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Synthèse de l'étude
WIK "Les principaux développements du secteur
postal européen (2004-2006)"
La taille et la composition globales du secteur postal
européen ont peu changé depuis 2002.
Si le volume des envois de correspondance a légèrement
augmenté depuis 2002, les revenus sont restés
presque inchangés entre 2002 et 2004.
I - Les développements de la régulation
1.1. - Le champ du Service Universel
Les Etats membres ont défini un service universel
globalement très conforme aux conditions de base
du service universel posées par la directive postale.
Toutefois, la distribution de la presse ne fait pas partie
du service universel dans la moitié des Etats membres.
Dans quelques Etats membres, l'obligation de service
universel fait encore l'objet d'un vif débat :
- exclusion du courrier en nombre à l'étude
en Allemagne, appliquée aux Pays-Bas et au Royaume
Uni ;
- pas de désignation d'un fournisseur de service
universel sur un marché postal entièrement
libéralisé (Allemagne, à l'étude
aux Pays-Bas).
1.2. - Les conditions d'accès et de distribution
Les conditions d'accès changent considérablement
d'un Etat membre à l'autre : presque tous les opérateurs
postaux sont libres de remplacer des bureaux de poste par
des agences postales (excepté en Lettonie) et de
nombreux opérateurs procèdent à des
fermetures ou transformations de bureaux de poste.
Les conditions de distribution sont conformes aux
obligations de la directive :
- quelques opérateurs de service universel livrent
volontairement six jours par semaine en zone urbaine ou
sur tout le pays ;
- une réduction des délais de distribution
et/ou des conditions de distribution dans "des circonstances
exceptionnelles" affecte habituellement moins de 1%
de population.
1.3. - La qualité de service
Tous les Etats membres réglementent la qualité
du service et ont fixé des objectifs de délais
d'acheminement pour la catégorie standard la plus
rapide.
Les objectifs de qualité de service font l'objet
d'un suivi indépendant dans la plupart des Etats
membres (excepté en Estonie et Lettonie).
Les opérateurs concurrents sont soumis à
des conditions de qualité de service dans quelques
Etats membres (Autriche, Belgique, Portugal, Royaume-Uni).
1.4. - Les procédures de réclamation et
de dédommagement
Les opérateurs de service universel de tous les
Etats membres doivent établir des procédures
de plainte et réparation.
La plupart des Etats membres éditent un document
recensant le nombre de plaintes, mais on note parfois un
traitement peu satisfaisant des plaintes.
1.5. - Droits spéciaux et exclusifs
Les services réservés s'amenuisent : actuellement
33 % des volumes de courrier de l'Union Européenne
sont dans la sphère concurrentielle et 60 % seront
probablement libéralisés en 2008 (Espagne,
Finlande, Suède, Royaume Uni, Allemagne, Pays-Bas).
En matière de TVA les situations sont très
variées : certains pays exemptent de TVA les services
réservés, le service universel ou tous les
services postaux. D'autres assujettissent l'ensemble des
services postaux à la TVA.
L'accès aux tiers : La directive n'impose aucun
accès aval, mais si un prestataire de service universel
permet l'accès à son réseau, il doit
le faire dans des conditions transparentes et non discriminatoires.
1.6. - Les autorisations
A l'intérieur du service universel, l'autorisation
est limitée au secteur autrefois réservé,
pour 68 % du marché européen (Allemagne, France,
Pologne, Suède, Royaume Uni) :
- aucune autorisation dans 7 Etats membre (12 % de l'Union)
;
- les obligations peuvent excéder ce qui est envisagé
par la directive dans 11 pays, dont la France, le Royaume
Uni et la Suède.
En dehors du champ du service universel, aucune autorisation
n'est exigée dans 80 % du marché européen
(principaux pays de l'Union dont la France).
1.7. - Les Principes tarifaires et la régulation
des prix
En principe, la grande majorité des Etats membres
régule les prix de toutes les prestations entrant
dans le champ du service universel, mais en pratique, les
autorités de régulation peuvent manquer de
données pour évaluer le coût du service
universel (40 à 90 % du courrier des grands Etats
membres bénéficient de tarifs spéciaux
et seulement quatre autorités de régulation,
dont l'Allemagne et le Royaume Uni peuvent calculer les
"coûts évités").
Les Etats membres appliquent différentes méthodes
de régulation des prix : un quart des Etats, dont
la France, utilisent le couple "ex ante-price cap".
Des tarifs uniformes sont exigés pour toutes les
prestations de service universel dans 17 % seulement du
marché européen mais certains Etats membres,
parmi des plus grands et les plus progressistes, s'orientent
vers une limitation de cette condition au courrier égrené.
1.8. - La séparation des comptes
La séparation détaillée des comptes,
telle qu'imposée par la directive, n'a pas été
mise en uvre dans tous les Etats membres.
II - Les développements du secteur postal
2.1. - La concurrence
Un seul Etat membre entièrement libéralisé
(la Suède) a vu continuellement les parts de marché
de l'opérateur de service universel décliner.
L'accès aval obligatoire a été décidé
en Allemagne et au Royaume Uni (accès sur demande).
La concurrence par les prix :
· au Royaume Uni, les tarifs publics relativement
bas combinés à un large accès aux réductions
ont découragé les concurrents potentiels de
bout en bout ;
· en Allemagne, au contraire, les tarifs publics
relativement élevés associés à
un faible accès aux ristournes ont constitué
des incitations aux investissements en infrastructures alternatives
de distribution.
La concurrence dans la messagerie :
· les colis et services express sont soumis à
une concurrence féroce ;
· le marché unique a été largement
réalisé pour ces services sur le segment du
B2B, le plus concurrentiel : les services de colis B2C et
C2C, qui sont au sens large des services domestiques, semblent
être dominés par les opérateurs nationaux
dans la plupart des Etats membres.
Toutefois, une concurrence naissante semble apparaître
sur le segment du B2C dans les plus grands marchés
intérieurs (Allemagne, France et Royaume Uni).
2.2 - Caractéristiques des volumes
La croissance de la demande :
Le volume total de la poste aux lettres a légèrement
augmenté depuis 2002. La baisse de limite de poids
à 50 grammes en 2006, pour le secteur réservé,
a eu un effet relativement mineur en termes de volumes.
La plupart des opérateurs de service universel ont
amélioré leur taux de croissance après
2002, mais quelques uns sont en perte de volumes (Danemark,
Suède, Pays Bas).
La publicité adressée s'est développée
plus rapidement que la croissance économique à
un rythme de 6 % par an.
La quantité d'objets non adressés distribués
en propre par les opérateurs (ou leurs filiales)
a augmenté de plus de 30 % par an depuis 2002. Les
taux de croissance pour la presse sont variables.
2.3. - Caractéristiques des revenus
Presque tous les opérateurs de service universel
ont réalisé des marges bénéficiaires
positives en 2004.
2.4 - Le niveau de prix et son évolution
Le tarif de base pour une lettre de 20 grammes envoyée
en catégorie standard la plus rapide s'échelonne
de 0.16 € à 0.65 €. Corrigés en
fonction des différences de pouvoir d'achat, le barème
de tarifs s'échelonne de 0.23 € à 0.90
€.
En termes nominaux, le tarif de la lettre de base a augmenté
dans 20 Etats membres entre 2000 et 2005. Corrigés
en fonction de l'inflation, les taux ont augmenté
dans 15 Etats membres.
2.5. - L'accès au Réseau
Dans l'ensemble de la Communauté, le nombre global
de points d'accès au réseau postal a diminué
de 1,9 % entre 2002 et 2004.
2.6. - La qualité de service
Plusieurs opérateurs postaux, dont celui de la France,
ont considérablement accrû leur performance
: 15 d'entre eux, distribuent plus de 90 % des lettres rapides
en J+1.
III - Recommandations
3.1. - Confirmer la date du 1er janvier 2009 comme date
de pleine libéralisation ;
3.2. - Soutenir les Etats membres pour créer "un
terrain de jeu " accessible à tous les fournisseurs
de services postaux ;
3.3. - Limiter les procédures d'autorisation aux
autorisations générales pour des services
postaux dans le champ du service universel et définir
plus clairement les types de conditions qui peuvent y être
attachées ;
3.4. - Clarifier les finalités et les conditions
de mise en oeuvre du fond de service universel et des autres
mesures nécessaires pour assurer la fourniture du
service universel ;
3.5. - Accorder une attention particulière aux régulations
tarifaire et comptable qui devraient être clairement
justifiées, et réduites au minimum nécessaire
pour répondre aux objectifs d'intérêt
public ;
3.6. - La transparence et les pénalités financières
pour insuffisance de qualité de service devraient
être poursuivies ou même étendues ;
3.7. - Les dispositions de protection des consommateurs
devraient être étendues pour permettre aux
régulateurs d'intervenir dans un environnement multi
opérateurs.
3.8. - Les pouvoirs, obligations, et dispositions institutionnelles
des autorités de régulation devraient être
plus clairement spécifiés.

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