| Agir pour la croissance et l'emploi |
Présenté le 26 mars dernier, le programme de
travail des services de Bercy pour le reste de l'année 2008
s'ordonne autour du maître mot de la croissance économique
: la compétitivité globale de notre pays.
Importante conférence de presse le 26 mars dernier à
Bercy. Tenue par Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'Industrie
et de l'Emploi, en présence des quatre secrétaires
d'Etat nommés quelques jours plus tôt : Laurent Wauquiez,
chargé de l'Emploi, Luc Chatel, chargé de l'Industrie
et de la Consommation, Hervé Novelli, chargé du Commerce,
de l'Artisanat, des PME, du Tourisme et des Services, et Anne-Marie
Idrac, chargée du Commerce extérieur, cette manifestation,
intitulée Agir pour la croissance et l'emploi, avait en effet
pour objet de dresser un premier bilan de l'action économique
du gouvernement Fillon après un an pratiquement d'existence
et de présenter à l'ensemble de la presse le programme
de travail des ministres et des services de Bercy pour les prochains
mois.
« Grâce à nos moyens d'action qui viennent
d'être notablement renforcés, a indiqué
à cette occasion la ministre, nous avons la volonté,
dans un environnement international difficile, à la fois
de moderniser notre économie, de définir une stratégie
industrielle adaptée à la mondialisation, de conduire
notre pays vers le plein-emploi et d'améliorer la compétitivité
de notre économie. »
Autant d'objectifs qui étaient déjà à
l'origine de la première série de textes à
vocation
économique adoptés par le Parlement depuis le début
de l'été dernier et pour lesquels
de nouvelles mesures allant dans le sens d'un véritable approfondissement
des réformes déjà largement engagées
seront présentées par le gouvernement tout au long
de l'année 2008.
Avec l'arrivée de la présidence française de
l'Union européenne à compter du 1er juillet prochain,
elles s'inscriront bien entendu également dans la perspective
maintes fois réaffirmée
par l'ensemble des Etats membres de faire de l'Europe un pôle
de stabilité et d'excellence économiques dans le monde.
1. Moderniser l'économie française
« Afin de déclencher une véritable mobilisation
générale de nos entreprises, a indiqué
Christine Lagarde, il est indispensable de faire souffler un
vent de liberté sur notre économie. » Tel
est le sens du projet de loi dit de modernisation de l'économie
française qui devrait être adopté par le Parlement
avant la fin de cette année.
Elaboré depuis plusieurs mois déjà par les
services de Bercy en concertation avec les représentants
des groupes parlementaires, il est organisé autour de quatre
volets distincts :
- l'encouragement au développement des entreprises avec une
série de mesures telles que la création d'un statut
simplifié de l'entrepreneur individuel, la réduction
des délais de
paiement, la limitation des obligations administratives pesant sur
les très petites entreprises
et le gel des conséquences financières liées
au franchissement des seuils d'effectifs de 10 et de 20 salariés ;
- la relance de la concurrence avec la réforme des règles
d'urbanisme commercial, l'instauration d'un mécanisme nouveau
de liberté de négociation des prix entre les producteurs
et les distributeurs ainsi que la création d'une nouvelle
Autorité nationale de concurrence ;
- le renforcement de l'attractivité du pays avec l'installation
du réseau de très haut débit
en fibre optique sur l'ensemble du territoire et le renforcement
de la protection de la
propriété industrielle ;
- l'amélioration du financement de l'économie avec
la généralisation du livret A à l'ensemble
de la profession bancaire et la modernisation de la place financière
de Paris.
2. Définir une véritable stratégie industrielle
Comme de nombreux pays développés, la France se doit
d'avoir désormais une stratégie industrielle clairement
affichée.
Pour Bercy, aucun doute possible : notre pays est aujourd'hui en
mesure de se doter d'un tissu d'entreprises industrielles à
forte valeur ajoutée et à forte teneur en emploi.
Exemple type
: le génopôle d'Evry. Au-delà de la politique
de renforcement du soutien à l'innovation engagée
récemment avec la loi de finances 2008 et la simplification
du crédit d'impôt recherche, le gouvernement se fixe
deux objectifs prioritaires à cet égard :
- favoriser l'émergence de champions nationaux - tels GDF-Suez
ou Latécoère dans l'aéronautique - qui pourront constituer à terme autant
de leviers de croissance pour l'économie du pays. C'est ainsi que le gouvernement vise
l'objectif ambitieux d'aider 2000 PM E d'aujourd'hui à devenir
rapidement des entreprises de plus de 500 salariés ;
- anticiper les conséquences des mutations industrielles.
Pour amortir des chocs tels que celui qui a été provoqué
récemment par l'affaire Kléber
à Toul, le gouvernement se propose d'accompagner les mutations
industrielles par la
mise en place d'un système prévisionnel de gestion
des compétences et par le développement
d'actions adaptées de formation des salariés et de
reconversion des territoires.
3. Conduire le pays vers le plein-emploi
Présentée l'automne dernier par le gouvernement et
adoptée par le Parlement le 13 février 2008, la loi
relative à la fusion ANPE-Assedic devrait améliorer
progressivement l'efficacité
du service public de l'emploi. Mais, en vue de remettre définitivement
la France sur les rails du plein-emploi, le gouvernement a décidé
d'ouvrir trois autres chantiers importants au cours des prochains
mois :
-
la négociation d'une nouvelle convention d'assurance-chômage.
Une réunion tripartite Etat-patronat-syndicats sur le sujet
se tient le 6 mai. Elle a pour mission de jeter les bases d'une
série de négociations interprofessionnelles sur le
sujet dont la conclusion devrait intervenir avant la fin de l'année
;
- la réforme de notre système de formation professionnelle.
Afin de faire en sorte que les fonds disponibles au titre de la
formation professionnelle aillent en priorité à ceux
qui en ont le plus besoin, le gouvernement entamera prochainement
une concertation avec les conseils régionaux et les partenaires
sociaux. Objectif :
- le dépôt d'un projet de loi de réforme du système
français de formation professionnelle sur
le bureau du Parlement avant la fin de l'année ;
- l'amélioration du taux d'emploi des seniors. A l'occasion
du rendez-vous prévu par la loi de 2003 sur l'évolution
des régimes de retraite, le gouvernement souhaite élaborer
avec les partenaires sociaux une première série de
mesures destinées à accroître le taux d'emploi
des 55-64 ans dans l'économie française.
4. Améliorer la compétitivité globale de notre
économie
Comment faire de la fiscalité un instrument de politique
économique favorable à la création de richesses
et au développement de l'emploi ? Pour répondre à
cette question, Bercy s'est engagé - à la demande
du président de la République et du Premier ministre
- dans un travail important dit RGPO - Revue générale
des prélèvements obligatoires. « Dans cette
affaire, a indiqué Christine Lagarde, il s'agit d'examiner,
à niveau équivalent de pression fiscale, l'ensemble
des impôts et des charges sociales à l'aune de la compétitivité
et de l'emploi. » Outre la suppression de l'imposition
forfaitaire annuelle annoncée en décembre dernier,
des points tels que la réduction des impôts pesant
sur les entreprises et la création d'une éventuelle
contribution climat-énergie sont envisagés.
Autre élément important à cet égard
: la réforme des dispositifs d'appui public à l'exportation.
Lancée au début de cette année avec le renforcement
des moyens d'Ubifrance et la modernisation des systèmes Coface,
cette politique sera largement accentuée au cours des
mois à venir afin de favoriser le rétablissement de
l'équilibre de nos échanges commerciaux.
P.V.
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