Effet de serre : le colloque Facteur 4
Le rapport du groupe de travail Facteur 4, remis au gouvernement
en octobre, contient une série de recommandations destinées à réduire
les émissions de gaz à effet de serre.
Comment la France parviendra- t-elle à diviser par quatre ses émissions
de gaz à effet de serre d'ici à 2050 comme le prévoit
la loi énergétique du 13 juillet 2005 ? Tel était
le thème du colloque qui s'est tenu le 9 octobre dernier à Bercy,
en présence de Nelly Olin, ministre de l'Ecologie et du Développement
durable, à l'occasion de la remise du rapport du groupe de travail
dit Facteur 4 mis en place au cours de l'été 2005. Présidé par
Christian de Boissieu, président du Conseil d'analyse économique,
il avait pour mission d'élaborer une série de propositions
permettant à notre pays de s'engager résolument pour
atteindre cet objectif.
« Au-delà des nombreuses mesures
déjà prises
au cours des dernières années, a confirmé François
Loos, ministre délégué à l'Industrie,
dans son discours de clôture, les 28 recommandations qu'il
contient devraient effectivement nous aider à avancer de manière
significative. »
Il est vrai que depuis le début de
la décennie 2000
nombre de dispositions incitatives ou réglementaires sont entrées
en vigueur en vue de réduire les émissions nocives. Elles
ont concerné aussi bien la réglementation thermique des
bâtiments que les tarifs d'achat de l'énergie renouvelable
ou la fiscalité relative aux économies d'énergie
dans le logement…
Montant total des dépenses publiques mobilisées à cet
effet l'an dernier : plus d'un milliard d'euros. Si l'on ajoute à cela
la place accordée à l'énergie
nucléaire dans notre bilan énergétique et les
efforts consentis récemment par les industriels, on constate
qu'avec un niveau moyen d'émission de 6 tonnes seulement de
CO2 par habitant et par an, la France se situe dans le peloton de tête
des pays industrialisés.
Elle respecte ainsi les obligations
contenues dans le Protocole de Kyoto en conservant pour la période
2008-2012 le niveau qui était
le sien au cours de l'année 1990. Ceci n'est toutefois qu'une
première étape et l'effort de tous en faveur de la lutte
contre le changement climatique doit s'accentuer.

D'où l'intérêt présenté par les
travaux du groupe Facteur 4 dont certaines propositions figurent déjà dans
le Pacte national pour l'environnement que Dominique de Villepin, Premier
ministre, a présenté le 4 octobre dernier. Exemples
: la création d'un livret bancaire pour le développement
durable qui devrait dégager dès 2007 près de 10
milliards d'euros pour le financement des économies d'énergie
dans le logement ou encore la fixation d'un objectif de 25 % de construction à haute
qualité environnementale dans le secteur social à l'horizon
2010.
D'autres dispositions du rapport sont actuellement à l'étude.
Elles concernent essentiellement la réglementation thermique
des bâtiments anciens et la valorisation énergétique
de la biomasse.
Ainsi, la France devrait s'orienter rapidement sur
la voie d'une première
réduction significative de ses émissions de gaz à effet
de serre au cours de la prochaine décennie et avoir ensuite
la perspective d'atteindre l'objectif ambitieux fixé pour le
milieu du XXIe siècle.
Enfin, autre facteur important, le gouvernement
a décidé d'inscrire
dans ses priorités de recherche pour l'année 2007 plusieurs
projets dont l'avancement aura un impact direct sur le volume de nos émissions
de gaz à effet de serre.
Outre les travaux des douze pôles de compétitivité impliqués
dans les énergies alternatives ou les économies d'énergie,
on trouve trois des six premiers dossiers retenus l'an dernier par
l'Agence de l'innovation industrielle. Ils concernent le développement
d'une chimie verte qui permettrait de substituer le maïs au pétrole,
la mise au point d'un système de gestion centralisée
de l'énergie dans le bâtiment et le lancement d'un véhicule
automobile qui consommerait moins de 3,5 litres de carburant aux 100
km.
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L'avenir électrique en Europe
Sous le patronage du Parlement européen, un colloque
franco-allemand s'est tenu à Bercy les 26 et 27 octobre
dernier. Thème retenu : Production d'énergie et
avenir de l'Europe, garantie d'approvisionnement et développement
durable.
Peut-on concevoir des politiques énergétiques durables ? Quelles
sont les possibilités de réduction de consommation électrique
liées aux économies d'énergie ? Comment produire de l'électricité par
le biais des nouvelles technologies ? Pendant deux jours, près de 200 participants
venus des deux pays et représentant de nombreux partenaires concernés – experts,
universitaires, chercheurs, responsables des pouvoirs publics, producteurs d'électricité – ont
ainsi tenté de définir des perspectives convergentes concernant une
production durable d'électricité en France et en Allemagne à l'horizon
2030.
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C.R./ Photos : D.R.
Source :
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