Revue Industries 125 - août/septembre
2007
Le développement des procédures simplifiées |
Afin d'améliorer la fluidité des échanges
internationaux, la Douane invite les entreprises à utiliser
largement la palette des procédures simplifiées qu'elle
met à leur disposition.
A l'heure d'internet, c'est un Code des Douanes communautaire réellement
nouveau qui devrait entrer en vigueur à compter du 1er janvier
2009 dans l'ensemble de l'Union européenne. Revenant largement
sur la plupart des dispositions du Code actuel qui avait été
publié au début de la précédente décennie,
le projet retenu en juin dernier par les ministres réunis
à Luxembourg (il devrait être adopté définitivement
par le Parlement européen au cours des prochaines semaines)
prévoit en effet la mise en place dans chacun des 27 Etats
membres de l'Union européenne d'un système de dédouanement
décentralisé par lequel les opérateurs auront
la possibilité d'acquitter leurs droits de douane à
l'endroit où ils sont établis, quelque soit le point
d'arrivée physique de la marchandise. Objectif : faciliter
la fluidité des opérations de commerce international
en dissociant le lieu de dépôt des déclarations
en Douane de celui où les transactions s'effectuent réellement.
Un mouvement que la Douane française a clairement anticipé
en allégeant les formalités de déclaration
et encourageant l'utilisation par les entreprises des procédures
douanières qui sont actuellement mises à leur disposition.

Premier aspect : l'allégement des déclarations.
Depuis le 1er janvier dernier, le DAU (Document administratif unique)
modèle 1988 qui depuis près de vingt ans accompagnait
chacune des opérations de commerce international réalisée,
à l'importation comme à l'exportation, par les entreprises
de notre pays a disparu. Il a été remplacé
par un nouveau DAU harmonisé avec celui qui était
déjà utilisé dans plusieurs autres pays européens.
Moins d'informations demandées et des données structurées
de manière identique : l'objectif est de faire en sorte qu'à
terme les systèmes d'informations de tous les Etats membres
soient totalement compatibles.
Autre élément important : le développement
au sein des entreprises des procédures de dédouanement
simplifié et des autorisations de régimes douaniers
économiques.
Elles se présentent sous la forme de deux familles distinctes :
- les procédures de domiciliation qui permettent aux entreprises
de dédouaner les marchandises dans leurs locaux ;
- les régimes douaniers économiques qui permettent
d'importer des marchandises non communautaires sans acquitter
de droits de douane et de taxes, de stocker, d'utiliser, de transformer
ces marchandises, selon ses besoins, avant de les réexpédier
hors de l'Union européenne. Pour bénéficier
de ces procédures avantageuses, les entreprises doivent
en faire la demande auprès du bureau de Douane habilité
à réaliser leurs formalités douanières.
Un audit permet alors de vérifier que l'entreprise présente
des garanties suffisantes. En cas de réponse favorable,
elle signe avec l'administration douanière une convention
qui fixe le cadre d'agrément accepté par les deux
parties. Un audit de suivi permet ensuite d'établir à
intervalles réguliers un bilan de fonctionnement de la
procédure.
1. La déclaration simplifiée
Premier moyen d'accélérer le dédouanement
d'une marchandise, la déclaration simplifiée permet
aux entreprises d'alléger les formalités documentaires
liées à une opération de commerce international.
Les entreprises bénéficiaires ont alors la possibilité
de libérer leurs marchandises en procédant simplement
auprès du bureau de Douane compétent à une
déclaration allégée ne réclamant qu'un
nombre limité d'informations : une dizaine seulement. Comme
toute autre déclaration douanière, la déclaration
simplifiée peut être déposée par anticipation
avant même l'arrivée de la marchandise. Bien entendu,
toutes les informations complémentaires obligatoires devront
être transmises ultérieurement aux services douaniers
au moyen d'une déclaration récapitulative mensuelle
ou d'une déclaration en douane de droit commun.
2. Le dédouanement à domicile
La procédure de dédouanement à domicile (PDD,
dite également procédure domiciliée), soumise
à agrément préalable, permet à une entreprise
de dédouaner les marchandises directement dans ses locaux
sans avoir l'obligation de les présenter physiquement à
un bureau de Douane. Ces procédures sont désormais
accessibles de manière dématérialisées
et le délai de dédouanement peut être personnalisé
pour les opérateurs les plus fi ables. A l'importation comme
à l'exportation, la marchandise peut ainsi être déchargée
24 heures sur 24, sept jours sur sept, et libérée
quasi immédiatement. Forme particulière du dédouanement
domicilié, la procédure de domiciliation unique (PDV)
offre en outre la possibilité de concentrer auprès
d'un seul bureau l'ensemble des formalités de dédouanement
d'une entreprise. Une procédure particulièrement intéressante
pour les entreprises qui réalisent leurs opérations
physiques d'importation ou d'exportation sur plusieurs sites. Principal
avantage : l'existence d'un seul interlocuteur douanier pour toute
l'entreprise. Depuis le mois de mars 2007, une procédure
de dédouanement avec domiciliation unique communautaire (PDUC)
permet de centraliser des opérations réalisées
dans plusieurs Etats membres de l'Union européenne.
3. Les régimes douaniers économiques
Afin de permettre aux entreprises de minimiser le coût de
leurs opérations de dédouanement, l'administration
douanière a mis au point un certain nombre de dispositifs,
baptisés régimes douaniers, qui ont pour vocation
de s'adapter au plus près à la réalité
économique de chaque entreprise. En fait, ils permettent
d'importer temporairement sur notre territoire des marchandises
non communautaires en suspension de droits de douane et de taxes.
Trois formules correspondant aux trois fonctions essentielles d'une
entreprise ont ainsi été mises sur pied :
- le régime de l'entrepôt qui permet de disposer
en permanence d'un stock de marchandises que l'on peut utiliser
en fonction de ses besoins. Les droits et taxes sont acquittés
au fur et à mesure de la sortie de l'entrepôt ;
- le régime de l'admission temporaire qui permet d'importer
provisoirement une marchandise dont l'entreprise a besoin pour
son activité. La marchandise doit évidemment être
réexportée après utilisation. Exemples :
du matériel destiné à la réalisation
de tests ou à la présentation dans un salon professionnel
;
- le régime du perfectionnement actif qui permet à
une entreprise d'importer des marchandises, de les transformer
en France et de réexporter les produits finis sans acquitter
de droits et taxes.
Pour l'exportation, il existe également un régime
de perfectionnement passif qui permet d'effectuer hors de France
des transformations sur des marchandises communautaires et de n'être
taxé au retour que sur la plus-value réalisée
à l'étranger. A noter que les régimes douaniers
économiques sont accordés sur demande des entreprises
qui doivent en justifier le besoin. L'autorisation est délivrée
par la Douane qui fixe le cadre juridique dans lequel l'entreprise
peut utiliser le régime sollicité. Un cadre qui peut
naturellement évoluer à l'initiative soit de l'opérateur
soit des autorités douanières.
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