LA LETTRE N° 38
Direction Générale des Entreprises
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: : Le dossier
France Investissement, premier bilan
Thierry Hesse Par Jérôme Gallot, président de CDC Entreprises
La vocation de France Investissement est de soutenir le développement des PME françaises les plus prometteuses. Un an et demi après sa création, ce dispositif public fondé sur un partenariat public/privé original a dépassé ses objectifs initiaux et affiche de nouvelles ambitions.
Pour aider les PME françaises à se développer, l’État a créé par décret le 15 décembre 2006 un nouveau dispositif : France Investissement. Sa mission : renforcer le financement des entreprises à fort potentiel de croissance par une augmentation de leurs fonds propres. France Investissement institue, à cet effet, un partenariat public/privé innovant : ses moyens d’action sont apportés à la fois par la Caisse des Dépôts et par des levées de fonds privés. L’enjeu est de mettre en place un important effet de levier entre ces deux types de financements. Piloté par un Conseil d’Orientation Stratégique placé sous l’autorité du Premier Ministre et associant professionnels du public et du privé, le dispositif est géré par les équipes de CDC Entreprises. France Investissement n’investit jamais plus de 15 M€ par entreprise et sa participation reste toujours minoritaire. Il propose deux grands types de financement : des financements en fonds propres (sous forme de prise de capital en substitution aux premiers investisseurs ou bien d’augmentation de capital) et des financements en quasi-fonds propres, sous forme d’obligations. Si les entreprises financées comptent en général moins de 250 salariés, leur valeur s’échelonne entre quelques millions à plusieurs dizaines de millions d’euros. Toutes ont cependant un point commun : elles sont particulièrement innovantes et peuvent espérer un fort et rapide développement. France Investissement leur apporte une aide à l’amorçage, élargit leurs capacités d’action, facilite leur ouverture aux nouvelles technologies et aux marchés internationaux, les encourage à déployer les meilleures pratiques (gouvernance, transparence, intéressement des salariés…) et prépare leur introduction en bourse. Un dispositif qui les aide à grandir mieux et plus vite, contribuant ainsi à faire émerger les champions de l’économie de demain.

817 M€ engagés en 2007
Les résultats obtenus à l’issue de ses treize premiers mois d’existence mettent en lumière la forte mobilisation de la Caisse des Dépôts - pivot du dispositif - et de ses cinq partenaires institutionnels privés initiaux : AGF Private Equity, le Groupe Caisse d’Epargne, Finama Private Equity, Natixis Private Equity et SGAM Alternative Investments (groupe Société Générale). De fait, les engagements ont été largement supérieurs à l’objectif fixé au départ de 500 M€ par an pendant six ans. Ainsi, entre décembre 2006 et décembre 2007, 817 M€ ont été engagés, dont 537M€ ont abondé 44 fonds de capital investissement. Grâce à l’effet de levier public/privé (un euros public est susceptible d’engendrer un investissement de cinq à sept euros privés), le volume total des disponibilités prêt à être investi a atteint environ 3 M€, qui ont bénéficié à 102 entreprises. Ce dynamisme s’est poursuivi en 2008 : à la fin du premier trimestre, 175 M€ avaient déjà été engagés par la Caisse des Dépôts, sur un objectif annuel de 380 M€. La mécanique est désormais enclenchée. Dans les prochaines années, elle devrait permettre de réunir entre 2,5 et 3,6 M€ de fonds pour soutenir plus de 800 entreprises. Parallèlement, France Investissement souhaite intensifier son action autour de grandes priorités. Il s’agira notamment, en liaison avec le ministère chargé de l’Industrie, de tisser des liens forts entre fonds d’investissement, pôles de compétitivité et organismes de recherche afin d’améliorer le financement des entreprises technologiques. Le dispositif compte également favoriser les financements de proximité, en mettant l’accent à la fois sur la création de fonds de business angels et sur le renforcement des fonds régionaux, partenaires financiers essentiels pour les petites entreprises. Il souhaite également organiser un reporting précis de la part des sociétés d’investissement financées. Enfin, il est prêt à accueillir de nouveaux partenaires institutionnels privés français et étrangers. A cet égard, 2008 s’annonce fructueuse, puisque les groupes Axa et Barclays s’apprêtent à le rejoindre.

Pour tout contact :
www.france-investissement.fr/
www.cdcentreprises.fr
www.capital-poles.com/

Lexique

Capital Investissement
Prise de participation en capital dans des entreprises généralement non cotées. Soutien fondamental de l’entreprise non cotée tout au long de son existence, il en finance le démarrage (Capital Risque), le développement (Capital Développement), la transmission ou l’acquisition (LBO/Capital Retournement).
Capital Développement
Investissement en fonds propres ou quasifonds propres, en général minoritaire, destiné à financer le développement d’une entreprise avec un objectif de création de valeur et de liquidité à moyen terme, ou le rachat de positions d’actionnaires. L’entreprise partenaire est une société établie sur ses marchés, profitable et présentant des perspectives de croissance importantes. Cette opération vise à accompagner le dirigeant dans sa stratégie de développement.
Capital Retournement
Financement en fonds propres d’entreprises ayant eu des difficultés et pour lesquelles des mesures permettant le retour aux bénéfices sont identifiées et mise en oeuvre.
Capital Risque
Investissement réalisé par des investisseurs en capital en fonds propres ou quasi fonds propres dans des entreprises jeunes ou en création, présentant un fort contenu technologique.
LBO (Leverage Buy Out)
Acquisition d’une entreprise par des investisseurs en capital, associés aux dirigeants de l’entreprise achetée, dans le cadre d’un montage financier comportant une proportion plus ou moins importante d’emprunts et dont le remboursement est prévu par un prélèvement sur les dividendes futurs.

 
: : L'interview
« Présenter un projet d’entreprise bien ficelé »
Tony You Michel Meyer, président du directoire de Kewego, co-fondateur de l’entreprise
Créée en 2003, Kewego qui regroupe des professionnels de l’audiovisuel, des experts de l’affichage numérique et des pionniers de l’Internet, a fait appel à France Investissement pour se développer à l’international.

Quelle est l’activité de votre entreprise ?
Michel Meyer : Kewego est spécialisé dans la communication audiovisuelle. Nous aidons en effet les médias et les entreprises à diffuser des vidéos soit sur internet, soit dans leurs locaux ou leurs points de vente, au travers de réseaux d’écrans. Ils peuvent ainsi s’adresser à leurs prospects, leurs employés ou leurs clients. Nous avons comme clients des entreprises telles que M6, France Télévision, Le Figaro, L’Équipe, Le Nouvel observateur, Airbus, Axa ou encore Snecma et nous devrions réaliser un chiffre d’affaires de 7 M€ en 2008, contre 4 M€ en 2007. L’entreprise a été créée en 2003 et compte désormais une soixantaine de salariés à Paris, Grenoble, mais aussi dans nos filiales en Espagne, Allemagne et Grande-Bretagne.

Comment avez-vous eu recours à France Investissement ?
Nous avions besoin de financements pour développer et renforcer notre gamme de produits et nous développer à l’international afin d’envisager d’atteindre la rentabilité en 2009. Nous avons donc construit un business plan présentant nos ambitions et nos objectifs avant de rencontrer un certain nombre d’acteurs du capital risque. Nous avons été en contact avec CDC Entreprises. Le courant est bien passé. De plus, nous avions déjà un investisseur de référence, Banexi Ventures Partners, que CDC Entreprises connaît bien. Finalement, le fonds de co-investissement direct de CDC Entreprises et Banexi Ventures Partners ont décidé de procéder à un co-investissement pour un montant total de 5 M€.

Quels conseils donneriez-vous à des PME en quête de financements ?
Je pense que le premier travail est de bien clarifier son projet d’entreprise. En même temps, le fait de rencontrer des investisseurs va permettre de peaufiner ce projet car ils ont souvent de bonnes questions. Je crois aussi qu’il faut avoir des réalisations à montrer, des clients en portefeuille. Globalement, la proposition doit être bien calibrée en termes de montant et d’emploi des fonds afin que tout le monde puisse se projeter dans une aventure commune. Ensuite, il faut procéder de manière relativement systématique, contacter les investisseurs les uns après les autres et essayer de les rencontrer. J’ajouterais qu’il est important de bien cibler les fonds à contacter. Si l’on est une start-up, rien ne sert de s’adresser à des fonds de LBO , de retournement ou de capital développement.


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Direction générale des entreprises - 12 rue Villiot - 75572 Paris cedex 12
Directeur de la publication : Caroline Leboucher
Correspondance : murielle.pascal@finances.gouv.fr - alexandra.brunel@finances.gouv.fr
Crédit photographique :
Droits Réservés
ISSN 1772-1407
Publication Septembre 2008

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