Le Ciri soutient les grandes entreprises
| Avec un encours
d'une cinquantaine de dossiers à traiter, le Ciri - Comité
interministériel de restructuration industriel apporte
un soutien actif aux grandes entreprises confrontées
aux nécessités d'une mutation économique
forte. |
Créé au début des années
1980 pour faire face aux nombreuses restructurations industrielles
induites par les deux grands chocs pétroliers de la décennie
précédente, le Ciri (Comité interministériel
de restructuration industrielle) constitue toujours, une bonne vingtaine
d'années plus tard, la structure de soutien et d'intervention
privilégiée du gouvernement au bénéfice
des grandes entreprises (plus de 400 salariés) en difficulté.
Composé de représentants de chacune des administrations
publiques de l'Etat - quatorze au total - compétentes en
matière économique, cet organisme interministériel,
dont le secrétariat général est assuré
par les services de la direction générale du Trésor
et de la Politique économique, il siège à Bercy.
Sa mission : aider l'ensemble d'une filière touchée
par une mutation économique (c'est-à-dire l'entreprise
elle-même mais aussi indirectement ses actionnaires, ses fournisseurs,
ses banquiers
) à trouver collectivement des solutions
susceptibles de permettre une relance de l'activité et d'éviter
des suppressions d'emplois. " En effet, précise Astrid
Milsan, chef du bureau en charge de ce dossier à Bercy et
secrétaire générale du Ciri, l'intervention
de l'Etat en la matière doit toujours veiller à préserver
la responsabilité propre des entreprises. Ce qui signifie
qu'un soutien financier public ne pourra être accordé
que de manière exceptionnelle. " Tout part donc de la
décision des dirigeants d'une entreprise importante (les
plus petites s'adressent aux Codéfi) confrontée à
des difficultés d'ordre économique ou financier de
saisir le secrétariat général du Ciri. Dans
des conditions de confidentialité absolue, une première
série de réunions de travail est alors organisée.
Destinées à apprécier de la manière
la plus exacte possible la réalité et l'importance
des problèmes rencontrés, elles s'appuient le plus
souvent sur des audits permettant d'analyser la trésorerie,
les besoins de financement ou le " business plan " de
l'entreprise
Réalisés généralement
par des cabinets extérieurs spécialisés, ils
visent surtout à connaître la situation économique
réelle de l'entreprise et à examiner l'impact de différentes
hypothèses possibles de redressement financier. Exemples
: la fermeture d'un site non rentable, la mise en oeuvre d'un investissement
de productivité, la fusion de plusieurs structures de l'entreprise,
la cession d'une partie des actifs ou encore l'ouverture du capital
de l'entreprise.
Un travail essentiellement de médiation
C'est sur cette base que le secrétariat général
du Ciri peut engager le travail de médiation tri-partite
- pouvoirs publics, entreprise et établissements financiers
- qui constitue le coeur de sa mission. C'est ainsi que le secrétariat
général du Ciri organise régulièrement
à Bercy des réunions de travail rassemblant des représentants
de l'entreprise en difficulté, de ses conseils, de ses banquiers,
de ses actionnaires, de ses fournisseurs
ou encore des mandataires
ad hoc désignés par le tribunal de commerce.
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Les sociétés de conversion
Issues au milieu des années 1970 de grands groupes industriels
alors en mutation, les sociétés de conversion constituent
souvent des acteurs privilégiés de la redynamisation
des territoires. Elles ont en effet pour vocation aussi bien
de favoriser l'implantation d'entreprises nouvelles que le
développement d'entreprises existantes dans les zones
touchées par des restructurations économiques
importantes. Un certain nombre d'entre elles sont placées
directement ou indirectement sous la tutelle de l'Etat : la
Sofirem pour les Charbonnages de France ou la Finorpa pour
la région Nord - Pas-de-Calais par exemple. Elles interviennent
selon les cas sous la forme de prêts, d'apports en comptes
courants ou de prises de participations. A noter également
l'arrivée relativement récente sur ce marché
d'un certain nombre de prestataires privés venus de
l'activité de conseil en entreprise.
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Nouvelles réunions, nouvelles discussions
et nouvelles négociations
Le Ciri s'efforce alors d'obtenir
des créanciers privés de l'entreprise un protocole
d'accord prévoyant des efforts comparables de la part de
toutes les parties prenantes : les actionnaires, les fournisseurs
et les établissements financiers. Il s'agit le plus souvent
d'un maintien des lignes bancaires ou d'un étalement des
échéances de remboursement des prêts qui ont
pu être consentis à l'entreprise. Le Ciri peut aussi
aider les dirigeants de l'entreprise à conclure des négociations
avec un investisseur potentiel. Enfin, si l'entreprise n'a pas été
en mesure de régler ses charges fiscales et sociales et qu'une
solution pérenne peut être trouvée, le Ciri
se rapproche des créanciers publics concernés, Impôts,
Trésor public, Douanes, Urssaf, Assedic
pour que soit
mis en place un plan d'apurement progressif des dettes fiscales
et sociales.
Une telle méthode explique la faiblesse relative des engagements
financiers publics consentis chaque année par le Ciri au
profit des entreprises qui le sollicitent. En 2005, il a ainsi diligenté
deux audits pour un montant global de l'ordre de 80 000 € et
consenti cinq prêts seulement représentant une somme
totale dépassant à peine 1,1 million d'euros. "
Notre règle de base, confirme Astrid Milsan, reste qu'une
contribution financière publique au financement des entreprises
en difficulté doit conserver un caractère subsidiaire
et exceptionnel. Elle ne doit être utilisée que si
elle permet un réel effet de levier sur des capitaux privés.
"
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Les primes à l'aménagement du territoire
Réservées
en priorité aux projets créateurs d'emplois
dans les zones du territoire jugées prioritaires ainsi
que dans les pôles de compétitivité, les
primes spécifiques à l'aménagement du
territoire ont permis en 2005 la création de plus de
6 700 emplois pour 70 projets. Il y a une dizaine d'années,
un Fonds national spécialisé a également
été créé. Il intervient plus spécialement
dans trois domaines : les actions en faveur de l'emploi, l'amélioration
de l'attractivité des territoires et la modernisation
des services publics. Montant total des autorisations de programme
pour l'année 2006 : 347 millions d'euros.
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En fait, on compte chaque année entre une
dizaine et une vingtaine d'entreprises nouvelles (le nombre varie
sensiblement avec la conjoncture économique : 15 l'an dernier)
qui sollicitent une médiation de la part de l'équipe
du Ciri. Chaque entreprise bénéficiant d'un suivi
personnalisé adapté à sa propre situation,
le délai de traitement des dossiers est extrêmement
variable. Il peut aller de quelques semaines à
quelques
années. Aujourd'hui, le Comité dispose ainsi d'un
encours total d'une cinquantaine d'affaires à traiter. Elles
concernent environ 60 000 emplois appartenant principalement à
trois secteurs d'activité : l'industrie agroalimentaire,
les transports et les services informatiques.
Afin de convaincre les chefs d'entreprise en difficulté
de saisir le Ciri le plus tôt possible (la démarche
est en général trop tardive), le Comité a publié
l'an dernier un rapport d'activité rappelant les grands principes
de son action. Elle est accessible sur le site d'information du
ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie plus
spécialement destiné aux entreprises : www.entreprises.minefi.gouv.fr
Son secrétariat général participe également
à de nombreuses actions de formation sur le même thème
auprès des professionnels intéressés ou de
l'ensemble des acteurs économiques.
Contact :
Secrétariat général du Comité de restructuration
industrielle Télédoc 262 139, rue de Bercy 75575 Paris
Cedex12 Tél. : 01 44 87 72 58. Fax : 01 53 18 36 08.
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