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| : : Le dossier |
| "Les pôles d’innovation pour
l’artisanat et les petites entreprises" |
Même si elles en perçoivent les conséquences
économiques, les très petites entreprises (TPE)
ne peuvent généralement pas s’informer seules
de façon précise sur les différentes évolutions
de la technologie et des exigences du marché et
trouver les moyens nécessaires pour s’y adapter. Aussi ont-elles besoin d’une interface qui
assure la jonction entre elles et les détenteurs
du savoir technologique et économique.
C’est pourquoi les pouvoirs publics favorisent
la mise en place, avec le soutien de l’institut
supérieur des métiers (ISM), de moyens d’appuis techniques adaptés aux TPE. Ils aident le
recrutement d’ingénieurs-conseils de compétence régionale ou sectorielle dépendant d’organismes consulaires et professionnels du secteur et apportent leur soutien à une vingtaine
d’établissements qui ont, dans des spécialités
différentes, reçu le label « Pôle d’innovation
pour l’artisanat et les petites entreprises ».
Des pôles de référence bénéficiant d’une
reconnaissance nationale
Leur stature de référence nationale leur permet,
dans leur domaine de spécialité, de se positionner comme interlocuteurs des différents partenaires techniques et institutionnels et de jouer
ainsi un rôle déterminant d’interface. Cela leur
permet également d’apporter au secteur artisanal
une vue d’ensemble des évolutions en termes de
technologies, de méthodes, de réglementations,
de marchés, etc. dont il a besoin pour en maîtriser les aspects qui le concernent.
Des fonctions précises mais des activités
très variées
Les fonctions principales que doit remplir un
établissement pour être labellisé « Pôle d’innovation
», sont d’assurer la liaison avec les centres de
ressources et les compétences externes, la recherche de
solutions appropriées à l’artisanat et à la TPE, la
diffusion des connaissances et des pratiques nouvelles
et l’assistance directe aux entreprises. Chaque Pôle
d’innovation peut assumer les fonctions listées
ci-dessus de façon différente, avec un niveau
d’implication qui lui est propre, dépendant des moyens
dont il dispose mais aussi des besoins des entreprises
et des partenaires auxquels il peut faire appel pour y
répondre. Cela peut donner lieu à des actions très
variées : la coopération avec de multiples partenaires
(centres techniques, écoles d’ingénieurs, universités,
organismes professionnels, fournisseurs industriels,
homologues européens...), la recherche et le développement (enquête de besoin, expérimentation, élaboration de cahiers des charges,
suivi d’études externes etc.), la diffusion des
innovations (publications de bulletins périodiques, organisation de journées d’information et de rencontres techniques, conduite d’actions
collectives, formation continue, formation de
formateurs...) et l’appui technique (diagnostic-conseil et accompagnement individuels
d’entreprises, mise en relation avec des prestataires spécialisés, assistance à la mise en
conformité, aide à la constitution de dossiers
techniques et financiers…).
En liaison avec la Dgcis, l'ISM propose également aux différents membres du réseau des Pôles d’innovation un ensemble de moyens d’information, de formation et d’échanges : lettres
périodiques, séminaires techniques, cycles de
perfectionnement, annuaire de compétences,
groupes de travail qui constituent des outils de base pour favoriser la mise à jour de leurs
connaissances, l’adaptation continue de leurs
compétences et l’émergence d’un travail coopératif et d’une mutualisation des expériences.
La mise en place par l'ISM d’un site internet
dédié conforte cette démarche en permettant
l’accès à distance à son centre de documentation et en mettant à disposition du réseau les
multiples outils de travail coopératif qu’offre
une plate-forme intranet, notamment la mise
en commun d’une base de données de résultats
d’expériences et de méthodologies d’action.
http://ism.infometiers.org/ISM/Reseau-des-Poles-d-innovation-de-l-artisanat
bernard.perego@finances.gouv.fr
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| "Le verre, une filière de métiers d’art spécifique" |
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Denis Garcia,
directeur du Centre européen de recherches et de
formation aux arts verriers (Cerfav) |
Le Cerfav dispense des formations de haut niveau
technique et créatif dans la filière du verre en général.
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Quelles sont les principales caractéristiques
du Cerfav ?
Le Centre européen de recherches et de formation aux arts verriers (Cerfav) dispense des formations de haut niveau technique et créatif à des
personnes souhaitant créer leur propre activité
dans le domaine du verre. Le Cerfav est également un centre national d’apprentissage permettant de former des souffleurs de verre, tailleurs,
décorateurs verriers, vitraillistes ou graveurs en
lien direct avec les artisans et les PME du secteur du luxe. De plus, nous élaborons des formations à l’intention des professionnels, gérons un
centre de ressources d’informations, publions
des lettres électroniques et menons des animations auprès de la filière verre en général. Nous
sommes donc en prise directe avec la profession
et c’est pourquoi nous avons été labellisé Pôle
national d’innovation il y a plus de dix ans.
Quelles sont vos priorités ?
Nous travaillons sur le transfert de technologies
au travers de formations, de journées techniques, d’informations, de visites d’ateliers, d’assistance et de conseils pour les entreprises. Depuis trois ans, notre priorité porte sur la maîtrise
de la filière numérique dans le domaine du verre, c’est-à-dire la possibilité de modeler virtuellement un objet, de le visualiser et d’observer
comment le verre va s’écouler dans le moule.
Ces recherches mobilisent trois laboratoires,
deux industriels et le pôle de compétitivité Matéralia auquel nous appartenons, qui nous permet de disposer de moyens que les artisans du
secteur ou le Pôle d’innovation n’auraient pu
avoir. Ces nouvelles technologies permettent de
fabriquer des objets, même uniques, qui ne peuvent pas l’être avec des moyens traditionnels.
Et pour véhiculer l’innovation chez les artisans,
le Cerfav l’applique à ses propres équipements,
dans sa gestion de l’information et dans le management de son personnel. il y a deux ans, par
exemple, nous avons installé dans nos fours des
brûleurs moins bruyants et économes en énergie ; au vu des résultats, de nombreux artisans
s’en sont équipés.
Comment encourager l’innovation dans le
secteur du verre ?
Les Pôles d’innovation pour l’artisanat et les petites entreprises restent encore trop mal connus
par les professionnels et les partenaires institutionnels. Une meilleure signalétique, une communication au niveau national permettrait de
créer un effet de réseau et de rendre ces pôles
plus connus. Par ailleurs, l’un des obstacles
majeurs à l’innovation reste la capacité de financement des artisans. La plupart du temps,
lorsqu’un besoin de recherche ou d’innovation
émerge, les entreprises sont souvent si petites
qu’elles ne peuvent investir les 20 % complémentaires aux dispositifs d’aides qui pourraient
être mobilisés. Le phénomène est identique au
niveau collectif. C’est pour cette raison que le
Cerfav a voulu intégrer un pôle de compétitivité
en s’associant à des entreprises leaders.
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| : : Les interviews |
| " Un rôle d’interface entre la recherche et les entreprises" |
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Gérard Brochoire, directeur de l’Institut national de la boulangerie-pâtisserie (Inbp) et responsable du Pôle
d’innovation pour la boulangerie-pâtisserie |
| L’objectif du Pôle d’innovation est de servir d’interface entre les organismes de recherche et
les 32 000 entreprises de la boulangerie-pâtisserie. |
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Quelle est l’activité de l’Inbp ?
L’institut national de la boulangerie-pâtisserie est une fondation reconnue d’utilité publique créée en 1973 par la Confédération de la
boulangerie-pâtisserie. Cette fondation exerce principalement une activité de formation
continue des boulangers-pâtissiers en France
et à l’étranger. Par ailleurs, l’institut communique sur le secteur au travers de l’édition de
brochures et d’ouvrages ou encore de l’animation de sites internet. Enfin, il réalise des recherches, études, essais ou analyses pour faire
progresser les matériels et techniques propres
au secteur d’activité et favorise l’accès des entreprises artisanales aux connaissances
scientifiques et techniques. C’est dans le cadre de
cette dernière activité que le Pôle d’innovation
pour la boulangerie-pâtisserie a été mis en place en 1993.
Quelles sont les missions de ce Pôle ?
Son activité concerne les 32 000 entreprises
artisanales de la boulangerie-pâtisserie, mais
aussi, plus ponctuellement, les équipementiers
du secteur. L’objectif majeur de ce Pôle est de
servir d’interface entre organismes de recherche et entreprises car ces deux mondes s’ignorent totalement, y compris pour les problèmes
d’alertes sanitaires. Par ailleurs, le Pôle apporte des aides ponctuelles à des entreprises pour
les aider à réaliser des projets précis, comme
le plan d’implantation d’un fournil par exemple. Enfin, nous menons des études dans l’intérêt du secteur. Nous avons travaillé, par exemple, sur l’ergonomie en boulangerie-pâtisserie,
mais aussi la prévention en matière de poussières de farines. Prochainement nous allons
démarrer avec l’Ademe une étude sur le développement durable en boulangerie. Tous ces
travaux font l’objet d’une large diffusion, tant
au travers de la réalisation de brochures « Les
suppléments techniques » diffusées à 17 000 exemplaires par
Les Nouvelles de la Boulangerie, que de lettres d’informations technologiques sur le secteur.
Quels sont vos projets à moyen terme ?
Nous allons continuer à travailler sur les thèmes intéressant l’ensemble de la profession.
Mais il est clair que le niveau de technicité
augmente. Nous avons donc un rôle d’information important en la matière avec de petites
entreprises qui ne sont pas toujours au courant
ou ne comprennent pas nécessairement les enjeux de ces alertes. L’objectif est de développer
au sein du Pôle des compétences secteur par
secteur car les domaines concernés sont extrêmement larges puisqu’ils intéressent aussi bien la
sécurité électrique que des problèmes d’hygiène ou de sécurité sanitaire.
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" Accompagner les professionnels en matière d’innovation "
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Franck Fumoleau, directeur général de l’Institut technologique européen des métiers de la musique (Itemm) |
| Le Pôle développe actuellement la création d’une plate-forme logicielle de mesure et de
caractérisation des instruments à l’usage des artisans-fabricants d’instruments de musique. |
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Qu’est-ce que l’Itemm ?
L’institut technologique européen des métiers de
la musique (itemm) a été créé en 1992 suite à
une décision du Parlement européen de mettre
en place un centre européen de la facture instrumentale*. Il regroupe un centre de formation des
apprentis, une école technique privée et un centre de formation professionnelle. Il accueille environ 240 élèves ou apprentis chaque année et
délivre onze diplômes au total : CAP, brevet des
métiers d’art, bac professionnel, licence professionnelle avec l’université… Depuis 2001, le
Pôle national d’innovation des métiers de la musique fait partie intégrante de l’itemm
et travaille en lien direct avec la formation, mais aussi avec des laboratoires
universitaires et des professionnels de la facture instrumentale. Il a pour objectif
d’être au service des professionnels, de les accompagner dans la formation, éventuellement la
méthodologie, mais surtout dans l’innovation.
Quelles sont les principales réalisations
de ce Pôle ?
Le Pôle organise des journées professionnelles
annuelles, les « Journées facture instrumentale & sciences », qui permettent la diffusion d’informations et les échanges entre
facteurs d’instruments et laboratoires de recherche autour des thèmes relatifs à la physique des instruments de musique, des outils de
caractérisation des instruments en atelier et
en laboratoire, des sciences du bois, etc. Par
ailleurs, il diffuse une revue professionnelle,
Musique & Technique, publication annuelle
autour de la facture instrumentale. La veille
technologique est également fondamentale dans l’action du Pôle. Il en est de même
pour l’accompagnement de projets d’études,
qui vise la mise en œuvre d’outils d’analyse
et de caractérisation des instruments de musique directement en atelier ainsi que la définition d’une offre de prestations techniques
à disposition des artisans. Enfin, le pôle apporte une fonction d’expertise et de conseil
en lien avec différents travaux d’étude.
Quel est votre projet majeur ?
Il s’agit du projet Paf-ANR 2008-2012, un
important projet de recherche et développement financé par l’Agence nationale de
la recherche et porté par plusieurs écoles supérieures et laboratoires ainsi que
par l’union nationale de la facture instrumentale. Il a pour objectif la création d’une
plate-forme logicielle de mesure et de caractérisation des instruments à l’usage des artisans-fabricants d’instruments. Ils pourront
ainsi caractériser l’instrument qu’ils souhaitent
fabriquer, l’adapter ou tout simplement mieux
le connaître. Ce projet s’adresse à l’ensemble
des familles instrumentales et s’appuie sur
l’expérience acquise depuis plusieurs années
avec le projet pilote « Lutherie tools ». Il représente désormais un élément essentiel de
l’action du Pôle, au regard des multiples implications qu’il comporte vis-à-vis des différentes missions du Pôle, mais surtout pour la
dynamique de développement technologique
qu’il suscite auprès des entreprises du secteur
et des retombées économiques attendues en
facture instrumentale.
* La facture instrumentale regroupe tout ce qui touche
aux instruments de musique, ainsi que les métiers associés (fabrication, entretien, etc). |
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