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| Dossier |
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Le design :
un atout pour les PME
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| Par Jean-François Serre - Chef du bureau du design
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Peu connu, voire perçu comme superflu, le design n’a pas encore trouvé sa place au sein des PME/PMI françaises. Une minorité d’entre elles ont déjà fait appel à un designer alors qu’en Suède, par exemple, une large majorité de PME/PMI a franchi le pas ; c’est pourtant un facteur de compétitivité important. Face à cette situation, la DGCIS lance un dispositif pratique d’information et de
promotion du design (site Internet, ateliers de sensibilisation, etc.). Objectif : faciliter l’accès à l’énorme potentiel du design en termes d’innovation et de compétitivité et contribuer, de manière large, à sa diffusion dans l’économie. Explications.
Le design peut se définir comme une démarche d’innovation fondée sur la
recherche d’un avantage comparatif autre que le prix. Autrement dit, il consiste à mener une réflexion globale sur un produit ou un service, afin de développer des caractéristiques innovantes sur le plan ergonomique, esthétique et fonctionnel. Principal objectif : créer des objets et des usages différents,
attractifs, susceptibles de séduire les consommateurs et de s’imposer sur un marché mondial de plus en plus concurrentiel. Par ailleurs, des éléments tels que les contraintes de l’entreprise, la nécessité de standardiser les process ou d’économiser les matières premières peuvent également entrer en ligne de compte. En ce sens, le design constitue un levier performant de rationalisation de la production.
Un investissement payant
Contrairement à une idée reçue, les designers ne sont pas hors de portée des PME/PMI. En règle générale, le coût d’une démarche de design varie entre 0,01% du prix de revient d’un produit, dans le cas d’une production en grande série, à 1 % pour une production en
petite série. Le retour sur investissement est, quant à lui, rapide. Selon une étude récente, 20 % des PME/PMI ayant eu recours au design l’estiment inférieur à un an, et 65 % inférieur à trois ans.
Sur un plan immatériel, le design constitue par ailleurs un excellent vecteur d’image. En effet, un produit « bien designé » laisse transparaître le supplément d’âme de l’entreprise (vision, valeurs, histoire, etc.) et contribue à asseoir son positionnement et à renforcer la relation entretenue avec le consommateur. De manière plus anecdotique, l’association avec un designer reconnu peut être, pour une marque, l’occasion d’une envolée de notoriété et ouvrir des portes sur de nouveaux marchés, y compris à l’international.
Un site internet dédié au design
Afin d’aider les entreprises à mieux appréhender les atouts du design, la DGCIS a conçu et lancé un site Internet (www.entreprise-et-design.fr) le 23 octobre dernier. Témoignages de chefs d’entreprises, débats entre les acteurs du secteur, interviews d’experts, renseignements pratiques, contacts utiles et liens, FAQ… Le site aborde l’ensemble des thématiques avec une pluralité de points de vue et propose de nombreux contacts utiles pour accompagner les entreprises dans leur projet.
De nouvelles actions à l’horizon 2010
La DGCIS proposera, dès le premier trimestre 2010, des ateliers de sensibilisation au design, afin d’informer et d’accompagner par des professionnels les entrepreneurs sur un plan pratique et méthodologique. Par ailleurs, une étude concernant l’économie du design est actuellement en cours afin de dresser un panorama d’ensemble du secteur et de mesurer précisément l’impact du design sur les performances de l’entreprise. Ces résultats seront publiés au premier trimestre 2010.
Un outil d’information et de sensibilisation qui répond à une ambition majeure : donner une vision globale et diversifiée du design et de ses enjeux ; amener les entreprises à s’approprier le design et à l’utiliser.
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| Les aides publiques en faveur du design |
De nombreuses aides financières existent pour rapprocher le monde du design de celui-ci des PME/PMI. Il s’agit notamment des aides à l’innovation d’Oséo, des aides au recrutement des régions, des conventions recherche pour les techniciens supérieurs, etc. Différents organismes (Agence pour la promotion de la création industrielle, Institut français du design, Drire/Direccte, etc.) sont à disposition des entreprises pour les orienter vers le dispositif la plus adapté à leur projet. |
Contact : jean-francois.serre@finances.gouv.fr
La rubrique Design du site de la DGCIS
Le site de la DGCIS consacré au design |
| Interviews |
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| « Le designer, un acteur stratégique de la compétitivité des entreprises » |
Alain Cadix - Directeur de l’ENSCI - Les Ateliers
(École nationale supérieure de création industrielle)
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Le designer, un créatif uniquement préoccupé de questions d’ordre esthétique ? Halte aux idées reçues ! Le design est devenu une discipline hautement stratégique et un métier aux multiples facettes en prise avec les mutations de la société.
Sur quels principes la formation de l’ENSCI repose-t-elle ?
Plus qu’un créatif ou un styliste, le designer est un professionnel de la création, qui travaille en équipe avec les autres métiers intervenant dans la conception des « objets », produits ou services. Il est au fait des tendances et des évolutions techniques : NTIC, nanotechnologies, biotechnologies, etc. Dans ce contexte, notre objectif est de former des
designers industriels ouverts sur l’entreprise, l’économie et l’avenir de la société. Nous leur offrons donc une formation pluridisciplinaire, théorique et pratique : la moitié du cursus de formation est ainsi consacrée à la pratique du projet dans des ateliers, dirigés par des designers professionnels, souvent en partenariat avec une entreprise. Grâce à l’acquisition d’une culture générale, transversale et proche du terrain, nos étudiants intègrent le monde professionnel dotés de qualités importantes : l’esprit critique, le sens de la responsabilité, la capacité d’inventer des stratégies et d’animer des équipes, etc.
Quelle place le designer occupe-t-il au sein de l’entreprise ?
Aujourd’hui, le designer œuvre au cœur des processus de production. S’il est autonome dans son domaine, il exerce son métier en lien étroit avec les autres départements de l’entreprise : production, R&D, marketing. La proximité entre le designer et l’ingénieur n’a d’ailleurs jamais été aussi grande car, comme ce dernier, son travail est de plus en plus prospectif, c’est-à-dire orienté vers la recherche de solutions inédites.
Il cherche notamment à répondre aux nouveaux enjeux de la société : allongement de la durée de la vie, mobilité des personnes, nouvelles pratiques liées à l’usage d’Internet, etc. Par ailleurs, le designer est un acteur à part entière de la stratégie d’entreprise : il participe pleinement à la réflexion concernant la pérennité, la rentabilité et la compétitivité de celle-ci.
Qu’en est-il du design ?
Longtemps, le designer a conçu des produits aux formes extrêmement variées, des objets, des espaces, etc. Aujourd’hui, il imagine également des services, des systèmes, c’est-à-dire les formes de la vie sociale, les contours des gestes du quotidien. Le fort développement des technologies numériques a entraîné celui du design de services : il s’agit de la conjonction entre le design du matériel (celui de l’automate, de l’écran tactile) et le design de l’immatériel (celui de l’information) dans le but de favoriser l’optimisation des services. Le travail du designer s’apparente alors à celui de l’anthropologue : c’est en observant les usagers et les utilisateurs, leurs pratiques dans leur « cheminement » quotidien, qu’il entretient le terreau de la création. Il repère les anomalies et les obstacles dans le parcours des individus et les transforme en
opportunités d’innovation par le design d’objets adéquats. |
| Le site de l’ENSCI – Les Ateliers |
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| « VIA, un centre de recherche et développement spécialisé dans le design » |
| Gérard Laizé - Directeur du VIA |
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L’association VIA, Valorisation de l’Innovation dans l’Aménagement du cadre de vie a été créée en 1979 sous l’impulsion du ministère de l’Industrie et du Comité de développement des industries françaises de l’ameublement et du bois (CODIFAB) pour promouvoir l’expertise française en matière de design d’ameublement. Conseiller les industriels dans la conceptualisation des objets du quotidien d’aujourd’hui et de demain tout en soutenant les projets des designers professionnels, telle est sa vocation. Retour sur un programme d’actions innovant, qui favorise les rencontres entre designers et fabricants, aujourd’hui incontournables.
Quelles sont vos principales missions ?
Valoriser la créativité, et particulièrement dans l’industrie du « cadre de vie » (ameublement, luminaire, arts de la table, décoration etc.), suppose d’opérer d’une manière transverse, en amont et en aval. VIA finance les projets de jeunes designers, les accompagne dans le
développement de ces projets et, surtout, les met en contact avec
les fabricants en demande. VIA se positionne également en tant qu’observatoire des grandes évolutions sociétales, une mission nécessaire pour déterminer les tendances et les besoins nouveaux en termes de produits et d’aménagements. Enfin, nous exerçons un rôle de consultant auprès des entreprises désireuses de répondre au mieux aux exigences de leurs publics ou de se développer.
PME, industriels ou artisans de l’ameublement,
pourquoi font-ils appel à VIA ?
Pour être au plus près des tendances tout en se démarquant sur le marché, surtout depuis le début de la crise, les fabricants français ont bien conscience qu’il est indispensable d’entrer dans une démarche d’innovation. Le design d’ameublement bénéficie d’un capital image très important : c’est pourquoi les entreprises souhaitant s’engager dans un programme de création se tournent spontanément vers nous.
Comment intervenez-vous auprès des entreprises ?
VIA est le seul organisme qui offre une aide à chaque étape du processus de création : il fonctionne comme un centre de recherche et
développement. Quelle que soit la problématique du fabricant, réactualiser des produits existants, créer de nouveaux produits, valoriser la présentation des produits dans les salons ou les catalogues, etc., nous lui proposons une stratégie de repositionnement rationnelle,
ciblée selon ses besoins et son identité de marque. Nous coordonnons le projet jusqu’à sa mise en application. Les contraintes de ce dernier identifiées, nous procédons à la rédaction d’un cahier des charges de création, le présentons aux designers sélectionnés selon leur adéquation avec le positionnement de la marque puis lançons l’étude. Si nous sommes sollicités en tant qu’experts en design, nos réponses sont
personnalisées : nous travaillons en binôme avec les professionnels, nous réfléchissons ensemble ! |
| Domovision, dynamiser le marché français du meuble |
Lancé par VIA en 2006, Domovision est un outil de formation individuelle ou collective spécialement conçu pour les professionnels de l’ameublement : industriels, distributeurs, designers qui souhaitent intégrer les facteurs d’évolution du moment dans leurs stratégies de développement et anticiper les attentes du marché. Ces fiches opérationnelles, orientées comportement des consommateurs et problématiques des métiers du cadre de vie, se veulent une radioscopie de la société et la projection des tendances à venir. L’objectif : permettre aux entreprises de repenser leur offre selon les facteurs économiques, culturels, scientifiques du moment. |
Le site de VIA
Le site du CODIFAB |
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