Brevetabilité des inventions mises en oeuvre par ordinateur - 18 septembre 2001
V. Tableau synoptique des principaux arguments des personnes
interrogées et des documents consultés
Composition de la commission ad hoc et liste des personnalités
consultées
Documents et ouvrages consultés
Quelques textes de références sur lAcadémie des Technologies
Extraits du livre une «Une Académie des technologies pour la
France»
La charte de la Qualité de lAcadémie des Technologies
Tableau synoptique des principaux arguments des personnes interrogées et des documents consultés
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Arguments en faveur du brevet logiciel |
Critiques du brevet logiciel pour des raisons pratiques |
Critiques du brevet logiciel pour des raisons théoriques |
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| H. Arditty |
Le brevet est une arme économique
Il faut mettre en place un fonds de garantie pour les PME |
D. Blondel | Le critère
de nouveauté est souvent difficile à mettre en uvre car lidée
mathématique sous jacente à linvention logicielle a souvent déjà fait
lobjet dune publication scientifique
De plus, il est difficile de faire la preuve de lapplication tech-nique sans incorporer le logiciel dans une machine |
D. Blondel |
Une découverte en matière logicielle est très proche dune innovation
dordre mathé-matique. Il est donc illégitime de la laisser breveter.
De plus, il existe un décalage entre la temporalité du brevet et celle de linnovation |
| J.J. Doyen |
Il faut homogénéiser le régime des brevets avec le système US
Moyen pour un grand groupe de service de protéger son savoir faire ; utilité dans les consortium internationaux |
P. Haren |
Lexpérience américaine en matière de brevets logiciels est désastreuse.
Il vaudrait mieux changer le droit américain que limiter.
La généralisation du brevet logiciel a pour effet du point de vue des éditeurs de logiciels de distraire des ressources de lamélioration des produits vers la veille juridique et lactivité contentieuse. |
P. Caseau | Tout brevet définit une classe déquivalence entre objets. Cette classe est plutôt étroite dans le cas des brevets matériels: le brevet recouvre tous les objets dérivant de plans qui présentent certaines caractéristiques précises. Elle est très étroite dans le cas du droit d'auteur, mais très large dans le cas du logiciel |
| L. Birotheau |
Sur les 300 brevets logiciels déposés, aucun na été refusé
Il faut exclure la protection de la vie humaine, mais sinon enlever toute exception à la brevetabilité ; renforcer les critères de brevet (ex. allemand) |
S. Lemarchand |
Le système actuel de protection par le droit dauteur semble suffisant.
Les brevets sont surtout utilisés pour empêcher le dévelop-pement de la concurrence sur toute nouvelle fonctionnalité, ce qui induit des situations de monopole. |
P. Haren |
Le logiciel est plus proche des mathématiques (non breve-tables) que de la chimie. |
| F. Chrétien |
Sans brevet il y a disparition du « savoir faire » ; ex : médicaments en
Italie
La PI est essentiellement un problème de commerce inter-national. |
B. Meyer | Le système américain est un système mauvais, inadapté au logiciel, la plupart des éditeurs de logiciels se sont développés sans le brevet. Le système aujourdhui est au grand bénéfice des conseils en PI | W. Merkouroff |
Il faut distinguer la découverte scientifique de linnovation technique.
Le brevet est un élément commercial, donc une insti-tution publique ne doit pas en détenir |
| C. Grégoire |
Le brevet constitue la seule manière de valoriser la R&D (il faut pouvoir
valoriser lentre-prise dimmatériel par autre chose que le seul
capital humain)
La protection via les droits dauteur est insuffisante, et amène lentreprise à cacher ses innovations |
M. Neuve Eglise |
Il y a un fort risque, durant la phase transitoire, que les brevets soient
tous captés par des entreprises américaines.
De plus, elles ont lhabitude dutiliser les brevets de manière stratégique, à la différence des entreprises européennes |
P. Landucci |
Tout logiciel est sous tendu par une idée fonctionnelle qui ne devrait pas
être brevetable.
La brevetabilité des logiciels est susceptible de créer des situations de monopole très défavorables à linnovation |
| L. Kott |
Certains logiciels ne sont pas brevetables
Il faut permettre lintégralité du champs de la protection aux logiciels Il nexiste pas de définition précise du logiciel |
Rapport de J.P. Smets |
Le brevet logiciel empêche le développement de lédition logicielle.
Il sert des stratégies anticoncurrentielles
Le brevet nest pas nécessaire comme incitation à linno-vation. Il crée une désincitation à la publication du code source. |
Rapport de J.P. Smets |
Un brevet logiciel nest pas conceptuellement distinct dun brevet
sur un théorème.
Admettre la brevetabilité des logiciel revient à admettre lextension du brevet à tous les services numériques. |
| C. Nguyen |
Il ny a pas de spécificité du logiciel par rapport aux autres industries
Il faut protéger les produits et pas les procédés |
J. Stern |
Le brevet peut être utilisé de manière stratégique pour empêcher le développement
dune technique, ce qui peut nuire à linnovation.
Il faut raccourcir la durée de la protection des logiciels. Les brevets ne doivent être accordés que pour les véritables innovations techniques |
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| P. Perrier |
Lopposition au brevet résulte dune méconnaissance de son rôle
et de son usage.
Il faut apprendre aux différents acteurs à sen servir car il contribue efficacement à lin-novation |
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| T. Sueur | Tous les
logiciels sont brevetables. La brevetabilité est intimement liée à linnovation.
Il faut donc sensibiliser les différents acteurs à lutilisation du brevet dun point de vue économique |
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| P. Vidon | Lopposition au brevet logiciel vient dune méconnaissance du système des brevets et de préjugés culturels. De plus, il existe des réticences à consentir des investissements en propriété intellectuelle. | ||||
Composition de la commission ad hoc animée par Jacques Vincent-Carrefour
Maurice Bellanger
Danièle Blondel
Paul Caseau
Philippe Coiffet
Laurent Cohen-Tanugi
Serge Feneuille
Pierre Fillet
Michel Frybourg
Georges Grunberg
Claude Henry
Jean Krautter
Bernard Le Buanec
Jacques Lenfant
Alain Mongon
Bertrand Meyer
Alain Pompidou
Christian Saguez
Erich Spitz
Jacques Stern
Michel Wintenberger
Contributions de Membres
Yves Bamberger
Danièle Blondel
Paul Caseau
Laurent Citti
Hervé Gallaire
Pierre Haren
Robert Lattès
Bernard Le Buanec
Bertrand Meyer
Michel Neuve Eglise
Jean-Pierre Noblanc
Pierre Perrier
Jacques Stern
Personnalités extérieures auditionnées
Jean-Jacques Doyen - Directeur de la technologie du groupe Suez.
Lionnel Birotheau - Directeur de la propriété industrielle de latelier
de linnovation, Ancien conseil en propriété industrielle.
François Chrétien - Aventis Crop Sciences.
Y. Debay - Cabinet Debay (Conseil en PI).
Christian Grégoire - Directeur Recherche et Innovation Alcatel, Ancien
responsable de la propriété industrielle dAlcatel.
Laurent Kott - Délégué Général au transfert de technologie de lINRIA.
Paul Landucci - Président Directeur Général HARRYSoftware.
Stéphane Lemarchand - Avocat à la cour Cabinet Bird & Bird.
Wladimir Mercouroff - Directeur des Relations Internationales, Ecole
Normale Supérieure.
Christian NGuyen - Thales Intellectual Property.
Thierry Sueur - Vice Président de Air Liquide, Ancien responsable de
la propriété intellectuelle de Thomson Multimédia.
Patrice Vidon - Président de la Compagnie Nationale des Conseils en propriété
industrielle.
Le secrétariat scientifique a été assuré par Thomas Serval
Documents et ouvrages consultés
La position européenne en matière de brevets
Convention
de Munich
«Promouvoir
linnovation par le brevets», Livre vert sur le brevet communautaire
et le système des brevets en Europe, Novembre 1997
Communication de la Commission au Conseil, au Parlement européen et au Comité
économique et social, «Promouvoir
linnovation par le brevets. Les suites à donner au livre vert sur le brevet
communautaire et le système des brevets en Europe»
Brevetabilité
des inventions mises en uvre par ordinateur. Document de consultation
établi par les services de la direction générale marché intérieur, Novembre
2000
Présentation
du projet de brevet communautaire
Proposition de Règlement Brevet communautaire - texte
de la proposition de la Commission
Les positions américaine et britannique en matière de brevets
Synthèse de la consultation britannique : Should
Patents be Granted for Computer Software or Ways of Doing Business?
William Fisher, Intellectual Property, Harvard Law School, cours professé
en 2000-2001
Quelques éléments économiques sur le brevet logiciel
J. Bessen, E. Maskin, Sequential innovation, patent and imitation , MIT
Working Paper 11/1999
R. Boyer, M. Didier, Innovation et croissance, Rapport du CAE, La documentation
française, 1998
D. Cohen, M. Debonneuil, Léconomie de la nouvelle économie, Rapport
du CAE, La documentation française, 2000
W. L. Cohen, R. R. Nelson, J. P. Walsh, Protecting their Intellectual Assets
: Appropriability Conditions and why US Manufacturing Firms patent
(or not), NBER, February 2000, Working Paper 7552
D. Lombard, Rapport sur la propriété industrielle , Ministère de léconomie,
des finances et de lindustrie, février 2000
R. Hart, P. Holmes, and J. Reid, The
Economic Impact of Patentability of Computer Programs, Etude pour la
Commission Européenne, London, 2000
J.-P. Smets : Stimuler
la concurrence et l'innovation dans la société de l'information,Rapport
pour le Conseil général des Mines, 2000
M. Volle, Economie des nouvelles technologies : internet, télécommunications,
informatique, audiovisuel, transport aérien, Commissariat général du plan,
Economica, 1999
Estimations du nombre de brevets déposés en Europe et aux Etats-Unis :
European Software Patent Statistics, Novembre 2000 : 20
à 30 000 brevets sur des méthodes d'organisation et calcul mises en uvre
par ordinateur.
MEDEF, Mesures
prioritaires pour laccélération de linnovation en France, juillet
2000, : 40 000 brevets logiciels déposés chaque année aux US (page 27)
René TRÉGOUËT, Sénateur du Rhône, Nétouffons
pas linnovation, [@RT Flash] Lettre N°103 du 24 au 30 Juin 2000 :
20 000 brevets [logiciels] enregistrés par lOEB
Jean-Yves Le Déaut, Lettre ouverte du 10 juillet 2001 au ministre : «Plus
de 10 000 brevets logiciels ont été déposés depuis 10 ans à l'Office Européen
des Brevets»
Points de vue ayant donné lieu à consultation électronique
Sites-ressources sur le brevet logiciel constitués par la communauté du logiciel
libre :
Ligue pour la Liberté
de l' Infrastructure Informationelle (FFII)
Free Patents
Likhovski, M., Spence, M., Molineaux, M. The
First Mover Monopoly. A study on patenting business methods in Europe,
WP 05/00, OIPRC Electronic Journal of Intellectual Property Rights,
Quelques textes sur lAcadémie des Technologies
Texte de présentation du livre « Une Académie des technologies
pour la France»
Crée en 1982 à linitiative de lAcadémie des sciences, le Conseil
pour les Applications de lAcadémie des sciences (CADAS) a répondu aux
ambitions de ses fondateurs en renforçant les liens entre les sciences et leurs
applications.
La plupart des grands pays développés sont allés plus loin en créant des Académies spécialement consacrées à la technique et à lingénierie. Lomniprésence des technologies, source de progrès mais aussi dinterrogations, amplifie la nécessité déclairer dun jour nouveau le débat citoyen.
Cest pourquoi lAcadémie des sciences et son CADAS ont conçu, pour
le vingt et unième siècle, lidée dune Académie autonome consacrée
aux technologies et conservant des liens étroits avec la science.
Ce projet ambitieux, innovant par sa méthodologie, par ses garanties dindépendance,
par son ouverture régionale, par son réseau international et par ses modes de
communication, répond bien à la nécessité dune véritable Académie des
technologies pour la France.
2) Extrait de larticle 43 (pp. 39-40) relatifs à la conduite des actions du livre « Une Académie des Technologies pour la France »
431 Le moteur de toute action de lAcadémie des technologies
est constitué du dynamisme et de lengagement de ses membres, qui ne doivent
pas être freinés par des procédures trop complexes. Pour augmenter ses chances
daboutir, tout sujet proposé à la réflexion de lAcadémie doit être
porté par un membre. Le Comité des travaux apporte laide méthodologique
qui permet de transformer la préoccupation exprimée par ce membre en un sujet
large et ouvert que lAcadémie sapproprie et qui nécessite lexercice
de son intelligence collective.
432 Toutes les actions entreprises sont ancrées explicitement,
à lamont comme à laval, sur la réalité du terrain. Côté amont, toute
proposition sappuie sur lexposé de faits concrets révélateurs du
problème auquel il est proposé de sattaquer. Côté aval, des cibles et
un résultat à atteindre sont précisés le plus tôt possible. Le succès dune
action se mesure par les résultats obtenus sur le terrain et non par la prestation
assurée.
433 Tous les travaux accordent une place centrale à lassemblée
plénière, lieu privilégié de lintelligence collective. À différents stades
davancement, un aller et retour entre lassemblée plénière et les
instances en charge permet de valider les réflexions effectuées (les problèmes
liés aux grands logiciels ont été examinés à la séance du 10 avril 2001 et ceux
liés au logiciels libres à celle du 10 mai 2001), de les enrichir, douvrir
de nouvelles perspectives à laction Tous les membres de lAcadémie
sont ainsi parties prenantes des actions entreprises, et capables den
diffuser rapidement le sens et les résultats.
3) Charte de la qualité de lAcadémie
adoptée en séance plénière le 10 juillet 2001
1. LAcadémie des technologies sengage à ne publier sous
son autorité que des travaux apportant une réelle valeur ajoutée à une problématique
sinscrivant dans le cadre de ses missions. Au lancement de nouvelles études
spécifiques, seront donc privilégiées les synthèses de travaux existants enrichies
par lanalyse critique et une approche systémique et intégrée.
Tout travail sera soumis à débat en séance plénière pour permettre lutilisation
optimale de lintelligence collective des membres de lAcadémie.
2. Ces travaux devront distinguer clairement :
- ce qui est reconnu comme scientifiquement fondé,
- ce qui est encore lobjet de débat,
- ce qui nest quhypothèse de travail,
- ce qui est encore ignoré.
Les sources de documentation utilisées devront être impérativement citées.
3. Les opinions ou les convictions exprimées devront refléter clairement lensemble des positions prises par les membres de lAcadémie. Elles ne sauraient être dictées par des considérations partisanes ou des intérêts particuliers. Une position consensuelle devra être recherchée par le débat en vue dobtenir un accord aussi large que possible. En cas de publication, celle-ci devra faire état déventuelles positions minoritaires, ne serait-ce quen annexe.
4. Les thèses exprimées devront respecter les valeurs fondatrices de lAcadémie qui sont explicitées dans le rapport du CADAS « Une Académie des technologies pour la France » et qui déterminent la déontologie à laquelle a adhéré implicitement tout membre de lAcadémie en acceptant den faire partie.
5. Lorsque le thème sy prêtera, les jugements dordre purement technique ou technico-économique devront être accompagnés dune interrogation sur les implications pour la personne humaine et la société du développement de la technologie considérée et de ses produits ; seront ainsi dessinées les bases dune démarche fondant léthique des sciences et des technologies.
6. Sans que soit porté atteinte à la liberté dappréciation de lAcadémie sur les faits et les actes, seront proscrits toute critique et tout jugement de nature polémique ou partisane visant des personnes, une catégorie professionnelle, une institution, un organisme, une organisation ou une association, sauf dans le cas où une expertise contradictoire et dûment diligentée conduirait à la mettre en cause.
7. La rédaction et la présentation devront témoigner dun réel souci de communication et dadéquation à lobjectif poursuivi.
© Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, 26/09/2001