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Dossier
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L'excellence française au coeur des Investissements d'avenir
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par Ferdinand Tomarchio,
Chargé de mission auprès du directeur général de la DGCIS
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Assurer à la France une croissance durable exige d'encourager l'innovation et l'excellence. De ce constat sont nés les Investissements d'avenir : 35 Mds€ pour financer des projets industriels, soutenir la recherche ou encore offrir à nos universités une visibilité mondiale…
Courant 2009, le président de la République charge Alain Juppé et Michel Rocard d'évaluer les besoins de la France pour renouer durablement avec la croissance. Sur la base de leur rapport, il décide de lancer les Investissements d'avenir : l'État s'engage à débloquer 35 Mds€ autour de cinq axes prioritaires : économie numérique, industrie et PME, développement durable, recherche, enseignement supérieur et formation professionnelle. Chacun de ces volets se voit doté d'une enveloppe globale, ventilée par les différents ministères à travers différentes actions. Pour chaque action, l'État signe une convention avec un opérateur (Oséo, Ademe…) chargé du suivi.
Inscrits dans la loi de finances rectificative pour 2010, les Investissements d'avenir sont indépendants des budgets ministériels. Ils proviennent, pour 13 Mds€, du remboursement des prêts consentis aux banques. Le reste sera emprunté sur les marchés financiers.
« Renforcer l'attractivité de la France attire des compétences et des moyens susceptibles de se diffuser sur ses territoires. »
Une logique de cofinancement
Chaque convention décrit la nature de l'action, le montant alloué, le mode de sélection des candidats et le nombre de lauréats, volontairement réduit afin d'apporter une aide significative. Les Investissements d'avenir doivent financer des projets économiquement rentables. Les fonds publics représentent seulement une partie du financement, le reste devant être recherché auprès d'investisseurs privés. Quand c'est possible, le partenariat entre entreprises est également encouragé. À l'exception de quelques actions – par exemple les prêts verts accordés aux entreprises –, la procédure passe par un appel à projets ou à manifestation d'intérêt. Un jury, composé d'experts internationaux indépendants, évalue la pertinence, le potentiel innovant de chaque dossier… et aussi ses perspectives économiques. Le retour sur investissement attendu dépasse souvent le cadre strict du projet. En renforçant l'attractivité de la France, on cherche à attirer des compétences et des fonds étrangers, susceptibles de se diffuser sur ses territoires.
Des moyens à l'échelle des actions
L'aide apportée peut prendre différentes formes : subventions, avances remboursables, prêts, prises de capital ou encore dotations non consomptibles. Les moyens engagés sont à l'échelle des actions : de 200 M€, par exemple, pour financer l'aide à la réindustrialisation (ARI), jusqu'à 7,7 Mds€, répartis entre cinq à dix campus d'excellence. Cette recherche d'excellence est bien le moteur des Investissements d'avenir.
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| Les cinq axes retenus |
- Enseignement supérieur et formation : 11 Mds€ pour hisser les établissements au meilleur niveau mondial.
- Recherche : 7,9 Mds€ pour développer les biotechnologies et favoriser les applications industrielles de la recherche.
- Industrie et PME : 6,5 Mds€ pour soutenir les filières d'excellence (aéronautique, spatial, automobile…).
- Développement durable : 5,1 Mds€ pour développer les énergies renouvelables, inventer le nucléaire de demain…
- Économie numérique : 4,5 Mds€ pour généraliser le haut débit et favoriser l'essor de nouveaux services.
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Le site des Investissements d'avenir
Contact DGCIS :
sur les Investissements d'avenir : ferdinand.tomarchio@finances.gouv.fr
sur l'aide à la réindustrialisation : alice.metayer-mathieu@finances.gouv.fr
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Interviews
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« Sans cette ARI, nous aurions certainement changé de mains »
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par Éric Gallay,
directeur général de MP Hygiène
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En implantant en Ardèche une usine susceptible de produire ses matières premières, ce spécialiste de l'essuyage s'affranchit de ses fournisseurs étrangers. Et relocalise une activité porteuse d'emplois dans une région à forte tradition papetière.
Pourquoi cette nouvelle usine ?
Nous sommes des fabricants de produits finis : gammes industrielles de rouleaux et papiers pliés destinés aux collectivités, à l'industrie alimentaire ou encore au milieu hospitalier. Papiers classiques, non pelucheux, imbibés de savon, antibactériens… nous sommes des professionnels de l'essuyage. Nous confectionnons nos produits à partir de bobines mères d'une tonne. Et, pour quelques mois encore, nous dépendons pour nos approvisionnements de fournisseurs implantés hors de France… pour la plupart intégrés à nos principaux concurrents. En prenant la décision de fabriquer nous-mêmes nos bobines mères, nous changeons certes de métier, mais nous gagnons notre indépendance.
Comment financez-vous ce projet ?
L'investissement est par nature rentable, dans la mesure où nous avons la capacité de remplir le carnet de commandes de l'usine… et celle de satisfaire l'ensemble de nos besoins en matières premières. La machine – un mastodonte de 10 m de haut et 120 m de long – coûte néanmoins 12 M€, soit la moitié de l'investissement total. Le reste se répartit entre l'acquisition du site, les travaux, la création d'une station d'épuration… Nous recevons de l'État 4,2 M€ au titre de l'ARI. Banques et crédit-bailleurs apportent 15,7 M€, et nous le reste, avec le soutien de deux sociétés financières (dont le Fonds stratégique d'investissement) auxquelles nous avons ouvert notre capital.
L'avance de l'État a-t-elle aidé à lever les autres fonds ?
Sans aucun doute. Les banquiers ne prêtent pas facilement aux industriels. On parvient généralement à financer les machines et l'immobilier, qui sont concrets. En revanche, une station d'épuration ou des frais d'installation n'ont aucune valeur à leurs yeux. L'aide à la réindustrialisation nous a permis de concrétiser ce projet sans lequel, à terme, nous aurions certainement changé de mains. Car une entreprise de notre secteur d'activité ne disposant pas d'une solution complète n'a pas sa place dans le monde de demain. Nous sommes désormais libres de nous concentrer sur nos futurs enjeux : continuer d'innover, développer des produits toujours plus performants, compacts, éco-responsables. Et, pourquoi pas, tourner notre regard vers le marché des particuliers...
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Le site de MP Hygiène
Pour en savoir plus
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« Grâce à une aide à la réindustrialisation, nous avons pu conserver notre avance technologique »
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par Joseph Puzo,
PDG d'Axon'Cable
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En période de crise, la politique d'Axon'Cable tient en un mot : innover… et se tenir prêt à passer en production dès les premiers signes de reprise. Un pari gagnant pour cette entreprise volontariste qui s'apprête à embaucher 50 nouveaux salariés en France.
Pourquoi accélérer la R&D quand la conjoncture se tend ?
Nous l'avons toujours fait. Nous fabriquons des câbles électroniques miniaturisés, que l'on retrouve à l'intérieur d'Ariane 5 ou de nombreux satellites, mais aussi dans presque chaque voiture commercialisée en Europe. En presque 50 années d'existence, nous avons traversé plusieurs crises. Et nous en sommes toujours sortis gagnants en nous diversifiant et en imaginant des produits plus pointus que ceux de nos concurrents. Ainsi quand, en 1990, nous avons remporté le marché d'Ariane 5, notre solution n'était pas complètement opérationnelle… mais elle a été jugée, de loin, la plus prometteuse. Et, vingt ans plus tard, c'est toujours le cas !
Comment avez-vous traversé la crise ?
Nous avons incité nos équipes commerciales à redoubler d'efforts et accéléré nos recherches pour avoir de nouveaux produits à proposer dès la sortie de crise. Cela nous a permis de conserver notre personnel, et de redémarrer plus vite en mars 2010. Nous avons orienté nos efforts en R&D sur deux secteurs non cycliques et appelés à connaître, ces prochaines années, une croissance soutenue : le spatial et le médical. Pour nous, les besoins de ces deux domaines se ressemblent : miniaturisation extrême, technologie de pointe, propreté absolue. Nous avons, par exemple, mis au point des câbles anti-nosocomiaux, ne nécessitant plus de stérilisation.
Aujourd'hui, le moment est venu de mettre en production les produits inventés ces cinq dernières années : nous agrandissons de 3 500 m² notre usine de Montmirail – qui emploie actuellement 650 salariés – et aménageons, sur le même site, deux salles blanches, l'une pour le médical, l'autre pour le spatial. Implanter les unités de production à proximité de nos équipes de R&D présente tous les avantages : le transfert de connaissances est facilité, la mise en production accélérée. Nous limitons les fuites d'informations… et, confrontés aux problèmes de mise en application, nos chercheurs inventent plus vite les solutions. Dans notre domaine d'activité, il est primordial de toujours conserver une longueur d'avance sur la concurrence !
Comment avez-vous eu connaissance des Investissements d'avenir ?
Par la presse, en juin 2010. Nous prévoyions d'investir 20 M€, d'embaucher 50 personnes et de localiser en France une production à haute valeur ajoutée. Nous avons donc déposé un premier dossier en août et avons été invités à présenter notre projet au ministère. Un cabinet d'audit indépendant est ensuite venu voir ce que nous faisions et, en décembre, une aide à la réindustrialisation de 2,2 M€ nous a été accordée, remboursable sur cinq ans au terme d'un différé de deux ans.
Où en êtes-vous aujourd'hui ?
L'ARI et le sérieux avec lequel notre projet a été analysé ont rassuré les banques, qui ont accepté de nous prêter 11 M€. Nous attendons le permis de construire pour l'extension de l'usine. La salle blanche médicale est presque prête et nous finirons l'année avec 10 embauches. Une chose est sûre, sans ce coup de pouce, nous aurions dû différer une partie de nos investissements, car les banques ne nous auraient pas prêté une telle somme en une fois. Certains développements auraient donc été industrialisés trop tard par rapport à nos concurrents, notre chiffre d'affaires s'en serait ressenti… et nous aurions probablement perdu des emplois… au lieu d'en gagner !
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| Axon'Cable en chiffres |
- 1600 salariés, dont 800 en France, répartis sur trois sites : Montmirail (650), Ivry-sur-Seine (50) et Quimper (100).
- 10 filiales à l'international : États-Unis, Inde, Japon, Espagne, Grande- Bretagne… totalisant 800 emplois.
- Un chiffre d'affaires annuel de 100 M€, dont les deux tiers réalisés à l'export.
- 10 % du chiffre d'affaires consacré à la R&D, exclusivement en France.
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Le site d'Axon'Cable
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