La compétitivité de l'industrie française
Malgré une relative atonie de la production, la compétitivité
de l'industrie française s'est
améliorée récemment. Telle est la conclusion
du rapport 2005-2006 de la Commission permanente de concertation
pour l'industrie.
Instance de dialogue et de concertation entre le monde de l'industrie
et celui de l'administration, présidée par le ministre
en charge de l'industrie et mise en place en 1996, la CPCI (la Commission
permanente de concertation pour l'industrie) a publié il
y a quelques semaines son traditionnel rapport annuel. Comme chaque
année ce document procède à une analyse aussi
exacte que possible de l'évolution récente de la situation
de l'industrie française en 2005. " Une approche,
explique Yves Robin, chef du service des Etudes et statistiques
industrielles du ministère de l'Economie, des Finances et
de l'Industrie, qui nous permet d'étudier l'ensemble des
questions importantes qui se posent à ce secteur essentiel
à notre activité économique et d'éclairer
objectivement nos débats au cours de l'année suivante.
"
Principaux thèmes abordés : la production,
les échanges extérieurs, l'investissement, la
R&D, les salaires, la productivité, l'emploi et les résultats
financiers des entreprises.
Premier fait marquant pour les auteurs de ce rapport 2006 : l'envolée
de la croissance de
la production industrielle dans le monde (+ 4 % par exemple en 2005)
au cours de la période
récente. Largement tiré par la Chine, le mouvement
s'est très vite généralisé à
de nombreux
pays émergents et l'industrie européenne s'est trouvée
confrontée à une concurrence
extérieure forte encore accentuée par la faiblesse
des cours du dollar et du yen. Seule l'Allemagne semble aujourd'hui
tirer largement son épingle du jeu grâce à la
stabilisation de
ses salaires et à l'accroissement de ses échanges
commerciaux vers l'Europe de l'Est.
Du coup, dans une Europe en perte de compétitivité,
l'industrie française a marqué le pas.
La production industrielle a donc stagné dans notre pays
au cours de l'année 2005 et la
dégradation de notre balance commerciale s'est accélérée
pendant la même période.
Malgré une hausse de 6 % de la demande mondiale, les exportations
françaises de produits
manufacturés sont restées en retrait de leur potentiel.
Les causes de cette situation sont multiples. On peut citer la faiblesse
des taux de change, la défaillance de certains secteurs traditionnellement
porteurs ou encore l'atonie de la demande intérieure en Allemagne
et en Italie... Dans l'automobile, par exemple, la production de
véhicules a sensiblement baissé dans notre pays au
cours des deux dernières années malgré la bonne
tenue du nombre des immatriculations. En cause : le manque de compétitivité
des constructeurs français au regard de leurs concurrents
implantés dans les pays développés et surtout
dans les pays émergents.
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Le renouvellement de nombreux équipements
En revanche, la hausse des investissements qui a atteint un pourcentage
proche de
3 % en 2005 pour l'ensemble de l'industrie manufacturière
constitue un excellent
résultat. Orienté principalement vers le renouvellement
de certains équipements, ce
regain ne parvient pas toutefois à compenser totalement les
baisses enregistrées au cours
des dernières années. C'est le cas dans un certain
nombre de secteurs comme les technologies
de l'information et de la communication ou l'automobile, où
le recul est particulièrement
significatif depuis quelques années déjà.
A noter également la bonne tenue des ventes dans certains
secteurs comme l'industrie
agroalimentaire ou la pharmacie- parfumerie. Egalement bien orienté,
le secteur des matériaux
de construction qui a profité de l'expansion de l'activité
du bâtiment.
De son côté, le secteur de la mécanique est
tiré par des exportations soutenues tandis que le nombre
des livraisons d'Airbus n'a jamais été aussi élevé
qu'en 2005.
De la même façon, la sidérurgie, le travail
des métaux, la chimie et le caoutchouc ont enregistré
des résultats honorables en dépit de la hausse significative
du coût de leurs matières
premières.
Un point noir important : la faiblesse de l'effort de R&D des
entreprises françaises. Très
concentrées dans les grandes entreprises et dans certains
secteurs de pointe comme
l'électronique, l'automobile, la pharmacie ou l'aéronautique,
les dépenses de recherche
et développement ont progressé, en 2005 comme en 2004,
de moins de 2 %, rattrapées
en cela par les dépenses de publicité.
Inquiétude également pour l'emploi qui est en net
recul dans l'ensemble du secteur
industriel : plus de 100 000 emplois perdus en 2005. De plus, la
part des emplois en
intérim et des contrats à durée limitée
continue d'augmenter. Malgré tout avec quatre
millions d'actifs, l'industrie emploie encore en France plus d'un
salarié sur six. Et surtout
ces emplois sont généralement plus stables et mieux
rémunérés que dans les autres secteurs de l'économie.
C'est ainsi qu'en 2005 l'ensemble des salaires a progressé
dans l'industrie y compris les plus modestes. Une hausse qui a été
largement compensée par des gains de productivité
élevés qui ont dépassé 4 % par an depuis
trois ans. Associés aux
réductions de charges sociales, ils ont permis une nouvelle
et forte baisse des coûts
salariaux par unité de valeur ajoutée : - 1,6 % pour
l'exercice 2005.
Conséquence : l'attractivité du territoire français
reste élevée et notre pays se place désormais
dans les premiers rangs des pays d'accueil des investissements étrangers
avec le
Royaume-Uni, les Etats-Unis et la Chine. Aujourd'hui, en tout cas,
témoignage de l'ouverture
de l'industrie française sur le monde, près de 40
% de notre production industrielle
est contrôlée par des groupes étrangers.
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Les résultats des entreprises industrielles
Quid des résultats comptables des entreprises françaises
? D'après les premiers chiffres
disponibles, il semble que les taux de marge des sociétés
industrielles aient bien résisté
à l'atonie de l'activité manufacturière.
Cet équilibre des comptes d'exploitation a permis
une nouvelle amélioration des résultats comptables,
due pour l'essentiel au niveau
exceptionnellement bas des taux d'intérêt.
Conséquence : la solvabilité des entreprises
industrielles est restée relativement satisfaisante,
grâce à la baisse de leurs charges financières.
Les sociétés sont plus solides et le nombre
des
défaillances commence à diminuer. Pour autant,
le désendettement des entreprises ne s'est pas
poursuivi en 2005. Pris en charge pour partie au sein des
groupes, le surcroît d'endettement est toutefois resté
modéré et a bénéficié des
taux d'intérêt très bas. Compte tenu du
renforcement des capitaux propres, les équilibres financiers
ont donc été préservés en 2005.
L'assainissement opéré ces dernières
années s'est consolidé et devrait permettre
aux entreprises industrielles de tirer pleinement profit de
la reprise actuelle.
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A lire :
- " Rapport CPCI 2006 " par Georges Honoré -
- Le 4 Pages du Sessi. N°227 - Décembre 2006 téléchargeable
sur le site : www.industrie.gouv.fr/sessi
- " L'industrie en France ", Insee Références,
novembre 2006, disponible sur le site www.insee.fr.
L. C.- Photo : Arcelor
Source :
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