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Dossier
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Promouvoir les éco-industries
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par Sophie Costedoat,
chargée des écotechnologies à la DGCIS
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Les écotechnologies constituent une opportunité majeure de développement pour l’économie française. Plan Écotech 2012, lancement d’appels à projets… La DGCIS se mobilise pour mettre en oeuvre des stratégies industrielles en faveur de l’éco-innovation.
Les éco-industries sont, selon l’OCDE, l’ensemble des entreprises qui produisent des biens et des services servant à mesurer, prévenir, réduire ou corriger les atteintes à l’environnement. Leurs activités regroupent la gestion de l’eau, l’assainissement, l’efficacité énergétique du bâtiment, l’exploitation des biocarburants, le recyclage et la valorisation énergétique des déchets, les équipements ENR (solaire, éolien offshore, géothermie), etc.
Avec environ 60 Mds€ d’activité par an, la filière française connaît un développement important : en 2008, elle employait environ 400 000 personnes. Elle constitue donc l’un des moteurs de la relance économique. Les nouvelles contraintes réglementaires ainsi que la nécessité de concevoir des solutions industrielles adaptées créent des opportunités de marché fortes pour les éco-industries : il est impératif de les aider à capter ce potentiel de croissance et à se valoriser par rapport à la concurrence.
« Il est stratégique
d’aider les entreprises
françaises
à capter ce
potentiel de croissance »
Écotech 2012
Dans le cadre du Grenelle de l’Environnement, les
ministères chargés de l’Industrie et de l’Écologie ont
initié une démarche commune destinée à soutenir le
développement des éco-industries en France. Un
Comité stratégique des éco-industries (COSEI) a ainsi été mis en place en juillet 2008, sous le pilotage de la
DGCIS et du Commissariat général au
développement durable, afin de réunir
régulièrement des chefs d’entreprise et
des personnalités de la filière. Le plan Écotech 2012, lancé en décembre 2008,
constitue un des premiers résultats des
travaux du COSEI. Afin de permettre
aux entreprises de développer une offre compétitive
mondialement et de la produire sur le territoire français,
ce plan vise à organiser les éco-industries en
filières (déchets, eau, production d’énergie, gestion et
stockage des énergies, bâtiments), à identifier les
forces et faiblesses de chacune, et à émettre des propositions
pour améliorer leur synergie.
Un appel à projets national de 30 M€
En lien avec Oséo et l’ADEME, la DGCIS a lancé en 2009 un appelà projets éco-industries. Doté d’une enveloppe de 30 M€ sur trois ans,
il vise à soutenir les projets de recherche et développement collaboratifs,
notamment dans le domaine de la prévention, de la mesure
et de la lutte relatives aux pollutions locales : air, eau, déchets, etc.
Sur 61 dossiers déposés, 35 ont été retenus, parmi lesquels de
nombreuses PME innovantes. Suite à ce premier résultat satisfaisant,
un deuxième appel à projets a été lancé pour 2010. Il vient d’être
clôturé : 64 projets sont en cours d’expertise.
En région, l’action des Direccte
En Champagne-Ardenne, un plan d’accompagnement des éco-entreprises
a été mis en oeuvre. Une étude économique de la filière a permis l’édition
d’un annuaire recensant plus de 400 entreprises spécialisées : elles représentent près de 5000 emplois et 1 Md€ de chiffre d’affaires. Un
club fédérant l’ensemble de ces entreprises et destiné à les soutenir
dans leur recherche de nouveaux marchés sera également créé. En
Pays de la Loire, un projet d’implantation de fermes éoliennes offshore
est en cours de lancement. L’enjeu : concentrer dans la région un maximum
de savoir-faire entrant dans la constitution des éoliennes. 1 000
emplois devraient être créés pendant la phase construction du parc, et
plus d’une centaine pour assurer son exploitation et sa maintenance.
Enfin, dans le Nord-Pas-de-Calais, 145 entreprises de l’association Écopal sont chargées d’effectuer l’inventaire de leurs flux (liquides et énergies) dans l’objectif, à terme, d’en mutualiser la gestion.
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La rubrique écotechnologies du site de la DGCIS
Le rapport du groupe de travail compétitivité et croissance verte (EGI)
Contact DGCIS :
sophie.costedoat@finances.gouv.fr
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Interviews
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| « Édifier une filière photovoltaïque
performante » |
Thierry Lepercq,
président de Solairedirect
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Premier opérateur français d’électricité solaire, Solairedirect intervient sur le développement, l’ingénierie, le financement et l’exploitation des installations photovoltaïques. PME innovante créée en 2006, elle est membre du Comité stratégique des éco-industries (COSEI).
Que vous apporte la participation au COSEI ?
Les réunions du COSEI sont pour nous l’occasion de prendre part à la
réflexion en cours, de trouver des relais pour faire partager notre vision.
Elles nous permettent aussi d’accéder aux décideurs, d’échanger avec
d’autres représentants de la filière, avec les pouvoirs publics, avec les
acteurs financiers. Nous sommes très satisfaits d’avoir été impliqués
dans ce processus majeur pour les énergies de l’environnement.
Quels sont les premiers résultats ?
Sur la base des études Développer les éco-industries en France (pilotée
par la DGCIS dans le cadre du COSEI) et Filières vertes (lancée par le
Commissariat au développement durable en 2009), c’est tout un plan
d’action qui est en construction. Il vise à analyser les forces et les faiblesses
des secteurs stratégiques de croissance : eau, déchets, énergie
et bâtiment ; à en fixer les objectifs de développement à court et long
termes. Associés à la rédaction du document sur les questions relatives
au photovoltaïque, nous avons trouvé une grande écoute. Pour notre
filière, le constat est le suivant : après un développement honorable
dans les années 90, l’industrie française, qui figurait parmi les cinq
premiers acteurs mondiaux, a été reléguée à la 15e place. Pourtant, la
France dispose de tous les atouts pour jouer un rôle clé dans le secteur.
Quelles sont les solutions préconisées ?
Nous devons édifier une filière industrielle performante, capable d’exporter
ses savoir-faire, et, à cet effet, déployer des infrastructures sur
le sol français. À l’exemple des régions PACA et Poitou-Charentes qui
ont pris des initiatives en ce sens, nous devons mesurer le potentiel de
chaque territoire et y développer des sites de production. Car il ne
suffit pas de favoriser la demande de panneaux solaires, il faut également
inciter les entreprises à en produire. Le démarrage initié en 2008
avec le plan Écotech est extrêmement positif, il nous faut maintenant
passer à la vitesse supérieure. C’est pourquoi Solairedirect plaide vivement
pour la mise en place d’un plan national photovoltaïque, doté d’objectifs ambitieux à l’horizon 2020.
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Le site de Solairedirect
L’étude Filières vertes
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« Un marché d’équipement naissant,
au potentiel considérable »
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Jean-Jacques Nardin,
président de Pellenc Selective Technologies
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Créée en 2001, Pellenc Selective Technologies est l’unique société française spécialisée dans les technologies de tri optique des déchets. Numéro 2 mondial du secteur, la PME vauclusienne est l’un des lauréats de l’appel à projets éco-industries 2009, lancé par la DGCIS. Retour sur son activité et sur le projet innovant Tri+.
Quelle est la spécificité de votre activité ?
Nous développons et commercialisons des machines optiques de détection sans contact à grande vitesse pour le tri des déchets de nombreux matériaux : plastiques, papiers et cartons, bois, métaux et minéraux. Ces machines, qui permettent d’extraire des fractions valorisables, sont notamment utilisées dans les unités de tri de collectes sélectives et de déchets industriels, les installations de prétraitement des ordures ménagères, et les centres de régénération. Elles font appel à des technologies de pointe, comme la reconnaissance infrarouge. Depuis sa création, l’entreprise fait le pari de l’innovation et de l’ouverture à l’international. Aujourd’hui, près de 30 % de notre effectif se consacre à la R&D. Nous réalisons 70 % de notre chiffre d’affaires à l’export et nos machines sont présentes dans 43 pays.
En quoi consiste le projet Tri+ ?
Organisé sur une durée moyenne de 3 ans et demi, Tri+ vise à concevoir une nouvelle génération de machines de tri optique pour le recyclage et la valorisation des déchets. Grâce notamment à l’intégration de technologies photoniques radicalement nouvelles, nous cherchons à permettre la récupération des matières valorisables issues des déchets industriels et ménagers pour lesquels il n’existe actuellement aucune solution performante, et à améliorer les performances des déchets déjà triés. L’objectif est bien évidemment de traduire nos recherches en applications concrètes, brevetables. Ces nouvelles machines devront répondre aux futurs besoins des centres de tri et des unités de recyclage et de valorisation dans la quasi-totalité des filières des déchets : emballage, ordures ménagères, déchets des équipements électriques et électroniques, etc.
D’un coût global de plus de 20 M€, Tri+ est financé par le programme Innovation Stratégique Industrielle (ISI) d’Oséo à hauteur de 9,2 M€, répartis sous forme de subventions et d’avances remboursables. Il associe une dizaine de partenaires français, industriels, laboratoires, centres de recherche, et a été labellisé par les pôles de compétitivité OPTITEC et ELOPSYS.
Quels sont les enjeux ?
Notre activité possède un potentiel considérable : nous opérons sur un marché d’équipement naissant, sur lequel nous avons aujourd’hui très peu de concurrents. Tri+ constitue donc une formidable opportunité de développement, à la fois pour notre entreprise, mais aussi pour l’économie française. Car être les premiers à innover, cela signifie occuper un marché durablement.
Depuis un an, nous observons une prise de conscience générale, une dynamique collective, une volonté forte des pouvoirs publics de promouvoir les PME innovantes et l’éco-innovation : nous avons le sentiment que les choses ont davantage avancé qu’au cours de ces vingt dernières années. Qu’une PME comme la nôtre soit associée, via les réunions du COSEI, aux réflexions en cours sur les éco-industries, est également un fait nouveau et très positif. Car de même que l’informatique des années 60, les éco-industries sont la future grande activité de demain : nous n’avons pas le droit de manquer ce train qui permettra de faire émerger des PME à fort potentiel sur le marché international. |
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Le programme ISI d’Oséo
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Le programme Innovation Stratégique Industrielle (ISI) soutient des projets d’innovation collaborative à finalité industrielle, portés par des entreprises de taille intermédiaire (moins de 5 000 collaborateurs) et des PME (moins de 250 collaborateurs) innovantes. Des projets prometteurs, qui visent à commercialiser des produits de ruptures technologiques. Comprise entre 3 et 10 M€, l’aide se présente sous la forme de subventions et d’avances remboursables.
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Le site de Pellenc Selective Technologies
Le programme Innovation stratégique industrielle (ISI)
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