LA LETTRE N° 28
Direction Générale des Entreprises
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: : Editorial
UN VENT DE « FORCE 5 » SUR L’ÉCONOMIE
L’amélioration de la compétitivité des entreprises françaises est la priorité que nous nous sommes fixée, avec Christine Lagarde, pour permettre à la France de relever le défi de la croissance et la création d’emploi. Toute mon action vise à donner de l’oxygène à notre tissu d’entreprises, qu’elles soient petites, moyennes ou grandes. J’ai décliné les cinq grands axes de mon programme dans un Pacte appelé « Force 5 ».

1/ SIMPLIFIER L’ENVIRONNEMENT DES ENTREPRISES
Simplifier, réduire, alléger les contraintes auxquelles sont soumises les entreprises, c’est leur permettre d’être plus réactives, d’être plus efficaces et plus compétitives dans la compétition mondiale. Ainsi, simplifier, c’est favoriser la croissance et l’emploi. Pour toutes ces raisons, j’ai créé en juillet dernier trois groupes d’experts composés de praticiens du monde de l’entreprise pour travailler sur la simplification de leur l’environnement. Ils m’ont remis leurs conclusions fin septembre. Nous allons étudier les mesures proposées et certaines d’entre elles feront l’objet d’un travail important en vue de leur mise en oeuvre.

2/ SOUTENIR LEUR INNOVATION
Être innovant, c’est fondamental pour être en avance sur ses concurrents, pour produire à moindre coût et pour gagner des parts de marché en France et à l’international. C’est pour cela que le Gouvernement a placé l’innovation au coeur de ses priorités et a engagé une politique globale : la réforme du crédit impôt recherche, le rapprochement entre Oséo et l’AII,
la ratification de l’accord de Londres pour soutenir l’effort d’innovation des entreprises. Parallèlement, le Parlement a pris des mesures relatives à la protection de la propriété industrielle car si l’entrepreneur prend des risques et ne peut pas profiter des fruits de son
innovation, il n’innove plus.

3/ BAISSER LEUR FISCALITÉ
Avec les départements ministériels concernés, nous allons procéder à une révision générale de la fiscalité pour que le niveau de la fiscalité des entreprises revienne dans la moyenne européenne.

4/ FAVORISER LE FINANCEMENT DES ENTREPRISES DE TAILLE MOYENNE ET FAIRE GROSSIR LES PME
Nous devons soutenir les entreprises françaises dans l’accès au financement, afin de leur permettre de se développer. Délais de paiement, financement bancaire ou en fonds propres : nous travaillons actuellement sur des mesures visant à inciter l’investissement dans les PME et sur le développement des financements par des investisseurs dits providentiels, les «business angels ».

5/ RELANCER LEURS EXPORTATIONS
Faciliter et inciter les entrepreneurs à se développer à l’étranger est également essentiel pour que la France gagne des parts de marché à l’international. Je veux clarifier le paysage des acteurs d’accompagnement de nos entreprises à l’étranger autour de deux guichets:
un guichet « commercial », UbiFrance, notre « navire amiral » pour accompagner le développement des entreprises françaises à l’étranger, et un guichet financier, la Coface, pour leur financement que je vais moderniser. Ceci s’accompagnera d’un renouvellement
des outils et d'une meilleure articulation avec les autres acteurs d’accompagnement des PME.

Je veux aussi simplifier le parcours à l’export de nos entreprises, aujourd’hui trop complexe. Je souhaite que ce qui ne pourra pas être supprimé en termes de formalités soit rapidement dématérialisé.

Pour alimenter « Force 5 » de toutes les bonnes idées, j’ai mis en place un Conseil d’entrepreneurs constitué de 15 personnalités remarquables par leur réussite. À l’occasion de réunions mensuelles, nous travaillons sur les différents thèmes de Force 5. Les entrepreneurs me font part des remarques issues de leur expérience personnelle pour identifier les freins à la croissance et les lever. Par ailleurs, je vais ouvrir prochainement un blog sur internet pour permettre à tous les entrepreneurs de France d’apporter leurs
remarques et suggestions.

Hervé Novelli,
Secrétaire d’Etat chargé des Entreprises
et du Commerce extérieur
: : Le dossier
Améliorer la qualité des processus dans les PME
Stéphanie Delvaux Par Stéphanie Delvaux, chargée de mission à la division développement industriel et technologique de la Drire Nord-Pas-de-Calais
Lancée début 2007, une action collective de la Drire en faveur des PME, notamment d’équipementiers automobiles du Nord-Pas-de-Calais, soutient leur développement dans trois domaines : la qualité, l’innovation et les ressources humaines.
Pour accompagner les entreprises face aux difficultés économiques rencontrées en particulier par le secteur automobile, l’Association régionale de l’industrie automobile
du Nord-Pas-de-Calais (Aria) et la Drire du Nord-Pas-de-Calais ont mis en place, début
2007, une action collective en faveur des équipementiers de la région. Cette action, qui devrait à terme concerner une soixantaine de PME, comporte trois volets, au choix de l’entreprise : la qualité, l’innovation ou les ressources humaines.

L’analyse des changements d’outils
Des chantiers qualité de cinq jours sont proposés gratuitement aux entreprises intéressées
par la démarche. Ces ateliers réunissent plusieurs entreprises au sein d’une PME volontaire, avec le concours d’un consultant. Ces petits groupes s’interrogent sur les gains de compétitivité possibles dans la société qui fait l’objet de l’étude. Une des difficultés rencontrées par la Drire est naturellement de convaincre des entreprises d’ouvrir leurs portes à leurs clients ou concurrents pour mettre en place cette approche.
La première à relever le défi, l’entreprise Delzen, a donc bénéficié des travaux de cette équipe. Il s’agissait d’observer le processus de changement d’outils d’une presse utilisée pour la production de supports d’airbags. Cette analyse a permis de montrer que, par une meilleure organisation interne, le temps consacré à ces changements d’outils pouvait être divisé par trois, ce qui pouvait représenter 3 500 heures de production supplémentaire disponible. Les personnels de l’entreprise ont été associés à ces travaux. Cette démarche qualité s’est étendue à d’autres secteurs d’activités. Dans une société de textile, ce n’était plus le travail de l’opérateur qui était analysé, mais le déplacement du produit afin qu’il ne s’arrête pas et que les temps de production soient optimisés. À l’issue de ces expériences, les entreprises participantes ont été convaincues de l’utilité de cette démarche. Au point que
celles qui avaient un rôle d’observateur souhaitent désormais bénéficier de l’action.

Innovation et gestion prévisionnelle d’emploi
La partie gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, qui démarre cet automne,
est de tournure plus classique. Elle prévoit de réaliser des prédiagnostics dans les entreprises puis de leur apporter une assistance dans la mise en oeuvre de leur gestion des ressources humaines. L’objectif est d’aider les dirigeants de l’entreprise à se projeter dans l’avenir et à anticiper leurs besoins en qualification des personnels.

En matière d’innovation enfin, un gros travail de fond a dû être mené car, dans cette région de production, peu d’entreprises pensent à investir dans l’innovation même si elles font de la conception de produit pour répondre aux appels d’offres. Il a donc fallu définir ce que l’on entendait par innovation et élaborer des modes de fonctionnement qui n’effraient pas des entreprises fortement préoccupées par le triptyque qualité/ coûts/délais. Des rencontres avec l’Institut national de la propriété industrielle ont été organisées autour du thème de la protection de l’innovation, et un témoignage de PME a été présenté aux participants. Là encore, plusieurs entreprises vont se pencher pendant cinq jours sur un programme concret
d’analyse de la valeur.
Cofinancées à hauteur de 300 000 € par la Drire, la Direction régionale du travail et le Conseil régional, ces actions vont se poursuivre jusqu’à fin 2008. Une autre action collective doit prochainement démarrer auprès des entreprises de services, afin de
les aider à déterminer la certification qualité adéquate à leur clientèle.

LES ACTIONS COLLECTIVES DES DRIRE
Dans chaque région, les Drire mènent de nombreuses actions collectives en
partenariat avec les collectivités et les structures locales de soutien au développement
économique et industriel. L’objectif est de concourir au renforcement du tissu industriel local en apportant une réponse adéquate aux besoins des PME. Le réseau des Drire a ainsi monté et piloté, en 2006, 870 actions collectives qui ont concerné plus de 15 000 entreprises. Ces actions consistent en des opérations de sensibilisation ou d’accompagnement des PME industrielles et de service à l’industrie sur des thématiques
favorisant la compétitivité telles que : l’innovation, le développement technologique,
le développement durable, le capital humain et la gestion des compétences, l’intelligence économique, la qualité ou la performance interne. Les Drire associent dans ces actions les partenaires régionaux (collectivités, chambres consulaires, organisations
professionnelles), afin de démultiplier les moyens.

DÉMARCHE QUALITÉ DANS LES DRIRE
L’un des volets de la politique industrielle que relaie chacune des 24 Drire consiste à inciter les entreprises à s’approprier les démarches « qualité » pour contribuer à améliorer leur compétitivité. Le service public s’est lui-même engagé dans cette démarche afin d’améliorer son propre fonctionnement. Lancée en 2006, la démarche de certification au sein du réseau des Drire vise à assurer, dans la durée, l’intégration de l’écoute des clients et des bénéficiaires en les plaçant au centre de l’action des Drire, l’amélioration en continue et la maîtrise des produits et prestations des Drire. La Drire Bourgogne, qui recevra sa double certification ISO 9001 et ISO 14001 en novembre, portera ainsi le nombre de Drire certifiées à 14.
: : L'interview
« La Drire a oeuvré comme un déclencheur de décisions internes »
Bertrand Delzenne Bertrand Delzenne, p-dg de Delzen
Delzen est une entreprise spécialisée dans les technologies de découpe et d’emboutissage pour les équipementiers automobiles. Son p-dg nous explique les bénéfices qu’il a su tirer de l’action de la Drire Nord-Pas-de-Calais.
Quelle est l’activité de votre entreprise ?
Bertrand Delzenne :
Delzen est un fournisseur de rang 2 de l’industrie automobile, c’est-à-dire que nous travaillons pour les équipementiers. Notre métier est le découpage/emboutissage. Nous livrons aux équipementiers des pièces techniques
métalliques en grande série, du type filtres à air ou huile, soubassements de véhicules
ou encore supports de tôle airbag, en somme tout ce qui est en métal dans un véhicule en dehors des gros éléments comme la carrosserie. Nous élaborons ces produits à partir d’acier en bobine que nous déroulons afin de le travailler en frappe automatique à haute cadence. Par ailleurs, l’activité d’assemblage consiste à souder, riveter, clincher ou encore réaliser certains traitements de surfaces du type peinture ou anti-oxydation. Créée il y a 37 ans, l’entreprise compte aujourd’hui 80 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires annuel
de 13 M€.

Quel soutien vous a apporté la Drire ?
B. D. :
L’appui de la Drire, au travers de l’Association régionale de l’industrie automobile
du Nord-Pas-de-Calais (Aria) dont nous sommes adhérents, a porté sur deux chantiers. Le premier concerne la mise sous 5 S, une technique japonaise qui permet d’accéder au statut d’usine propre, pour l’ensemble de notre établissement dans les 12 mois à venir. Elle consiste à faire appliquer cinq concepts, « éliminer, ranger, nettoyer, standardiser et respecter des règles ». La Drire a subventionné l’action d’un cabinet extérieur qui nous a accompagnés dans une conduite d’audit qui a permis, sur un chantier pilote, de mettre en place une série d’outils : gammes de nettoyage, attribution des responsabilités, définition des plans de masse et audit de suivi.
La seconde action portait sur la compétitivité. Là aussi, les travaux des dirigeants d’entreprises du groupe de travail constitué pour l’occasion ont permis d’identifier des gisements de productivité et les investissements nécessaires pour y parvenir. Pour les changements d’outils, par exemple, très fréquents compte tenu de la diversité des pièces, nous nous sommes aperçus qu’il était possible de diviser le temps nécessaire par trois puisqu’il est passé de trois à une heure. Sachant que nous réalisons une douzaine de changements d’outils par jour, le gain est potentiellement considérable.

Quelles leçons tirez-vous de ces actions ?
B. D. :
Au départ, nous avons lancé ces chantiers car j’étais attiré par la gratuité de l’expérience. Aujourd’hui, nous avons pu réaliser tout le bénéfice que nous pouvions tirer de ce type d’action et j’ai nommé une personne à temps complet pour travailler sur l’amélioration continue dans l’entreprise. Par ailleurs, nous avons élaboré des plans d’actions qui sont directement liés aux chantiers initiés avec l’aide de la Drire. Ainsi, dans nos principaux projets de 2007-2008, nous avons retenu le 5 S et l’amélioration continue comme deux des projets majeurs de l’entreprise. Finalement, la Drire a été un déclencheur de décisions internes, tant en matière de définition des projets prioritaires que sur la mise en place des structures correspondantes. Nous allons désormais reprendre ce type d’actions à notre compte, car nous avons pris conscience que le retour sur investissement pouvait être très intéressant.



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Direction générale des entreprises - 12 rue Villiot - 75572 Paris cedex 12
Directeur de la publication : Caroline Leboucher
Correspondance : murielle.pascal@industrie.gouv.fr
Crédit photographique :
Droits Réservés
ISSN 1772-1407
Publication Octobre 2007

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