dont le principal est d'ordre juridique.
Accéder à son compte fiscal, déclarer
ses impôts et gérer ses paiements en ligne impliquent
sécurité et confidentialité. Nous travaillons
sur ces questions en relation étroite avec la
CNIL, ce qui constitue une garantie importante pour les usagers.
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Source : n° 111 février 2006
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