Le temps de l’économie numérique
Afin d'accélérer le développement du numérique
le gouvernement a décidé de soutenir les entreprises
petites et moyennes désireuses d'investir dans les nouvelles
technologies.
Gain de temps, réduction des prix de revient, fidélisation
de la clientèle, simplification de la gestion… Pour toutes les
entreprises, l'utilisation des nouvelles technologies de l'information
et de la communication est aujourd'hui une nécessité incontournable.
C'est donc pour aider les plus petites d'entre elles (une récente
enquête montre que 15 % seulement des PME françaises profitent
pleinement des possibilités offertes par l'internet) à prendre
efficacement le virage de l'économie numérique que le
gouvernement a décidé de soutenir les entreprises de
moins de 250 salariés qui investiront dans ces nouvelles
technologies.
Tel est le sens du dispositif TIC PME 2010, lancé l'an
dernier par Thierry Breton, ministre de l'Economie, des Finances et
de l'Industrie, qui vient de donner lieu à un
nouvel appel à projets.
Doté d'une enveloppe globale de 5 millions d'euros, il a été annoncé le
7 novembre dernier par François Loos, ministre délégué à l'Industrie,
lors d'une journée organisée à Bercy pour dresser
le bilan du premier appel à projets intervenu en novembre
2005. « Comme l'an dernier, a indiqué ce jour-là le
ministre, notre objectif est que le maximum de filières puissent bénéficier
du soutien de l'Etat en répondant à cet
appel à projets 2006. »
Quant aux TPE, les très
petites entreprises, elles feront cette année l'objet d'une
attention supplémentaire sous la forme d'un grand programme
national sur le sujet intitulé « Entrepreneurs,
faites le choix de l'économie numérique ».
Il prévoit une série d'actions de sensibilisation, d'initiation
et d'accompagnement destinées aux entreprises dont l'effectif
est inférieur à 20 salariés. Coût total
de l'opération pour le budget de l'Etat : 7 millions d'euros
:
« Dans une économie où la réactivité des
entreprises et la rapidité des échanges constituent des
impératifs absolus, a indiqué Renaud Dutreil, ministre
des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l'Artisanat et
des Professions libérales, le 3 novembre dernier, lors de la
présentation de l'opération, l'usage des nouvelles technologies
pour les très petites, comme pour toutes les autres, est un
levier essentiel pour la compétitivité et la performance. »
- Le dispositif TIC-PME 2010
Même si les gains de productivité générés
par la diffusion des nouvelles technologies dans
l'ensemble des activités économiques
représentent
désormais le quart de la croissance du produit intérieur
brut de la France, les investissements des entreprises petites et moyennes
en la matière accusent encore un retard significatif par rapport
aux Etats-Unis. D'où la décision de lancer un deuxième
appel à projets dans le cadre du plan TICPME 2010 qui avait
déjà été doté l'an dernier d'une
première enveloppe de 7 millions d'euros. Principaux critères
de sélection prévus : le niveau d'implication des organisations
professionnelles candidates et surtout leur capacité à fédérer
des PME utilisatrices de nouvelles technologies.
Destinée à financer
des prestations d'assistance à maîtrise
d'ouvrage, cette nouvelle édition vise notamment à soutenir
des filières économiques
différentes de celles aidées lors du premier appel à projets.
Elles étaient ainsi environ
une vingtaine dont les représentants sont venus, le 7 novembre
dernier à Bercy, présenter quelques
uns des dossiers sélectionnés par le gouvernement au
cours des derniers mois. Exemples : la filière
de la puériculture qui a mis au point un projet Tracenet destiné à couvrir
les besoins de traçabilité des fabricants de jouets ou
encore la Fédération des travaux publics qui envisage
de mettre en place un observatoire de la dématérialisation
des marchés publics.
Autres dossiers : le projet Blogfor qui
consiste à déployer
un système d'échange de données informatisées
pour l'ensemble de la filière forêt-bois-papier
ou encore le projet Ticio (TIC-interopérable) dont l'objectif
est de standardiser les échanges entre les industriels de la
filière électronique et les grands secteurs industriels
clients comme l'automobile, l'aéronautique ou le matériel
médical.

- Le programme Passeport pour l'économie numérique
Réalisé avec l'appui d'un nombre important de partenaires,
ce programme s'inspire largement des conclusions du rapport TIC&TPE
qui a été remis
au gouvernement en février dernier. Objectif : convaincre 200
000 entreprises nouvelles (700 000 ne sont actuellement toujours pas
connectées au réseau internet) de basculer
le plus rapidement possible dans l'ère de l'économie
numérique. Depuis le 6 novembre
dernier, sur TF1, du lundi au vendredi à 19 h 57, six professionnels
montrent aux téléspectateurs que les nouvelles technologies
de l'information et de la communication peuvent résoudre nombre
des petits (ou des plus grands) problèmes qui se posent quotidiennement à tout
chef d'entreprise. Comment gagner du temps dans la tenue de sa comptabilité grâce à un
logiciel adapté ? Comment simplifier ses démarches administratives
en utilisant les téléprocédures en ligne ? Au
travers de 40 épisodes, la série de spots télévisés,
baptisée Les entreprenautes, vise à montrer qu'il est
possible de résoudre des problèmes de cet ordre… et bien
d'autres encore. Visibles sur TF1 jusqu'au 1er décembre prochain,
ces films passeront ensuite sur M6, toujours du lundi au vendredi,
mais à 19 h 50, du 4 au 23 décembre.
En parallèle,
une campagne publicitaire à la radio,
des annonces dans la presse et des dépliants viendront compléter
la diffusion des spots. « Entrepreneurs, décrochez votre
passeport pour l'économie numérique ! »
Après
la sensibilisation, l'initiation aux nouvelles technologies. C'est
ainsi que dix-huit modules de formation pratiques et concrets d'une
durée de deux heures chacun seront proposés gratuitement
aux chefs d'entreprise : plus de 400 points d'accueil sont prévus
dans les chambres consulaires, les centres de gestion agréés
ou les espaces publics numériques.
Objectif : démontrer
l'utilité des logiciels de gestion,
l'intérêt du commerce en ligne, la simplicité des échanges
dématérialisés ou la rapidité de l'accès à l'internet
haut-débit… Il suffira alors de suivre et de valider trois modules
pour recevoir son Passeport pour l'économie numérique.
A noter que les chefs d'entreprise ne sont pas tenus de suivre eux-mêmes
les modules qui les intéressent : ils peuvent demander à leur
conjoint ou à l'un de leurs collègues de suivre certaines
sessions au nom de l'entreprise. Il sera possible de s'inscrire à partir
du 4 décembre, soit en appelant le numéro Azur 0810 00
33 99 (prix d'un appel local) du lundi au vendredi de 8 h à 19
h, soit en se connectant sur le site : www.econumerique.pme.gouv.fr,
sous-site : Passeport.
Enfin, le rapport de la mission TIC&TPE constatait que les offres
techniques numériques aujourd'hui disponibles sur le marché ne
sont pas toujours bien adaptées aux besoins informatiques des
très petites entreprises.
D'où l'idée des pouvoirs
publics de définir avec
les acteurs du monde de l'économie numérique un cahier
des charges minimum correspondant aux besoins d'une très petite
entreprise. Cette démarche a permis l'élaboration d'un
guide d'achat destiné à aider les chefs d'entreprise à choisir
au mieux leur équipement informatique. Ce guide est accessible
sur le site : www.econumerique.
pme.gouv.fr/ guidedachat.
D.W./ Photos : Minefi
Source :
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