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| : : Editorial |
UN VENT DE « FORCE 5 » SUR L’ÉCONOMIE
L’amélioration de la compétitivité des entreprises
françaises est la priorité que nous nous sommes
fixée, avec Christine Lagarde, pour permettre à la
France de relever le défi de la croissance et la création
d’emploi. Toute mon action vise à donner de
l’oxygène à notre tissu d’entreprises, qu’elles soient
petites, moyennes ou grandes. J’ai décliné les cinq
grands axes de mon programme dans un Pacte appelé
« Force 5 ».
1/ SIMPLIFIER L’ENVIRONNEMENT DES ENTREPRISES
Simplifier, réduire, alléger les contraintes auxquelles
sont soumises les entreprises, c’est leur permettre
d’être plus réactives, d’être plus efficaces et plus
compétitives dans la compétition mondiale. Ainsi,
simplifier, c’est favoriser la croissance et l’emploi.
Pour toutes ces raisons, j’ai créé en juillet dernier
trois groupes d’experts composés de praticiens du
monde de l’entreprise pour travailler sur la simplification
de leur l’environnement. Ils m’ont remis leurs
conclusions fin septembre. Nous allons étudier les
mesures proposées et certaines d’entre elles feront
l’objet d’un travail important en vue de leur mise en oeuvre.
2/ SOUTENIR LEUR INNOVATION
Être innovant, c’est fondamental pour être en avance
sur ses concurrents, pour produire à moindre coût
et pour gagner des parts de marché en France et à
l’international. C’est pour cela que le Gouvernement
a placé l’innovation au coeur de ses priorités et a engagé
une politique globale : la réforme du crédit impôt
recherche, le rapprochement entre Oséo et l’AII,
la ratification de l’accord de Londres pour soutenir
l’effort d’innovation des entreprises. Parallèlement, le
Parlement a pris des mesures relatives à la protection
de la propriété industrielle car si l’entrepreneur prend
des risques et ne peut pas profiter des fruits de son
innovation, il n’innove plus.
3/ BAISSER LEUR FISCALITÉ
Avec les départements ministériels concernés, nous
allons procéder à une révision générale de la fiscalité
pour que le niveau de la fiscalité des entreprises revienne
dans la moyenne européenne.
4/ FAVORISER LE FINANCEMENT DES ENTREPRISES
DE TAILLE MOYENNE ET FAIRE GROSSIR LES PME
Nous devons soutenir les entreprises françaises dans
l’accès au financement, afin de leur permettre de se
développer. Délais de paiement, financement bancaire
ou en fonds propres : nous travaillons actuellement
sur des mesures visant à inciter l’investissement dans
les PME et sur le développement des financements
par des investisseurs dits providentiels, les «business
angels ».
5/ RELANCER LEURS EXPORTATIONS
Faciliter et inciter les entrepreneurs à se développer à
l’étranger est également essentiel pour que la France
gagne des parts de marché à l’international. Je veux
clarifier le paysage des acteurs d’accompagnement
de nos entreprises à l’étranger autour de deux guichets:
un guichet « commercial », UbiFrance, notre « navire amiral » pour accompagner le développement
des entreprises françaises à l’étranger, et un guichet
financier, la Coface, pour leur financement que je vais
moderniser. Ceci s’accompagnera d’un renouvellement
des outils et d'une meilleure articulation avec les
autres acteurs d’accompagnement des PME.
Je veux aussi simplifier le parcours à l’export de nos
entreprises, aujourd’hui trop complexe. Je souhaite
que ce qui ne pourra pas être supprimé en termes de
formalités soit rapidement dématérialisé.
Pour alimenter « Force 5 » de toutes les bonnes
idées, j’ai mis en place un Conseil d’entrepreneurs
constitué de 15 personnalités remarquables par leur
réussite. À l’occasion de réunions mensuelles, nous
travaillons sur les différents thèmes de Force 5. Les
entrepreneurs me font part des remarques issues de
leur expérience personnelle pour identifier les freins à la croissance et les lever. Par ailleurs, je vais ouvrir
prochainement un blog sur internet pour permettre à tous les entrepreneurs de France d’apporter leurs
remarques et suggestions.
Hervé Novelli,
Secrétaire d’Etat chargé des Entreprises
et du Commerce extérieur |
| : : Le dossier |
| Améliorer la qualité des processus dans les PME |
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Par Stéphanie Delvaux, chargée de mission à la division développement industriel et technologique
de la Drire Nord-Pas-de-Calais |
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Lancée début 2007, une action collective de la Drire en faveur des PME, notamment
d’équipementiers automobiles du Nord-Pas-de-Calais, soutient leur développement dans
trois domaines : la qualité, l’innovation et les ressources humaines. |
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Pour accompagner les entreprises face aux
difficultés économiques rencontrées en particulier
par le secteur automobile, l’Association
régionale de l’industrie automobile
du Nord-Pas-de-Calais (Aria) et la Drire du
Nord-Pas-de-Calais ont mis en place, début
2007, une action collective en faveur des équipementiers de la région. Cette action,
qui devrait à terme concerner une soixantaine
de PME, comporte trois volets, au choix de
l’entreprise : la qualité, l’innovation ou les
ressources humaines.
L’analyse des changements d’outils
Des chantiers qualité de cinq jours sont
proposés gratuitement aux entreprises intéressées
par la démarche. Ces ateliers réunissent
plusieurs entreprises au sein d’une
PME volontaire, avec le concours d’un
consultant. Ces petits groupes s’interrogent
sur les gains de compétitivité possibles
dans la société qui fait l’objet de l’étude.
Une des difficultés rencontrées par la Drire
est naturellement de convaincre des entreprises
d’ouvrir leurs portes à leurs clients
ou concurrents pour mettre en place cette
approche.
La première à relever le défi, l’entreprise
Delzen, a donc bénéficié des travaux de
cette équipe. Il s’agissait d’observer le
processus de changement d’outils d’une
presse utilisée pour la production de supports
d’airbags. Cette analyse a permis de
montrer que, par une meilleure organisation
interne, le temps consacré à ces changements
d’outils pouvait être divisé par trois,
ce qui pouvait représenter 3 500 heures de
production supplémentaire disponible. Les
personnels de l’entreprise ont été associés
à ces travaux.
Cette démarche qualité s’est étendue à
d’autres secteurs d’activités. Dans une société
de textile, ce n’était plus le travail de
l’opérateur qui était analysé, mais le déplacement
du produit afin qu’il ne s’arrête pas
et que les temps de production soient optimisés. À l’issue de ces expériences, les entreprises
participantes ont été convaincues
de l’utilité de cette démarche. Au point que
celles qui avaient un rôle d’observateur souhaitent
désormais bénéficier de l’action.
Innovation et gestion prévisionnelle
d’emploi
La partie gestion prévisionnelle des emplois
et des compétences, qui démarre cet automne,
est de tournure plus classique. Elle prévoit de
réaliser des prédiagnostics dans les entreprises
puis de leur apporter une assistance dans la
mise en oeuvre de leur gestion des ressources
humaines. L’objectif est d’aider les dirigeants
de l’entreprise à se projeter dans l’avenir et à anticiper leurs besoins en qualification des
personnels.
En matière d’innovation enfin, un gros travail
de fond a dû être mené car, dans cette
région de production, peu d’entreprises
pensent à investir dans l’innovation même
si elles font de la conception de produit pour
répondre aux appels d’offres. Il a donc fallu
définir ce que l’on entendait par innovation et élaborer des modes de fonctionnement
qui n’effraient pas des entreprises fortement
préoccupées par le triptyque qualité/
coûts/délais. Des rencontres avec l’Institut
national de la propriété industrielle ont été
organisées autour du thème de la protection
de l’innovation, et un témoignage de PME
a été présenté aux participants. Là encore,
plusieurs entreprises vont se pencher pendant
cinq jours sur un programme concret
d’analyse de la valeur.
Cofinancées à hauteur de 300 000 € par la
Drire, la Direction régionale du travail et le
Conseil régional, ces actions vont se poursuivre
jusqu’à fin 2008. Une autre action
collective doit prochainement démarrer
auprès des entreprises de services, afin de
les aider à déterminer la certification qualité
adéquate à leur clientèle.
LES ACTIONS COLLECTIVES
DES DRIRE
Dans chaque région, les Drire mènent
de nombreuses actions collectives en
partenariat avec les collectivités et les
structures locales de soutien au développement
économique et industriel.
L’objectif est de concourir au renforcement
du tissu industriel local en apportant
une réponse adéquate aux besoins des
PME. Le réseau des Drire a ainsi monté
et piloté, en 2006, 870 actions collectives
qui ont concerné plus de 15 000 entreprises.
Ces actions consistent en des
opérations de sensibilisation ou d’accompagnement
des PME industrielles et de
service à l’industrie sur des thématiques
favorisant la compétitivité telles que :
l’innovation, le développement technologique,
le développement durable,
le capital humain et la gestion des
compétences, l’intelligence économique,
la qualité ou la performance interne.
Les Drire associent dans ces actions
les partenaires régionaux (collectivités,
chambres consulaires, organisations
professionnelles), afin de démultiplier
les moyens. |
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DÉMARCHE QUALITÉ DANS LES DRIRE
L’un des volets de la politique industrielle
que relaie chacune des 24 Drire consiste à inciter les entreprises à s’approprier les
démarches « qualité » pour contribuer à
améliorer leur compétitivité. Le service
public s’est lui-même engagé dans cette
démarche afin d’améliorer son propre fonctionnement.
Lancée en 2006, la démarche
de certification au sein du réseau des Drire
vise à assurer, dans la durée, l’intégration
de l’écoute des clients et des bénéficiaires
en les plaçant au centre de l’action des
Drire, l’amélioration en continue et la maîtrise
des produits et prestations des Drire.
La Drire Bourgogne, qui recevra sa double
certification ISO 9001 et ISO 14001
en novembre, portera ainsi le nombre de
Drire certifiées à 14. |
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| : : L'interview |
| « La Drire a oeuvré comme un déclencheur de décisions internes » |
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Bertrand Delzenne,
p-dg de Delzen |
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Delzen est une
entreprise spécialisée
dans
les technologies
de découpe et d’emboutissage pour
les équipementiers automobiles.
Son p-dg nous explique les bénéfices
qu’il a su tirer de l’action
de la Drire Nord-Pas-de-Calais. |
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Quelle est l’activité de votre entreprise ?
Bertrand Delzenne : Delzen est un fournisseur
de rang 2 de l’industrie automobile,
c’est-à-dire que nous travaillons
pour les équipementiers. Notre métier est
le découpage/emboutissage. Nous livrons
aux équipementiers des pièces techniques
métalliques en grande série, du type filtres à air ou huile, soubassements de véhicules
ou encore supports de tôle airbag, en
somme tout ce qui est en métal dans un
véhicule en dehors des gros éléments comme
la carrosserie. Nous élaborons ces produits à partir d’acier en bobine que nous
déroulons afin de le travailler en frappe
automatique à haute cadence. Par ailleurs,
l’activité d’assemblage consiste à souder,
riveter, clincher ou encore réaliser certains
traitements de surfaces du type peinture ou
anti-oxydation. Créée il y a 37 ans, l’entreprise
compte aujourd’hui 80 collaborateurs
et réalise un chiffre d’affaires annuel
de 13 M€.
Quel soutien vous a apporté la Drire ?
B. D. : L’appui de la Drire, au travers de
l’Association régionale de l’industrie automobile
du Nord-Pas-de-Calais (Aria) dont
nous sommes adhérents, a porté sur deux
chantiers. Le premier concerne la mise
sous 5 S, une technique japonaise qui permet
d’accéder au statut d’usine propre, pour
l’ensemble de notre établissement dans les
12 mois à venir. Elle consiste à faire appliquer
cinq concepts, « éliminer, ranger, nettoyer,
standardiser et respecter des règles ».
La Drire a subventionné l’action d’un cabinet
extérieur qui nous a accompagnés dans
une conduite d’audit qui a permis, sur un
chantier pilote, de mettre en place une série
d’outils : gammes de nettoyage, attribution
des responsabilités, définition des plans de
masse et audit de suivi.
La seconde action portait sur la compétitivité.
Là aussi, les travaux des dirigeants
d’entreprises du groupe de travail constitué
pour l’occasion ont permis d’identifier des
gisements de productivité et les investissements
nécessaires pour y parvenir. Pour les
changements d’outils, par exemple, très fréquents
compte tenu de la diversité des pièces,
nous nous sommes aperçus qu’il était
possible de diviser le temps nécessaire par
trois puisqu’il est passé de trois à une heure.
Sachant que nous réalisons une douzaine de
changements d’outils par jour, le gain est potentiellement
considérable.
Quelles leçons tirez-vous de ces actions ?
B. D. : Au départ, nous avons lancé ces
chantiers car j’étais attiré par la gratuité de l’expérience. Aujourd’hui, nous avons pu
réaliser tout le bénéfice que nous pouvions
tirer de ce type d’action et j’ai nommé une
personne à temps complet pour travailler
sur l’amélioration continue dans l’entreprise.
Par ailleurs, nous avons élaboré
des plans d’actions qui sont directement
liés aux chantiers initiés avec l’aide de la
Drire. Ainsi, dans nos principaux projets
de 2007-2008, nous avons retenu le 5 S et
l’amélioration continue comme deux des
projets majeurs de l’entreprise. Finalement,
la Drire a été un déclencheur de décisions
internes, tant en matière de définition
des projets prioritaires que sur la mise
en place des structures correspondantes.
Nous allons désormais reprendre ce type
d’actions à notre compte, car nous avons
pris conscience que le retour sur investissement
pouvait être très intéressant.
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