| Trois projets de loi pour les finances publiques |
Christine Lagarde et Eric Woerth ont présenté, le 26 septembre dernier, le projet de loi de finances pour 2009. Construit dans un contexte économique difficile, ce budget s’inscrit pour la première fois dans une perspective plus large, celle d’un projet de loi de programmation des finances publiques 2009-2012.
Elaboré dans un contexte difficile conjuguant crise mondiale et hypothèse de croissance du PIB de 1 % en 2008 et 2009, le projet de loi de finances pour 2009 a été présenté, le 26 septembre dernier, par Christine Lagarde, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, et par Eric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique.
Ce projet de loi de finances s’intègre, pour la première fois, dans une perspective pluriannuelle, celle du projet de loi de programmation des finances publiques pour la période 2009-2012, une nouvelle catégorie de loi créée par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008.
L’article 34 de la Constitution prévoit en effet que « les orientations pluriannuelles des finances publiques sont définies par des lois de programmation et s’inscrivent dans l’objectif d’équilibre des finances publiques ». Le texte met en évidence la cohérence des dépenses publiques, en intégrant les finances de l’Etat, de la Sécurité sociale ainsi que celles des autres administrations sociales et des collectivités territoriales.
De fait, il permet de fixer par un vote du Parlement la stratégie nationale de finances publiques pour les trois années à venir.
L’objectif est clair et ambitieux : il s’agit de redresser les finances publiques sans augmenter le poids des prélèvements – donc en maîtrisant les dépenses – afin de ramener, en 2012, le besoin de financement des comptes publics à une situation proche de l’équilibre, conformément aux engagements pris par la France auprès de ses partenaires européens.
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Présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2009
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009 s’inscrit dans le cadre de la loi de programmation des finances publiques présentée au Conseil des ministres du 26 septembre 2008. Il consolide le redressement structurel des finances de la Sécurité sociale dans un contexte économique particulièrement difficile, en s’appuyant prioritairement sur la
maîtrise des dépenses. Il traduit les engagements pris dans le cadre du rendez-vous sur les retraites et prend des mesures fortes pour encourager l’emploi des seniors, clef du redressement des comptes de l’assurance vieillesse. L’objectif de ce projet de loi de financement est de revenir à un déficit inférieur à 9 milliards d’euros (-8,6 milliards d’euros) et de permettre le retour à l’équilibre du régime général en 2012. |
Eric Woerth et C. Lagarde: "Sircom"
Trois axes privilégiés par la politique fiscale
En conséquence, le rythme annuel de croissance de la dépense publique devra être divisé par deux, afin de le limiter à environ 1 % en volume par an. Le projet de loi de programmation
décline ces objectifs pour chacun des grands acteurs de la dépense publique : la progression des dépenses de l’Etat ainsi que celles des concours aux collectivités territoriales devra être stabilisée en volume et sera limitée à l’inflation. Pour les dépenses d’assurance maladie, la progression de l’Ondam (objectif national de dépenses de l’assurance maladie) sera limitée
à 3,3 % en valeur par an.
Trois axes seront privilégiés par la politique fiscale au cours des prochaines années, la justice
et l’équité fiscale, l’efficacité environnementale, pour que la fiscalité devienne un outil au service d’une croissance durable et respectueuse de l’environnement, et enfin l’efficacité économique pour que la fiscalité soit au service de la compétitivité, de l’investissement,
de la croissance et de l’emploi.
La loi de programmation pose également des règles pour limiter le développement des dépenses fiscales et des niches sociales. Support de la stratégie de retour à l’équilibre des finances publiques, la loi de programmation sera mise en œuvre en tenant compte de l’évolution des conditions économiques. L’effort de réduction du déficit structurel sera d’au moins 0,5 % du PIB par an, en vue d’un déficit égal à 0,5 point de PIB à l’horizon 2012.
Première étape de cette première année de programmation triennale, le projet de loi de finances pour 2009 se traduit par un effort sans précédent de maîtrise des dépenses.
En dépit de la vive croissance des charges d’intérêt et des pensions sur laquelle le gouvernement actuel n’a pas de prise, les dépenses de l’Etat croîtront comme l’inflation, soit
+2 % par rapport à la loi de finances pour 2008.
Cette maîtrise des dépenses ne sacrifie en rien les priorités que sont la remise à niveau de notre système d’enseignement supérieur et de recherche, la mise en œuvre des décisions
du Grenelle de l’environnement et le déploiement du RSA. L’ensemble des ministères
devra cependant appliquer les mesures d’économies décrites dans le cadre de la RGPP.
Le déficit public pourra ainsi être stabilisé à 2,7 points du PIB en 2009.
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De nouvelles mesures fiscales
Au service de la compétitivité des entreprises…
C’est le premier axe du projet de loi de finances pour 2009 avec la suppression de l’imposition forfaitaire annuelle (IFA). Cet impôt est actuellement acquitté par 360 000 entreprises.
Sa suppression est prévue en trois étapes. Dès le 1er janvier 2009, la limite supérieure
de la première tranche du barème serait relevée de 400 000 euros à 1 500 000 euros.
Sont ainsi concernées 210 000 entreprises. Un an plus tard, cette limite serait portée à
15 000 000 euros, touchant cette fois près de130 000 entreprises. La suppression définitive
interviendra le 1er janvier 2011, en exonérant ainsi 22 500 supplémentaires.
…et du développement durable
Au centre du dispositif, la création d’un prêt à taux zéro destiné à financer les travaux
d’amélioration de la performance énergétique des logements anciens à usage de résidence
principale. Les dispositifs d’accession à la propriété (crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunts et prêt à taux zéro « accession ») seraient par ailleurs améliorés lorsque les logements concernés respectent la norme « bâtiments basse consommation » (BBC).
Enfin, le crédit d’impôt en faveur des économies d’énergie et du développement durable serait recentré sur les équipements les plus performants mais étendu aux frais de main-d’œuvre pour les travaux d’isolation des parois opaques, aux diagnostics « performance énergétique » non
obligatoires et pourrait profiter aux propriétaires bailleurs.
Le projet comprend également un volet de soutien à l’agriculture biologique et à la filière bois, avec un doublement du crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique, la possibilité pour les collectivités locales d’exonérer de taxes foncière les terrains agricoles exploités selon le mode biologique, le renforcement des dispositifs d’incitation à destination des propriétaires forestiers qui s’engagent dans la gestion durable de leurs ressources, l’ouverture d’un dispositif d’amortissement exceptionnel pour les industries de première transformation du bois.
Autre mesure : la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) est étendue ou réévaluée afin de favoriser le recyclage et la valorisation des déchets ménagers et inciter les opérateurs à utiliser des granulats issus du recyclage des matériaux provenant de chantier de démolition. Il s’agit également de mieux prendre en compte les émissions atmosphériques de poussières en suspension et notamment les particules fines émises par l’industrie.
S’agissant du régime fiscal privilégié des biocarburants, celui-ci serait progressivement réduit,
la TGAP constituant une incitation suffisante à l’incorporation de biocarburants dans le gazole et le supercarburant.
D.R.
L’eau et les milieux aquatiques ne sont pas oubliés. La redevance pour pollutions diffuses, qui concerne les substances contenues dans les pesticides, serait relevée dès le 1er janvier 2009.
Enfin, la taxe kilométrique sur les poids lourds serait généralisée sur tout le territoire national mais afin de ne pas fragiliser l’équilibre économique des entreprises du transport routier, la répercussion du coût de cette taxe sur le prix du transport serait rendue obligatoire. Dans le même esprit, la taxe spéciale sur certains véhicules routiers (dite « taxe à l’essieu ») serait ramenée dès 2009 aux seuils correspondants aux minimas communautaires.
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