|
3 - Les éco-entreprises en quelques
chiffres
3- 1 Au niveau mondial
Selon les estimations de la Commission (chiffres de 1999), le marché
mondial des éco-technologies (curatives externes) aurait
aujourd'hui une valeur d'environ 550 Md€ 1 , et l'UE représenterait
approximativement un tiers de ce marché (la figure ci-après
montre la demande dans différentes régions). Le marché
mondial de l'environnement est dominé par les États
Unis, l'UE (15) et le Japon qui représentent 85 % à
eux trois.
Les États-Unis et les pays candidats sont les plus gros
marchés d'exportation pour les eco-entreprises communautaires
(UE-15), suivis par l'Asie du Sud-Est, l'Amérique du Sud
et le Moyen Orient.
Ces chiffres sont à utiliser avec prudence, étant
donné les problèmes posés par les définitions
statistiques.
On estime qu'entre 1998 et 1999, les dépenses réelles
consacrées au secteur ont augmenté de 7 à 9
% sur les marchés des pays développés, alors
qu'au cours de la même période cette augmentation a
atteint 10 à 17 % sur les marchés des pays en développement,
avec l'Afrique et l'Amérique latine en tête. De façon
générale, les études prospectives OCDE indiquent
que ces entreprises feront partie de celles qui connaîtront
la croissance la plus importante durant le 21ème siècle.
Les échanges commerciaux
Pour la plupart des biens, ce sont les services environnementaux
qui stimulent la croissance des marchés à l'export.
Les échanges de services environnementaux au plan mondial
répondent aux exigences des clients situés dans des
pays en voie de développement ou récemment adhérents
à l'Union Européenne.
Perspectives de développement
Les Eco-entreprises de l'UE, même si elles se heurtent à
des obstacles commerciaux, semblent bien placées pour tirer
parti de la croissance continue de ces marchés à l'export.
L'UE semble particulièrement compétitive dans des
domaines tels que le développement des infrastructures de
distribution d'eau et de traitement des eaux usées, des infrastructures
et des opérations de gestion des déchets, des techniques
de lutte contre la pollution atmosphérique et des produits
et services en rapport avec les énergies renouvelables.
Au sein des 10 derniers arrivants de l'UE, l'investissement environnemental
est censé augmenter pour représenter 2 à 3%
du PIB en moyenne, afin de couvrir le coût total de la mise
en oeuvre de l'acquis dans le domaine de l'environnement qui, selon
des estimations récentes, devrait être compris entre
80 et 110 milliards d'euros au minimum.
Les avantages qui en résulteront du point de vue de l'environnement
représenteraient une valeur totale comprise entre 130 et
680 milliards d'euros sur les 10 années à venir.
3 - 2 Niveau européen
L'estimation du chiffre d'affaires total des éco-entreprises
dans l'Europe des 25 est de 227 Md€ , dont 214 Milliards correspondent
au périmètre des 15 premiers pays membres de l'EU-15.
À prix constant, le chiffre d'affaires des éco-entreprises
a augmenté de 7% entre 1999 et 2004 dans les 15 pays de l'UE.
En 2004, ce chiffre d'affaires (UE 25) peut être séparé
comme suit :
- 145 Md€ (64% du total) pour les eco-entreprises
utilisant les éco-technologies de gestion des pollutions.
- 82 Md€ (36% du total) pour les eco-entreprises
utilisant les éco-technologies permettant la gestion
des ressources.
Les biens et les services environnementaux fournis par des eco-industries
représentent approximativement 2.2% du PIB dans la zone EU-25.
Les plus grands marchés nationaux pour des eco-industries
sont la France et l'Allemagne qui représentent 49% du total
de l'activité en 2004.
Les trois pays suivants sont le Royaume-Uni, l'Italie et les Pay-Bas
qui représentent 24% du chiffre d'affaires des 25 pays de
l'UE. Les 10 nouveaux Etats membres représentent 5.7% du
chiffre d'affaires total, dont la moitié pour la Pologne.
Emploi
Les emplois directs et indirects engendrés par les éco-entreprises
représentent approximativement 3.4 millions d'équivalents
à temps plein du travail, dont 2.3 millions relèvent
des activités de gestion des pollutions. Les activités
de gestion des ressources représentent approximativement
1 million d'équivalents à temps plein.
La majorité (77%) des emplois des activités de gestion
des pollutions sont dans les secteurs de gestion de traitement d'eaux
résiduaires et de déchets solides.
Échanges commerciaux des 25 pays
Les exportations des éco-entreprises des 25 pays de l'U.E
sont estimées à 13 Md€ et les importations à
11 Md€ par an, en 2004. 57% des échanges des éco-entreprises
européennes se fait au sein du marché unique. Les
éco-entreprises des trois principaux pays (Allemagne, France
et Royaume-Uni) ont à leur actif 55% des exportations des
biens et services environnementaux.
Les tendances dans le secteur
La croissance du marché des eco-industries a été
forte au cours des années récentes, avec la distinction
suivante :
- Les marchés traditionnels pilotés par la
demande des produits essentiels (comme l'approvisionnement en eau)
ou des services (collecte des déchets, par exemple), qui
sont de plus en plus mûrs,
- Les marchés récents qui sont essentiellement
basés sur les besoins d'investissement se sont produits par
la nouvelle politique et la législation environnementales.
Pour certains de ces marchés il existerait un potentiel
de croissance plus élevé, notamment dans les technologies
préventives intégrées aux systèmes traditionnels
de production, faisant intervenir des règles de conceptions
plus soucieuses de l'environnement (Eco-conception). Le secteur
de l'Eco-construction, dont le chiffre d'affaires serait estimé
par les études de la Commission Européenne à
40 Md€ (UE 25 en 2004). Mais l'absence de données
statistiques sur les activités, faisant intervenir les éco-technologies
préventives intégrées, ne permet pas d'évaluer
ce potentiel.
Les perspectives du marché sont favorables dans la plupart
des cas, car les marchés naissants des 12 nouveaux Etats
membres devraient fortement supporter la demande des biens et services
environnementaux, en raison notamment de la mise en place de l'acquis
communautaire et l'aide financière de la Commission.
3 - 3 Niveau national
Les éco-entreprises françaises occupent le 4e rang
mondial (après les USA, le Japon et l'Allemagne) et les
moyens qu'elles mobilisent sur les marchés extérieurs
sont conséquents. Le tableau ci-après reprend les
chiffres nationaux en 2004 (sources Eurostat - Commission européenne/DG
Environnement).

1 D'après les estimations données par Environmental Business Journal (EBJ) Volume XIII, Number 3/4, 2001, "The Environmental Goods and Services Industry in the EU to 2010', IPTS Seville (European Commission), 1999.
|