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| : : Le dossier |
| Les TIC dans le domaine de la santé et de l’autonomie, un secteur d’avenir |
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Par Astrid Southon, chargée de mission TIC & santé à la Dgcis
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| Afin de développer les usages des TIC pour la prise en charge de la santé à domicile et de l’autonomie, un Centre de référence national est mis en place en collaboration avec le ministère de la santé et de la CNSA |
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Les technologies de l’information et de la communication ont un rôle capital à jouer en matière de prise en charge des patients, notamment dans l’organisation des soins et des interventions sanitaires et sociales autour du domicile. Elles offrent également des solutions afin d’assurer le confort et la sécurité des personnes. Les TIC sont par exemple au cœur des dispositifs qui permettront d’assurer le télémonitoring ou la télésurveillance des personnes en assurant la liaison permanente entre le patient et les équipes médicales. Encore embryonnaires, ces activités sont appelées à se développer largement du fait du vieillissement de la population et de l’augmentation des maladies chroniques, qui exigera de plus en plus de suivi des personnes.
Un premier bilan, début 2008, a montré que de nombreux acteurs commençaient déjà à travailler sur cette thématique. En effet à l’échelle locale des expérimentations se sont multipliées, de grands groupes industriels ont créé des divisions spécifiques dédiées, et de nombreux laboratoires travaillent déjà dans ce domaine.
La France dispose d’atouts majeurs afin d’offrir des solutions sur cette thématique au travers de son tissu industriel et notamment de ses PME dans les trois domaines de compétences qui apparaissent clés pour le développement de la santé à domicile : les capteurs, les télécommunications, et les logiciels associés.
Afin de mettre en place un cadre favorable au développement des solutions, il est essentiel de permettre un meilleur transfert des technologies des laboratoires vers l’industrie et de développer les partenariats et le dialogue entre les différents acteurs : utilisateurs, acteurs santé, académiques, industriels.
Un constat qui a débouché sur différentes actions. Dès novembre 2008, une lettre d’intention signée par des pôles de compétitivité TIC, des pôles santé et des CHU visait à instaurer une collaboration sur les projets de TIC en santé.
Par ailleurs, en décembre 2008, un appel à candidature du ministre a été lancé pour créer un centre de référence « santé à domicile et autonomie » qui permettrait à l’ensemble des acteurs (industriels, monde académique, utilisateurs ou acteurs de santé) de travailler ensemble, de monter des projets et de favoriser des innovations d’usage dans le domaine.
Le 22 mai 2009, Luc Chatel a donc annoncé la création d’un centre de référence national pour la prise en charge de la santé à domicile et de l’autonomie. Porté par les quatre pôles de compétitivité Elopsys, Cancer Bio Santé, SCS (Solutions Communicantes Sécurisées) et Minalogic, et les CHU de Limoges, Toulouse, Nice et Grenoble, il a pour siège la ville de Nice. Opérationnel dès la fin de l’année, le centre sera soutenu par le ministère de l’Industrie à hauteur de 4 M€ sur trois ans et aura pour mission de développer l’usage des TIC dans ce domaine et de permettre la réalisation et la diffusion de solutions. Il renforcera le travail entre l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur et sera ouvert à de nouveaux partenariats. Il mènera des missions d’intérêt général (information et sensibilisation des acteurs, coordination d’initiatives collectives, contribution à la normalisation, suivi des évolutions légales et réglementaires, etc.) et pourra également assurer des prestations commerciales (formation, veille, conseil, etc.).
Un soutien pour les entreprises, puisqu’il devrait les aider dans leurs projets, faciliter les partenariats, disposer de moyens de test et d’essai afin de vérifier l’intégration des solutions préconisées avec d’autres ou encore leur donner des conseils en matière de normalisation. Une opportunité pour le marché de se structurer et, au-delà, d’affirmer ses ambitions économiques.
astrid.southon@finances.gouv.fr
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| : : Les interviews |
| « Une extraordinaire opportunité de développement de marchés » |
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Olivier Le-berre, Directeur Marketing France du groupe Legrand |
| Implanté dans plus de 70 pays, avec un effectif de 34 800 collaborateurs, Legrand occupe
une position de leader mondial sur certains produits et systèmes électriques. Il accompagne
aussi de nombreux projets dans le domaine de l’autonomie de la personne. |
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Quelles sont les principales caractéristiques
du groupe Legrand ?
Legrand est le spécialiste mondial des produits
et systèmes d’installations électriques et
réseaux d’informations, pour les lieux de vie
et de travail. Fort de 34 800 salariés dans le
monde, le groupe a réalisé 4,2 Md€ de chiffre
d’affaires en 2008. Chez Legrand, la domotique
progresse de 30 % par an depuis cinq
ans. Malgré la crise, le poids du marché français
pourrait potentiellement tripler avec une
croissance annuelle à deux chiffres jusqu’au
moins à l’horizon 2013.
Comment intervenez-vous sur la domotique
au service de l’autonomie ?
Notre démarche se traduit par l’accompagnement
de nombreux projets expérimentaux
avec notamment, l’Institut de formation en
ergothérapie (IFE) de Nancy, le Pôle d’Excellence
Rurale de Guéret... Le dernier en date,
« Géropass » a pour but d’évaluer les stratégies
d’aide à l’autonomie au domicile dans le
cadre de la prise en charge de patients âgés.
Financé par la Caisse des dépôts et consignations,
ce projet pilote va permettre l’adaptation
de logements automatisés dans des programmes
immobiliers. Un immeuble HLM de
28 logements dont 10 seront adaptés, sera livré
début 2011 par Habilim près de Limoges. Le
kit de base idéal et reproductible regroupe un
ensemble de solutions qui permettent la scénarisation
d’actions répétitives, le branchement/
débranchement sans efforts d’appareils électriques,
le balisage lumineux ou l’éclairage
automatique lors de déplacements nocturnes
et enfin, un réseau de communication pour lutter
contre l’isolement. L’un des produits phare
de la gamme Céliane est l’interscénario, un
interrupteur d’un genre nouveau qui permet
de commander différentes fonctions en même
temps (extinction générale de l’éclairage, allumage
de différents points lumineux d’intensité
variable, activation centralisée des volets,
gestion programmée du chauffage, contrôle
d’accès...), afin de scénariser des actions répétitives
ou périodiques comme l’arrivée ou
le départ de la maison, un apéritif entre amis, le coucher... Enfin, le groupe Legrand a mis
en place un réseau d’installateurs « partenaires
handicap » en liaison avec le Centre de réalisations
en ergothérapie et ergonomie (CREE).
Ce partenariat a permis, par exemple, de rendre
l’interscénario In One by Legrand accessible
aux personnes polyhandicapées à l’aide
d’une téléthèse (une télécommande actionnable
au toucher, en mode défilement lumineux
ou sonore, ou par le souffle, via le joystick
d’un fauteuil roulant).
Que pensez-vous de la mise en place
d’un Centre de référence national ?
Ce Centre fédère des industriels, notamment
Legrand, des laboratoires, des acteurs
médico-sociaux, des institutions publiques et
des représentants des « usagers » s’engageant
dans le développement et la diffusion de solutions
pour l’autonomie des personnes. En tant
qu’acteur, nous ne pouvons que soutenir une
telle initiative qui constitue une extraordinaire
opportunité de développement de marchés
et un accélérateur de sortie de la crise. |
« Clarifier le financement du marché »
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Jean-Bernard Schroeder, directeur des TIC Santé et équipements au Snitem |
| Le Snitem est la première organisation professionnelle représentant la majeure partie
de l’industrie du secteur des dispositifs médicaux. Il est déjà impliqué dans la démarche
du Centre de référence national. Explications. |
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Quelles sont les activités du Syndicat
national de l’industrie des technologies
médicales (Snitem) ?
Le Snitem est un syndicat professionnel qui
regroupe les entreprises fabriquant des dispositifs
médicaux permettant de poser un
diagnostic, soigner, compenser un handicap.
Notre mission est de rassembler ces entreprises,
de les représenter dans leurs discussions
avec les services de l’État, l’Assurance Maladie
ou la Haute autorité de santé dès lors
qu’il s’agit d’une problématique collective.
Nous comptons environ 240 adhérents, dont
une moitié de PME.
Que pensez-vous de la création
d’un Centre de référence national ?
Nous avons été impliqués dans la démarche
au travers d’une convention signée avec l’un
des pôles de compétitivité concernés : SCS*. Nous y sommes donc très favorables et avons
la volonté de nous y impliquer. Il représente, en
effet, une véritable opportunité de valider certaines
solutions ou produits, voire des applications
coopératives entre différentes entreprises, car les
solutions vont au-delà des dispositifs médicaux
et nécessitent, en particulier, des compétences
en matière de télécommunication détenues par
d’autres entreprises que nos adhérents. Ce nouveau
centre est donc l’occasion de partager une
structure pérenne, bien identifiée, disposant de
moyens même s’ils sont limités.
Pensez-vous qu’il est susceptible d’accélérer
le développement du marché ?
Le véritable accélérateur d’un marché est son
modèle économique. Nous savons qu’une
forte demande existe aujourd’hui du côté des
patients. Le Centre de référence national, lui,
sera le moyen de structurer l’offre, d’évaluer un certain nombre de solutions. Mais pour que
l’offre et la demande se rencontrent, il faut que
se développe un modèle économiquement viable.
Les solutions actuelles s’inscrivent dans
le secteur de la santé, domaine où la prise en
charge par l’Assurance Maladie et les assurances
complémentaires reste un point sensible.
Le véritable phénomène déclencheur de
ce marché ne pourra donc être qu’une prise en
charge par l’Assurance Maladie et les assurances
complémentaires des suivis à distance et
des différents apports de la télémédecine. Pour
que le marché prenne toute son ampleur, il est
donc nécessaire de clarifier son financement.
* SCS (Solutions communicantes sécurisées) a pour
mission de favoriser l’émergence de projets collaboratifs
innovants entre tous les acteurs afin de concevoir et
développer des solutions qui intègrent composants,
logiciels, réseaux et systèmes afin d’échanger et traiter
des informations de manière sécurisée et fiable. |
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