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Monsieur le président (Collomb )
Cette conférence est un moment important de la présidence française de l’Union, et je suis donc très heureux de vous accueillir ce matin. Je vous remercie de votre présence, vous qui représentez plus de trente pays et des centaines d’organisations européennes, acteurs dans le domaine de l’innovation ainsi que les membres des réseaux et projets Europe Innova. Par votre présence très nombreuse, vous êtes la preuve que l’Europe aujourd’hui n’est pas, comme certains le disent, « la vieille Europe » mais une Europe ouverte à la créativité bouillonnante d’initiatives et engagée résolument sur la route de l’innovation une Europe qui travaille en réseau. Je tiens à remercier la Commission européenne, qui s’est fortement impliquée pour la réussite de cette manifestation. Je salue tout particulièrement Mme Le Bail : les initiatives Europe Innova en sont une des réalisations concrètes et je vous en félicite. Je remercie aussi les autres grands partenaires de cet évènement, La Communauté urbaine de Lyon, Grand Lyon, qui s’est portée candidate à l’accueil de cette manifestation dès le mois de juin 2007 et s’est fortement engagée dans sa préparation ; le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ; et bien sur les services de la direction générale des Entreprises qui ont aussi pris une part active à l’organisation de cette réunion. Cette conférence se tient à un moment charnière entre la première vague des initiatives Europe Innova et la seconde vague dont l’appel à projets vient d’être publié. Les projets de la première vague, soutenus et animés par la Commission européenne ont permis à plus de 300 structures d’accompagnement de participer à 30 projets, soit horizontaux sur le financement de l’innovation, les transferts de technologie, les relations donneurs d’ordre/sous-traitants, la gestion des clusters, soit avec une approche sectorielle comme dans le domaine des sciences de la vie. Je soulignerai l’intérêt particulier des projets menés en partenariat public-privé, ainsi que des expérimentations menées sur les outils de management de l’innovation. Mme Le Bail reviendra sans doute plus en détail sur le bilan et les perspectives. Pour ma part, je souhaite que cette conférence donne une impulsion forte à nos réseaux et permette à des projets ambitieux d’émerger et de se développer rapidement et avec succès. Union européenne, États-membres, régions nous devons travailler ensemble à aider nos entreprises à être innovantes. L’innovation est une course au niveau mondial, elle est la clé de la compétitivité des pays développés, face à la concurrence des pays qui jouent sur les coûts. Quand on ne veut pas se battre sur les salaires et prix, il faut se battre sur les idées ! Nous avons sans doute besoin en Europe de pousser plus avant les politiques et les outils en matière d’innovation. Car l’innovation se développe lorsqu’elle bénéficie d’un terreau propice à la création. Vous qui venez de toutes les régions d’Europe et même parfois de plus loin, vous le savez bien. L’innovation vient du terrain, des entrepreneurs, des utilisateurs et consommateurs aussi. Elle ne se décrète pas. La France a fait le choix d’une priorité absolue et donc d’un effort majeur pour stimuler l’innovation, qui est ainsi au coeur de sa politique économique. La politique des pôles de compétitivité est une illustration très visible de cette priorité à l’innovation. Le pôle vise à rassembler sur un même territoire et autour de projets communs innovants un ensemble d’entreprises, d’établissements d’enseignement et de centres de recherche, à la fois publics et privés. Développée auprès de 71 pôles, dont 17 d’envergure internationale cette politique entre actuellement dans une deuxième phase de trois ans destinée à promouvoir l’excellence et l’internationalisation des PME via les pôles. Les clusters, ou pôles de compétitivité comme on les appelle ici en France, sont des écosystèmes ancrés sur l’innovation en partenariat et les relations de proximité. Ils diffusent les connaissances, ils donnent les moyens aux entrepreneurs d’innover. Les clusters peuvent jouer un rôle déterminant dans la création de richesses car ils permettent la circulation des idées. Le développement des partenariats des pôles de compétitivité avec les autres clusters européens, que nous souhaitons favoriser, est un moyen de développer l’innovation, et va dans le même sens que le travail de réseau effectué dans les réseaux Innova. La présidence française, avec le soutien des Etats membres, vise à cet égard faire adopter des conclusions, au conseil compétitivité de décembre, sur la communication de la Commission européenne relative aux clusters qui vient d’être publiée. D’autres actions sont aussi nécessaires pour remporter la course de vitesse que représente l’innovation. Je voudrais en développer quelques unes ici. Aller au-delà des projets de R&D collaboratifs pour faire mieux en matière d’innovation passe d’abord par le soutien à l’entrepreneuriat. Mon sentiment est que de nombreuses startups, portées par des entrepreneurs de talents et des investisseurs visionnaires, ont les moyens de devenir rapidement des entreprises de taille intermédiaire et des champions sur la scène internationale. Nous ne pouvons pas nous contenter en Europe de laisser face à face les PME et les grandes entreprises multinationales. Il faut encourager l’émergence de nouveaux champions mondiaux. Il faut pour cela, soutenir les personnes qui souhaitent prendre des risques. Or vous le savez, entreprendre requiert des moyens financiers, alors même que le secteur bancaire européen est en difficulté et que sa capacité à fournir du capital aux entreprises européennes est diminuée. Dans l’immédiat, la priorité est d’anticiper la diminution du crédit aux entreprises. Le gouvernement français, aux côtés de ses partenaires européens, a d’ores et déjà pris des mesures pour y faire face. A plus long terme, c’est à l’établissement d’un environnement favorable à l’entrepreneuriat qu’il faut travailler. Acquérir les nouvelles connaissances est un enjeu, les valoriser efficacement sur les marchés en est un autre, sans doute encore plus crucial. Cette réflexion, je le sais, sera au cœur de vos travaux pendant ces deux jours. Un tiers des Français et deux tiers des jeunes se disent prêts à créer un jour leur propre entreprise ? 140 000 entreprises ont été créées, en France, au premier semestre de cette année, soit 10 % de plus que l'année dernière sur la même période. Au niveau européen – et la France ne fait pas exception - la faiblesse de la culture entrepreneuriale est considérée comme un handicap économique en comparaison des États-Unis. Il nous faut combler ce handicap. Il faut que notre société, et notamment la société française, soit une société plus entreprenante et innovante, c’est-à-dire
Si nos économies au niveau européen ont l’exigence de la compétitivité et de l’innovation, nos systèmes éducatifs doivent être porteurs des mêmes valeurs, anticiper et traduire ces évolutions. Il faut donc favoriser l’émergence de nouveaux comportements plus entreprenants chez les jeunes, dès le début de leur scolarité, mais également chez les salariés, afin de développer encore plus activement l’innovation au sein des entreprises. Un statut simple, fiscalement avantageux peut fournir le tremplin à tous ceux qui veulent entreprendre. C’est ce que créé, en France, la loi de modernisation de l’économie avec le statut d’auto-entrepreneur. Ce statut simplifie les démarches de création, de gestion et de cessation d'une activité, forfaitise les charges sociales et les impôts et exonère l’auto-entrepreneur de la taxe professionnel pendant 3 ans. Les risques et les contraintes pour l'entrepreneur individuel sont ainsi réduits. J’ai la conviction qu’il s’agit d’une incitation forte. Mais, pour entreprendre d’innover, il faut aussi avoir la certitude que son idée nouvelle pourra être protégée et donc valorisée. C’est tout l’enjeu du travail de longue haleine entrepris sur la propriété intellectuelle. La valorisation de l’innovation doit s’articuler avec une gestion adaptée des droits de propriété intellectuelle. Dans un contexte de collaborations extérieures, d’innovation ouverte, cette gestion doit devenir un mécanisme de protection des savoirs efficaces, à moindre coût, et ce pour générer de véritables actifs qui doivent être à disposition des entrepreneurs, des créateurs. Cette réflexion est au cœur des objectifs de la Présidence française sur le sujet. Le développement de l’innovation dans les services appelle aussi à explorer de nouvelles voies, sur lesquelles les sciences humaines et sociales peuvent apporter un éclairage précieux. En effet, le client doit être considéré comme une ressource stratégique dans l’élaboration de nouveaux services. Cette expérience à l’échelle de l’Europe - plus d’une cinquantaine de « living labs » ont été créés - est un excellent moyen d’obtenir des retours d’expérience de consommateurs divers et de stimuler la créativité des entreprises. C’est une voie qui mérite qu’on l’emprunte. Une autre initiative porteuse pour le développement de l’innovation dans les services est la mise en place de plates-formes de coopération. Ces réseaux, qui développent échanges et nouveaux outils de développement de services innovants, sont destinés à favoriser l’accès des entreprises et notamment des PME aux dernières avancées de la recherche ou aux meilleures pratiques employées par d’autres entreprises. La particularité du mécanisme de l’innovation dans les services est d’être fortement orienté vers les utilisateurs, les besoins du marché. Cela appelle des initiatives ciblées comme ces plates-formes qui permettront aux entrepreneurs de mieux maitriser et donc d’optimiser leurs pratiques d’innovation dans un secteur en plein essor. L’innovation non technologique ce sont aussi des initiatives de collaborations nouvelles. L’intégration d’activités créatives comme le design, l’architecture, dans la conception des produits et des services est une source d’innovation. Ne nous y trompons pas, le but est plus large que celui de l’intégration du design dans la conception. Il s’agit bien davantage de penser un « produit innovant » comme le fruit d’une réflexion en tout point innovante plutôt que comme un produit conçu à partir d’une innovation. Je sais que vous y reviendrez lors des sessions de travail de la conférence. Un secteur qui mérite toute notre attention c’est celui des technologies de l’environnement. J’ai une conviction forte : aucun des enjeux environnementaux ne trouvera de réponse s’il n’y a pas des entreprises industrielles pour mettre au point et commercialiser des solutions. L’intégration des enjeux et des technologies de l'environnement est désormais considéré comme un levier stratégique. C’est le sens du Comité stratégique pour les éco-industries que j’ai installé avec la Secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie en juillet et dont les travaux conduiront à des décisions lors du salon Pollutech, ici même, en décembre. La nécessité pour notre industrie de réduire sensiblement son empreinte environnementale, climatique et énergétique n’est plus une question. Elle est devenue une obligation. Pour saisir cette opportunité, l’innovation est incontournable. Elle permettra de creuser l’écart avec la concurrence et prendre de nouvelles parts de marchés à l’international. Or, l’innovation dans le domaine des éco-industries doit être à la fois une démarche technico-économique comme il se doit, mais doit être aussi, et c’est là son originalité, une démarche citoyenne et préventive incluant au sein de son processus, l’éco-conception et l’analyse du cycle de vie des produits, des procédés et des services qu’elle propose à ses clients. Cette nouvelle donne écologique, climatique et énergétique doit donc devenir l’occasion, pour filière éco-industrielle européenne de renouveler et d’étendre son offre et de se démarquer en s’ancrant sur les nombreux points forts dont elle dispose: gamme étendue de son offre mais aussi qualité et réactivité de ses chercheurs ingénieurs et commerciaux. L’initiative en faveur des marchés porteurs, lancée par la Commission européenne témoigne, au niveau européen de l’importance stratégique de l’éco-innovation. Pas moins de quatre des six marchés de demain sélectionnés, s’y rattachent. L’initiative vise à lever les obstacles qui freinent l’innovation pour développer ces marchés. Les plans d’action de la Commission déclinent sur deux ans, pour chaque marché, les actions à entreprendre, et ce sur trois champs de politiques publiques : la législation, les marchés publiques et la normalisation. En faisant ces preuves et en s’étendant à d’autres marchés, cette initiative s’avérera décisive pour la compétitivité future de l’industrie européenne, j’en suis convaincu. Nous ne sommes pas au bout de nos efforts pour faire de l’innovation, le ticket gagnant des entreprises européennes. Les voies que je viens de vous présenter, sont encore souvent peu explorées. Elles représentent un formidable potentiel de compétitivité. Je suis convaincu que cette conférence peut apporter aux acteurs de terrain de l’innovation des idées et nouvelles méthodes pour développer l’entrepreneuriat, l’innovation dans les services, l’éco-innovation mais aussi qu’elle donne à vos efforts pour renforcer les collaborations un soutien précieux. Mesdames, messieurs, vous êtes les acteurs de l’innovation. Parce que l’économie européenne a besoin de l’innovation, elle a besoin que vous soyez déterminés, audacieux et innovants dans votre action. Je vous souhaite des travaux fructueux qui se prolongent par des coopérations efficaces pour la compétitivité de nos entreprises et un excellent séjour à Lyon.
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