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| Dossier |
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La métrologie industrielle
au service des PMI
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| Par Émilie Foti - du bureau de la métrologie de la DGCIS |
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La métrologie est souvent considérée par les entreprises comme un poste coûteux et improductif. Pourtant, elle peut doper les performances d’une entreprise. C’est pourquoi, en 2010, la DGCIS lance un plan d’actions pour aider les PMI françaises à en faire un outil de compétitivité.
La métrologie dans l’industrie consiste à maîtriser les processus de mesure tout au long de la chaîne d’approvisionnement et de production afin d’optimiser la qualité des produits ou des services. Elle concerne des domaines aussi divers que l’alimentation, l’énergie, l’environnement, la santé, la sécurité, les télécommunications ou les travaux publics. Selon plusieurs enquêtes réalisées auprès des PMI par les DRIRE, notamment en région Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d’Azur, la métrologie au sein des entreprises est souvent perçue uniquement comme une activité de contrôle de la conformité du produit
(à noter : au 1er janvier 2010, les DRIRE seront remplacées par les DIRECCTE).
Pourtant, elle représente un réel facteur de compétitivité : une métrologie bien utilisée permet en effet de diminuer les quantités de matière requises et de réduire les gaspillages. Au-delà des économies directes réalisées, elle peut conduire à des réorganisations du processus de production améliorant la productivité. Elle est également un facteur de confiance, nécessaire aux transactions.
« Gagner en compétitivité grâce à la maîtrise des volumes produits et des performances de l’appareil de production »
Maîtriser les processus de mesure
À l’inverse, le risque d’une métrologie mal maîtrisée est d’effectuer des mesures avec une trop grande précision, peu adaptée aux besoins réels, ce qui engendre des phénomènes de sur-qualité, dont les conséquences peuvent être financièrement élevées. Une meilleure analyse des besoins du client et une connaissance approfondie des processus de fabrication et de mesure doivent permettre de réduire les coûts cachés (rebuts de production, coûts de sur-qualité) qui nuisent à la productivité des entreprises. De même, un système pertinent de gestion de leur parc d’instruments de mesure doit être mis en place afin de réduire le budget alloué aux étalonnages, tout en garantissant leur fiabilité, génère des économies.
Un accompagnement sur mesure
En 2009, la DGCIS a lancé des opérations auprès des PMI visant à leur permettre de mettre en place une fonction métrologique adaptée à leurs besoins. 2010 verra la continuation de cette action à travers
les « audits de la fonction métrologique en entreprise », montés avec le concours des DIRECCTE. Concrètement, un expert viendra auditer l’entreprise et lui proposera un programme d’amélioration. Les entre-prises intéressées par ces actions collectives sont invitées à contacter la DIRECCTE de leur région.
Des actions de sensibilisation
En 2010, la DGCIS soutiendra également des actions de sensibilisation, à savoir des journées d’information organisées par les fédérations professionnelles ou les pôles de compétitivité. Le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE) effectue de telles opérations dans le cadre de la mission de service public que lui a confié l’État.
Le Collège français de métrologie (CFM) a créé des clubs visant à favoriser le partage de savoir-faire entre PME (sur les mesures en 3D par exemple) et à transférer les connaissances des laboratoires. Leurs coordonnées sont disponibles sur le site www.cfmetrologie.com.
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| À savoir |
La DGCIS réalisera prochainement une étude nationale recensant les formations (initiales et professionnelles) existantes en matière de métrologie. Cette étude permettra, d’une part, de mieux faire connaître les formations existantes et, d’autre part, de vérifier l’adéquation entre l’offre et la demande de formation. Les résultats seront mis en ligne sur le site Internet de la DGCIS à partir du troisième trimestre 2010. |
Contact DGCIS : emilie.foti@finances.gouv.fr
Le site du LNE
Tout savoir sur la métrologie française
Tout savoir sur les normes françaises
La liste des prestataires de service accrédités |
| Interviews |
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« Notre objectif :
diminuer
de 10 % les produits rebutés » |
Yan Vignolles - Coordinateur QSE de l’entreprise BB Fabrication
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Situé au sud de Bordeaux, BB Fabrication produit de la peinture en bâtiment commercialisée sous la marque Renaulac. Soucieuse du respect de l’environnement, elle a été la première entreprise de peinture française à être certifiée QSE (Qualité, Sécurité, Environnement). C’est dans cette logique qu’elle a participé à l’action collective initiée par la DRIRE et la DGCIS pour améliorer sa fonction métrologique.
Comment vous est venue l’idée
de participer à cette action ?
BB Fabrication a toujours été engagée sur les problématiques de qualité, d’environnement et de développement durable. La métrologie est au coeur de ces enjeux. Elle permet de diminuer le gaspillage par l’optimisation des processus de mesure. Nous sommes adhérents au Mouvement français pour la qualité (MFQ) en Aquitaine. Lors d’une réunion, nous avons répondu à un appel à candidatures. Un spécialiste est venu en début d’année pour un premier diagnostic. Six autres rencontres ont suivi. La dernière s’effectue ce mois-ci et clôt la phase d’accompagnement. Parallèlement, un qualiticien métrologue stagiaire a intégré l’entreprise durant trois mois.
L’action n’est pas terminée,
mais quels résultats prévoyez-vous ?
Nous avons un objectif précis : diminuer le nombre de retouches sur nos produits. Les matières premières pour créer nos peintures ont des propriétés fluctuantes. Pour des raisons de viscosité ou de densité, près de la moitié de nos fabrications nécessite au moins une retouche. Un pourcentage un peu plus faible en demande deux. En appliquant les prescriptions issues de l’étude, nous pensons réduire de 10 % le nombre de retouches. Sur 12 000 tonnes de produits fabriquées par an, c’est considérable !
Que vous a apporté l’intervention du qualiticien ?
Il a diagnostiqué un manque de performance de nos processus de mesure. Lorsque nous fabriquons une peinture, nous mesurons ses propriétés finales. Si le résultat est compris dans un intervalle donné, le produit est conforme aux exigences qualité. Sinon, nous le retouchons. Or le qualiticien a calculé que cet intervalle était trop serré : nous effectuions donc des retouches non nécessaires.
En élargissant l’intervalle à son optimum, nous pouvons diminuer le nombre de produits rebutés par erreur.
Un deuxième volet a concerné l’inventaire de nos instruments de mesures et leur bonne utilisation. Nous avons notamment découvert que nous utilisions une balance à l’étalonnage coûteux pour des opérations où une balance plus simple suffisait.
Enfin, des modules pédagogiques ont précisé des règles de mesurage. Nous avons ainsi constaté que certains techniciens interprétaient une tolérance de plus ou moins 10 grammes comme un intervalle de 10 grammes. C’est-à-dire seulement 5 grammes au-dessus ou au-dessous de la valeur voulue. Là encore, nous retouchions des produits qui étaient pourtant valables. |
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| « La métrologie mérite d’être mieux considérée par les PME/PMI » |
François Hamacek - Président de l’entreprise PISO |
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Depuis 1983, l’entreprise PISO assure la vente, l’entretien et la réparation de matériel de pesage industriel. Elle opère dans tous les domaines où le pesage est utilisé comme indicateur de production : agro-alimentaire, chimie, aéronautique… Pour répondre aux demandes toujours plus pointues de ses clients, une innovation régulière en métrologie lui est indispensable.
En tant que professionnel de la métrologie,
quelle vision en avez-vous ?
Je connais, pour en avoir parlé avec mes clients, le peu d’intérêt qui lui est porté dans l’entreprise. Elle est souvent vue comme une contrainte de vérification, obligatoire et coûteuse. Parce que les PME/PMI méconnaissent cette fonction, elles se contentent du minimum réglementaire et n’en tirent donc pas avantage. Les formations initiales sont encore peu développées. Il est difficile en Aquitaine de trouver des prestataires maîtrisant certaines fonctions pointues comme la thermométrie, le jaugeage ou les mesurages de liquides autres que l’eau. C’est pourquoi des actions collectives comme celle qui a été pilotée en 2009 par la DRIRE et la DGCIS sont primordiales. D’abord pour valoriser la fonction. Ensuite, pour identifier les besoins des PME/PMI afin que les entreprises comme la mienne puissent leur proposer une offre mieux adaptée.
Comment s’est déroulée
l’action au sein de votre entreprise ?
Une stagiaire en formation qualiticien métrologue de l’École nationale supérieure d’arts et métiers (ENSAM) nous a rejoints. L’un de mes besoins était de systématiser et d’automatiser le recours aux incertitudes de mesure pour vérifier le matériel de pesage de nos clients. Cela demandait des compétences, notamment dans la maîtrise de formules de calcul complexes, les incertitudes de mesure, que nous ne possédions pas en interne : la stagiaire nous a aidés à y parvenir.
L’ENSAM a suivi le processus étape par étape, opérant comme laboratoire de validation. Cette démarche était d’autant plus importante qu’elle sera bientôt rendue obligatoire pour obtenir l’accréditation de nos systèmes de vérification périodique par le COFRAC. Une seconde mission a concerné la mise en place d’une procédure modélisée et pérenne pour affiner l’étalonnage de nos poids et rendre ceux-ci plus performants. Enfin, la personne en charge de la gestion du personnel du chantier et le responsable technique ont été formés.
Quel impact sur votre activité et celle de vos clients ?
Premier résultat à effet immédiat : nous avons embauché notre stagiaire en CDI. Pour le reste, nous sommes encore en cours d’action. Nous n’obtiendrons pas de résultats chiffrés précis avant six mois. Néanmoins, il est certain que l’entreprise a gagné en innovation. Nous maîtrisons désormais de nouvelles compétences pour offrir une qualité de service accrue à nos clients. Par exemple, l’amélioration de l’étalonnage de nos poids nous assure que ceux-ci ne dériveront pas pendant l’année. Et qu’ils n’affecteront donc pas négativement la production des clients. Quant à l’automatisation du recours aux incertitudes de mesure, elle nous permet de mesurer plus finement les produits des clients en fin de process, aidant ainsi à limiter leurs rebuts. En général, une entreprise compte 3% de rebuts sur sa production : en optimisant en interne sa fonction métrologique, on estime aujourd’hui qu’elle peut diminuer cette quantité d’au moins 10%. |
Le site de l’Ensam
Le site du COFRAC |
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