Les matières textiles de l'avenir
| Produits à fonctionnalité
technique élevée et à forte valeur ajoutée, les textiles dits " techniques "
offrent un potentiel réel de diversification pour les entreprises traditionnelles
d'un secteur confronté à la concurrence des pays en développement. |
Intitulé " Les textiles techniques, une
voie porteuse d'avenir ", le colloque, qui s'est tenu le 13
mars dernier au ministère de l'Economie, des Finances et
de l'Industrie à Bercy, a rassemblé près de
400 participants - essentiellement des industriels et des chercheurs
- concernés par une branche d'activité qui représente
aujourd'hui pratiquement un tiers de la production industrielle
textile de notre pays et pour laquelle la France occupe une position
de premier plan en Europe. A l'ordre du jour des travaux : la présentation
d'une étude réalisée récemment pour
le compte de la Direction générale des entreprises
par le cabinet Développement & Conseil qui montre que
les entreprises françaises spécialisées - producteurs
de fibres, fabricants de tissus, confectionneurs
- disposent
de nombreux atouts pour se positionner sur un marché considéré
aujourd'hui comme particulièrement porteur. " En effet,
confirme Fabrice Bertholet, en charge du secteur à la DGE,
la consommation mondiale de ce type de produits progresse régulièrement
de plus de 3 % par an depuis dix ans et elle représente aujourd'hui
un volume total de l'ordre de 20 millions de tonnes. " Chiffre
d'affaires 2005 : environ 85 milliards d'euros.
Les matériaux du XXIe siècle
A la différence des textiles traditionnels utilisés
dans l'habillement et la décoration dont on apprécie
avant tout les qualités esthétiques, les textiles
dits techniques se caractérisent par des propriétés
fonctionnelles particulières. Durabilité, imperméabilité,
résistance à la chaleur, au feu ou aux agressions
chimiques
ils trouvent leur application dans un nombre
extrêmement varié d'activités économiques.
Sait-on par exemple qu'une automobile en consomme couramment
20 m2 ? En France, les textiles techniques sont largement utilisés
dans des produits industriels des secteurs comme le transport,
la santé, l'aménagement de la maison, la protection
individuelle, le sport, les loisirs ou la construction. "
Dans l'ensemble, précise l'étude conduite l'an
dernier par le cabinet Développement & Conseil, des
segments d'application porteurs et à forts atouts pour
les années à venir. " |
Avec près de 400 entreprises spécialisées
dont 120 exclusivement dédiées à la production
de textiles techniques (elles sont situées principalement
dans trois régions : Rhône-Alpes, Nord - Pas-de-Calais
et Champagne-Ardenne) et une production globale de l'ordre de 600
000 tonnes, la France se situe donc au deuxième rang européen
après l'Allemagne mais devant l'Italie, le Royaume-Uni et
l'Espagne. Une position que le gouvernement souhaite voir se renforcer
au cours des années à venir. La raison essentielle
? Il s'agit d'une activité dans laquelle la valeur ajoutée
est relativement élevée et la concurrence des pays
à bas salaires plutôt modérée. Ainsi,
avec un chiffre d'affaires atteignant dans notre pays 27 % de l'ensemble
du secteur textile (4 milliards d'euros environ), les textiles techniques
représentent 40 % de la totalité des bénéfices.
Tel est le sens de la création, il y a quelques années,
du réseau national R2ITH (Réseau industriel innovation
textile habillement) dont la vocation est de favoriser l'émergence
d'une véritable culture de l'innovation et du changement
dans l'ensemble de la filière. Moyen privilégié
: la mise en réseau d'entreprises petites et moyennes autour
d'un certain nombre de programmes communs de recherche notamment.
Au cours des dernières années, neufs projets de recherche
élaborés en liaison avec les équipes de l'IFTH
(Institut français textile-habillement) représentant
un investissement total de 11 millions d'euros (dont plus de 40
% pris en charge par les pouvoirs publics) ont été
lancés et trois nouvelles plateformes technologiques installées
: l'une pour la maille 3D en Champagne- Ardenne, une autre consacrée
au non-tissé en Nord - Pas-de-Calais et une dernière
dédiée à la " confectionnabilité
" des étoffes dans les Pays de la Loire.
Des nombreuses écoles d'ingénieurs
Autre facteur important de développement de l'innovation
: la politique des pôles de compétitivité mise
en oeuvre par le gouvernement depuis l'été dernier
sur l'ensemble du territoire national. Sur les huit pôles
intégrant une dimension textile forte, deux sont très
largement dédiés aux textiles techniques : Techtera
dans la région Rhône-Alpes qui s'appuie sur la plus
importante concentration d'entreprises spécialisées
en Europe et Up-Tex dans la région Nord - Pas-de-Calais qui
vise à accélérer la diffusion de produits textiles
techniques dans le domaine traditionnel de l'habillement.
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Enfin, la présence d'un réseau
particulièrement dense d'écoles d'ingénieurs
constitue un autre atout important pour les entreprises françaises
désireuses de se lancer dans la production de produits
textiles présentant des performances techniques ou des
propriétés fonctionnelles spécifiques.
Dans l'agglomération lilloise tout d'abord avec l'Ensait
(Ecole nationale supérieure des arts et industries textiles)
basée à Roubaix et HEI (Hautes études d'ingénieur)
qui a repris l'Estit (Ecole supérieure des techniques
industrielles et des textiles) à Villeneuve d'Ascq mais
aussi à Mulhouse avec l'ENSITM (Ecole nationale supérieure
des industries textiles de Mulhouse) et à Lyon avec l'ITECh.
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Sans compter les nombreuses universités scientifiques et
les laboratoires de recherche spécialisés qui s'intéressent à cette spécialité
et qui sont largement impliqués dans les programmes de recherche européens du
6e programme-cadre dit PCRD. Exemple : le projet Flexifunbar dont l'objectif
est de favoriser le développement de nouvelles fibres multifonctionnelles -
anti-feu, anti-odeurs, anti-bactéries, anti-magnétiques… - qui pourraient
être utilisées dans des domaine aussi variés que les transports, la santé,
le bâtiment et les travaux publics. Lancé en octobre 2004, il représente un
budget total de recherche de 11 millions d'euros (dont 58 % financés par
l'Union européenne) et il associe une cinquantaine de partenaires appartenant
à treize Etats membres différents sous la coordination de l'entreprise française
Duflot Industrie basée dans le Cambrésis. Plusieurs brevets ont déjà été déposés
et trois produits innovants devraient apparaître bientôt sur le marché.
Le rendez-vous d'Atlanta
Evénement majeur de l'année 2006 pour les professionnels
des textiles techniques, le Salon international IFAI 2006 se
tiendra les 31 octobre et 1er novembre prochains à Atlanta
aux Etats-Unis. Près de 500 exposants venant de nombreux
pays et plus de 8 000 acheteurs représentant l'ensemble
des secteurs utilisateurs - aéronautique, bâtiment,
environnement, habitat, santé, transports
- y
sont attendus.
Pour cette manifestation, UbiFrance a décidé de
mettre sur pied un pavillon de la France où les entreprises
qui le souhaitent pourront disposer d'un stand clé en
main.
Contact : 01 40 73 35 53. UbiFrance a déjà organisé
à New Delhi et à Bombay, du 6 au 12 mai dernier,
un programme de rencontres avec des utilisateurs et des distributeurs
de textiles techniques en Inde.
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Autant de réflexions qui ont été longuement abordées le 13
mars dernier à Bercy et qui amènent à considérer que la production de textiles
techniques peut constituer une voie de diversification importante pour
les entreprises textiles traditionnelles qui subissent la concurrence
des pays à bas salaires. Et cela d'autant plus que le processus de
production de ce type de produits ne diffère pas radicalement de celui
des textiles classiques utilisés par la filière de l'habillement ou de
la décoration.
A lire : " Textiles techniques, le futur se tisse
en France ", une brochure de 24 pages éditée en janvier dernier par
la Direction générale des entreprises du ministère de l'Economie,
des Finances et de l'Industrie. Contact : 01 53 44 93 28.
Crédit-photo : ITECH/Lyon
Source : n° 114 mai 2006
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