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  Vers une politique énergétique commune

La France vient de remettre à Bruxelles un memorandum concernant les problèmes énergétiques. Il vise à favoriser l'émergence d'une politique commune au sein de l'Union européenne.

Comme prévu lors du Conseil européen qui s'est tenu à Bruxelles en décembre dernier, la Commission européenne doit présenter prochainement un document de réflexion relatif à la politique de l'énergie de l'Union pour les années à venir. C'est donc pour contribuer à son élaboration que la France a rédigé récemment un memorandum sur le sujet. Déposé le 24 janvier dernier sur le bureau de la Commission de Bruxelles par Thierry Breton, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie et présenté à la presse le même jour par François Loos, ministre délégué à l'Industrie, le texte du gouvernement s'ordonne autour de quatre orientations essentielles :

1. Une approche coordonnée des politiques de chacun des Etats membres de l'Union européenne. " Pour faire face aux défis actuels de la sécurité énergétique et du changement climatique, a affirmé ce jourlà François Loos, l'Europe a besoin d'une vision commune de long terme, pas nécessairement contraignante mais au moins concertée, en matière d'approvisionnement et d'infrastructures. " D'où la proposition que chaque Etat membre établisse un schéma de prospective énergétique à moyen et long terme et que l'Union étudie la possibilité d'une programmation pluriannuelle des investissements à vocation énergétique sur l'ensemble de son territoire.

2. Une maîtrise accrue des consommations énergétiques. Outre l'élaboration d'un cadre prospectif clair, le gouvernement français estime que l'Europe gagnerait à améliorer l'efficacité de sa consommation d'énergie dans tous les domaines d'utilisation. En matière d'habitat, par exemple, qui représente un bon tiers de l'énergie consommée en Europe, il serait bon que des efforts soient entrepris pour favoriser les produits peu consommateurs en énergie et pour mettre en place des outils financiers incitant aux économies d'énergie. Dans les transports et dans l'industrie ensuite, des dispositifs visant à réduire la consommation énergétique doivent également être mis en place.

3. Une diversification réelle de l'offre énergétique. Après la demande, l'offre. Pour tous les pays de l'Union, la mise en place de réels " mix énergétiques " doit constituer un élément essentiel de renforcement de la sécurité des approvisionnements. A cette fin, il est indispensable de se doter à terme de centrales à charbon propres et compétitives, de poursuivre le dialogue avec les pays producteurs d'hydrocarbures, de résoudre les problèmes de gestion des déchets nucléaires et de favoriser le développement des énergies renouvelables.

4. Des efforts accrus en matière de recherche. Pour le gouvernement français, il est clair que toutes ces évolutions doivent s'accompagner d'importants efforts de recherche. C'est ainsi que notre pays soutient pleinement la proposition de la Commission européenne de mise au point d'un véritable plan stratégique européen dit Energie-environnement-recherche sur le sujet. Il insiste également sur le caractère prioritaire que doit jouer l'énergie dans le 7e PCRD (Programme-cadre de recherche et développement). L'Europe doit enfin favoriser la mise en place de plateformes technologiques communautaires dans des domaines tels que l'hydrogène, les piles à combustible, les bioénergies, le solaire photovoltaïque ou la séquestration du CO2.

Autant de propositions qui ont donc été transmises le mois dernier aux gouvernements des Etats membres de l'Union européenne ainsi qu'à Andreas Piebalgs, commissaire en charge des dossiers énergétiques à Bruxelles. Elles devraient déboucher sur une communication intitulée " Pour une politique énergétique, sûre, durable et compétitive " qui devrait être inscrite à l'ordre du jour du Conseil européen du printemps 2006.

Consulter le mémorandum :
http://www.industrie.gouv.fr/energie/memorandum.htm

Photo : EDF

Source : Cahier Industries n° 111 février 2006

 

© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, 10/03/2006