TECHNOLOGIES CLÉS 2010 (novembre 2006)
La démarche prospective mise en œuvre tout au long de l'étude Technologies Clés 2010 s'est attachée à intégrer les enjeux socio-économiques dans une finalité technologique. Elle a visé à identifier les technologies ayant un impact positif sur les activités industrielles et de services réalisées en France. 1.1 - La conduite de l'étude Suite à un appel d'offres de la direction générale des Entreprises (DGE), la réalisation de l'étude a été confiée à un consortium de 5 sociétés conduit par le cabinet de conseil en innovation Erdyn. Le consortium était constitué des sociétés Futuribles, Cybion, Virtuoz et Biotics. L'équipe projet était placée sous la direction de Patrick Haouat, PDG d'Erdyn. L'étude a été orientée et pilotée par un comité (composition en annexe) présidé par André Lebeau, ancien président du CNES et de Météo France. Philippe Bourgeois, du bureau des politiques d'innovation et de la technologie de la DGE, a apporté soutien et appui tout au long de l'étude. Plus d'une centaine d'experts de l'industrie (dont des PME), de la recherche publique et des relais locaux d'accompagnement ont été, par ailleurs, mobilisés pour apporter une contribution à la réflexion prospective. 1.2 - Le déroulement de l'étude L'étude s'est déroulée sur douze mois, en trois phases, à partir de novembre 2004. Phase 1 : préparation et grandes orientations (trois mois) Cette première phase a permis de délimiter finement le cadre de l'étude, de concevoir et développer les outils et les méthodes mis en œuvre par la suite. Durant cette phase, les actions suivantes ont été conduites :
Durant cette phase, les travaux de l'équipe projet ont été suivis et validés par un groupe de travail spécifique, dit « groupe méthode ». Phase 2 : travaux de groupes d'experts (cinq mois) L'animation de groupes d'experts a été au cœur de l'étude. Un découpage, orienté besoins et applications, plutôt que technologies, a été retenu pour huit groupes au total qui se sont réunis chacun quatre fois. 1 - Services de base : production et distribution énergétiques, fourniture et traitement de l'eau, recyclage, construction et services immobiliers, équipements domestiques, meubles ; 2 - Besoins quotidiens : agriculture, industrie agroalimentaire, pharmacie, produits de toilette et détergents, textile et habillement ; 3 - Se déplacer : équipements de transport, services de transport, services à l'automobile, hôtellerie-restauration et agences de voyage ; 4 - Communiquer : équipements informatiques et de bureau, équipements de radio, télévision et communication, médias et services de communication et d'information, publicité et marketing, édition ; 5 – Semi-produits : exploitation minière hors énergie, matériaux de base (métal, papier, bois et minéraux), plastiques et chimie (hors pharmacie), métaux et produits métalliques ; 6 - équipements, process et méthodes de production : instrumentation, machines et équipements industriels, machines et équipements électriques, méthodes d'amélioration de la productivité ; 7 - Fonctions support : banque-assurance, R&D et conseil, activités d'ingénierie et d'architecture, services de sécurité, services de recrutement et de travail temporaire, services légaux, de comptabilité et de management, commerce de gros et de détail, services divers ; 8 - Outil d'aide à la réflexion : groupe transversal aux activités économiques et aux technologies, constitué d'acteurs régionaux et consulaires du développement économique. Les sept premiers groupes ont débattu de « monographies sectorielles » rédigées par Futuribles. Ces documents ont été progressivement enrichis des contributions des experts. Les points suivants ont été traités lors des réunions des groupes :
Phase 3 : rédaction et validation du livrable – finalisation de l'étude (quatre mois) À l'issue des réunions des groupes d'experts, les listes des technologies clés proposées par chacun des sept groupes ont fait l'objet d'une mise en cohérence par l'équipe projet. 83 technologies clés ont été retenues, et les fiches correspondantes ont été renseignées, puis soumises aux spécialistes sectoriels de la direction générale des Entreprises (DGE) et de la direction générale de l'Énergie et des Matières premières (DGEMP), ainsi qu'aux membres du comité de pilotage, pour validation. Des versions synthétiques des monographies sectorielles ont également été rédigées pour être intégrées au présent rapport. La concertation avec les acteurs du développement technologique s'est poursuivie pendant cette dernière phase :
1.3 – Le cadre géographique et temporel de l'étude Pour rester en cohérence avec les études précédentes, l'horizon temporel a été fixé à 2010. C'est un horizon très proche pour un exercice de prospective, et les résultats de l'étude s'en ressentent, même si le long terme n'a pas été négligé. En effet :
Le champ géographique de l'étude comportait quant à lui une triple dimension :
2 – La caractérisation des technologies clés 2.1 – La grille d'analyse de chaque technologie clé Une technologie (ou un ensemble de technologies) a été considérée comme clé dès lors qu'elle permet d'agir structurellement sur la compétitivité et l'attractivité des activités en France. Le niveau de « granularité » auquel est descendu l'étude n'était pas précisé a priori. Le « poids » de chacune des technologies clés, en termes d'importance des marchés d'applications, est in fine relativement hétérogène : certaines technologies du domaine des matériaux représentent plusieurs points de PIB, alors que d'autres, plus spécifiques, « pèsent » beaucoup moins, mais recèlent un fort potentiel de croissance et répondent à des enjeux sociétaux majeurs. Les technologies finalement retenues comme clés sont donc aussi bien des technologies existantes présentant un fort potentiel d'évolution et d'impact que des technologies émergentes pouvant être introduites et déployées dans l'industrie dans les dix prochaines années. Chaque technologie clé est décrite dans une fiche dont les champs sont les suivants :
Chaque fiche renseigne également les critères suivants, qui constituent la grille d'analyse des technologies : Enjeux, Impact : il s'agit de préciser en quoi la technologie considérée permet de répondre à un certain nombre d'enjeux et quel est son impact prévisible :
Marché : il s'agit de préciser à quoi servira la technologie considérée :
Acteurs : il s'agit de caractériser « l'écosystème » dans lequel la technologie considérée pourra se développer :
2.2 - Les divers niveaux d'utilisation du document Une première utilisation de l'étude permet une simple « navigation » à partir d'une information de départ choisie par l'utilisateur. Ainsi, à titre d'illustration, à partir des informations contenues dans les fiches descriptives :
Les régions, mais aussi les entreprises aux activités multiples gérées en « portefeuilles stratégiques », peuvent envisager une utilisation plus « avancée » de l'outil. L'alignement du référentiel des 83 technologies clés sur des nomenclatures déjà utilisées par des organismes tels que l'Observatoire des sciences et des techniques (OST), apporte toute sa valeur à ce type d'utilisation. Ces nomenclatures, en termes de compétences scientifiques, de compétences technologiques, de secteurs d'activité, permettent des analyses variées dont on trouvera des exemples dans l'ouvrage Régions et technologies clés : quelles stratégies ? [1]. À partir de ce type d'analyse, il est possible de définir et de mesurer la proximité d'une région avec une ou plusieurs technologies clés. Cet indicateur de proximité est un indicateur « composite » :
En complément d'une analyse stratégique, qui peut se baser sur des méthodes de type AFOM (Atouts – Faiblesses – Opportunités – Menaces), cet indicateur de proximité propose des axes de réflexion. Une application typique de ce type d'analyse est la nécessité, pour une région, de se positionner sur des technologies clés dont elle est proche, en réaction à des menaces qu'elle aura identifiées. Précaution d'usage Il est bien évident qu'une utilisation « mécanique » de ce type d'analyse risque de conduire à des erreurs d'interprétation, car la maille proposée pour les disciplines scientifiques ou les compétences technologiques est relativement grande. Plus adaptée à une étude au niveau national, cette maille doit être plus finement segmentée au niveau d'une région. Cet outil donne des repères et permet d'initier la réflexion. Il reste un outil et, en aucun cas, il ne se substitue à une analyse fine. [1] Ce document est disponible à l'adresse
suivante :
© Ministère de l'Économie, des Finances
et de l'Industrie, |