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  Financer l'innovation et la compétitivité à Marseille et Grenoble

Afin d'aider les jeunes entreprises de pointe à trouver les capitaux nécessaires à leur développement, le ministre délégué à l'Industrie organise dans diverses grandes villes des forums dédiés au financement de l'innovation et de la compétitivité.

A Marseille le 11 mai et à Grenoble le 1er juin. C'est dans ces deux grandes villes que se sont tenues, après Lyon le 8 mars dernier, deux nouvelles sessions des forums du financement de
l'innovation et de la compétitivité. Organisées comme la précédente autour des deux pôles de compétitivité mondiaux implantés localement - SCS (Solutions communicantes sécurisées) pour la région Provence- Alpes-Côte d'Azur et Minalogic pour la région Rhône-Alpes -, elles ont permis à plusieurs centaines d'entreprises technologiques petites ou moyennes récemment créées de prendre connaissance des différents dispositifs d'aide à l'innovation et de rencontrer les dirigeants des nombreux organismes - des investisseurs providentiels (business angels), des sociétés de capital-risque… - spécialisés dans le financement de cette catégorie d'entreprises.

Bilan de ces deux manifestations qui se sont déroulées en présence de François Loos, ministre délégué à l'Industrie : plus de 600 participants chaque fois, une vingtaine de tables rondes consacrées aux problèmes spécifiques relatifs au développement des jeunes entreprises de pointe et un bon millier de rencontres entre les chefs d'entreprise et les responsables des sociétés susceptibles de leur apporter les fonds propres indispensables au financement de leur croissance.

Les tables rondes tout d'abord. Au-delà du dispositif de soutien public à l'innovation mis en place au cours des derniers mois par les ministères concernés, le groupe Oséo ou la Caisse des dépôts et consignations par sa filiale CDC Entreprises, une part importante des débats a été consacrée aux attentes nouvelles des PME innovantes envers les pouvoirs publics ainsi qu'à la chaîne du financement dans ce domaine. Qui solliciter ? Quand ? Pour financer quoi ? Les erreurs à éviter ? Autre sujet largement évoqué au cours de ces deux journées : l'implication des collectivités territoriales dans l'aide aux entreprises innovantes de leur région. Ainsi, à Marseille comme à Grenoble, les responsables économiques des conseils régionaux et des chambres de commerce ont présenté les nombreuses initiatives prises localement afin de faciliter l'intégration des PME dans les pôles de compétitivité et dans les grands programmes européens de recherche. Exemples : les appels à projets Sophia Croissance ou Med'Up lancés récemment par la région Provence- Alpes-Côte d'Azur pour inciter les petites entreprises à nouer des partenariats technologiques avec des grands groupes français ou européens. Ou encore le Forum 4i organisé depuis une dizaine d'années maintenant par les principaux acteurs économiques de la région Rhône- Alpes pour favoriser le développement de l'activité économique.

Des rencontres avec les investisseurs potentiels

Après les tables rondes, les rencontres. Destinées à faciliter les prises de contact entre les entreprises de pointe de la région et les apporteurs potentiels de capitaux présents, elles ont permis à de nombreuses PME innovantes de présenter leur savoir-faire.

A Marseille près de 600 entreprises dont une bonne part étaient adhérentes au pôle SCS mais aussi à trois autres pôles de compétitivité à vocation nationale implantés dans la région - le pôle Mer à Toulon, le pôle Pop Sud à Château- Gombert et le pôle Euroméditerranéen sur les risques à Montpellier - ont ainsi pu rencontrer des financiers susceptibles de les aider.

Même démarche à Grenoble où la plupart des entreprises de la vitrine technologique étaient fortement liées au pôle de compétitivité Minalogic basé dans la région et dédié au développement
des nanotechnologies. " La vocation de ce forum, comme celle des deux précédents, a indiqué
ce jour-là François Loos, est bien entendu de promouvoir l'innovation industrielle mais
aussi d'aider nos entreprises petites et moyennes à grandir. "


Pour le gouvernement, en effet, le diagnostic est clair : si la France crée régulièrement des entreprises nouvelles particulièrement performantes, et comparativement plus de leaders mondiaux que dans de nombreux autres pays comparables, elle souffre d'un réel déficit d'entreprises moyennes ayant vocation à devenir de grands groupes industriels. Ce que l'on appelle en Allemagne le Mittelstand qui regroupe des grosses PME comptant quelques centaines de salariés et disposant de fonds propres suffisants à la fois pour investir en recherche-développement et pour exporter.

Car l'un des objectifs majeurs des forums du financement de l'innovation et de la compétitivité est de favoriser le développement d'entreprises susceptibles de renouveler, d'ici à quelques années, notre tissu économique. Une approche, comme le rappelait le groupe de travail mis en place l'an dernier par l'ANRT (Association nationale de la recherche technique) sur ce sujet, qui a fait ses preuves aux Etats-Unis où six des 25 plus grandes entreprises d'aujourd'hui ont été créées après 1960 alors qu'en Europe on n'en compte qu'une seule. Autre chiffre significatif présenté par le comité Richelieu : les Etats-Unis ont créé sept fois plus de nouvelles très grandes entreprises que l'Union européenne depuis le début de la décennie 1980.

D'où l'organisation à partir de la rentrée 2006 d'une seconde vague de quatre forums. Pour les deux premiers, un calendrier précis est déjà arrêté. Ils se tiendront respectivement à Paris le 26 septembre autour des logiciels et du multimédia avec les pôles de compétitivité Cap Digital et System@ tic, puis à Toulouse le 14 novembre autour du pôle mondial Aéronautique, espace et systèmes embarqués. Les deux suivants auront lieu en janvier 2007 à Rennes autour du pôle Images et réseaux et en février à Strasbourg, avec une dimension européenne, autour du pôle Innovations thérapeutiques.

Les Fonds structurels européens

Une part plus importante des fonds structurels européens sera désormais destinée à financer l'innovation. Telle est l'annonce qui a été faite le 29 mai dernier, à Bercy, lors de la journée d'information et de débat, intitulée " Les fonds structurels : priorité à l'innovation ". A l'occasion de cette manifestation, on a en effet appris que, pour la période de programmation 2007-2013, près de 20 % du total des 12 milliards d'euros dévolus au Feder (Fonds européen de développement régional) et au FSE (Fonds social européen), seraient consacrés à l'innovation, à l'emploi et à la compétitivité (contre 6 % pour la programmation 2000-2006). Représentant plus du tiers de budget de l'Union, ces fonds ont vocation à réduire les disparités économiques et sociales au sein des régions européennes. En France, cette journée avait été organisée afin de permettre aux acteurs concernés de mieux appréhender les aspects pratiques de la mobilisation de ces fonds en faveur de l'innovation des entreprises de notre pays.

En savoir plus :
http://www.forum-financement.com

D.W.

Source : Cahier Industries n° 115 juin - juillet 2006

 

© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie 01/08/2006