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Les écotechnologies
Entretien avec Ghislaine Morin, Direction générale des entreprises, division industries
de l'environnement
Imposées par la réglementation à leurs débuts, les écotechnologies forment
aujourd'hui un vaste secteur transversal de l'économie. Les entreprises françaises y
occupent des positions de premier plan au niveau mondial.
Les écotechnologies
regroupent un ensemble
très diversifié de savoir-faire et de
techniques servant à mesurer ou à réduire
l'impact sur l'environnement
d'une
activité, d'un procédé ou d'un produit. Une étude récente du
ministère de l'industrie en recense 113.
Certaines, comme la gestion de l'eau ou des
déchets, sont anciennes ; d'autres, comme
la réhabilitation des sols pollués ou les
technologies de l'hydrogène, encore
embryonnaires. Transversales le plus
souvent, elles ne forment pas une filière
homogène même si toutes relèvent de
la préservation des ressources et de
l'environnement.
Le marché principal des écotechnologies a
longtemps été celui des collectivités locales.
Aujourd'hui, il se déplace progressivement
vers l'industrie : le secteur privé représente
déjà 60 % du marché en Europe. Sa part
est appelée à croître encore du fait de la
réglementation du recyclage qui se met en
place. D'autant plus que l'attitude des
entreprises évolue : si les obligations
environnementales demeurent pour elles
une contrainte inéluctable, elles prennent
aussi conscience de leur potentiel comme
facteur de compétitivité et d'image. Ainsi
que le montre une enquête annuelle du
Sessi, les investissements pour protégerl'environnement progressent régulièrement :
ils représentent déjà 4 % des investissements
industriels et culminent même à 24 % dans
le secteur de l'énergie, suivi par la chimie
(19 %).
Les écotechnologies sont tantôt internalisées,
tantôt externalisées vers des
éco-entreprises. Certaines de celles-ci sont
engagées depuis longtemps dans des
partenariats public/privé qui ont conduit
à la constitution en France de grands
groupes industriels dans les secteurs de l'eau
et des déchets. Premiers mondiaux dans
les services à l'environnement, ils ont créé des centres de recherche et développent
des technologies pour répondre aux grands
enjeux de demain. Aux côtés de ces géants,
un grand nombre d'éco-entreprises proposent
des biens ou services spécialisés dans
les secteurs de l'eau, des déchets, des sols,
du bruit et de l'air, à titre curatif et de plus
en plus à titre préventif. L'ensemble de ce
secteur emploie en France plus de 150 000
personnes. Les pôles de compétitivité soulignent son importance : 31 d'entre
eux englobent parmi leurs thématiques
des sujets liés à l'environnement et au
développement durable.
La Direction générale des entreprises
accompagne à tous ses niveaux d'intervention l'essor des éco-entreprises.
C.A. des écotechnologies :
33,6 milliards d'euros en
France en 2004.
Ce chiffre d'affaires global se répartit en :
• Distribution et assainissement de l'eau :
18 milliards d'euros
• Récupération, gestion et valorisation des
déchets : 14,5 milliards d'euros
• Lutte contre le bruit : 635 millions
d'euros
• Pollution de l'air : 323 millions d'euros
• Paysages : 125 millions d'euros
Source : étude Direction générale des entreprises |
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Les 7 principes d'action du Pexe
• mieux prendre en compte l'évolution des
problématiques environnementales et les
attentes des marchés,
• accroître la coordination entre les parte -
naires et favoriser l'émergence de pôles
de compétences,
• utiliser pleinement le dispositif public
de développement international des
entreprises,
• développer des actions à l'initiative des
partenaires territoriaux ou avec leur
collaboration,
• placer les PME/PMI au coeur du dispositif Pexe,
• favoriser le développement des activités
de services, d'études et d'ingénierie,
• renforcer le dialogue sur les grands
enjeux et les échéances internationales.
www.ubifrance.fr/pexe
alain.griot@industrie.gouv.fr ou
ghislaine.morin@industrie.gouv.fr |
De l'amont vers l'aval, elle :
• s'assure, lors de l'élaboration des directives,
lois et règlements, que les solutions retenues
sont compatibles avec les technologies
existantes,
• encourage et soutient la R&D ainsi
que les démarches d'écoconception et de
management environnemental,
• accompagne l'intégration des écotechnologies
dans les entreprises par des aides au
conseil, à l'investissement, au recrutement
de spécialistes,
• appuie les initiatives en faveur de l'internationalisation
des éco-entreprises.
Les éco-entreprises consacrent environ 3 % de leur chiffre d'affaires à la R&D. L'un des tout premiers appels à projets de l'Agence nationale de la recherche (ANR) a été le Programme écotechnologies et développement durable (Precodd). La DGE travaille en étroite liaison avec les partenaires des écotechnologies : Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), Ubifrance, Cemagref, Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et favorise leur concertation. Au sein de ce dispositif, les Drire sont compétentes à la fois dans le domaine de l'environnement et dans celui du développement industriel.
Elles entretiennent des contacts directs avec
les entreprises.
Les actions à l'international, elles aussi,
donnent lieu à une recherche de synergies.
Elles s'organisent principalement autour du
Plan export des éco-entreprises (Pexe) animé par l'Ademe et Ubifrance. Ce plan vise à accélérer le déploiement des éco-entreprises
françaises à l'étranger. Aujourd'hui, on
estime qu'elles se situent au 4e rang mondial
sur un marché en plein essor dont le volume
total atteindrait déjà 400 milliards d'euros
par an, dont 160 milliards de grands équipements situés pour plus de la moitié hors zone OCDE. Le Pexe a ainsi constitué plusieurs tables rondes et groupes d'action
formés d'éco-entreprises et de leurs
partenaires.
Partenaire du Pexe, la Direction générale des
entreprises contribue à la promotion des éco-entreprises françaises, par exemple en
organisant des programmes de rencontres
avec des organismes publics étrangers.
• Panorama des éco-entreprises :
www.industrie.gouv.fr/biblioth/docu/dossiers/sect/RAPPORTFINAL20040210.pdf
• Tableau de bord des technologies de l'environnement :
www.industrie.gouv.fr/biblioth/docu/synthesetde.pdf
• Base de données des 113 technologies de l'environnement :
www.industrie.gouv.fr/base-tde/index.htm
• Enquête sur les dépenses pour protéger l'environnement :
www.industrie.gouv.fr/observat/chiffres/sessi/enquetes/antipol.htm
Pollutec à Paris
Le Salon international des équipements, des technologies et des services de l'environnement Pollutec (www.pollutec.com) aura lieu à Paris-Nord Villepinte du 29 novembre au 2 décembre. Plus de 1 100 exposants et 40 000 visiteurs sont
attendus. Pour la première fois, une convention d'affaires francilienne des éco-activités est organisée en partenariat
avec les services du Conseil régional et la Drire Île-de-France.
www.industrie.gouv.fr/agora/manif/sa_autr_11_2005.htm
katia.thabourin@industrie.gouv.fr
L'acoustique innove et exporte
Entretien avec Laurence Aupetit, responsable export de Tisseyre & Associés et co-présidente du groupe « bruit » du Pexe
Au-delà de la lutte contre le bruit, l'acoustique développe des outils et solutions pour simuler des ambiances sonores. Encore très
influencée par la réglementation, cette activité se développe à l'exportation.
La lutte contre le bruit
est-elle le parent pauvre
des écotechnologies ?
Pas dans l'esprit du
public, en tout cas :
depuis plus de dix ans,
les sondages montrent
que le bruit est la
pollution numéro un
pour les Français. C'est donc un problème
politique majeur. Aujourd'hui, après l'avoir
souvent ignoré du temps des « trente
glorieuses », on tient compte du bruit dans les
projets de construction de logements, de
routes, de bureaux, de salles de conférence, etc.
Les études d'impact préalables aux grands
travaux portent sur le bruit aussi bien que sur
l'eau ou les émissions.
Le marché connaît-il bien les possibilités de
l'acoustique ?
Pas toujours. On voit par exemple des opérations
de réhabilitation immobilière dans
lesquelles on pose des doubles vitrages sans
insonoriser les montants. Quand un problème
de sonorisation se pose dans un lieu public, on
commence en général par multiplier les hautparleurs,
ce qui aggrave la situation. Il est
possible de faire bien mieux en choisissant
l'emplacement des sources sonores, comme
nous l'avons fait récemment pour une grande
gare parisienne. L'acoustique est un métier très
particulier ; peu de bureaux d'études possèdent
des compétences dans ce domaine. C'est
pourquoi nous intervenons souvent en
synergie avec d'autres spécialistes.
Peut-on innover en acoustique ?
Bien entendu ! Nous consacrons à la R&D au
moins 10 % de notre chiffre d'affaires, voire
20 % certaines années. Nous avons développé des outils de calcul spécialisés que nous
améliorons sans cesse grâce à de nouvelles
données. Nous faisons aussi de la R&D collaborative
avec des fabricants de matériaux, des
tisseurs, des fournisseurs de l'automobile, etc.
Avec Rockwool, par exemple, nous mettons au
point dans le cadre d'un projet Predit
(Programme de recherche et d'innovation dans
les transports terrestres) des matériaux destinés au ballast des voies ferrées ; avec Plâtres
Lafarge, nous avons créé une cloison spéciale
pour les salles de cinéma.
L'acoustique est-elle un marché d'exportation ?
Oui, la France a de vraies compétences à faire
valoir. Aujourd'hui, nous vendons le retour
d'expérience français aux pays en expansion -
nous leur évitons de faire les mêmes erreurs
que nous ! La Chine - une de nos principales
zones de développement - cherche désormaisà protéger ses logements contre le bruit. Elle
construit les bureaux en façade et les habitations
côté cour. Nos interventions à l'export
sont très variées. Nous avons refait la salle
d'assemblée royale de Riyad ; ailleurs, nous
simulons les couloirs aériens d'un futur
aéroport pour savoir combien de logements
il faudra insonoriser. Le Pexe pourrait aussi
avoir des retombées intéressantes ; en tout cas,
le groupe de travail « bruit » est très efficace.
La réglementation a naturellement un impact
sur votre activité
Oui, mais bien des entreprises vont au-delà. Dans le secteur tertiaire, par exemple, les grands cabinets de conseil veillent au confort acoustique de leurs consultants, qui influe sur leur productivité. Les Comités d'hygiène et de sécurité sont également attentifs au bruit, et leurs observations sont souvent fondées.À l'exportation, la réglementation française est un argument. Nous nous efforçons d'ailleurs d'aider les pays étrangers à mettre en oeuvre une réglementation proche de la nôtre : si nous parlons le même langage et si nous nous référons aux mêmes normes, les industriels français vendront plus aisément leurs produits.
www.planete-acoustique.com
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