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| : : Le dossier |
| Le « web 2.0 », un atout pour les entreprises |
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Par Julien Chaumond, chargé de mission réglementation, usages mobiles et web
à la Dgcis.
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| Les nouveaux usages d’internet, fondés sur une forte interaction des usagers, se sont développés
à l’origine autour de dimensions privées. Ils
intègrent progressivement l’univers professionnel et bien des entreprises pourraient gagner en compétitivité en utilisant les atouts du « web 2.0 ». |
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Communautaire et interactif, le web 2.0, une nouvelle manière d’utiliser internet, a très vite séduit les usagers dans leurs usages privés. Les blogs, les réseaux sociaux du type Facebook (qui compte d’ores et déjà 200 millions d’utilisateurs), les bases de connaissance type wikipedia, rencontrent un incontestable succès. Ces usages,
à l’origine personnels, se diffusent dans la sphère professionnelle. Les outils collaboratifs et sociaux qui font le web 2.0 sont susceptibles d’améliorer pour les entreprises le travail en équipe, la diffusion de l’information et donc leur efficacité et leur créativité. EDF a, par exemple mis en place une plateforme de veille collaborative – Hermès – dont le résultat semble prometteur avec 7 000 sources d’informations, 25 000 posts (commentaires) publiés et 90 wikis créés. Car, dans ce type de réseau, la diffusion de l’information ne se fait plus uniquement de manière hiérarchique et
s’opère donc de manière beaucoup plus fluide. Le recours
à ce type d’outils semble particulièrement pertinent dans trois domaines : la
gestion de la connaissance, la communication
et la diffusion d’informations. La disponibilité et la facilité d’accès et de mise
à jour des
connaissances est en effet un facteur clé de la
compétitivité de toute entreprise dont la valeur ajoutée réside dans la production et/ou
l’assemblage de contenus intellectuels. Cette diffusion des connaissances peut être interne
à l’entreprise (base interne) ou externe
(essor des blogs d’entreprises). Les systèmes
de gestion de contenus les plus adaptés à un
usage interne sont aujourd’hui les wikis qui
permettent à tous les employés de participer à
un même document et de l’améliorer au cours
du temps.
Dans le domaine de la communication, de nombreux outils issus du web 2.0 induisent des
transformations dans les usages : le précurseur
dans ce domaine a été le forum de discussion,
moyen simple de permettre les échanges entre
les employés d’une même entreprise ou administration. Ces outils ont ensuite évolué vers ce
que l’on appelle les réseaux sociaux. Ils s’intègrent progressivement aux outils existants avec,
par exemple, des systèmes de gestion de contenu qui proposent également des modules de forum et de messagerie interne. Chaque utilisateur possède par ailleurs une page de profil qui
permet aux autres utilisateurs de voir qui il est,
d’accéder à ses derniers articles ou commentaires et de le contacter. Enfin, la diffusion de l’information, en perdant sa dimension hiérarchique, évolue profondément. Les outils web
2.0 les plus emblématiques en la matière sont
les outils de social bookmarking et de micro blogging. Les outils de
social bookmarking
permettent de noter des articles web jugés
intéressants, voire de les commenter brièvement, ce qui fait remonter automatiquement
les articles les plus intéressants pour l’ensemble de la communauté, selon le principe du
« crowdsourcing ». Une application naturelle
de ces outils est donc la veille collaborative.
Par ailleurs, les outils de microblogging du
type Twitter reposent sur le même principe
de partage d’information et d’engagement de
conversations.
Aujourd’hui, les grandes fonctions d’entreprise
particulièrement impactées par les usages collaboratifs sont la communication entre l’entreprise et ses clients (gestion de la relation client),
les relations publiques, la communication, le travail collaboratif interne, et donc notamment
R&D. Dans le domaine de la relation client par
exemple, une étude Coleman Parkes Research
démontre le caractère stratégique de l’adoption
de ce type d’outils : plus de 80 % des sondés
estiment que les contenus sociaux créés par les
clients vont, dans les prochaines années, avoir un
impact important sur leur manière de travailler. De même, dans le travail collaboratif de conception et de R&D, les bénéfices sont réels même
s’il est encore difficile de présenter des données
chiffrées.
L’adoption d’outils du web 2.0 dans les entreprises représente donc d’importants enjeux de compétitivité. Certaines sociétés françaises l’ont bien
compris et les bénéfices en termes de communication, de créativité et de réactivité, justiferaient
sûrement que les autres s’y attardent davantage.
julien.chaumond@finances.gouv.fr
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Glossaire
Web 2.0 : il correspond aux nouvelles
formes d’utilisation d’internet, plus participatives et sociales. Cette évolution renvoie
aussi bien aux technologies employées
qu’aux usages qu’en font les internautes.
Il permet à ceux-ci de produire et d’interagir
avec le contenu des pages web (sites de
partage de vidéos, par exemple) mais aussi
entre eux (forums, blogs…).
Blog : est un site web constitué par de
multiples billets écrits au fil du temps par le
blogueur. Sorte de « journal intime » d’un
internaute, d’un employé voire d’une entreprise toute entière, le blog peut être enrichi
par les commentaires laissés par les autres
utilisateurs.
Wiki : est un logiciel qui permet de gérer le
contenu d’un site web. Il permet à tous les
visiteurs autorisés de modifer les pages web
directement. Il rend donc possible l’écriture
collaborative, où chaque internaute peut
contribuer et déposer ses connaissances.
Le wiki le plus connu à ce jour est l’encyclopédie Wikipédia.
Réseaux sociaux : il s’agit de services permettant
à des ensembles d’individus d’être
reliés entre eux par des liens. Le web 2.0
a vu la multiplication et l’essor de réseaux
sociaux. Facebook en est un bon exemple.
Microblogging : c’est un dérivé du blog,
plus proche du SMS dans son format, mais
public. Il permet de publier des textes très
courts (moins de 140 caractères, par exemple). Le but est de partager de l’information
avec n’importe quelle personne intéressée.
Twitter en est le meilleur exemple.
Social bookmarking : ou « marque-page
social ». Ces services permettent aux internautes de classer, trier, stocker et échanger
leurs liens préférés. Les utilisateurs vont ainsi
pouvoir enregistrer les ressources web qu’ils
trouvent utiles, et les rendre accessibles
aux autres internautes.
Podcast : contraction de « iPod » et de
« broadcast ». Terme générique désignant
la possibilité de publier via un blog et ses fils
RSS du contenu audio ou vidéo, à destination
d’un baladeur numérique.
Crowdsourcing : consiste à utiliser la
créativité, les connaissances et les savoir-faire d’un grand nombre d’internautes.
Cette « intelligence des foules » ou
« intelligence collective » est très utilisée
dans le web 2.0. Wikipédia est un exemple
de « crowdsourcing ». |
| : : Les interviews |
| « Les collaborateurs de terrain doivent s’approprier l’outil » |
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Jean Leroux, directeur organisation et systèmes d’informations du Groupe Aelia. |
| Aelia, spécialisée dans la gestion des zones commerciales détaxées, a lancé « aeliapedia »
à destination de ses points de vente. Explications. |
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Quelles sont les
caractéristiques
du groupe Aelia ?
Aelia est une entreprise du groupe Lagardère
qui dispose d’un large portefeuille d’activités dans les principaux réseaux de voyage, notamment les activités classiques du
commerce hors taxes : parfums & cosmétiques, alcools & tabacs, gastronomie, multimédia, mode & accessoires. Aelia est présent dans
22 aéroports en France, Grande-Bretagne,
Irlande, Pologne, Espagne, Hong Kong et bien
tôt en Australie. En particulier, Aelia opère dans
les activités duty free des aéroports de Paris
Charles de Gaulle et Paris-Orly, deux des premières plateformes aéroportuaires d’Europe
Continentale. Ce groupe compte 2 100 salariés
et réalise un chiffre d’affaires annuel de 650 M€,
dont une partie à l’étranger.
Qu’est-ce qui vous a fait créer
« aeliapedia »?
Nous avons lancé ce wiki en mars dernier
après un gros travail de préparation sur le contenu et l’usage. Nous avions délibérément choisi de mettre en ligne un contenu
riche, car nous ne croyons pas au lancement
d’une coquille vide. Nous avons décidé
d’opter pour un périmètre assez large puisque, en plus des informations de l’intranet
classique, essentiellement basées sur tout
ce qui était ressources humaines et légales,
nous avons rajouté des informations liées à
la formation. Nous avons également élaboré
une partie consacrée au développement d’affaires car nous avons besoin d’échanger avec
nos filiales et de collecter un certain nombre
d’informations. Dès le premier jour, 2 000 fiches produits étaient disponibles. Cela a été
une véritable révolution, car auparavant nos
points de vente n’avaient pas accès à l’intranet. Nous sommes donc passé de 300
à
2 000 usagers du jour au lendemain puisque
les vendeurs peuvent accéder à aeliapedia
depuis leurs caisses.
Cette expérience est-elle une réussite ?
C’est indéniable. Ce qui m’apparaît indispensable, pour que l’on soit vraiment dans
le web 2.0, c’est qu’il y ait une appropriation par le business, dans les processus opérationnels du groupe. Aujourd’hui,
les points de vente ont accès en temps réel
aux mêmes informations que les collaborateurs du siège, dans la limite de leurs droits.
Les promotions sur les produits, par exemple, sont directement accessibles. Auparavant elles étaient transmises par mél et, la
hiérarchie étant elle-même très occupée,
les points de vente ne recevaient pas toujours l’information. Les échanges de méls
avec pièce jointe sont désormais proscrits
et les classeurs papier de fiches produits
sont voués à disparaître. De fait, un vendeur peut
à tout moment consulter en ligne
ces fiches pour mieux conseiller un client.
Nous dénombrons 15 à 20 pages vues par
mois et par collaborateur, ce qui est relativement important. L’objectif, aujourd’hui,
est de continuer à faire vivre ce réseau afin
qu’il entre véritablement dans les habitudes
de travail. |
« Des gains de temps non négligeables »
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Jacques Froissant, fondateur-dirigeant d’Altaïde |
| Altaïde est un spécialiste du recrutement web 2.0. Une approche du conseil et de la gestion
des ressources humaines qui intègre l’utilisation des blogs, des réseaux sociaux ou des podcasts. Explications. |
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Quelle est l’activité
de votre entreprise ?
Altaïde est une société de conseil en recrutement et en gestion des ressources humaines
(RH) essentiellement tournée vers les start
up, notamment les éditeurs de logiciel et les
spécialistes du web. Nous effectuons, pour ces
sociétés, des missions de recrutement, mais
aussi de conseil : mise en place de stratégies
RH, audit organisationnel, préconisations, accompagnement dans le développement RH,
conduite du changement, communication
interne, référentiels emplois/compétences,
externalisation de fonctions RH… Créée en
2000, l’entreprise compte aujourd’hui une
dizaine de salariés. L’une de nos caractéristiques est d’avoir été pionniers du web 2.0
avec une approche du recrutement intégrant
tout d’abord l’utilisation des blogs, puis celle
des réseaux sociaux ou des podcasts…
Comment utilisez-vous un réseau social
comme BlueKiwi dans votre entreprise ?
Nous l’utilisons tout à la fois en interne et en externe. Au niveau interne, ce réseau
nous sert d’outil de gestion de la connaissance. Nous y déposons les contrats, les descriptifs de postes ou les processus internes
à l’entreprise, accompagnés de commentaires des salariés. Nous partageons également les découvertes que l’on peut faire sur
internet lorsque nous faisons de la veille.
Cela nous permet d’en garder une trace et
de retrouver l’information beaucoup plus
facilement qu’avec les onglets des systèmes de navigation classiques. Par ailleurs,
nous avons développé des usages avec nos
clients. Tout d’abord, ils peuvent suivre le
déroulement des missions qu’ils nous ont
confiées au travers d’ateliers dédiés auxquels n’ont accès que le client, le consultant et éventuellement le chargé de recherche. De plus, le réseau nous permet de
partager avec nos clients des informations
sur les thématiques liées au recrutement
mais aussi d’échanger avec eux sur nos process et les améliorations qu’ils aimeraient que nous y apportions.
Quels sont les apports de ce réseau dans
la vie de l’entreprise ?
Nous réalisons des gains de temps non négligeables. Lors d’une mission, il est possible de
trouver très facilement des descriptifs de poste
similaires à celui recherché et d’en construire
un nouveau à partir de cet existant. De plus,
en phase de prospection, nous pouvons indiquer à un client le nombre de missions similaires que nous avons déjà réalisées. Par ailleurs,
nous nous sommes aperçus que, grâce aux
ateliers, nous parvenions à mieux gérer nos
clients qu’au travers des méls. Ils sont plus
réactifs, plus impliqués, et les délais sont
de ce fait beaucoup mieux respectés. Enfin,
nous avons une bien meilleure traçabilité
de nos missions. Si un candidat a été écarté, nous pouvons lui en expliquer les motifs
car le client nous fait part de ses commentaires dans l’espace qui lui est dédié sur le
réseau. |
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