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  Minalogic : micro-nanotechnologies et logiciels sur puce

Implanté dans la région de Grenoble, le pôle mondial Minalogic entend devenir le premier centre européen de la microélectronique et des solutions miniaturisées intelligentes.

Organisée le 2 juin dernier, au lendemain du 3e Forum régional du financement de l'innovation et de la compétitivité qui se tenait alors à Grenoble, l'inauguration officielle par François Loos, ministre délégué à l'Industrie, du nouveau site baptisé Minatec a marqué une première étape décisive dans la jeune histoire du pôle de compétitivité Minalogic (Micro Nanotechnologies Logiciels embarqués Grenoble Isère). En regroupant sur un même lieu une grande part des moyens de R&D en micro et nanotechnologies existant dans l'agglomération grenobloise (il pourrait compter dès l'an prochain près
compter dès l'an prochain près de 3 500 universitaires, chercheurs et ingénieurs), le centre Minatec devrait en effet contribuer à accélérer le lancement de ses nombreux projets - plus d'une cinquantaine - qui représentent un investissement total de l'ordre d'un milliard d'euros. " Tout le monde connaît Palo Alto, la Silicon Valley et Bangalore, a déclaré le ministre dans son discours. Mon souhait aujourd'hui est que Grenoble bénéficie bientôt d'une réputation internationale comparable et que, pour la Terre entière, microélectronique égale Grenoble."

Labellisé comme pôle de compétitivité de niveau mondial, Minalogic s'inscrit dans la dynamique qui, depuis plus d'un demi-siècle tend à rapprocher, autour de la ville de Grenoble, le monde de la recherche de celui de l'industrie et qui a contribué à installer dans cette région au cours de la décennie 1970 une véritable filière d'excellence en microélectronique. A l'origine de cette implantation : les travaux du laboratoire de physique fondamentale du CEA qui ont débouché la création progressive du grand groupe franco-italien STMicroelectronics (5 500 emplois dans la région grenobloise aujourd'hui). Autre événement important : la construction en commun au début des années 2000 par STMicroelectronics, Philips et Motorola du site de recherche de l'Alliance à Crolles qui représentait alors un investissement de l'ordre de 3 milliards d'euros et qui a permis à notre pays de conserver une taille critique suffisante face au géant américain de la puce électronique Intel.

Si l'on ajoute à cela les nombreuses entreprises spécialisées dans le domaine du logiciel implantées, elles aussi de longue date, dans la région (Bull, Cap Gemini, Hewlett-Packard, Imag, Kelkoo, Polyspace…), les laboratoires comme ceux du CNRS, de l'Inria, du CEA-Leti…, les écoles comme l'Institut national polytechnique de Grenoble et les universités comme Joseph Fourier, le pôle Minalogic est parfaitement en mesure de concurrencer la plupart des clusters mondiaux de sa spécialité, aux Etats-Unis et au Japon notamment. D'autant que la stratégie du pôle repose sur deux axes aujourd'hui particulièrement porteurs : le renforcement des bases technologiques dans le domaine de la conception des puces électroniques et le développement des applications miniaturisées intelligentes. Slogan retenu par les animateurs de Minalogic : l'infiniment petit, l'infiniment utile.

Des logiciels de plus en plus puissants sur des puces de plus en plus petites

Premier axe stratégique : la technologie, le " hardware ". Il s'agit d'imaginer, de concevoir et de fabriquer des puces miniaturisées et intelligentes sans cesse plus performantes. Ainsi le programme EmSoC porté principalement par la société STMicroelectronics qui vise à développer la conception de logiciels de plus en plus puissants ainsi que leur intégration sur des puces micro ou nanométriques de plus en plus petites. C'est à ce titre que trois premiers projets dits de l'Atelier du futur - Multival, Sceptre et Open TLM - labellisés par le pôle Minalogic ont bénéficié de l'appui financier du Fonds de compétitivité des entreprises en mai dernier suite au premier appel à candidatures de l'année 2006. Pour le deuxième appel intervenu au printemps dernier, c'est le projet Imalogic piloté par la société Sofradir qui a été sélectionné. Il concerne la mise au point de nouveaux détecteurs infrarouges particulièrement performants. Montant total de l'investissement : 23 millions d'euros pour la période 2006-2008. Deuxième volet de la stratégie de Minalogic : la diffusion de solutions miniaturisées intelligentes dans le plus grand nombre possible de secteurs d'activité. Les acteurs du pôle sont en effet persuadés que les puces du futur s'intègreront dans une multitude de nouveaux produits pour des applications encore insoupçonnées à ce jour. C'est ainsi par exemple que certaines équipes travaillent actuellement à l'introduction de puces intelligentes sur des substrats souples comme le textile ou le papier. De la même façon, le projet Smart Electricity conduit par Schneider Electric (ex-Merlin-Gérin), la grande entreprise grenobloise, doit déboucher à terme sur la production de tableaux électriques intelligents qui permettraient de consommer moins d'énergie à niveau de confort équivalent. Montant prévu de l'investissement en recherche : 21 millions d'euros sur quatre ans.

Des applications nouvelles sont également envisagées dans des domaines de pointe comme la biologie ou la chaîne de l'image. Minalogic travaille ainsi en liaison étroite avec Lyonbiopôle, l'autre pôle mondial de la région Rhône-Alpes, à la mise au point d'une nouvelle génération de détecteurs numériques. On pense à la possibilité de procéder à une véritable analyse médicale à partir d'une puce électronique. A noter également un projet soutenu par l'Agence de l'innovation industrielle en vue de la création à terme dans cette région du premier centre européen de matériaux avancés.

Enfin, Minalogic est en relation régulière avec les autres grands sites européens situés dans la région de Dresde en Allemagne ou dans la mouvance de l'université de Louvain en Belgique. Il accueille également le projet GIN (Growth Initiative for Nanoelectronics). Financé par quatre pays européens, l'Allemagne, la Belgique, la France et les Pays-Bas, il soutient notamment l'étude d'un système de conception assistée par ordinateur qui permettrait de raccourcir notablement le temps de mise sur le marché des micro et des nanotechnologies les plus complexes et les plus performantes. De cette façon, Minalogic espère prendre de vitesse ses concurrents internationaux et placer ainsi les problèmes de compétitivité davantage sur le plan de l'innovation industrielle que sur celui du coût de fabrication des produits.

L'audace créatrice de Soitec

Créée en 1992 par deux chercheurs du laboratoire CEA-Leti (Laboratoire d'électronique et des technologies de l'information) de Grenoble, la société Soitec s'est hissée en moins de dix ans au premier rang mondial des fournisseurs de l'industrie microélectronique grâce à une innovation technologique forte : le SOI (Silicon on insulator ou silicium sur isolant). Utilisé dans la fabrication des circuits intégrés de la nouvelle génération, ce matériau est particulièrement bien adapté à la course à la miniaturisation que connaît l'ensemble du secteur. Il permet en effet de produire des puces sans cesse plus petites, plus légères et moins consommatrices en énergie. La force de Soitec reste donc d'avoir réussi à traduire un concept technologique breveté, le Smart cut, en un véritable standard industriel pour l'ensemble d'une profession. Résultat : Soitec a reçu au printemps dernier le Prix 2006 de l'Audace créatrice qui lui a été décerné par Jacques Chirac.

Pôles de compétitivité : deux ans après
Le Forum de Paris
Lyon : Clusters 2006
System@tic : maîtriser les systèmes complexes
Medicen : la santé comme priorité
Lyonbiopôle : au service d’un bouclier sanitaire
Minalogic : micro-nanotechnologies et logiciels sur puce


Source : Cahier Industries n° 118 novembre 2006


© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie 05/12/2006