TECHNOLOGIES CLÉS 2010 (novembre 2006)
29. Gestion de l'eau dans le bâtiment Description Le réseau de distribution intérieure intégré au bâtiment, qu'il soit à usage tertiaire ou résidentiel, est en général alimenté en eau par le réseau public. Une bonne gestion de cette eau au sein du bâtiment doit en assurer la qualité, tout en préservant les ressources. La conception et surveillance des réseaux dans les bâtiments doivent permettre de minimiser les risques sanitaires. Deux exemples illustrent cette problématique : le plomb, du fait que ce matériau a fréquemment été mis en œuvre dans les réseaux de distribution intérieure ; les légionnelles, bactéries susceptibles de se multiplier dans les réseaux de distribution lorsque les conditions sont favorables. Ainsi, tout réseau comprend un système de canalisation qui doit être choisi en fonction des caractéristiques de l'eau à distribuer dans le bâtiment. Les matériaux employés peuvent avoir un impact direct sur sa qualité. Optimiser les consommations d'eau implique de rechercher des systèmes qui limitent la consommation d'eau potable : installation d'équipements performants, surveillance des réseaux pour diminuer les fuites, systèmes de récupération des eaux pluviales ... Ces différents objectifs peuvent également être atteints par la mise en place de systèmes individuels dans lesquels l'eau est traitée juste avant le point de consommation. Il s'agit ici pour l'utilisateur de « fabriquer » son eau en fonction de l'usage prévu : certains usages nécessitent une très bonne qualité de l'eau (boisson, par exemple), alors que pour d'autres usages (lavage des voitures, eau d'arrosage ...), un tel niveau de qualité n'est pas justifié. Quelques systèmes simples sont déjà utilisés, tels que les adoucisseurs d'eau ou les filtres. Toutefois, les dispositifs actuellement disponibles sur le marché ne permettent d'éliminer ni les nitrates, ni la plupart des contaminations microbiologiques. Il s'agit plutôt d'équipements de confort, qui laissent en suspens l'aspect sanitaire. En aval, le traitement des eaux usées peut être assuré par un réseau d'assainissement collectif ou par une installation d'assainissement individuel (typiquement moins de 50 équivalents-habitants). Ce dernier cas de figure concerne les zones sans réseau collectif, telles que les zones rurales. Alors que le cadre réglementaire pour ce type de dispositif se renforce, nombre de systèmes disponibles actuellement sont mal réalisés et très souvent mal entretenus.
Enjeux, Impact On estime, en moyenne, que la consommation française en eau potable est de 150 litres par jour et par habitant. Si la quasi-totalité des logements français est aujourd'hui desservie par un réseau de distribution, l'utilisation de cette eau comme eau potable ne représente que 1 % des quantités distribuées. Cette proportion tend même à se réduire, au bénéfice de l'eau en bouteille. Par ailleurs, le vieillissement de la population induit une plus grande sensibilité à la qualité sanitaire de l'eau distribuée. La directive européenne de 1998 sur les installations d'eau destinées à la consommation humaine, transposée en droit français en 2001, a introduit le contrôle de la conformité de l'eau au robinet utilisé pour la consommation humaine et non plus à l'entrée du bâtiment. Ainsi, la qualité de l'eau distribuée n'incombe plus seulement aux distributeurs d'eau mais aussi aux propriétaires et gestionnaires d'immeubles. La gestion de l'eau fait partie de la démarche HQE (haute qualité environnementale) dans le domaine du bâtiment. Elle doit permettre, entre autres, la préservation des ressources en eau, en termes de prélèvement (recours à des eaux non potables, comme la récupération des eaux de pluie) et de limitation des rejets dans le milieu naturel (assurance de l'assainissement des eaux usées). Environ 10 % de la population française, représentant 4 millions d'installations, est concernée par l'assainissement individuel. La loi sur l'eau de 1992 a introduit l'obligation, pour les communes, de mettre en place un service public d'assainissement non collectif, chargé du contrôle des installations. La mise en place d'une norme européenne et d'un marquage CE joue un rôle moteur dans l'amélioration du niveau de qualité de ces dispositifs. Marché Les volumes d'eau potable facturés aux abonnés domestiques et aux gros consommateurs s'élèvent à 4,2 milliards de m3, en 2001. L'assainissement autonome représente en France environ 100 000 installations par an. Les entreprises de ce secteur produisent un chiffre d'affaires d'environ 380 M€, dont 30 % à l'export (source : IFAA).
Acteurs Disciplines scientifiques : biologie des organismes, biologie des populations et écologie, matériaux, mécanique des fluides, génie des procédés, génie des matériaux. Compétences technologiques : analyse, mesure et contrôle, chimie organique, chimie de base, matériaux - métallurgie, biotechnologies, environnement - pollution, BTP. Liens avec (technologies) : mesure des polluants de l'eau prioritaires ou émergents ; technologies physiques amont améliorées de traitement de l'eau ; capteurs intelligents et traitement du signal. Principaux acteurs français Centres de compétences : Association scientifique européenne pour l'eau et la santé (ASEES, Université Paris 5), Association scientifique et technique de l'eau et de l'environnement (ASTEE) (www.astee.org), Costic, CSTB. Industriels et syndicats professionnels concernés : fabricants de plomberie, de sanitaires, d'équipements de traitement de l'eau, de comptage ...; Syndicat national des industries de canalisations ; Industriels français de l'assainissement autonome (IFAA) ; Union des entreprises d'affinage de l'eau ; Association française des pompes et de la robinetterie. Exemples d'acteurs dans le monde : DVGW Technologiezentrum Wasser (Allemagne), KIWA (Pays-Bas), WRC (Royaume-Uni) ... ; Water Supply and Sanitation Technology Platform (www.wsstp.org). Commentaires Compte tenu des évolutions réglementaires, la qualité de l'eau potable « au robinet » mobilise des partenaires plus nombreux tout au long de la chaîne de production-distribution. De nouveaux optimums émergent. De nouvelles solutions technologiques devraient favoriser l'apparition de nombreuses PME-PMI offrant de nouveaux matériels et de nouveaux services. © Ministère de l'Économie, des Finances
et de l'Industrie, |
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