Revue Industries 125 - aoû/septembre 2007 Combattre la contrefaçon |
Pour lutter contre le trafic de produits contrefaits, la Douane
s'est engagée dans une politique de coopération active avec les
entreprises françaises les plus menacées.

Elément important de la politique du gouvernement en matière
de soutien à l'activité économique de notre
pays, la lutte contre le trafic de produits contrefaits constitue
aujourd'hui l'une des missions prioritaires de la Douane. Avec près
d'1,7 million d'articles saisis sur l'ensemble du territoire au
cours du 1re semestre 2007, les services douaniers ont enregistré
une forte hausse du montant de la fraude : 224 millions d'euros,
soit + 70 % par rapport à la même période de
l'année 2006. Cette progression est d'autant plus inquiétante
que le phénomène ne touche plus seulement le secteur
du luxe mais qu'il concerne maintenant des produits susceptibles
de menacer directement la santé et la sécurité
de nos concitoyens. On pense aux médicaments, aux jouets,
aux pièces détachées pour l'automobile et même
à certains produits alimentaires. « Une situation qui
suppose évidemment un renforcement des contrôles douaniers
tant à l'entrée qu'à la sortie du territoire,
explique Luc Coper, directeur régional à la direction
générale des Douanes et des Droits indirects, mais
aussi une coopération étroite de nos services avec
les entreprises les plus menacées. »
Pour lutter contre les contrefaçons, la Douane française
dispose en effet de deux procédures distinctes. La saisie
tout d'abord qui lui permet de retirer immédiatement du marché
tout produit de marque contrefait donc prohibé au plan douanier.
Une fois la saisie opérée, la Douane informe le procureur
de la République ainsi que le titulaire de la marque concernée
qui pourra alors intenter une action en justice contre le contrefacteur.
Des sanctions douanières sont également prévues.
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Un cadre juridique sévère
Depuis la loi Longuet du 5 février 1994, la contrefaçon
est un délit douanier. Ce qui signifie que tout produit
contrefait est frappé d'une interdiction absolue à
l'importation, à l'exportation mais aussi à
la circulation sur le territoire national. De plus, cette
loi a étendu aux dessins, aux modèles, aux droits
d'auteur et droits voisins le dispositif de protection qui
ne concernait auparavant que les produits de marque. Elle
prévoit également des sanctions sévères
pouvant aller jusqu'à 500 000 euros d'amende et cinq
ans d'emprisonnement. Des sanctions douanières sont
également prévues : outre la confiscation des
marchandises ainsi que des moyens de transport utilisés,
une amende allant jusqu'à cinq fois la valeur de la
marchandise et une peine de prison comprise entre trois et
dix ans peuvent être prononcées. A noter qu'un
projet de loi de lutte contre la contrefaçon, visant
à renforcer ce dispositif, est actuellement en cours
de discussion devant le Parlement.
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Second moyen d'action : la retenue qui permet à la Douane de conserver,
toute marchandise soupçonnée de contrefaçon
pendant une durée maximum de dix jours ouvrables. Un délai
qui permet alors au titulaire du droit de propriété
intellectuelle correspondant de se pourvoir en justice soit par
la voie civile soit par la voie correctionnelle. Une seule condition
: il doit avoir effectué préalablement auprès
des services douaniers une démarche (la procédure
est entièrement gratuite) dite de demande d'intervention.
Le dossier présenté par l'entreprise doit alors naturellement
fournir la preuve du droit de propriété industrielle
invoqué mais il doit surtout comporter une description précise
des produits en cause : des photographies, des documents techniques,
des références, des échantillons mais aussi
de nombreuses informations sur leurs lieux de fabrication et de
commercialisation ainsi que sur les circuits d'acheminement utilisés.
Plus de 760 dossiers de ce type ont ainsi déjà été
déposés l'an dernier.
Aujourd'hui donc, l'action de la Douane consiste essentiellement
à sensibiliser le plus grand nombre d'entreprises à
l'intérêt de déposer des demandes d'intervention
auprès de ses services. En effet, si les grandes entreprises
connaissent les rouages de la lutte anticontrefaçon, - une
marque comme Henkel, dispose pour cela d'une équipe d'une
trentaine de personnes -, ce n'est pas forcément le cas des
PME. Or elles sont toutes en danger dès lors qu'elles cherchent
à se développer sur les marchés internationaux.
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