Valider l'expérience professionnelle
Un premier bilan de la loi de janvier 2002 relative à
la validation des acquis de l'expérience
dans les entreprises industrielles a été dressé
en novembre dernier.
Comment fonctionne aujourd'hui le dispositif dit VAE (Validation
des acquis de l'expérience) au sein du monde industriel ?
Où en est-on quatre ans après l'adoption de la loi
de modernisation sociale du 17 janvier 2002 qui en a inscrit le
principe dans notre législation ? Comment inciter davantage
d'entreprises à s'engager dans cette voie ?
C'est essentiellement pour répondre à ces trois questions
très concrètes que la sous-direction Formation et
gestion des compétences de la Direction générale
des entreprises avait organisé, le 10 novembre dernier à
Bercy, un important colloque sur ce thème.
« Intitulé Gagner en compétence pour gagner
en compétitivité, explique Véronique Barry,
sous- directrice en charge de ce dossier, il avait pour objectif
principal de dresser un premier bilan d'application de ce dispositif
qui permet à tout salarié d'obtenir tout ou partie
d'un diplôme par la reconnaissance de son expérience
professionnelle ou d'accéder éventuellement à
un cursus de formation complémentaire sans justifier des
titres normalement requis. »
Des retombées favorables pour l'activité de l'entreprise
A la base de la réflexion, une étude réalisée
au cours des premiers mois de l'année 2005 par
le cabinet Iota management auprès d'un échantillon
représentatif de près de 200 entreprises
industrielles (ou de services à l'industrie) de toute taille
ayant déjà été sensibilisées
ou ayant déjà eu recours à ce dispositif.
Cette enquête a permis tout d'abord de constater que les entreprises
concernées étaient globalement satisfaites.Pour elles,
le dispositif VAE génère incontestablement des retours
sur investissement positifs.
" En ce qui nous concerne, témoigne ainsi Véronique
Danois, directrice des Ressources humaines de la firme Sensorex
lors du colloque, nous avons enregistré des retombées
très favorables pour l'activité de notre entreprise
aussi bien sur le plan humain et organisationnel que sur le plan
de la compétitivité économique. "
Opinion partagée par de nombreux salariés qui voient,
eux, dans la démarche VAE un moyen pour mieux maîtriser
l'ensemble de leur activité et pour mieux communiquer avec
les autres métiers de l'entreprise.
Mais le processus est quelquefois jugé complexe à
mettre en oeuvre. D'où l'idée avancée par
les animateurs du colloque d'encourager les acteurs institutionnels
- collectivités territoriales,
branches professionnelles, chambres consulaires - à améliorer
la lisibilité des certifications
offertes aux salariés, à favoriser l'écoute
et l'accompagnement de la demande des entreprises sur le sujet ainsi
qu'à promouvoir l'idée que la démarche Valorisation
des acquis de l'expérience fonctionne avant tout sur la base
d'un co-investissement entre le salarié et son entreprise.
Le dispositif VAE
Introduit dans le Code du travail et dans le Code de l'éducation
en 2002, le dispositif dit VAE vise essentiellement à élargir
les perspectives professionnelles des salariés dans notre
pays. Il permet en effet de considérer l'expérience
comme une voie d'accès possible à l'obtention de tout
ou partie d'un diplôme, d'un titre à finalité
professionnelle ou d'un certificat de qualification.
La validation des acquis de l'expérience passe par une procédure
de vérification, d'évaluation et d'attestation des
compétences du candidat par un jury indépendant en
partie composé de professionnels.
Elle est conduite par l'organisme chargé de la délivrance
du titre correspondant. Depuis la
mise en place du dispositif, c'est environ 25 000 salariés
qui ont ainsi vu leur expérience professionnelle validée
par un diplôme.
Claude Roset - Photo : Dalkia
Source : n° 110 Janvier 2006
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