Contrats de site et conventions de revitalisation
| Afin de favoriser
la création d'emplois dans les zones touchées
par les restructurations industrielles, le gouvernement a mis
en place un dispositif de concertation obligatoire entre l'Etat,
les collectivités locales et les entreprises concernées.
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C'est un séminaire de travail important qui
a rassemblé le 26 avril dernier à Paris nombre de
représentants des services de l'Etat compétents dans
le domaine économique. Consacré au thème de
l'accompagnement public des mutations industrielles qui frappent
de nombreuses régions françaises, il a permis de réaffirmer
de manière forte la politique conduite par le gouvernement
en la matière depuis quelque temps. « Compte tenu de
la rapidité actuelle des évolutions technologiques,
a rappelé ce jour-là Laurent Fiscus, directeur du
pôle en charge de ce dossier au sein de la Diact (Délégation
interministérielle à l'aménagement et la compétitivité
des territoires), il est indispensable de renforcer nos capacités
d'anticipation économique et de privilégier une approche
dynamique de la compétitivité. » D'où
la généralisation du système dit des contrats
de site mis en place en 2003 qui permet, sur un territoire déterminé,
à l'ensemble des acteurs locaux concernés - les services
déconcentrés de l'Etat, les collectivités territoriales
et, bien entendu, les entreprises menacées - d'organiser
au mieux les restructurations nécessaires. Un dispositif
qui a été complété au début de
cette année par la publication du décret visant l'obligation
(article L.321-17 du Code du travail) dite de revitalisation des
bassins d'emploi. Elle doit prendre la forme d'une convention signée
par l'Etat et l'entreprise qui se restructure afin de préciser
les moyens mis en oeuvre pour créer des emplois de remplacement.
Les contrats de site (appelés contrats territoriaux lorsque
les sinistres sont de moindre ampleur) tout d'abord. Mis à
part les contrats concernant les agglomérations d'Angers,
le premier du genre, et de Romorantin (Loir-et-Cher), le second,
dont la mise en oeuvre est aujourd'hui achevée, on en compte
actuellement près d'une trentaine en cours d'exécution.
Largement répartis sur l'ensemble du territoire, ils ont
pour mission de traiter les principaux sinistres industriels prévisibles
au cours des années à venir. Derniers contrats signés
: ceux qui concernent les zones de Dreux, Romans et Laval au cours
du printemps dernier. D'autres devraient intervenir, avant la fin
de l'année 2006, à Chalon-sur-Saône, Châtellerault
et dans le sud du département de la Seine-et-Marne après
avoir été acceptés lors du Ciact (Comité
interministériel d'aménagement et de compétitivité
des territoires) du 12 juillet 2005.
Un financement global de l'ordre de 890 millions
d'euros
Autant de dossiers qui ont représenté
jusqu'ici une mobilisation de fonds, toutes sources de financement
confondues, de l'ordre de 890 millions d'euros dont le quart environ
à la charge de l'Etat. Pour quels résultats ? Il est
sans doute encore un peu tôt pour tirer un bilan définitif
mais les premières données concernant l'impact de
ce dispositif sur la situation de l'emploi dans le bassin concerné
s'avèrent plutôt favorables. C'est ainsi qu'à
Angers, où la région a été particulièrement
touchée par les restructurations successives de la société
IBM, et plus largement du secteur informatique (1 300 suppressions
d'emplois au total), la mise en oeuvre du contrat de site a débouché
directement ou indirectement sur la création de plus de 700
emplois. Autre exemple : à Romorantin (Loir-et-Cher), 80
% des salariés touchés par la fermeture de l'usine
Matra Automobile ont été reclassés et le contrat
de site a prévu un potentiel de créations d'un millier
d'emplois nouveaux dont près de 500 sont aujourd'hui effectifs.
Enfin, à Noyelles-Godault (Pas-de-Calais), où l'affaire
Métaleurop s'était traduite par plus de 1 800 licenciements,
le contrat de site, qui vient d'être prorogé d'un an,
a permis de détecter un potentiel de 1 200 emplois nouveaux,
dont une bonne moitié a déjà été
réalisée. Autre décision prise par la société
de conversion mise en place pour l'occasion : la création
d'une zone d'activité et d'un hôtel d'entreprise qui
devraient attirer l'an prochain 200 emplois supplémentaires.
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Un guide de bonnes pratiques
Afin d'aider les entreprises à aborder efficacement
les problèmes posés par les mutations industrielles,
la DGE a lancé au printemps dernier un appel à
projets intitulé " Capital humain : gagner en
compétences pour gagner en compétitivité.
" Réservé aux organismes relais du monde
de l'entreprise, il vise à soutenir une dizaine de
dossiers débouchant sur un réel accroissement
des compétences des entreprises dans ce domaine. Montant
total de l'enveloppe prévue à cet effet : 2
millions d'euros. Au cours de la période 2000-2002,
une procédure comparable - Fami (Faciliter l'accompagnement
des mutations industrielles) - avait déjà permis
de sélectionner plus de 70 projets de cette nature.
Les plus porteurs d'entre eux font aujourd'hui l'objet d'une
diffusion sur le site du ministère de l'Industrie.
Elle se présente sous la forme d'un guide pratique
intitulé
« Anticiper les mutations : accompagner
les entreprises dans le développement des compétences
»
qui recense une dizaine d'outils méthodologiques
et d'exemples d'actions conduisant à une véritable
sensibilisation des chefs d'entreprise aux nécessités
des mutations économiques. Exemples : Entreprendre
une démarche territoriale de développement économique,
Evaluer un projet, Impliquer durablement les salariés
Adresse du guide sur le portail industrie : http://www.industrie.gouv.fr/pdf/anactmut.pdf
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Après les contrats de site, les conventions de revitalisation.
Prévues par la loi de modernisation sociale du 17 janvier
2002, elles prennent la forme d'un contrat bilatéral (il
porte généralement sur une durée comprise entre
vingt-quatre et trente-six mois) signé entre l'Etat et une
grande entreprise (plus de 1 000 salariés) désireuse
de se restructurer. Recherche de projets de réindustrialisation,
prêts participatifs à la reprise d'entreprise, aides
à l'embauche aux sociétés recrutant d'anciens
salariés, financement d'une structure de développement
Il sert à préciser les moyens mis en oeuvre par l'entreprise
pour favoriser la création d'activités nouvelles dans
la zone d'emploi où elle procède à des licenciements.
Montant minimum de son engagement financier : 2 fois la valeur du
Smic par emploi supprimé. En cas de carence, une pénalité
d'un montant double est prévue.
Depuis l'entrée en vigueur du dispositif, c'est plus de
160 conventions de ce type (dans 54 départements différents)
qui ont été signées. Elles visent à
compenser la suppression de 22 500 emplois dans des secteurs d'activité
aussi variés que la machine-outil (21 dossiers), la métallurgie
(19 dossiers), l'équipement téléphonique, la
chimie, l'industrie agroalimentaire, le papier-carton ou les matières
plastiques. Avec un montant global de 130 millions d'euros, l'apport
des entreprises signataires a déjà permis d'atténuer
l'impact des suppressions d'emploi dans les zones considérées.
Ainsi, pour les 37 conventions qui peuvent présenter aujourd'hui
un bilan définitif, on peut considérer que le taux
de remplacement des emplois disparus se situe aux environs de 50
%.
Depuis deux ans, les signatures de ces conventions de revitalisation
se poursuivent au rythme d'une trentaine par semestre. Ajoutées
aux neuf contrats de sites approuvés par le gouvernement
en 2005 et dont les premiers effets commencent à se faire
sentir, elles devraient apporter cette année encore une contribution
importante à la lutte contre le chômage.
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L'exemple d'Arcelor
Annoncée pour 2010, la fermeture de l'usine de production
d'acier de la firme Arcelor à Florange (Moselle) devrait
se traduire à terme par la suppression de quelque 1
100 emplois. Comment anticiper cette mutation due au recentrage
de la filière chaude du groupe sur les sites côtiers
? Dès 2003, un comité de pilotage composé
de représentants de l'Etat, des collectivités
territoriales concernées et de la firme Arcelor était
institué et trois groupes de travail thématiques
mis en place : Accompagnement de la sous-traitance, Valorisation
du foncier et Revitalisation du territoire. Animé par
la Drire Lorraine, le premier groupe a d'abord dressé
la liste des sous-traitants affectés par la restructuration
d'Arcelor. Il a ensuite élaboré un programme
d'actions collectives qui pourra être mis en oeuvre
à leur profit dans des domaines comme le positionnement
de la filière et la diversification de l'activité
commerciale. En matière foncière, une bonne
trentaine de sites susceptibles d'accueillir des activités
de remplacement ont été identifiés et
une étude portant sur un calendrier progressif de reconversion
a été lancée. Enfin, une mission dite
de revitalisation a été installée au
début de l'année 2006. Elle travaille notamment
à l'émergence d'un pôle de compétitivité
Eau-environnement et à la réalisation d'infrastructures
nouvelles permettant d'élargir l'offre locale de services
à la personne. Coût total de l'ensemble de ce
plan : environ 4 millions d'euros.
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