Publications périodiques
   
 
 

  Energies renouvelables : la France fait ses preuves

Près de 17 Mtep produites par an. Ce résultat témoigne de la volonté des pouvoirs publics français de disposer de sources d'énergie respectueuses de l'environnement.

La France dispose de nombreux atouts en matière d'énergies renouvelables : des ressources hydroélectriques importantes, une des premières forêts d'Europe, un très bon gisement éolien, de vastes zones de production électrique " bon marché " dans les départements d'outre-mer où certaines énergies renouvelables sont moins chères à produire, ainsi qu'une technique
reconnue en matière d'énergie solaire photovoltaïque ou thermique.
De fait, selon l'édition 2006 du rapport " Les énergies renouvelables en France ", publié
par la DGEMP (Direction générale de l'Energie et des Matières premières du Minéfi)
et l'Observatoire de l'énergie, la France figure en tête de liste des producteurs européens
d'énergies renouvelables, avec près de 17 Mtep par an. Un résultat qui témoigne de la
volonté affirmée des pouvoirs publics de disposer d'un approvisionnement énergétique à la fois sûr et respectueux de l'environnement.
" Les énergies renouvelables constituent en effet une composante essentielle de la politique
énergétique française, a rappelé François Loos, le 15 juin dernier, à l'occasion du colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Elles renforcent l'indépendance
énergétique de notre pays et concourent au développement durable ". Elles n'émettent pas de gaz à effet de serre et contribuent davantage que les autres énergies au maintien de l'emploi (par exemple, un chauffage collectif au bois crée trois fois plus d'emplois en France qu'une installation équivalente utilisant de l'énergie fossile importée).
En revanche, et c'est bien là la difficulté, la plupart de ces énergies ne sont pas compétitives
aux prix actuels de l'énergie. Mais certaines s'approchent maintenant du seuil de rentabilité, en partie grâce au coup d'accélérateur donné par la loi du 13 juillet 2005 et les mesures qui en découlent, comme la mise en place pour les particuliers d'un crédit d'impôt à taux majoré, l'instauration des certificats d'économies d'énergie ou encore le plan biocarburants, avec, en
toile de fond, le développement d'une véritable filière technique et industrielle.
Il reste pourtant des efforts à fournir, en particulier dans le domaine de la production d'électricité. Rappelons qu'à l'échéance 2010, la France s'est engagée à produire 21 % de
sa consommation intérieure brute d'électricité à partir de sources renouvelables. Or,
cette part se situe dans une fourchette allant de 11 à 16 % pour les cinq dernières années. Dans ce domaine, l'étude met en évidence la prépondérance de l'hydroélectricité (sa part représente encore 91 % du total de la production énergétique d'origine renouvelable en 2005) et insiste sur la montée en puissance de l'éolien. Depuis quelques années, on assiste également à
une progression significative de l'électricité produite à partir de la biomasse, notamment
par cogénération.

L'hydroélectricité et l'éolien en forte progression

L'hydroélectricité joue un rôle particulièrement important pour assurer l'équilibre de la
production d'électricité en France (53 Twh en 2005). Si les principaux sites métropolitains
sont aujourd'hui exploités (Alpes, Corse, Pyrénées, Centre), les DOM, en revanche, qui ne représentent que 1 % à 2 % de la production nationale, offrent un potentiel de développement important pour le grand et le petit hydraulique. L'objectif de développement, fixé dans le cadre de la PPI, Programmation pluriannuelle des investissements (cf. page 7), prévoit une augmentation de capacité comprise entre 200 et 1 000 MW d'ici le 1er janvier 2007.
En nette progression également, l'éolien, avec un doublement de la puissance installée entre 2004 et 2005. C'est en 1996 que les pouvoirs publics ont initié le programme " Eole 2005 " visant à doter la France à l'horizon 2005 d'une capacité éolienne comprise entre 250 et 500 MW. Clos en 2000, ce programme a permis l'émergence d'une activité industrielle en France.
Au 1er janvier 2006, 132 fermes éoliennes totalisant une puissance de 737 MW étaient en
service, dont 14 dans les DOM, pour une puissance de 33 MW.
Profitant des avancées technologiques réalisées ces dernières années, de nombreux projets sont en cours afin de développer des puissances de plus en plus importantes et couvrir l'ensemble du territoire français ainsi que l'éolien en mer. La PPI fait état d'une augmentation de la capacité comprise entre 2 000 et 6 000 MW d'ici le 1er janvier 2007. Pour soutenir ce développement, un appel à propositions a été lancé : un projet en mer d'une puissance de 105 MW et sept projets sur terre (278 MW) ont été retenus.

Le potentiel de la biomasse

De son côté, le solaire photovoltaïque bénéficie d'une croissance élevée depuis les années 2000, avec le développement du photovoltaïque relié au réseau, notamment dans les DOM (triplement de la puissance et de la production au cours des cinq dernières années). Le minimum de l'objectif de développement, indiqué dans la PPI (entre 1 et 50 MW au 1er janvier 2007), est d'ores et déjà atteint et l'annonce d'une hausse significative des tarifs de rachat de l'électricité produite pourrait renforcer l'attractivité de cette filière.

Avec une production de 12,2 Mtep en 2004, dont 9,2 Mtep pour le bois énergie dont notre pays est le premier producteur européen, 2,6 Mtep pour la valorisation des déchets et 0,4 Mtep pour les biocarburants, la biomasse constitue la première source d'énergie renouvelable, représentant à elle seule les deux tiers des énergies renouvelables produites dans notre pays. A noter que la PPI prévoit une augmentation de capacité comprise entre 200 et 400 MW pour la biomasse.
Occupant le second rang européen avec une surface agricole dédiée de l'ordre de 400 000 ha, la France a récemment lancé un plan ambitieux de développement des biocarburants afin de pouvoir porter leur taux d'incorporation à 10 % du volume total des carburants d'ici à 2015.

Lafarge reçoit le Prix des énergies renouvelables

Leader mondial des matériaux de construction, le groupe Lafarge a reçu, le 21 juin dernier, le Prix des énergies renouvelables, remis par le SER (Syndicat français des énergies renouvelables), pour son engagement à utiliser les énergies renouvelables sur ses sites de production ainsi que pour ses nombreuses initiatives visant à promouvoir leur utilisation.
Ce prix récompense en particulier le parc éolien de Lafarge qui alimente en électricité l'une de ses principales cimenteries au Maroc. Les 12 turbines installées, d'une puissance totale de 10 MW, contribuent à la réduction de 30 000 tonnes de gaz à effet de serre par an, soit l'équivalent d'une plantation de 2 millions d'arbres. Autre projet primé, en Malaisie cette
fois, où le groupe s'est engagé à remplacer les combustibles fossiles utilisés dans ses usines par de la biomasse. Une initiative qui représente une réduction de 60 000 tonnes d'émissions de CO² par an.

 

Les vagues font de l'électricité

Le 12 juin dernier, le laboratoire de mécanique des fluides (CNRS) de l'Ecole centrale de Nantes a mis à l'eau le premier prototype du Searev, un système électrique autonome de récupération de l'énergie des vagues. Le principe en est simple : un corps flottant mouillé en mer est mis en mouvement par les vagues. Il contient un système mécanique et électro-hydraulique qui transforme ce mouvement en énergie électrique. L'électricité produite est ramenée à la côte par un câble sous-marin. Searev est porté par trois industriels : Leroux et Lotz technologies pour la construction, Saipem (ex-Bouygues Off-Shore) pour la logistique et les travaux en mer et Principia recherche et développement pour les calculs nécessaires à la conception. Areva et Total seraient également intéressés par ce projet qui vise à terme la construction de véritables " fermes houlomotrices " d'une puissance de plusieurs dizaines de MW. Les derniers essais sont programmés à l'horizon 2008-2009.

 

Le crédit d'impôt porte ses fruits

La mise en place, depuis le 1er janvier 2005, d'un crédit d'impôt au taux majoré de 40 % (50 % en 2006) en faveur des équipements utilisant une source d'énergie renouvelable constitue un réel succès pour le développement de ces nouvelles filières (450 millions d'euros pour le
logement l'an dernier). Le marché du solaire thermique a ainsi connu une forte progression,
avec une augmentation de plus de 70 % des ventes de chauffe-eau solaires. L'eau chaude
solaire dans les bâtiments collectifs suit la même tendance. On assiste par ailleurs à un véritable décollage du marché des équipements récents (systèmes combinés chauffage/eau chaude sanitaire) dont le volume des ventes a triplé en 2005. Forte croissance également des appareils de chauffage au bois, avec une progression significative des poêles (+ 40 %) et des
chaudières à bois (+ 120 %). Le marché des pompes à chaleur géothermique air/eau affiche de son côté une hausse de 40 %. Au total, en 2005, près de 450 000 foyers ont investi en équipements utilisant les énergies renouvelables.

L'étude " Les énergies renouvelables en France 1970 - 2005 " en ligne


D. W.
Source : Cahier Industries n° 116 septembre 2006

 

© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie 22/09/2006