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  Les Français face aux problèmes énergétiques

Publication du baromètre 2006 de l'Observatoire de l'énergie. Il mesure une nouvelle
fois l'opinion des Français sur les problèmes énergétiques.

Même s'ils considèrent que les problèmes posés par le traitement des déchets radioactifs constituent un inconvénient majeur, les Français continuent de soutenir majoritairement le choix énergétique du gouvernement en faveur de la production d'électricité d'origine nucléaire.

Telle est la conclusion principale du baromètre d'opinion, intitulé Les Français et l'énergie, rendu public au début de l'été dernier par l'Observatoire de l'énergie du ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie. Réalisée par le Credoc auprès d'un échantillon représentatif de 2 000 de nos concitoyens âgés de plus de 18 ans sélectionnés par la méthode des quotas, l'enquête 2006 avait, une nouvelle fois, pour objectif de savoir, au travers d'une dizaine de questions précises, comment les Français perçoivent la politique énergétique menée par le gouvernement. Elles portaient sur trois thèmes d'actualité forte : le choix de l'énergie nucléaire, la politique de gestion de l'électricité et l'évolution prévisible des prix de l'énergie.

Le choix du nucléaire

Premier constat : l'adhésion des Français au choix nucléaire du gouvernement reste majoritaire mais le pourcentage de nos compatriotes qui s'affirment " partisans du nucléaire " (45 %) ne dépasse que de trois points celui des " opposants " (42 %), les " sans opinion " demeurant à un niveau relativement élevé (13 %). La situation de l'opinion est donc à cet égard comparable à celle du début de la décennie 2000. A cette époque, avant la guerre en Irak et en l'absence de conflit ouvert au Moyen-Orient, le solde entre le pourcentage des personnes reconnaissant des avantages au nucléaire et celui des personnes dénonçant ses inconvénients avait déjà eu tendance à se réduire.

" Quels sont selon vous les principaux avantages du choix nucléaire ? " Posée aux seuls partisans du recours à cette solution énergétique, la question a entraîné les réponses suivantes : elle contribue à l'indépendance énergétique du pays (33 %), elle permet de produire de l'électricité à un coût plus faible que les autres techniques (27 %), elle n'a pas d'impact sur l'effet de serre (15 %) et, enfin, elle favorise le développement de la technologie de pointe française dans le monde (9 %). Et, à l'inverse, les inconvénients majeurs ? Le problème de la gestion (la production et le stockage) des déchets radioactifs vient largement en tête avec 39 % des réponses. En deuxième position, on trouve le risque d'un accident grave dans une centrale nucléaire (27 %) qui devance le danger des radiations atomiques (23 %). Dernier inconvénient cité par 10 % seulement de nos concitoyens : le recours au nucléaire retarde le développement des énergies renouvelables dans le pays.

En ce qui concerne le problème des déchets radioactifs, 75 % des Français se disent inquiets pour les générations futures alors qu'ils ne sont que 14 % à s'affirmer préoccupés pour eux-mêmes ou pour leurs proches. A noter que, sur ce point particulier, on ne constate aucune différence significative de sensibilité entre les partisans et les adversaires du recours à l'industrie nucléaire. Tel est sans doute la raison pour laquelle 41 % des Français pensent qu'il faut maintenant investir de manière prioritaire dans l'amélioration du traitement des déchets (afin de pouvoir les réutiliser dans la combustion nucléaire) au cours des dix prochaines années. Autre piste de recherche évoquée par 22 % des personnes interrogées : la mise au point de réacteurs produisant des déchets moins toxiques. Mais en attendant la solution préférée des Français pour résoudre le problème est d'enfouir les déchets radioactifs dans des couches géologiques profondes mais à la condition de pouvoir les récupérer en cas de nécessité. Ils sont 35 % à défendre ce point de vue contre 33 % qui se prononcent en faveur d'un simple entreposage en surface. De toute façon, c'est la proximité d'un site de stockage ou d'entreposage qui présente, aux yeux des Français (35 % des réponses), le plus grand risque pour les habitants, davantage donc que la proximité d'une centrale nucléaire (32 % des réponses).

La politique de production d'électricité

D'une manière générale, les Français semblent satisfaits de la politique de production
d'électricité conduite par le gouvernement. Ils sont en effet 79 % à considérer que la fréquence des coupures de courant constatée actuellement est acceptable. Seuls 10 % seraient prêts à consentir une augmentation de leur facture pour participer au financement d'installations destinées à éviter tout risque de coupure tandis que 11 % se déclarent prêts à payer moins cher quitte à risquer davantage de coupures.

Autre pourcentage intéressant : une large majorité de Français (64 %) souhaite la poursuite de la politique d'exportation importante d'électricité (à peu près la consommation annuelle de la région Ile-de- France) pratiquée actuellement par EDF. Montant total des recettes correspondantes : 2,3 milliards d'euros l'an dernier.

L'évolution prévisible du prix des énergies

Quel est selon vous le type d'énergie qui présente le risque le plus important d'augmentation
des prix au cours des cinq ans à venir ? Environ quatre Français sur dix placent en tête le carburant automobile. Un pourcentage qui reste stable par rapport aux années précédentes malgré l'augmentation récente du prix de l'essence à la pompe. En revanche, les craintes relatives au prix du fioul et du gaz atteignent des niveaux jamais atteints : 30 % et 15 % respectivement. Soit 5 points environ d'augmentation par rapport à l'année 2005. En revanche, le nombre des Français qui anticipent une hausse des prix de l'électricité
diminue fortement (- 10 points).

Points de repère

L'énergie en France, c'est….

  • 2,5 % du produit intérieur brut,
  • 230 000 emplois directs et indirects, soit 1 % de la population active totale et 6 % de la population active travaillant dans l'industrie,
  • 5 % de la totalité des investissements du pays,
  • 2 % des dépenses de R&D dans les secteurs industriels et commerciaux,
  • 7,6 % de la consommation des ménages,
  • une facture sur les importations françaises de 24 milliards d'euros

L'industrie, championne des économies d'énergie

De tous les secteurs d'activité économique de notre pays, c'est l'industrie qui a réussi le mieux à diminuer sa consommation d'énergie au cours des dernières décennies. Elle représente aujourd'hui moins du quart de sa consommation finale totale, contre plus du tiers en 1973. De gros progrès ont ainsi été réalisés par l'ensemble des entreprises françaises. Deux catégories de raisons expliquent ce phénomène : des raisons économiques liées à la volonté des chefs d'entreprise de minimiser l'impact du coût de l'énergie sur leurs prix de revient et des raisons réglementaires liées au respect de contraintes environnementales qui deviennent de plus en plus exigeantes. Conséquence : les industriels poursuivent leurs efforts de recherche en intégrant dans leur stratégie des concepts nouveaux comme l'analyse du cycle de vie qui prend en compte la quantité totale d'énergie consommée depuis la conception d'un produit jusqu'à son recyclage final.

En savoir plus :
www.industrie.gouv.fr/energie
Rubrique - Statistiques sur l'énergie - Enquêtes d'opinion sur l'énergie.


LC/ Photos GDF- EDF

Source : Cahier Industries n° 117 octobre 2006

 

© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie 19/10/2006