LA LETTRE - N°10
 Direction Générale des Entreprises
 

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LES TEXTILES TECHNIQUES
Les équipements et les savoir-faire traditionnels de l’industrie textile
permettent souvent de développer des produits innovants, aux
propriétés exceptionnelles, utilisés dans des applications très diverses.

Avez-vous pensé aux textiles techniques ?
Par Odet L’Homer et Annie Calisti, Direction générale des entreprises
Voies de diversification pour les entreprises du textile, solutions nouvelles pour les
autres secteurs industriels, les textiles techniques se distinguent par leurs propriétésexceptionnelles.

On les voit peu, mais ils sont partout ; une automobile contient en moyenne 20 m2 de textiles de toutes sortes. Les textiles techniques ont des applications multiples : un géotextile utilisé dans le BTP, par exemple, n’a pas grand-chose en commun avec un biotextile à usage chirurgical. Ces nouveaux textiles sont essentiellement utilisés pour leurs performances  techniques et leurs propriétés fonctionnelles : durabilité, résistance aux agressions chimiques, perméabilité ou  imperméabilité, qualités thermiques, etc.
La France occupe une place importante sur le marché mondial des textiles techniques. Elle est le deuxième acteur européen, après l’Allemagne.
380 sociétés françaises sont spécialisées dans ce domaine. Elles sont surtout localisées dans les régions Rhône-Alpes, Nord Pas-de-Calais et Champagne-Ardenne. La raison en est claire : le mode de production des textiles techniques est celui des textiles (ou des non tissés) traditionnels. Il met en œuvre des équipements et des savoir-faire spécifiques du secteur textile. Beaucoup d’entreprises du secteur ont donc trouvé dans cette extension de leur activité habituelle une voie de diversification intéressante, passant par exemple du tissage de la soie au tissage de fibres de verre ou de carbone.
Les perspectives offertes par les textiles techniques sont très étendues. En général les marges sont supérieures à celles des textiles traditionnels. Les chiffres parlent d’eux mêmes : les 17 % d’entreprises du secteur textile français qui produisent des textiles techniques représentent 27 % du chiffre d’affaires du secteur et 40 % de ses bénéfices. La valeur ajoutée de ces productions est en général supérieure, et la concurrence des pays à bas salaires moins forte.

Des applications à imaginer
Au-delà de la maîtrise des technologies, la réussite exige aussi le plus souvent une culture d’innovation et de changement. Les entreprises françaises ne manquent pas d’atouts à cet égard : elles peuvent s’appuyer sur des moyens avancés tels que les plates-formes technologiques créées par le Réseau industriel d’innovation du textile et de l’habillement (r2ith), avec l’aide des structures techniques régionales de l’Institut français du textile et de l’habillement (IFTH) et le soutien du ministère de l’industrie. Elles bénéficient aussi de la présence d’écoles d’ingénieurs, d’universités scientifiques et de laboratoires de recherche. Enfin, la présence dans leur environnement industriel de producteurs de fibres ou de fabricants de machines textiles leur permet d’associer à leurs projets des compétences complémentaires.
Les propriétés étonnantes des nouveaux textiles permettent d’envisager des applications totalement inédites. De nombreux interlocuteurs tels que les Drire, l’IFTH, les pôles de compétitivité ou l’association Club Tech peuvent assister producteurs et utilisateurs potentiels dans leur réflexion.
En amont comme en aval, les entreprises riches d’un savoir-faire textile peuvent bénéficier de ces innovations. Quelles que soient les perspectives fonctionnelles et économiques des textiles techniques, le dépôt d’un brevet protégera leurs utilisations et facilitera les contacts avec les futurs utilisateurs.
La Direction générale des entreprises organise le 13 mars 2006 un colloque sur le thème
« Les textiles techniques, une voie porteuse d’avenir ». Ce colloque sera ouvert par François Loos et clôturé par Luc Rousseau. Il présentera les principales conclusions de l’étude prospective sur les textiles techniques confiée par la Direction générale des entreprises au cabinet Développement & Conseil. Les acteurs économiques concernés – producteurs de fibres, fabricants et utilisateurs des textiles techniques – pourront y débattre des segments stratégiques les plus porteurs, des atouts des entreprises françaises et des moyens de se positionner sur ces marchés

Contacts
odet.l-homer@industrie.gouv.fr
annie.calisti@industrie.gouv.fr


Du feu à la glace
Entretien avec François-Xavier Delatte, responsable R&D, Duflot Industrie
Connaissance des matériaux, maîtrise des technologies et analyse des besoins des clients ont permis à cette PME du Cambrésisd’imposer ses non-tissés aiguilletés dans des applications extrêmement exigeantes.

Comment votre entreprise s’est-elle intéressée aux textiles techniques ?
Duflot Industrie était un spécialiste de textiles non-tissés traditionnels - les feutres aiguilletés par voie sèche – un métier qui nécessite des machines très coûteuses. Il y a quelques années, l’un de nos grands fournisseurs de fibres, le groupe Acordis, nous a proposé une fibre technique, l’Inidex. Nous avons eu l’idée de l’utiliser comme barrière thermique pour les vestes des pompiers et anti-feu pour les sièges de train. Cela a été pour nous le début d’un grand essor. Nous fabriquons encore des produits traditionnels tels que des molletons muraux pour tapissiers et décorateurs parisiens, mais nous réalisons l’essentiel de notre chiffre d’affaires avec des textiles techniques.

Avez-vous modifié vos procédés ?
Nous avons choisi de ne pas le faire, mais notre valeur ajoutée a trois sources. D’abord, une excellente connaissance de nos matériaux, grâce à des relations permanentes et étroites avec les producteurs de fibres. Ensuite, une maîtrise approfondie de nos technologies de production. Enfin, une bonne connaissance des applications de nos produits et des besoins de nos clients. Nous cherchons sans cesse à améliorer les fonctionnalités des produits existants ou à développer des nouveautés pour étendre nos marchés. Nous pouvons ainsi proposer des solutions efficaces aux clients potentiels qui nous consultent.

Les textiles techniques sont-ils encore des textiles ?
Nos technologies de base restent celles du textile, tout comme les qualités recherchées par nos clients. Cependant, nous raisonnons avant tout en termes de besoins du marché. Cela peut nous amener à considérer d’autres types de textiles. Par exemple, nous nous sommes alliés à d’autres industriels régionaux pour proposer un produit pour vestes de pompiers associant deux des quatre couches classiques de ces vêtements : l’isolant thermique et la doublure intérieure. Mais il nous arrive aussi d’envisager d’autres matériaux : papier, cuir, etc. Ainsi fournissons-nous un produit bifonction pour les sièges de train, en assemblant nos feutres et des grilles métalliques antivandalisme achetées chez d’autres industriels.

Vos produits sont-ils visibles pour le grand public ?
Jamais, et c’est un peu frustrant ! Cependant, tout le monde est amené à les côtoyer : notre clientèle la plus importante est celle des constructeurs automobiles. Nous leur fournissons des isolants acoustiques et thermiques à base de polypropylène et de fibre de verre pour les pavillons, les sous-capots, des isolants moteur… Par ailleurs, nos produits sont parfois utilisés lors d‘événements médiatiques. Nous avons par exemple fourni l’isolant de la tente utilisée par Nicolas Vannier au cours de son Odyssée sibérienne de 8 000 km en traîneau à chiens.

Faites-vous beaucoup de R&D ?
Au-delà de la veille technologique pour connaître les fibres, notre R&D vise à les utiliser au mieux. Nous renforçons ainsi les fonctionnalités de nos produits. Un exemple : pour améliorer le confort des vestes de pompiers, nous avons cherché à accroître la circulation d’air. Pour cela, nous avons développé un non-tissé micro-perforé qui assure une bonne respirabilité tout en respectant les normes anti-feu. Cette innovation importante a remporté un succès international, avec pour premier client les sapeurspompiers de Boston. Une grande partie de notre R&D est effectuée en collaboration avec d’autres entreprises et porte sur des utilisations potentielles de nos produits. Nous sommes aussi coordinateurs d’un grand projet européen, Flexifunbar, et participons à deux pôles de compétitivité Up-Tex – via l’association Clubtex – et Itrans.
www.duflot.com

Flexifunbar
Le projet Flexifunbar vise à développer, dans le cadre du 6e PCRD européen, des structures souples et multifonctionnelles (isolation thermique, barrière magnétique, anti-odeurs, anti-bactériennes, anti-feu…) utilisables aussi bien dans la santé que dans les transports ou le bâtiment. D’une durée de quatre ans, le projet a démarré le 1er octobre 2004 avec un budget de 11 millions d’euros (dont 58 % de financements communautaires). Il associe près de cinquante partenaires (PME, universités et laboratoires) des secteurs du textile, du cuir et du papier dans 13 pays européens sous la coordination de Duflot Industrie. Au bout d’une année, nous avons déposé plusieurs brevets et mis au point trois produits innovants qui apparaîtront sur le marché en 2006.

www.flexifunbar.org

Les pôles de compétitivité des textiles techniques
• Up-Tex (Nord-Pas de Calais) souhaite accélérer les recherches technologiques dans le domaine du textile afin de s'orienter vers le textile technique mais aussi créer une nouvelle offre dans le domaine traditionnel du textile habillement. Le pôle regroupe environ 150 entreprises.
Porteur du projet : Union des industries textiles du Nord.
Contact pôle : stephan.verin@up-tex.fr
Expert DGE : annie.calisti@industrie.gouv.fr
Interlocuteur Drire : julien.tognola@industrie.gouv.fr
www.up-tex.com

• Techtera (Rhône-Alpes) s’appuie sur la première concentration européenne d’entreprises spécialisées dans les textiles techniques.
Porteur du projet : Association Techtera.
Contact pôle : techtera@laposte.net
Expert DGE : annie.calisti@industrie.gouv.fr
Interlocuteur Drire : bertrand.georjon@industrie.gouv.fr
www.techtera.org

 

 
 

Direction générale des entreprises - 12 rue Villiot - 75572 Paris cedex 12
Directeur de la publication : Sabine Portier
Correspondance : dominique.de-tonnac@industrie.gouv.fr
Téléphone : (+33) 1 44 87 17 17 Crédit photographique : P. Bagein / Sircom
ISSN 1772-1407
Publication Décembre 2005
Abonnement gratuit sur www.industrie.gouv.fr/abonnementlettredge

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