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| : : Le dossier |
| " Médiation nationale du crédit : premier bilan" |
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Plus de 10 000 dossiers présentés dont 90 % pris en charge. En six mois d’existence, la Médiation du crédit, qui a su répondre à un véritable besoin, présente son premier bilan.
Explications. |
René Ricol,
Médiateur
du crédit aux entreprises |
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Les premiers résultats du dispositif de Médiation du crédit aux entreprises, six mois après sa mise en place, prouvent combien cette
mission de médiation répond à un véritable
besoin des entreprises. Depuis le lancement
du dispositif en novembre 2008, plus de
10 000 dossiers ont été déposés dont 90 %
acceptés et pris en charge. Plus de 6 113 dossiers sont actuellement instruits et clos, 65 %
d’entre eux positivement, soit deux dossiers
sur trois. Au total, près de 4 000 entreprises
ont ainsi vu leur activité confortée, et plus de
78 000 emplois ont été préservés (chiffres au
26 avril 2009).
Ouverte à tout chef d’entreprise, artisan,
commerçant, profession libérale, entrepreneur individuel, repreneur ou créateur
d’entreprise confronté à des problèmes de
financement, la Médiation du crédit veille
au respect des engagements pris par les
établissements financiers dans le cadre du
plan de soutien à l’économie. Au-delà des
seuls problèmes d’accès au crédit bancaire,
la diversité des difficultés qui ressortent de
l’analyse des dossiers a nécessité d’organiser également avec les partenaires financiers
concernés, le traitement en médiation des
entreprises qui souffrent de décotes de la
part des assureurs-crédit ou de besoins en
fonds propres. La mission apporte ainsi une
réponse globale à l’ensemble des problèmes
de financement qui peuvent se poser à une
entreprise afin de pérenniser durablement
son activité et ses emplois. Son objectif est
de ne laisser aucune entreprise seule face à
ses difficultés.
L’accès à la Médiation du crédit est simple
et rapide. Le dispositif a été opérationnel
10 jours après que le président de la République
eut confié cette mission à René Ricol.
Il suffit pour l’entreprise de remplir un
dossier en ligne sur le site
www.mediateurducredit.fr. Chaque cas est examiné
dans le détail, quelle que soit l’origine du
problème de financement. À l’issue d’une
expertise technique de la situation de l’entreprise, les médiateurs et les analystes de
la Médiation du crédit tentent de rapprocher
des positions initialement divergentes entre
l’entreprise et ses partenaires financiers,
en essayant de lever un à un les points de
blocage et de dégager des solutions concertées. Cette approche pragmatique permet
d’apporter des solutions concrètes et sur
mesure, avec les principaux acteurs du financement de l’économie.
Aujourd’hui, 94 % des entreprises en médiation ont moins de 50 salariés. Mais de plus
en plus d’entreprises de taille importante saisissent la Médiation du crédit. En six mois
d’existence l’ensemble des dossiers de
médiation transmis aux banques, sociétés
d’affacturage d’assurance-crédit représente
un encours global de crédit d’1,75 Md€.
Un dispositif opérationnel dans chaque
département
Un réseau de 105 médiations départementales dirigées par les directeurs départementaux
de la Banque de France traite les dossiers au
plus près des entreprises sur le terrain. Dans
chaque département, le directeur de la Banque de France travaille en coordination avec
les services déconcentrés de l’état. Avec le
Trésorier payeur général, il est membre de
la cellule opérationnelle dirigée par le préfet
et participe ainsi au suivi de la déclinaison
départementale des mesures du plan de soutien à l’économie.
Enfin, à la demande du Médiateur, plus de
700 Tiers de confiance de la Médiation ont
été désignés sur le territoire par les organisations socioprofessionnelles (Chambres
de commerce et d’industrie, Chambres de
métiers et de l’artisanat, Medef, Cgpme, Upa,
Apce et réseaux professionnels d’accompagnement à la création/reprise d’entreprise)
pour conseiller dans leurs démarches les
entreprises confrontées à des problèmes de
financement et les orienter si nécessaire vers
la Médiation du crédit en les aidant à constituer leur dossier de médiation.
Mobiliser tous les acteurs du financement
Depuis le lancement du dispositif, la Médiation a engagé et conclu différents protocoles
d’accord et conventions avec les principaux
acteurs du financement des entreprises.
Les banques se sont engagées à maintenir l’enveloppe des concours bancaires des
entreprises sans exiger de garanties personnelles supplémentaires.
Le 22 janvier 2009, les assureurs-crédit ont
également signé un accord de partenariat avec la Médiation du crédit pour faciliter
l’accès des entreprises à l’assurance-crédit
et garantir le traitement rapide et concerté
des dossiers d’entreprises en médiation. Au
cas par cas, les possibilités d’activer le complément d’assurance crédit public (CAP)
sont étudiés dans le cadre de la médiation. Il
en sera de même avec le dispositif renforcé
CAP+ qui permettra de couvrir des classes
d’actifs plus risquées. Enfn, la Médiation a fait le constat d’un
nombre croissant de dossiers d’entreprises ayant des besoins en fonds propres.
La sous-capitalisation des entreprises déjà
manifeste avant la crise tend à se renforcer
avec la dégradation de l’activité. C’est la raison pour laquelle la Médiation a signé une
convention de partenariat avec les acteurs
du capital investissement, le 6 avril dernier.
Les fonds d’investissement référencés dans
le cadre du dispositif seront ainsi susceptibles d’être sollicités à tous moments pour
répondre au besoin en capitaux d’une entreprise traitée en médiation, qui présente des
perspectives réelles de développement et
d’emplois et qui répond aux critères d’intervention desdits fonds.
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- Pour saisir le Médiateur et constituer
son dossier de médiation :
www.mediateurducredit.fr
- Pour se faire accompagner par un tiers
de confance de la Médiation dans son
département :
> France Métropolitaine : 0810 00 12 10
(numéro azur)
> Outre Mer (numéros verts) :
• Martinique : 0800 008 112
• La Réunion : 0800 642 642
• Guadeloupe : 0800 111 971
Un recours gratuit, simple
et rapide |
| : : Les interviews |
| " Un soutien réellement précieux ! " |
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Farhad Nassiri, gérant de " Mes Plus Belles Créations " à Wambrechies (Nord) |
| L’entreprise qui compte plus de dix ans d’expérience dans la VPC a dû faire appel au Médiateur du crédit
pour obtenir une autorisation de découvert. Explications. |
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Quelle est l'activité de votre entreprise ?
" Mes Plus Belles Créations " est une entreprise
de vente par correspondance, créée en 1997,
et spécialisée dans la
vente de produits de loisirs créatifs, broderie,
canevas, points de croix et accessoires de
mercerie. Elle compte 80 000 clients actifs
et prépare 40 000 colis par an. L’entreprise
appartient au groupe Norex qui regroupe au
total 24 salariés exerçant leur activité au sein
de quatre sociétés différentes. Le groupe
réalise un chiffre d’affaires annuel de 4 M€
dont la moitié résulte de l’activité de " Mes
Plus Belles Créations ".
Pour quelles raisons avez-vous eu recours
au Médiateur du crédit ?
En novembre 2008, " Mes plus belles
créations " avait besoin d’un découvert de 100 000 € pour une période d’environ trois
mois. Or, sur les deux banques traditionnelles
de l’entreprise, l’une a refusé de nous accorder le moindre centime de découvert alors
que nous détenions 67 000 € de Sicav. En
revanche, l’interlocuteur régulier de l’autre
banque a, dans un premier temps, accepté
d’autoriser la totalité de ce découvert. Malheureusement, sans doute à cause de la crise,
sa hiérarchie a souhaité annuler cette autorisation environ trois semaines plus tard. C’est
la raison pour laquelle j’ai saisi le Médiateur
du crédit en remplissant le formulaire proposé sur internet.
Que s’est-il alors passé ?
Tout s’est passé très vite. Dès le lendemain,
j’ai obtenu un rendez-vous avec le responsable régional de la banque. Deux heures
plus tard, l’autorisation de découvert était
à nouveau accordée. Ce n’est qu’à la fin de
l’entretien, lorsque le responsable de la banque m’a demandé à trois reprises d’envoyer
un mél au Médiateur afin de lui dire que tout
était résolu que j’ai compris que c’était la saisine du Médiateur qui était à l’origine de ce
retournement de position. Le Médiateur avait
en effet envoyé un mél à mes deux banques
pour débloquer la situation. Aujourd’hui, le
compte concerné par la demande de découvert n’est plus négatif que de 9 000 € ; en
revanche, l’autre compte est toujours resté
positif ! La banque a plutôt confiance en nous
puisqu’en moins de quatre mois nous avons
su effacer plus de 120 000 € de solde négatif. En dix ans d’activité, je n’avais jamais eu
à négocier quoi que ce soit avec les banques,
car nous n’avons jamais connu de véritable
endettement. Je dois dire que le soutien du
Médiateur du crédit nous a été réellement
précieux. Il est bon parfois, pour un chef
d’entreprise, de se sentir protégé, même si, je
suppose, que les actions de Médiation n’aboutissent pas pour tout le monde.
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" La médiation a permis de débloquer la situation "
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Jean-Louis Ginart, président de la SAS Relais Vert |
| L’entreprise familiale de Carpentras avait besoin d’un prêt bancaire pour l’extension de ses locaux.
Elle a dû recourir au Médiateur du crédit pour l’obtenir. |
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Quelles sont les principales caractéristiques de votre entreprise ?
Relais Vert est un
grossiste en produits
alimentaires biologiques. J’ai créé cette entreprise de distribution
en 1986, après avoir travaillé dans le secteur bancaire puis m’être installé comme
agriculteur biologique. J’ai réalisé que la
commercialisation des produits biologiques
était un véritable problème. Aujourd’hui,
Relais Vert emploie 75 salariés à Carpentras et devrait réaliser un chiffre d’affaires
de 30 M€ en 2009. Nous servons environ
800 clients dans toute la France et gérons
quelque 6 000 articles de produits biologiques appartenant à trois familles : les fruits
et légumes, les laitages et l’épicerie. Dans la
mesure du possible, nous nous attachons à
nous approvisionner localement.
Qu’est-ce qui vous a conduit à faire appel
au Médiateur du crédit ?
Il y a environ un an, la nécessité de construire un
nouveau dépôt pour l’entreprise s’est imposée.
Nous disposions en effet d’un local au sud de
la ville et d’un autre à l’ouest, ce qui ne
simplifiait guère la tâche. Pour rester en accord avec
nos principes, nous avons décidé d’édifier un
bâtiment dans une démarche HQE (Haute qualité environnementale). Pour
financer ce projet,
nous avions besoin d’un crédit de 5 M€, qui
nécessitait l’engagement d’un pool de trois
banques. Deux ont tout de suite répondu positivement, alors que la troisième a tardé à prendre
une position claire, bloquant ainsi toute possibilité de crédit. Le temps passant, j’ai dû avancer
de l’argent pour les travaux, mettant à mal ma
trésorerie. La situation est devenue délicate et
menaçait de mettre l’entreprise en péril. Aussi,
avec mon expert-comptable et mon commissaire aux comptes, nous avons décidé de faire
appel au Médiateur du crédit.
Comment cette Médiation s’est-elle
déroulée ?
J’ai bien sûr rempli la demande sur internet. Nous avons ensuite pris contact avec le
Médiateur du crédit qui est le directeur de la
Banque de France d’Avignon, pour lui préciser certains détails
difficiles à expliquer
dans le formulaire. Nous avons eu alors plusieurs échanges de méls assez précis parce
qu’il souhaitait avoir des compléments d’information sur tel ou tel point du bilan.
Il a
ensuite contacté différentes banques afn que
je puisse les rencontrer. Trois de ces banques
m’ont répondu favorablement. La première
m’a donné tout de suite une réponse positive
et, en février dernier, la troisième banque a
été désignée. Le prêt nous a été accordé et
nous accomplissons actuellement les dernières formalités administratives. Le recours au
Médiateur a donc été déterminant. Il a permis de débloquer la situation et de trouver
une issue positive pour l’entreprise.
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