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 TECHNOLOGIES CLÉS 2010 (novembre 2006)
Technologies de l’information et de la communication
3. Processeurs et systèmes
Description
Un (micro)processeur (MPU) est la forme intégrée de l'unité centrale
(CPU) d'un ordinateur. Ce composant microélectronique est composé de
fonctions complexes dont l'unité de calcul logique est l'unité de
contrôle. Les microprocesseurs modernes comportent aussi une mémoire
de type cache d'une taille importante (1 Mo en 2005). Il faut savoir que cette
dernière occupe environ la moitié de la surface totale de la
puce.
Il faut considérer deux grandes familles de processeurs : les processeurs
généralistes et les processeurs spécialisés dans
une fonction ou un domaine. La première catégorie, conçue
pour un large spectre d'applications de traitement de données, équipe
les micro-ordinateurs et les serveurs. La seconde est au cœur des systèmes
de traitement du signal (audio, vidéo et maintenant radiofréquence)
et de communication (processeur réseau) et des systèmes enfouis
et nomades fortement communicants. Un microprosseur peut aussi intégrer
une mémoire centrale vive et morte et des interfaces d'entrée-sortie ;
on parle alors de microcontrôleurs MCU (pour MicroController Unit).
Le nombre d'opérations élémentaires effectuées
par unité de temps est la performance principale attendue d'un processeur.
En attendant la mise en œuvre de technologies de rupture (évoquées
dans la monographie), cinq axes de développement pour répondre
aux besoins futurs peuvent être envisagés :
- augmentation du nombre de transistors sur une petite surface : l'amélioration
passe par des techniques d'imagerie et de gravure performantes (lithographie),
d'où la réduction de la taille des transistors élémentaires.
Ces améliorations ne peuvent être considérées
sans leur adjoindre des dispositifs d'évacuation des calories, posant
ainsi des problèmes de coûts induits ;
- nouvelles architectures pour les microprocesseurs : architectures
multicœurs (multi-core), architectures asynchrones ou architectures
multitâches. Ces architectures sont basées sur le principe « diviser
pour mieux régner » et permettent d'effectuer des traitements
simultanés, source de performance ;
- spécialisation des processeurs : à l'inverse d'un processeur
généraliste qui doit s'adapter au traitement, la conception
d'architectures totalement dédiées à un type de traitement
permet des optimisations spectaculaires ;
- évolution vers des systèmes reconfigurables dynamiquement
ou statiquement : le support matériel de ces systèmes
est le composant logique programmable (par exemple le FPGA pour Field-Programmable
Gate Array). Une programmation logicielle de ce composant permet de
réaliser des traitements complexes au même titre qu'un réseau
de processeurs : algorithmes de traitement parallèle (audio
- vidéo), fonctions de cryptographie, etc. Il peut être intégré aussi
dans un microprocesseur en tant que coprocesseur ;
- intégration de véritables systèmes (processeur, mémoire,
capteur, actionneur, etc.) sur une puce ( SoC pour System-on-Chip) :
les SoC consituent une révolution majeure en matière de conception
de systèmes intégrés et imposent la mise en œuvre de
nouvelles méthodes et outils permettant d'en maîtriser la conception,
la vérification et le test.
De façon générale, la complexification d'un système à base
de processeurs s'accompagne du besoin croissant d'adjoindre des fonctions
logicielles capables d'assurer la liaison entre les ressources physiques et
les applications, et permettant de configurer le système pour un usage
spécifique.
C'est le rôle du système d'exploitation (OS pour Operating
System) qui est un des logiciels les plus difficiles à développer
et à maintenir à cause de son volume de code. Il revêt
des caractéristiques différentes selon le type de matériel
auquel il est associé, ou selon le type de fonctions qu'il réalise :
gestion avancée des ressources (énergie, processeur, mémoire,
etc.), gestion des contraintes temporelles fortes (Real-Time System -
RTS), tout en garantissant les temps de réponse.
Les architectures basées sur des cœurs multiples ou l'usage de plusieurs
processeurs posent des défis nouveaux aux systèmes d'exploitation
qui doivent résoudre des problématiques liées à l'ordonnancement
des tâches, la gestion de plusieurs contextes d'utilisation (conflits
d'accès aux données, partage du temps processeur), ou bien encore
la communication entre les processeurs.
Les qualités attendues du système d'exploitation sont donc
la gestion de la complexité de l'architecture matérielle, la
performance en terme de calcul, la fiabilité (tolérance aux
fautes) et la sécurité, la facilitation de la mise en œuvre
d'applications finales. En particulier, le système d'exploitation doit être
accompagné d'un ensemble d'outils logiciels permettant aux concepteurs
de développer des applications. Aujourd'hui, l'aspect sécurité devient
un enjeu prioritaire dans la conception d'OS.
Les évolutions attendues sont en matière de systèmes
d'exploitation adaptatifs permettant de gérer l'hétérogénéité de
l'architecture d'un système.
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Degré de développement :
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Emergence
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Croissance
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Maturité
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Enjeux, Impact
Le couple processeur-système d'exploitation est au cœur de la performance
des ordinateurs, du micro-ordinateur au serveur puissant, en passant par les
systèmes embarqués dans les objets du quotidien.
L'enjeu central pour les acteurs français et européens est
de rester dans la compétition mondiale. En effet, on peut attendre
dans les cinq années à venir un accroissement des coûts
des équipements permettant la production de processeurs puissants basés
sur des technologies nanométriques (de l'ordre de 50 Md$ contre 5 Md$
aujourd'hui). De fait, les solutions alternatives, basées sur des architectures
performantes ou l'exploitation logicielle des performances, sont à considérer à part
entière.
Si le marché des processeurs généralistes semble dominé par
des sociétés bien implantées, la concurrence est ouverte
dans le domaine des processeurs et des SoC spécialisés, ouvrant
la voie à de véritables stratégies de niche permettant
l'émergence de nouveaux acteurs.
Marché
Le marché est colossal puisqu'il s'agit d'équiper les objets «intelligents » de
demain, et concerne de vastes secteurs d'application comme :
- l'équipement informatique : ordinateurs et périphériques ;
- l'électronique grand public : consoles de jeux, télévisions
numériques, appareils photos, équipement audio et vidéo ;
- l'automobile : électronique embarquée, équipements
radio ;
- les télécommunications : routeurs, téléphones
mobiles, équipements multimédias portables, organiseurs ;
- les cartes à puces : pour des applications de téléphonie,
bancaires, de sécurité ;
- le domaine médical ou biomédical pour des applications de
surveillance (monitoring) par des biopuces.
Parmi les différents types de processeurs, on peut citer les exemples
suivants :
- les processeurs pour le traitement du signal (DSP) : leur
application principale est le traitement du signal numérique (filtrage,
extraction de signaux, etc.), en particulier image ou son. Aujourd'hui,
ils sont au cœur des systèmes de radiocommunication et représentent,
avec 68 %, un marché en pleine croissance. Les communications sans
fil sont le principal débouché de ces processeurs ;
- les processeurs graphiques : leur capacité double actuellement
tous les six mois et permettent de traiter en temps réel des images
réalistes 3D, ou bien encore des vidéos. La multiplication
attendue (en particulier grâce à la généralisation
du format MP4) d'applications interactives à base de données
multimédias devrait contribuer à pousser les constructeurs à proposer
des processeurs de plus en plus performants ;
- la radio reconfigurable (ou radio logicielle - Software Defined
Radio) : à base de puces généralistes et
de fonctions logicielles, les « systèmes radio reconfigurables » permettent
de capter et de traiter différents canaux de diffusion sans fil
(téléphonie mobile, Wi-Fi, etc.) et permettent aux terminaux
d'être « multistandards » ;
- les processeurs réseau (network processors) optimisés
pour une meilleure connectivité.
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Degré de diffusion de la technologie :
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Naissance
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Diffusion
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Généralisation
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Domaines d'application :
fabrication de machines de bureau et de matériel informatique ;
industries des équipements électriques et électroniques ;
fabrication de composants électroniques ; services informatiques.
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Acteurs
Disciplines scientifiques : matériaux, génie des
procédés, informatique, électronique.
Compétences technologiques : audiovisuel, télécommunications,
informatique, semi-conducteurs.
Pôles de compétitivité : System@tic (Île-de-France),
Minalogic (Rhône-Alpes).
Liens avec (technologies) : ingénierie des systèmes
embarqués, infrastructures et technologies pour réseaux de communication
diffus, micro et nanocomposants, matériaux pour l'électronique
et la mesure, RFID et cartes sans contact.
Principaux acteurs français
90 % des acteurs de la microélectronique en France sont implantés
en Rhône-Alpes, en Paca, en Midi-Pyrénées et en Ile-de-France,
Centres de compétence : CEA-LETI (Grenoble, Crolles), CNRS-INP
(Grenoble), I3S (Sophia Antipolis), IRCCyN (Nantes), Lasti (Lannion), ENS
(Lyon), LIP6 (Paris), Insa (Lyon), Irisa (Rennes), Irit (Toulouse), Inria
Rocquencourt, Inria Orsay (équipe Alchemy), Télécom Paris
(LabSoc). Programmes de recherche : Medea+, Pidea, RNRT .
Industriels : ST Microelectronics (leader sur le marché des « SoC »),
Atmel Grenoble (anciennement Thomson-CSF Semi-conducteurs) pour la production
de processeurs et de systèmes ; Texas Instrument Europe (Villeneuve-Loubet)
pour la conception de DSP pour les applications GSM (Global System for Mobile
communication).
Exemples d'acteurs dans le monde :Intel (États-Unis),
AMD (États-Unis), Sony (Japon), Toshiba (Japon), IBM (États-Unis),
Hewlett Packard (États-Unis), WindRiver (États-Unis), TVIA Inc
(États-Unis), ATI (Canada), NVIDIA (États-Unis).
Les principaux systèmes d'exploitation actuellement sur le
marché sont issus des familles suivantes : Linux, PalmOS et Windows.
Commentaires
La bataille se joue à l'échelle européenne. Les enjeux
revêtent un caractère stratégique : est-on prêt à assumer
la disparition de leaders européens dans le domaine des semi-conducteurs ?
Dans ce secteur hautement concurrentiel, soumis à de fortes pressions
notamment capitalistique, et à une course effrénée à l'innovation,
les positions de leader peuvent être rapidement bouleversées.
La France dispose d'une position intéressante au niveau européen
par l'intermédiaire de Crolles qui pourrait renforcer ses liens avec
ses concurrents, mais néanmoins partenaires, de Dresde (Allemagne)
et Louvain (Belgique) pour créer un pôle européen à l'échelle
mondiale.


© Ministère de l'Économie, des Finances
et de l'Industrie,
Direction
Générale des Entreprises, 12/2006
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