Caoutchouc et polymères : la reprise en vue
Deuxième producteur européen de pneumatiques et
de produits caoutchouc, la France devrait améliorer ses positions
sur les marchés internationaux au cours des années
à venir.
Traditionnellement, on utilise le singulier lorsque l'on évoque
le caoutchouc alors qu'il existe deux grands types de produits qualifiés
respectivement de " naturels " et de " synthétiques
". Pour le premier, ils résultent de la transformation
de la sève de l'hévéa, un arbre que l'on trouve
principalement en Asie du Sud-Est, tandis que, pour le second, il
s'agit d'élastomères issus de l'industrie chimique
et provenant essentiellement des dérivés du pétrole.
Aujourd'hui, les deux filières sont davantage complémentaires
que concurrentes. Un produit fini complexe, comme le pneumatique,
est en effet constitué de différentes qualités
de caoutchouc naturel et synthétique. Et le choix entre les
deux familles de composants s'effectue le plus souvent en fonction
de critères économiques (selon la qualité et
le prix). Une évolution d'autant plus forte que les géants
mondiaux de cette industrie sont maintenant contraints d'orienter
leur activité vers des productions à forte valeur
ajoutée, tels les pneumatiques increvables ou écologiques.
Autre exigence forte : la mise au point de processus de production
entièrement automatisés afin d'améliorer la
productivité des installations.
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Caoutchouc en France : chiffres clés 2005
- 7,4 milliards
d'euros de chiffre d'affaires
- 1,2 million de tonnes (hors
rechapage) de caoutchouc produit
- 4,4 milliards d'euros d'exportations-
3,3 milliards d'euros d'importations
- 1,1 milliard d'euros
d'excédent commercial- 290 entreprises- 57 000 emplois
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L'industrie automobile, client n° 1 de la filière
caoutchouc
En France, la filière de production- transformation du caoutchouc
compte près de 300 entreprises dont la moitié environ
dépasse le seuil des 20 salariés. Chiffre d'affaires
2005 : 7,4 milliards d'euros pour une production en volume d'environ
1,2 million de tonnes (hors rechapage). En tête, on trouve
une dizaine de grands groupes de dimension internationale dont Michelin,
numéro deux mondial du pneumatique, et Hutchinson, numéro
un mondial du caoutchouc industriel. Principal client : l'industrie
automobile qui absorbe 80 % de la production en valeur du secteur.
On pense évidemment aux pneumatiques et aux chambres à
air. Mais sait-on qu'une voiture contient en moyenne 1 400 pièces
en caoutchouc, dont le poids cumulé s'élève
à 70 kg dont 35 kg pour les seules pièces techniques
?
" Tubes, joints, courroies, soufflets, le caoutchouc passe
souvent inaperçu, commente Bruno Muret, responsable Economie
et communication du SNCP (Syndicat national du caoutchouc et des
polymères). Sa coloration, généralement noire,
et sa taille, plutôt petite, en font un matériau particulièrement
discret. Il est pourtant indispensable car il assure, grâce
à ses propriétés d'élasticité
et d'étanchéité, des fonctions techniques qui
le rendent très souvent irremplaçable. " L'industrie
française consomme annuellement un volume total de l'ordre
de 600 000 tonnes de caoutchouc, dont 39 % de caoutchouc naturel
et 61 % de caoutchouc synthétique. Dominé par le marché
dit de remplacement (par opposition au marché de la première
monte), le débouché essentiel reste celui des pneumatiques
avec un total de plus de 35 millions d'unités vendues dont
90 % pour les véhicules particuliers. A noter que, depuis
la loi de juillet 2002 qui interdit la mise à la décharge
des pneumatiques usagés, les industriels ont accentué
leurs efforts en direction d'une production nouvelle de pneumatiques
rechapables.
Et sur les marchés extérieurs ? Avec un taux de croissance
annuel moyen de ses exportations de 2,4 % depuis le début
de la décennie 2000, la France écoule désormais
hors de ses frontières près de 60 % de sa production.
Ce qui représente un chiffre d'affaires total de 4, 4 milliards
d'euros. Principaux pays clients : l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie
et le Royaume-Uni. Résultat : notre pays occupe une part
du marché international des produits en caoutchouc de l'ordre
de 9 %. Ce qui nous place au rang de quatrième fournisseur
mondial derrière l'Allemagne, les Etats-Unis et le Japon
et devant le Canada et l'Italie. De plus, avec un taux de couverture
proche de 140 %, le commerce extérieur français de
la branche caoutchouc a dégagé en 2005 un solde positif
légèrement supérieur au milliard d'euros.
Exportations en hausse vers l'Union européenne
Une situation favorable qui devrait s'améliorer encore au
cours des mois à venir. " En effet, a souligné
Bruno Muret, lors d'une présentation à la presse des
résultats 2005, après une légère contraction
du volume de production en 2005, les premiers chiffres disponibles
pour l'exercice 2006 laissent entrevoir une reprise pour la plupart
des entreprises de notre branche. " Malgré une concurrence
internationale très vive (les trois premiers groupes mondiaux,
Michelin, Bridgestone et Goodyear, représentent environ 60
% du marché total), on constate en effet actuellement une
augmentation régulière de nos exportations, sur le
marché des Etats membres de l'Union européenne notamment,
tandis que, sur le plan intérieur, de nombreux signes de
raffermissement de la demande commencent à apparaître.
Une conséquence du regain constaté dans l'ensemble
de l'industrie automobile européenne tout au long de l'année
dernière. La croissance de la production devrait y atteindre
un niveau proche de 4 % pour l'exercice 2006.
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Elastopôle, un projet de pôle de compétitivité
caoutchouc et polymères
Les professionnels du caoutchouc et des polymères
envisagent de déposer un projet de pôle de compétitivité
avec l'appui du LRCCP (Laboratoire de recherches et de contrôle
du caoutchouc et des plastiques) et de l'Ifoca (Institut national
de formation et d'enseignement du caoutchouc) pour la prochaine
réunion du Comité interministériel d'aménagement
du territoire (CIAT). Elastopôle, c'est son nom, se
présente " comme un catalyseur visant à
accélérer l'innovation technologique et à
renforcer la compétitivité des entreprises en
s'appuyant sur la synergie industrie, recherche et formation ".
Sa finalité : enrichir l'offre de produits
et services des entreprises en renforçant leurs atouts
concurrentiels par des pratiques nouvelles de R&D et d'industrialisation.
Ce projet de pôle bénéficie d'un ancrage
sur un groupe de quatre régions (Centre, Auvergne,
Pays de la Loire et Ile-de- France) regroupant 50 % des effectifs
de l'industrie de la transformation du caoutchouc et disposant
d'un réseau de 5 000 chercheurs rattachés à
des structures privées ou publiques. Plus de 10 projets
de recherche concernant des thématiques matériaux,
conception des produits et formulation, procédés
de fabrication, environnement et énergie, ont été
proposés. Ils représentent une enveloppe financière
de 20 millions d'euros.
Contact : SNCP
bruno.marostegan@lecaoutchouc.com
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Source :
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