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Chef d'entreprise au féminin

Suite à une récente étude de l'Agence pour la création d'entreprise, le gouvernement envisage de prendre un certain nombre de mesures plus spécialement destinées à aider les femmes désireuses de créer ou de reprendre une entreprise.

L' entreprenariat féminin constitue aujourd'hui un vivier important de croissance pour l'économie française. Telle est la conclusion que l'on peut tirer d'une étude réalisée au printemps dernier auprès d'un échantillon national représentatif de 1 600 entreprises françaises de moins de 250 salariés par l'institut TNS Sofres à la demande de l'APCE (l'Agence pour la création d'entreprises) et avec l'appui du Conseil supérieur de l'ordre des experts-comptables.
Présentée officiellement à la presse, le 16 novembre dernier à Bercy, par Jean-Claude Volot, président du conseil de l'Agence et par Hervé Novelli, secrétaire d'Etat aux Entreprises et au Commerce extérieur, elle devrait déboucher prochainement sur une série de mesures concrètes destinées à favoriser le développement de la création d'entreprises par la population féminine.
« En effet, a indiqué le ministre à cette occasion, il existe actuellement dans ce domaine un écart significatif entre la France et un certain nombre de pays industrialisés comme le Canada, les Etats-Unis, l'Italie ou le Royaume- Uni qui ont mis en place il y a une trentaine d'années une politique offensive en faveur de l'entrepreneuriat féminin dans leur pays. »

Moins d'une PME sur trois est dirigée par une femme

Tout d'abord le constat. En France, moins d'une entreprise petite ou moyenne sur trois (31 % précisément) est dirigée par une femme. A noter également que le nombre de femmes chefs d'entreprise tend à diminuer au fur et à mesure que l'effectif de l'entreprise s'accroît.
Elles sont, en effet, 34 % à diriger une entreprise de cinq salariés ou moins alors qu'elles ne sont plus que 11 % lorsque le nombre de salariés atteint un chiffre compris entre 100 et 250 personnes. Autre donnée significative : deux secteurs d'activité seulement - le commerce ou la réparation d'une part et les services aux particuliers d'autre part - enregistrent des pourcentages supérieurs à la moyenne globale (33 % et 38 % respectivement) alors qu'ils sont nettement inférieurs dans des secteurs plus traditionnels comme l'industrie, la construction ou le service aux entreprises.
Enfin, près de trois femmes chefs d'entreprise sur quatre ont plus de 50 ans, et elles sont sensiblement moins souvent que les hommes propriétaires majoritaires de l'entreprise qu'elles dirigent : 12 % des femmes interrogées détiennent personnellement plus de 50 % du capital de l'entreprise contre 37 % (trois fois plus) des hommes interrogés. En ce qui concerne le parcours professionnel des "entrepreneures", l'enquête de l'APCE indique qu'avant de diriger leur entreprise, 62 % des femmes interrogées étaient salariées, 13 % femmes au foyer, 12 % étudiantes et que 10 % étaient déjà chefs d'entreprise. Surtout, contrairement à une idée reçue, l'entrepreneuriat n'apparaît pas principalement comme une issue au chômage : 2 % seulement des femmes entrepreneures étaient demandeuses d'emplois avant d'être chefs d'entreprise.
Autre donnée intéressante : 49 % des femmes chefs d'entreprise travaillaient auparavant dans le même secteur d'activité contre 48 % dans un secteur d'activité différent alors que 3 % seulement n'avaient jamais travaillé.
Les chefs d'entreprise femmes sont-elles heureuses de l'être ? A cette question, une large majorité des personnes interrogées répond de manière positive : 84 % d'entre elles se déclarent en effet satisfaites d'avoir fait ce choix (dont plus de la moitié se dit même très satisfaite) contre 9 % qui se disent peu satisfaites et 6 % pas satisfaites du tout.
Conséquence logique : elles sont 75 % à dire qu'elles referaient le même choix (51 % certainement et 24 % probablement), si c'était à refaire.

Les problèmes d'une femme chef d'entreprise

Autre enseignement de cette enquête : les femmes chefs d'entreprise sont 71 % à considérer qu'il est plus difficile pour une femme de diriger une entreprise que pour un homme. En revanche, lorsqu'on les interroge plus précisément sur le type de problèmes que peut rencontrer une femme chef d'entreprise :

  • 70 % citent la difficulté de concilier vie familiale et vie professionnelle,
  • 43 % trouvent plus délicat pour une femme de se sentir en sécurité,
  • 19 % estiment qu'il est plus compliqué pour une femme d'accéder aux marchés et à la clientèle,
  • 17 % considèrent qu'il est plus difficile pour une femme de recruter des collaborateurs compétents,
  • 17 % également qu'il est plus difficile pour une femme d'entreprendre des démarches administratives.

A noter qu'elles ne sont que 16 % à considérer qu'il est plus difficile pour une femme de trouver des financements. Enfin, près de deux femmes chefs d'entreprise sur trois (64 % exactement) ont le sentiment que les femmes entrepreneures ne sont « ni mieux, ni moins bien » reconnues que les hommes entrepreneurs tandis que 27 % estiment qu'elles sont plutôt moins bien reconnues que les hommes.
Autant de chiffres qui témoignent de manière éloquente des écarts relativement importants qui existent encore entre les hommes et les femmes dans le monde entrepreneurial. Ils ont conduit le ministère de l'Economie, des Finances et de l'Emploi à lancer un plan de réflexion qui devrait déboucher sur un certain nombre d'annonces concrètes. C'est ainsi qu'il est envisagé d'élargir prochainement les critères d'accès à l'aide Accre pour les femmes créatrices ou repreneuses d'entreprises.
Autre idée : la mise en place d'un cycle de formation à l'entrepreneuriat plus spécifiquement destiné aux femmes.
Enfin, Hervé Novelli a rappelé la volonté de Bercy d'accroître son soutien aux réseaux d'accompagnement à la création d'entreprises qui feront un effort plus particulier en faveur du développement de l'entrepreneuriat féminin.
Aujourd'hui, les femmes représentent en France 46 % de la population active alors qu'elles ne représentent que 28 % de la population des chefs d'entreprise de moins de 250 salariés (aux Etats-Unis, elles sont 48 %). « Telle est la raison pour laquelle, a indiqué Hervé Novelli, le gouvernement est décidé à rattraper ce retard et à soutenir les femmes qui entreprennent des démarches entrepreneuriales. Faire progresser leur nombre, c'est contribuer à la croissance et à la création d'emplois dans notre pays. »

En savoir plus : www.apce.com


© Ministère de l'économie, des finances et de l'emploi 14/01/2008