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  Pôles de compétitivité : deux ans après

  Lancée officiellement il y a plus de deux ans maintenant (les premiers travaux remontent au mois de septembre 2004), la politique des pôles de compétitivité constitue aujourd’hui un élément essentiel du dispositif mis en oeuvre par le gouvernement pour stimuler l’innovation et accroître la compétitivité des entreprises dans notre pays. Telle est la conclusion essentielle de la communication sur le sujet qui a été présentée le 31 août dernier en Conseil des ministres par François Loos, ministre délégué à l’Industrie, et par Christian Estrosi, ministre délégué à l’Aménagement du territoire. Autres événements significatifs : le succès du 4e Forum du financement de l’innovation et de la compétitivité
qui a réuni, le 26 septembre à Bercy, plus de 800 participants venus de la région parisienne et la présence de nombreux chefs d’entreprise de toute la France au Forum mondial des Clusters qui a accueilli, du 9 au 13 octobre, à Lyon plus de 600 représentants des pôles de compétitivité du monde entier. « Un grand succès, a indiqué François Loos, dans son discours d’ouverture, qui marque la reconnaissance internationale de la France pour la politique des pôles de compétitivité conduite depuis la réunion du comité interministériel du 12 juillet 2005.»


Le nouveau pôle Industrie financière

Invité du 9e Forum Paris Europlace qui s'est tenu le 23 octobre dernier à New York, Thierry Breton, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, a annoncé qu'un nouveau pôle de compétitivité sera bientôt labellisé . « Sur ma proposition, a indiqué ce jour-là le ministre, Matignon vient de confirmer que le projet Industrie financière Technologies et innovation sera reconnu en tant que pôle majeur. La décision formelle sera prise lors d’un prochain conseil interministériel. » Sur le modèle des pôles industriels, il regroupera des entreprises privées, des banques et des sociétés d’assurance essentiellement, des centres de recherche, des universités et des associations professionnelles dont la Fédération bancaire française. Paris Europlace a déjà identifié plusieurs projets pour ce futur pôle qui entend s’appuyer sur les avantages compétitifs actuels de la place financière de Paris. Parmi eux :- la création d’un incubateur pour de jeunes entreprises, des sociétés de gestion essentiellement, - l’ouverture d’un institut européen de la régulation financière, - la mise en place de deux chaires d’enseignement, consacrée aux rapports de la finance avec le développement durable d’une part et avec l’investissement socialement responsable d’autre part, - le lancement d’une plateforme d’indices financiers.

Il est vrai que, à peine plus d'un an après leur labellisation officielle, tous les pôles de compétitivité sont aujourd'hui « en ordre de marche ». Dès la fin de l'année 2005, les 66 pôles agréés par le gouvernement avaient en effet signé leur contrat-cadre. Dotés le plus souvent d'une structure de gouvernance légère (3 ou 4 personnes pour un budget moyen annuel de l'ordre de 650 000 euros), ils se sont ensuite engagés dans une dynamique qui a permis l'émergence d'un nombre significatif de projets de recherche et développement réellement stratégiques. C'est ainsi que les trois premiers appels à projets lancés par le Fonds de compétitivité des entreprises (celui de 2005 et les deux premiers de 2006) ont déjà permis à l'Etat de soutenir financièrement 165 dossiers émanant de 57 pôles différents pour un montant total de l'ordre de 230 millions d'euros « Un excellent résultat, indiquent les deux ministres dans leur communication au gouvernement, qui s'explique par l'esprit de décloisonnement qui prévaut désormais dans les rapports entre les entreprises et les organismes de recherche au sein des pôles de compétitivité. » Principaux domaines concernés : les nouvelles technologies, le multimédia, l'énergie, la santé, les biotechnologies, l'aéronautique et les transports.

Quant à l'Etat, il a également su faire preuve de volontarisme. Non seulement le calendrier de lancement des appels à projets a été respecté (pour 2006, le troisième sera clos le 15 décembre prochain) mais surtout la procédure d'accès aux aides publiques a été notablement simplifiée avec la création d'un fonds unique géré par Bercy et regroupant l'ensemble des financements alloués par les six ministères concernés : Agriculture, Aménagement du territoire, Défense, Equipement, Industrie et Santé. De plus, les pouvoirs publics travaillent activement aujourd'hui à la mise en place des dispositifs d'aide fiscale prévus par la loi de finances à l'intention des parties prenantes aux pôles de compétitivité. Principale mesure prévue : un système dit de zonage territorial R&D qui permet à toutes les entreprises concernées de bénéficier de réductions significatives d'impôts ou de charges sociales. Un effort financier qui viendra s'ajouter à l'enveloppe globale prévue au titre du Fonds de compétitivité des entreprises : 1,5 milliard d'euros pour la période 2006- 2008.

Et maintenant ? Compte tenu des premiers résultats enregistrés, la politique des pôles de compétitivité sera naturellement poursuivie. Un certain nombre d'infléchissements liés aux retours d'expériences de cette première année de fonctionnement sont toutefois prévus. Au-delà d'un nouvel effort de simplification de la part de l'Etat, François Loos a indiqué, à plusieurs reprises au cours des dernières semaines, qu'il était nécessaire d'inciter les pôles travaillant sur des thématiques voisines à se coordonner le plus possible. Exemple : le secteur automobile pour lequel trois ou quatre pôles différents sont actuellement concernés. Autre orientation forte : le renforcement de la visibilité internationale de nos pôles de compétitivité les plus importants. C'est ainsi que, lors du Forum de Paris et de la Rencontre Clusters 2006 de Lyon, les pôles de compétitivité dont les quatre mondiaux implantés dans les deux régions de l'Ile-de- France et de Rhône-Alpes ont été invités à intensifier leur politique de partenariats internationaux. Objectif : développer les capacités d'exportation de l'ensemble des entreprises parties prenantes et renforcer leurs possibilités d'accueil des investissements étrangers.

Une démarche qui a déjà été largement entamée lors d'un Conseil des ministres européen qui s'est tenu en avril dernier à Vienne et qui a permis à François Loos de présenter à ses homologues de l'Union européenne la politique des pôles de compétitivité conduite par la France. Sans oublier les nombreux projets de coopération qui ont été identifiés au Canada, aux Etats-Unis ou au Japon au cours des derniers mois par les animateurs d'un grand nombre de nos pôles à l'occasion des missions qu'ils ont effectuées dans ces pays.

Pôles de compétitivité : deux ans après
Le Forum de Paris
Lyon : Clusters 2006
System@tic : maîtriser les systèmes complexes
Medicen : la santé comme priorité
Lyonbiopôle : au service d’un bouclier sanitaire
Minalogic : micro-nanotechnologies et logiciels sur puce


Source : Cahier Industries n° 118 novembre 2006


© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie 05/12/2006