Simplifier les démarches administratives
Destinées à moderniser les relations entre les contribuables
et l'Etat, les mesures de
simplification administrative contenues dans le projet de loi de
finances 2006
Introduit relativement récemment dans la modernisation des
relations entre les contribuables
et l'administration fiscale, le principe de la sécurité
juridique connaît aujourd'hui des
applications de plus en plus nombreuses. Telle est la logique d'un
certain nombre de mesures de simplification administrative contenues
dans le projet de loi de finances 2006. Une dizaine d'entre elles
intéressent plus spécialement le monde de l'entreprise.
Elles visent, selon les cas, à moderniser certaines dispositions
fiscales ou à s'adapter à la jurisprudence
la plus récente.
1. La fixation d'un taux unique pour les
intérêts moratoires et pour les intérêts
de retard
C'est pour traiter de la même façon l'ensemble des
contribuables, qu'ils soient débiteurs ou créanciers
dans leurs rapports avec les services fiscaux, que le gouvernement
a souhaité aligner à compter du 1er janvier 2006 le
taux d'intérêt de retard dû par le contribuable
et celui des intérêts moratoires dus par l'Etat. Taux
proposé : 0,4 % par mois, soit 4,8 % par an. Pour l'exercice
2005, le taux d'intérêt de retard avait été
fixé à 9 % par an alors que le taux d'intérêt
moratoire n'était que de 2,05 %.
2. L'abaissement du seuil d'obligation
pour les télédéclarations et les télérèglements
à la taxe sur la valeur ajoutée
Situation actuelle : les entreprises dont le chiffre d'affaires
est supérieur à 15 millions d'euros hors taxes au
cours du dernier exercice connu sont tenues de souscrire leurs déclarations
fiscales à l'impôt sur les sociétés et
à la taxe à la valeur ajoutée par voie électronique.
Autre obligation : les entreprises dont le montant des déclarations
de taxe à la valeur ajoutée
dépasse 760 000 € doivent acquitter la somme correspondante
par virement.
Le gouvernement envisage aujourd'hui de mettre en place un dispositif
de seuils communs visant à la fois les obligations de télédéclarations
et celles de télérèglements.
Première étape : au 1er janvier 2006, pour les entreprises
dont le chiffre d'affaires de l'exercice
précédent était supérieur à 1,5
million d'euros hors taxes. A compter du 1er janvier 2007, ce seuil
unique serait abaissé à 760 000 €.
3. La modernisation du dispositif anti
sous-capitalisation
Prévu par l'article 212 du Code général des
impôts, le dispositif de lutte contre la sous-capitalisation
des entreprises sera modernisé. Disposition principale :
les intérêts versés par une entreprise à
une autre entreprise appartenant au même groupe économique
ne seront déductibles du résultat fiscal que s'ils
s'inscrivent dans deux limites :
o une limite dite d'endettement global qui consiste à comparer
les avances en provenance des sociétés liées
avec les capitaux propres de la société qui en bénéficie
;
o une limite dite de couverture d'intérêts qui vise
à comparer la part des intérêts versés
aux sociétés liées avec le résultat
de la société bénéficiaire des avances.
A noter que la fraction excédant ces limites pourra être
déduite au titre des exercices suivants dans les mêmes
conditions, une décote annuelle étant appliquée
à compter de la deuxième
année de report.
Autant de mesures qui entreront en vigueur le 1er janvier 2007
afin de permettre aux entreprises
concernées de se mettre en conformité avec la nouvelle
réglementation. A noter que ce nouveau
dispositif ne s'appliquera ni aux versements de faible montant (moins
de 150 000 €), ni aux établissements financiers, ni
aux entreprises ayant démontré que leur endettement
n'est pas anormal par rapport à l'endettement global du groupe
auquel elles appartiennent.
4. L'harmonisation des règles applicables
en cas de contentieux fiscal fondé sur la non conformité
d'une règle de droit par rapport à une règle
de droit supérieure
Dans un souci de simplification, le gouvernement propose d'harmoniser
les délais de réclamations fiscales fondées
sur la non-conformité d'une règle de droit à
une règle de droit supérieure avec ceux du droit commun.
Ainsi le point de départ de la période pendant laquelle
une entreprise sera autorisée à entamer une action
en restitution de sommes versées, en paiement de droits à
déduction non exercés ou en réparation du préjudice
subi sera fixé au 1er janvier de
la deuxième année précédant la décision
au lieu de la quatrième, comme c'est le cas actuellement.
Enfin, il est précisé que les décisions juridictionnelles
concernées seraient celles émanant du Conseil d'Etat,
de la Cour de cassation et de la Cour de justice des Communautés
européennes.
5. L'imposition des intérêts
capitalisés rémunérant les sommes transférées
hors de France lors de l'émission de titres subordonnés
à durée indéterminée
Permis par la loi du 14 novembre 1985, le dispositif dit des titres
subordonnés à durée indéterminée
(TDSI) offre aux entreprises la possibilité d'émettre
des valeurs mobilières remboursables en cas de liquidation
lorsque tous les créanciers de l'émetteur ont
été préalablement désintéressés.
Afin de dénouer un certain nombre d'opérations hors
normes lancées entre
le 1er janvier 1988 et le 31 décembre 1991, le gouvernement
propose d'imposer les produits des
sommes reçues à cette occasion qui auraient été
placées hors de France.
6. L'allégement de l'imposition
forfaitaire annuelle des entreprises petites et moyennes
Dans un souci de simplification, le gouvernement souhaite autoriser
désormais les entreprises assujetties à comptabiliser
le montant de l'imposition forfaitaire annuelle (IFA) parmi les
charges déductibles du résultat imposable et donc
à supprimer la possibilité d'imputer l'IFA sur l'impôt
sur les sociétés.
De plus, un réaménagement du barème est proposé.
Ainsi les entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur
à 200 000 € seraient exonérées tandis
qu'une nouvelle tranche serait créée pour les entreprises
dont le chiffre d'affaires dépasse 500 millions d'euros.
A noter également que c'est désormais le chiffre d'affaires
hors taxes qui sera pris en considération.
7. Le plafonnement des provisions pour
dépréciation de titres ou d'immeubles de placement
en fonction des plus-values latentes
Afin de neutraliser l'exonération des reprises de provisions
pour dépréciation de titres de participation prévue
par la loi de finances rectificative pour 2004, le gouvernement
propose de limiter la déductibilité au montant des
moins-values latentes nettes à la clôture de l'exercice.
Conséquence : la fraction des dotations correspondant aux
plus-values sur des actifs de même nature ne serait plus déductible.
De plus, pour se mettre en conformité avec une jurisprudence
récente du Conseil d'Etat, le même
dispositif serait applicable aux provisions pour dépréciation
d'immeubles.
Ces dispositions s'appliqueraient aux exercices clos le 31 décembre
2005.
8. Les mesures relatives au financement
de l'apprentissage
Afin d'améliorer plus rapidement que prévu le mode
de financement de l'apprentissage dans notre pays,le taux de la
contribution due par les entreprises à ce titre (elle alimente
le budget des régions) sera porté à 0,8 % de
la masse salariale des rémunérations versées
au 1er janvier de l'année précédente dès
l'exercice prochain.
9. La limitation du montant des abandons
de créance intra-groupe et la neutralisation
de certains effets de la fusion intra-groupe d'une société
filiale
Afin que le dispositif des abandons de créance consentis
entre sociétés d'un même groupe ne soit
détourné de son objet, le montant des sommes non comptabilisées
à ce titre sera désormais limité.
De plus, il est proposé d'assurer une transparence plus grande
des opérations de restructuration en capital des entreprises
en neutralisant certaines conséquences de la fusion d'une
société filiale à l'intérieur d'un groupe,
notamment pour ce qui concerne les plus-values en report d'imposition
ou les subventions intra-groupe.
Enfin, en cas de sortie d'un groupe, la quote-part correspondante
de charges ne sera plus réintégrée dans les
résultats financiers. En contrepartie, lors de l'entrée,
la quote-part due par la société bénéficiaire
des dividendes en provenance de la société intégrée
serait normalement taxée. ¦
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Photos = Minefi
Source : n° 108 octobre 2005
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