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Synthèse du questionnaire de consultation
publique sur le développement du très haut débit
en France (octobre 2006)
47 acteurs ont répondu à cette consultation publique :
10 représentants des opérateurs :
France Télécom, AFORST (association française
des opérateurs de réseaux et services de télécommunication),
Erenis, CitéFibre, Axione, Colt, Sogetrel, Télé2,
UPC France, Oz'Sarl (représentant d'opérateur local)
4 représentants des équipementiers :
Alcatel, Cisco, Motorola, Alliance TICs
10 représentants des collectivités territoriales :
AMF-ADF-ARF-Avicca, Manche Numérique, CG Aquitaine, Rennes Métropole,
DDE Loire, CG Hauts-de-Seine, Sipperec ;
3 associations d'utilisateurs : AFUTT, ADUF, treshautdebit.org ;
10 réponses d'horizon divers : CGPC, Groupe
ANT du CETE de l'Ouest, CDC, Sycabel (Syndicat professionnel des fabricants
de fils et de câbles électriques et de communication),
SIEA, Ifotec, FFIE, Renater, RANT, APRR (Autoroutes Paris Rhin Rhône).
10 particuliers.
8 contributions n'ont pas suivi le questionnaire, mais la synthèse
de leur réponse pouvant être rattachée à certaines
de ses questions, elles ont été intégrées
dans la synthèse qui suit :
_________
L'ensemble des acteurs a apprécié le lancement de cette
consultation, la pertinence de l'étude de l'Idate et l'importance
accordée par le ministère à ce sujet.
Une grande majorité d'acteurs est en ligne avec le diagnostic
effectué par l'Idate considérant que la montée
en débits est inéluctable, même si le marché potentiel
ne devrait se développer que progressivement. Le prolongement
de la fibre optique dans les réseaux semble la méthode
la plus pérenne pour offrir des services nécessitant
des hauts débits, services qui restent pour la plupart encore à imaginer
(Vidéoblog, TVHD, stockage des données à distance…).
La fibre pourrait néanmoins être utilement complétée
sur les zones moins denses par des technologies radios moins coûteuses.
Enfin, plusieurs acteurs estiment qu'il est nécessaire d'envisager
dès aujourd'hui une action des pouvoirs publics pour donner
une impulsion en faveur du très haut débit afin que la
France puisse bénéficier au maximum des retombées
industrielles et socio-économiques du très haut débit.
Les possibilités d'intervention évoquées sont
multiples :
a) Diminution des barrières à l'entrée
pour favoriser la concurrence et réduction des coûts
de déploiement : Les acteurs ont conforté
dans l'ensemble une intervention en ce sens avec des propositions
de facilitation du câblage interne des immeubles, de pré-câblage
des logements neufs en fibre, de cartographie des infrastructures
existantes, de pose de fourreaux lors des opérations de voirie,
de redevances d'occupation du domaine public incitant à l'investissement
privé, ou d'autorisation de nouvelles techniques de génie
civil (microtranchées) ;
b) Mutualisation du réseau : La quasi-totalité des
acteurs considère que des efforts pour la mutualisation sont
indispensables.
c) Intervention des collectivités territoriales
sous le L.1425-1 : Pour l'ensemble des contributions, une intervention
des collectivités est indispensable pour l'accès de
tous à la société de l'information. Des nuances
apparaissent toutefois sur les niveaux de cette action qui, pour
certains doivent plutôt s'en tenir au financement d'infrastructures
passives, pour la majorité en évitant les choix technologiques.
Plusieurs contributions soulignent par ailleurs que l'Etat devrait
venir en appui de l'action des collectivités.
d) Régulation : Les avis diffèrent
sur ce point, certain considérant le marché comme émergent
et ne devant pas être régulé, d'autres qu'une régulation
devrait être prévue pour prolonger le modèle du
haut débit, d'autres enfin qu'une réglementation adaptée
pourrait permettre l'émergence du très haut débit
sans nécessité de mesures correctrices par la régulation.
En complément, pour une majorité de contributions, l'accès
au génie civil (tranchées, fourreaux, chambres de tirage)
devrait faire l'objet d'un contrôle en tant que facilité essentielle.
Enfin, quelques contributions suggèrent une approche locale
de la régulation en l'adaptant à l'intensité concurrentielle.
e) Développement des usages par un soutien
au développement de l'équipement des foyers, la promotion
de la formation aux TIC pour les néophytes et l'incitation à l'émergence
de services d'e-santé, assistance à domicile, e-administration,
etc.
f) Soutien au développement industriel et à l'expérimentation
des nouveaux services à très haut débit .
L'ensemble des contributions soutient ce point, en mettant un accent
particulier sur le développement des services.
Enfin, plusieurs contributions appellent à l'élaboration
d'un plan en faveur du très haut débit et à la
création d'une mission (ou Forum) chargée de son suivi.
| Question 1 : Quelle définition donneriez-vous du
très haut débit ?
|
La majorité des acteurs considère que la notion de très
haut débit doit être évolutive et définie
en fonction des usages.
L'ensemble des acteurs s'accorde sur le fait que le très haut
débit doit concerner les technologies de l'après ADSL.
Enfin, le très haut débit doit intégrer les caractéristiques
suivantes :
symétrie des débits descendants et montants ;
des débits garantis
des débits supérieurs à :
20 Mbps, pour toutes les contributions sauf une
50 Mbps pour 12 contributions
100 Mbps pour 10 contributions
une évolution des usages
I. La technologie
| Question 2 : Quel est le niveau de maturité des
technologies de très haut débit, filaires et hertziennes ?
Quelle place attribuer aux technologies hertziennes ? Quel
est le calendrier prévisionnel de disponibilité
de ces technologies ? |
Le câble coaxial et ses évolutions réduisant les
taux de partage pourraient être une solution à moyen terme
mais, pour la quasi-totalité des acteurs, la fibre optique est
le moyen le plus pérenne pour fournir du très haut débit.
Deux technologies FTTx, l'Ethernet Point à Point et la technologie
passive GPON, semblent particulièrement matures : l'Ethernet
point à point est déjà un standard mondial qui
permet de bénéficier d'économies d'échelle ;
la technologie GPON vient, de son côté, d'être adoptée
par 5 grands opérateurs mondiaux pour des déploiements
de masse.
Enfin, l'ensemble des réponses montre que les technologies
radios, même si elles sont moins matures et ne permettront que
des débits moindres, peuvent être considérées
comme un complément utile à la fibre dans les zones peu
denses ou pour des applications de nomadisme ou de mobilité.
Ces technologies ont pour principaux avantages des coûts moindres
et une plus grande rapidité de déploiement.
Par ailleurs, cinq contributions soutiennent qu'il conviendra d'examiner
les risques que les technologies radio font porter sur la santé et
l'environnement.
L'intérêt des technologies radio (3G puis 3G Long Term
Evolution) pour du très haut débit nomade ou mobile sera étroitement
lié à l'obtention d'un dividende numérique à l'horizon
2012 pour ces applications.
Calendrier de disponibilité des différentes technologies :
|
Famille 3 G et successeur
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Famille Wifi –Wimax et successeur
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EV-DO
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TD-CDMA
|
WCDMA
|
HSDPA
|
HSUPA
|
HSOPA
|
Flash
OFDM
|
802.16d
|
802.16e
|
802.20
|
|
2002
|
2004/2005
|
2003/2004
|
2005/2006
|
2007/2008
|
2007
|
2005/2006
|
2005
|
2007/2008
|
2008/2009
|
Source : Cisco
Enfin, deux contributions mentionnent également les courants
porteurs en ligne (CPL) comme un complément marginal pouvant
se révéler intéressant sur les dernières
dizaines de mètres.
| Question 3 : Les différentes technologies et architectures
filaires sont-elles neutres au regard de la mutualisation du
génie civil ou du support de transmission ? Quelles
recommandations peut-on donner aux collectivités qui
investissent dans ces réseaux vis-à-vis des différents
choix possibles ? |
La mutualisation du génie civil lié aux fourreaux semble
possible, quel que soit le type d'architecture filaire retenue, à condition
de planifier la taille et le nombre de fourreaux.
Schémas des 3 principaux standards PON

Source : IDATE
Schémas de principe des réseaux FTTH point-à-point
basé sur la technologie Ethernet
Source : IDATE
Les systèmes passifs points multipoints (de type PON), bien
que considérés comme légèrement moins coûteux
pour certains acteurs, offrent des débits partagés et
paraissent moins facilement partageables que des architectures point à point
sauf pour une contribution.
Enfin, la majorité des acteurs recommande aux collectivités
de déployer des infrastructures mutualisables et neutres vis à vis à des
technologies afin de ne pas restreindre les services qui pourraient être
offerts aux utilisateurs.
Plusieurs acteurs recommandent aux collectivités de limiter
leur investissement aux tranchées, fourreaux et chambres de
tirage : cette recommandation ne vaut parfois uniquement que sur
les zones peu denses (se reporter à la question Q11 en compléments).
Enfin, de nombreuses contributions ont dressé des recommandations
d'ordre plus général qui portent sur :
la constitution d'un cadastre numérique des infrastructures
de réseaux , avec mise en place d'un catalogue d'accès
pour une contribution ;
l'autorisation de nouvelles techniques de pose de
génie civil (microtranchées) ;
le suivi au niveau national des projets locaux de très
haut débit, avec la création d'une commission ad-hoc et
la rédaction de lignes directrices pour orienter les choix des
collectivités
la pose de fourreaux lors des opérations de voirie
l'intervention des collectivités dans le déploiement
des réseaux soit sur les seules zones non-rentables, soit sur
tout le territoire pour les représentants des collectivités
| Question 4 : Si nécessaire, quelles actions pourraient
assurer l'interopérabilité des terminaux ?
|
Selon les équipementiers, pour les réseaux de type
Ethernet ou WiMAX, l'interopérabilité entre terminaux
semble déjà assurée. Pour les architectures de
type PON, seule l'interopérabilité des terminaux BPON
est aujourd'hui achevée ; en GPON, la normalisation devrait être
atteinte d'ici 2 ans.
Enfin, la standardisation des terminaux doit passer par les organismes
compétents (ETSI/ISO). Pour imposer l'interopérabilité,
des recommandations ou des décisions pourraient être nécessaires
au niveau de l'UE, de l'AFNOR ou de l'UTE.
II. Le marché
| Question 5 : Quels sont les services et les usages susceptibles
d'émerger pour les particuliers ? Pour les entreprises ?
Où identifiez-vous les besoins les plus importants ?
|
De manière générale, les contributions citent
les mêmes services que ceux identifiés par l'étude
de l'Idate, notamment pour les particuliers :
les applications videos (TVHD, VoD, visioconférence,
jeux en ligne…) ;
la multiplication des échanges (photos et films)
et la production de contenus médias (WEB 2.0);
la domotique et la multiplication des objets communicants ;
le stockage de données à distance ;
Pour les entreprises, en dehors du travail collaboratif et du télétravail,
les besoins cités semblent plus spécialisés (CAO,
calcul distribué, e-formation, imagerie médicale, hébergement
de serveurs, partage de base de données). Par ailleurs, une
contribution estime que le rapport sous-evalue largement le potentiel
de développement des opérateurs locaux de communications électroniques
dont le rôle pourrait être majeur dans l'émergence
d'offres très haut débit.
| Question 6 : Quelles évolutions sont susceptibles
d'accroître la demande en très haut débit ?
Quels sont les freins à l'adoption des nouveaux usages ?
Comment les pouvoirs publics peuvent-ils stimuler la demande ?
|
Pour de nombreuses contributions, c'est la disponibilité de
l'offre et des tarifs accessibles qui sont réellement susceptibles
d'influer sur la demande en très haut débit.
Les principaux freins cités sont ainsi : le prix, l'équipement
des foyers en multimédia (PC, appareils photos, caméscope, écran
HD), la difficulté d'utilisation, la sécurité et
la protection de la vie privée pour deux contributions.
La stimulation de la demande semble pouvoir être opérée
par l'action des pouvoirs publics à différents niveaux par :
la promotion du très haut débit dans l'ensemble
des services publics notamment pour : les services à la
personne, les hôpitaux et la médecine généraliste
ou spécialisée, l'administration (avec la création
d'avantages fiscaux pour l'usage de procédures dématérialisées),
l'enseignement, le tourisme ;
le développement de l'équipement des foyers
(ex : aides financières pour l'équipement en PC,
l'accès à Internet)
la promotion de la formation aux TICs pour les néophytes
le soutien au développement de l'offre en veillant à instaurer
des conditions favorables à l'investissement et des règles
concurrentielles technologiquement neutres et prévisibles, en
facilitant le câblage interne des immeubles et en multipliant
les délégations de service public ou les Partenariats
Public Privé pour l'équipement en très haut débit
du territoire.
Enfin, en complément, une collectivité propose d'afficher
une politique départementale de labellisation des projets d'expérimentations
d'applications très haut débit innovantes.
| Question 7 : Comment analysez-vous le modèle économique
développé par l'Idate ? |
La majorité des contributions souligne le fait que le modèle
proposé par l'Idate a le mérite de lancer le débat
sur le très haut débit même si un exercice de prévisions à 10
ans est nécessairement discutable. Les points les plus contestés
sont les suivants :
les modèles retenus ne considèrent pas
un possible prolongement de la fibre jusqu'au sous-répartiteur,
sans aller jusqu'au pied de l'immeuble dans un premier temps, alors
que cette approche progressive reste réaliste pour deux contributions ;
certaines données chiffrées restent à vérifier
l'importance de l'implication de l'Etat ou des collectivités
ne transparaît pas assez, notamment avec la prise en charge des
coûts de génie civil par la communauté ;
la modélisation de la demande semble optimiste,
une augmentation significative de la propension des ménages à dépenser
en TICs restant peu probable ;
le déploiement de fibres en aérien n'est
pas envisagé ;
le modèle retenu ne couvre pas la problématique
des zones rurales.
Les conclusions dressées par les acteurs sur ce modèle sont
principalement que:
le poids du génie civil est majeur dans la construction
des réseaux à très haut débit mais reste
très relatif au regard des enjeux ou de certains types de service
public (routes, électricité, eau, gaz...) ;
ce modèle met en évidence l'importance
de la mutualisation (avec toutes sortes de travaux de voirie ou avec
la réutilisation du réseau de distribution électrique
aérien) sans laquelle la couverture d'une grande partie
du territoire ne sera probablement pas rentable ou pas concurrentielle.
| Question 8 : Quelles retombées industrielles et socio-économiques
peut-on attendre du très haut débit ?
|
La plupart des contributions mettent l'accent sur l'apport potentiel
du très haut débit à la compétitivité de
nos entreprises, et plus généralement sur sa contribution à la
croissance française.
Dans les retombées industrielles, les acteurs distinguent :
les opportunités directes créées
chez les constructeurs de réseaux ou d'équipements chez
les entreprises de travaux publics et les fabricants de fibre
les gains de productivité pour l'ensemble de notre économie
qui peuvent être générés indirectement dans
l'ensemble de nos entreprises par l'utilisation du très haut
débit grâce au développement du télétravail,
la création de nouveaux services créateurs d'emplois
et de richesses tant dans les secteurs des équipements vidéos
que chez les créateurs de contenus vidéo
| Question 9 : Quel niveau de connectivité vous semble-t-il
nécessaire dans les logements ? Comment améliorer
l'accès dans les logements neufs et anciens ?
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De nombreuses réponses militent pour un pré-câblage
des logements neufs en fibre et la présence d'une armoire technique
pour les immeubles neufs collectifs capables d'accueillir plusieurs
opérateurs. Deux contributions préfèreraient limiter
ce pré-cablage à la présence de fourreaux vides
et de chambres de tirage. Cependant, peu de réponses sont explicites
sur le niveau de connectivité à apporter au sein des
logements sans distinction entre le simple accès ou le
câblage de toutes les pièces : seules 3 contributions
mentionnent un pré-câblage pour toutes les pièces
principales des logements neufs.
Pour les logements existants, les principales préconisations
consistent à :
créer un label « compatible THD »
inciter les bailleurs à utiliser les goulottes
pour accueillir plusieurs opérateurs sans exclusivité à l'opérateur
historique, une contribution proposant même l'instauration par
les propriétaires d'une redevance perçue après
des opérateurs
promouvoir des techniques innovantes pour tirer de la
fibre dans les gaines existantes (par soufflage par exemple)
utiliser des technologies alternatives à la fibre
pour compléter l'accès sur les derniers mètres
(WiFi, Wimax, CPL, câble)
mettre en œuvre des incitations fiscales pour les travaux
de réhabilitation
III. L'action des pouvoirs publics
| Question 10 : Dans quelle mesure, la perte de l'auto-alimentation énergétique
pourrait-elle constituer un frein au remplacement de la paire de cuivre
par la fibre optique ?
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La majorité des contributions considère que la perte
de la télé-alimentation n'est pas une difficulté,
compte tenu de la qualité de la fourniture du service électrique,
de l'importante pénétration des terminaux auto-alimentés
(portables notamment), et que cela n'a pas été un frein
pour l'adoption de terminaux DECT sans fil ou le passage au dégroupage
total.
Il semble enfin que la présence d'une alimentation autonome
nécessaire pour certaines applications critiques (télésurveillance,
ascenseur…) puisse être garantie soit par la mise en place d'un
câblage mixte soit d'une alimentation autonome au niveau des
terminaux prenant le relais en cas de panne du réseau électrique.
| Question 11 : Quel devrait être le rôle des collectivités
territoriales dans le développement du très haut débit ?
Selon les cas, à quel niveau devrait se focaliser le financement
public (génie civil, fourreaux, fibre, infrastructures actives) ?
Dans quel calendrier ? Comment ces actions locales pourraient-elles être
coordonnées ?
|
Pour l'ensemble des contributions, l'intervention des collectivités
territoriales dans le secteur des communications électroniques
est tout à fait légitime et indispensable pour l'accès
de tous à la société de l'information.
Des nuances apparaissent toutefois sur les niveaux de cette action
qui pour 11 contributeurs doivent plutôt s'en tenir au financement
d'infrastructures passives (des fourreaux au moins et selon les cas
jusqu'à la fibre noire) en évitant les choix technologiques
notamment pour la majorité des acteurs privés alors que
seulement trois contributions indiquent que le financement dans l'actif
peut être nécessaire.
Quatre contributions de représentants des collectivités
insistent pour que l'intervention ne soit pas limitée aux seules
zones de faible densité auquel cas l'équilibre économique
serait impossible ce qui interdirait tout partenariat public-privé sur
le long terme. Par ailleurs, plusieurs contributions soulignent que
l'Etat devrait venir en appui de l'action des collectivités
par :
une prise en compte de la problématique très
haut débit dans les contrats de projets Etat/Région
l'organisation d'une sorte de péréquation
nationale pour soutenir les territoires les plus défavorisés
ou la création d'un réseau complètement mutualisé pour
les zones blanches
la création d'une instance de coordination de
l'action locale
La mobilisation des collectivités territoriales est également
indispensable pour :
veiller à la mutualisation et à la bonne
coordination des travaux de génie civil, pour la majorité des
réponses. Une contribution demande à ce titre une réduction
des délais de réponse aux permissions de voirie
fixer un niveau de redevance d'occupation du domaine
public incitant à l'investissement privé et au partage
ou au surdimensionnement des fourreaux lors de la pose par un premier
opérateur afin d'accueillir à moindre coût les
suivants (exemple inspiré des accords de la Communauté Urbaine
de Lyon)
poser systématiquement des fourreaux lorsque cela
est pertinent lors des travaux de voirie avec si nécessaire
la création d'un fonds ad-hoc
le recensement des infrastructures de réseaux
de communications électroniques voire de la constitution d'un
plan numérique cadastral
inciter à l'émergence de services d'e-santé,
d'assistance à domicile, d'e-administration
Concernant le calendrier, les réponses militent pour agir dès à présent
compte tenu des temps de mise en œuvre par les collectivités
avec des effets visibles d'ici 10 à 15 ans.
| Question 12 : Comment structurer et concentrer l'aide à la
R&D pour promouvoir le développement du très haut
débit ?
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La grande majorité des réponses estime que les mécanismes
existants d'aide à la R&D (ANR, AII, pôles…) sont
suffisants pour promouvoir le développement du très haut
débit. Certaines contributions trouvent cependant souhaitable
de soutenir davantage le développement des services et applications
et quatre contributions proposent davantage d'expérimentations
liées aux techniques de génie civil.
Une contribution pense qu'une approche d'aide à la R&D
européenne serait la plus pertinente. Deux associations proposent
par ailleurs la création d'une instance de R&D dédiée
au très haut débit et deux contributions soulignent l'importance
de l'aide au développement des jeunes pousses qui n'est pas
suffisamment pris en compte.
| Question 13 : Si besoin, quel rôle le régulateur
devrait-il assurer sur l'accès au génie civil ?
Comment son action pourrait-elle tenir compte des disparités
locales ?
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Une majorité de contributions semble reconnaître que
l'accès au génie civil (tranchées, fourreaux,
chambre de tirage) devrait faire l'objet d'un contrôle en tant
que facilité essentielle. Une réponse propose de faire
figurer explicitement une possibilité d'intervention du régulateur à ce
niveau dans le marché n°11 du « dégroupage » dans
la recommandation de la Commission sur les marchés pertinents.
Deux autres réponses proposent en outre de favoriser l'accès à ces
infrastructures à un prix orienté vers les coûts.
Cet accès devrait par ailleurs en priorité concerner
les infrastructures construites avant 1996 selon six contributions.
Une contribution considère qu'une intervention sur le génie
civil ne serait pas la plus adaptée mais qu'une action sur les
trois niveaux - fibre noire, bande passante, ligne d'accès ou « dégroupage » -
serait préférable.
Enfin seules deux contributions considèrent que le cadre actuel
est suffisant, soit parce que le très haut débit est
un marché émergent sur lequel il n'existe pas de position
dominante, soit parce que le génie civil relève des collectivités
territoriales et d'une réglementation déjà adaptée.
Par ailleurs, trois réponses indiquent que l'action du régulateur
devrait tenir compte des disparités locales en l'adaptant à l'intensité concurrentielle et
en distinguant les zones concurrentielles disposant d'infrastructures
d'accès alternatives (projets en fibre, câble…), les zones
grises et les zones blanches à faible densité manquant
d'attractivité pour les investisseurs privés : dans
les zones à faible densité, des dispositions spécifiques
pour la mutualisation du génie civil et le partage des fourreaux
pourraient ainsi être envisagées.
| Question 14 : Des adaptations du cadre législatif ou réglementaire
vous apparaissent-elles nécessaires ?
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Cinq contributions proposent des ajustements en ce qui concerne les
redevances d'occupation du domaine public : trois militent pour
une baisse ou une suppression alors qu'une contribution considère
qu'il convient de laisser une totale liberté de fixation de
ces montants aux collectivités et que deux contributions estiment
que ces redevances devraient servir à inciter au partage du
génie civil existant.
Les contributions proposent des adaptations très variées :
une orientation de la publicité pour les travaux
de voirie significatifs vers les opérateurs avec un préavis
suffisant
la mise en place d'un système d'information géographique
national simple
des modifications du code de la voirie routière
pour le rendre compatible avec la technique de génie civil allégé et
la promotion de cette technique auprès des DDE
des modifications du Code de la Construction et de l'Habitat
pour tenir compte des évolutions techniques et de la convergence,
pour donner un égal accès aux opérateurs aux installations
de distribution interne des immeubles et pour clarifier le régime
de propriété des infrastructures télécoms
dans les immeubles
l'adaptation des normes relatives au câblage des
logements
l'allongement des durées maximales de contractualisation
public-privé (20 ans en DSP actuellement)
la mise en conformité des conventions des câblo-opérateurs
l'amélioration de la prise en compte de la protection
des consommateurs face à la convergence en rapprochant CSA/ARCEP/CST
l'imposition de la pose de fourreaux lors de certaines
opérations de voirie (cf Q11)
l'imposition de l'accès aux infrastructures existantes,
seulement sur les zones blanches ou grises pour un contributeur
la création d'un label pour l'équipement
des zones d'activité en très haut débit
| Question 15 : Quels sont vos commentaires sur les recommandations
de l'étude de l'Idate ?
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De nombreux acteurs soulignent la qualité du rapport de l'Idate
et partagent l'analyse du cabinet sur le développement du très
haut débit. Dix contributions anticipent cependant un possible
retard de la France et de l'Europe dans les prochaines années
notamment par rapport aux marchés asiatiques et d'Amérique
du nord.
Concernant les recommandations de l'étude :
soutenir le développement industriel et l'expérimentation
des nouveaux services à très haut débit. L'ensemble
des contributions soutient ce point, l'accent étant mis dans
deux contributions sur le développement des services et des
usages via la promotion de jeunes pousses
abaisser les barrières à l'entrée
pour développer la concurrence. Les acteurs ont conforté dans
l'ensemble cette position avec des propositions de câblage interne
des immeubles, d'équipement des zones d'activité (cf
Q14), de cartographie des infrastructures existantes et de mise à disposition
pour les collectivités et les aménageurs de documentation
technique et de règles d'ingénierie et de dimensionnement
des infrastructures. Plusieurs contributions estiment en outre que
toute politique du très haut débit doit comprendre un
volet « sans fil » et que pour cela l'accès à de
nouvelles ressources en fréquences, notamment grâce au
dividende numérique, est crucial.
mutualiser le réseau. Un seul acteur estime qu'aucune
mesure n'est nécessaire mais tous les autres considèrent
que des efforts pour la mutualisation sont indispensables. Quatre contributions
proposent ainsi de mieux évaluer le potentiel du génie
civil existant en menant des études terrains sur un échantillon
représentatif (qui comprendrait des réseaux de France
Télécom, des réseaux des câblo-opérateurs,
des autres réseaux pénétrant dans les immeubles
-assainissement, gaz…-, des réseaux aériens de distribution électrique)
pour estimer les capacités réelles de sous-fourreautage
(glissement dans un fourreau de plusieurs fourreaux plus petits) ou
de récupération de fourreaux vides.
régulation ou non des infrastructures nouvelles à très
haut débit. Un acteur considère le marché comme émergent
et ne devant pas être régulé. Six contributions
considèrent qu'il conviendrait de prolonger le succès
du modèle de développement concurrentiel du haut débit
via l'ADSL et qu'une régulation doit donc être prévue.
Enfin, plusieurs acteurs considèrent qu'une réglementation
adaptée pourrait permettre l'émergence du très
haut débit sans nécessité de mesures correctrices
par la régulation
Enfin, plusieurs contributions appellent à l'élaboration
d'un plan en faveur du très haut débit et à la création
d'une mission (ou Forum) chargée de son suivi. Selon ces acteurs,
cette instance permettrait d'afficher une forte volonté politique
et des objectifs ambitieux pour le développement du très
haut débit et fédérerait l'ensemble des acteurs
de la filière.
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