TECHNOLOGIES CLÉS 2010 (novembre 2006)

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Technologies de l’information et de la communication

5. Outils et méthodes pour le développement de systèmes d'information

Description

Que ce soit pour rationaliser les conduites sociales et économiques, pour réduire les coûts ou pour optimiser la satisfaction du client, les entreprises et les organisations cherchent à transformer en permanence leur système d'information. Les choix en matière d'infrastructures sont alors directement liés aux objectifs stratégiques et commerciaux, et la technologie est utilisée comme moyen pour permettre d'atteindre ces objectifs.

La notion d'urbanisation des systèmes ou d'intégration d'application d'entreprises (EAI) fait référence à l'opération humaine et technologique qui consiste à réorganiser l'architecture des systèmes d'information d'une entreprise ou d'une organisation. L'urbanisation comporte deux aspects essentiels : la mise en œuvre des nouvelles applications et la prise en compte de l'existant.

Pour faire face à la difficulté de mesurer la rentabilité des investissements logiciels, du fait notamment de gains attendus indirects ou qualitatifs visant à améliorer la gestion, à réduire la dérive des délais et des budgets provisionnés et à éviter les risques de rejet de la part des utilisateurs, il est nécessaire de disposer de méthodes et d'outils permettant de mieux gérer les processus d'informatisation.

Ces méthodes peuvent être regroupées en trois catégories, selon les objectifs recherchés.

Estimer les délais, les charges. L'urbanisation d'un système d'information doit être pensée en termes de logique d'investissement économique, par définition risquée. C'est aux décideurs de fixer le niveau de risque acceptable en regard des gains probables escomptés. Cette étape peut se révéler difficile, notamment pour les petites sociétés moins structurées qui doivent se faire accompagner ou disposer d'outils d'assistance au processus d'acquisition de systèmes logiciels et à la maîtrise des risques. Elles doivent en particulier être en mesure de déchiffrer l'offre disponible.

Conduire les activités de projet. Il s'agit de développer des outils intégrés permettant de maintenir une parfaite cohésion entre les différents intervenants (commanditaires, chefs de projet, architectes, développeurs) et de gérer le cycle de vie du projet informatique selon les référentiels qualité. En particulier, les acteurs du projet doivent être en mesure de contrôler la conformité des développements et les exigences du cahier des charges. De nombreux outils et référentiels ont été développés par la communauté du logiciel libre qui a montré la voie en matière de développement collaboratif maîtrisé. Certaines grandes entreprises ont capitalisé sur cette expérience pour développer en interne des environnements de gestion de projet basés sur des briques du libre. La plupart des entreprises n'ont, cependant, ni les compétences techniques ni le temps pour assembler leur propre plate-forme. Les grandes firmes, positionnées sur le marché des environnements de développement logiciel, prévoient d'étendre leur offre en proposant des solutions intégrées de gestion du cycle de projet dans sa totalité.

Concevoir les systèmes d'information. Les techniques usuelles de EAI (Enterprise Application Integration) se basent sur l'envoi de messages entre applications demandeuses et applications offreuses (par le biais d'un bus gérant les messages). Plus récemment, l'urbanisation des systèmes évolue vers une intégration sur la base d'architectures orientées service (SOA - Service Oriented Architecture) héritées des technologies utilisées pour construire les applications à base de services sur internet (par exemple le e-commerce). L'approche SOA se base sur quatre grands principes :

  • construction sur la base de protocoles standardisés ou en voie de standardisation dans le monde des Web services (standards SOAP, WSDL, UDDI) ;
  • intégration facile des services sur la base de leur description, c'est à dire sans que cela nécessite d'accéder au code informatique du logiciel à intégrer ;
  • neutralité technologique, quel que soit le langage de programmation dans lequel le logiciel est réalisé ;
  • écouverte dynamique de nouveaux services disponibles. L'approche SOA apporte en particulier une notion d'asynchronisme (également nommé EDA pour Event-Driven Architecture) qui répond aux enjeux récurrents de flexibilité.

Les progrès attendus en matière de SOA concernent les langages complémentaires pour la gestion des transactions ou de la sécurité. Le niveau de maturité et de stabilité actuel de ces langages (par exemple WS-Security) étant assez variable est considéré comme un frein à sa généralisation.

Degré de développement :
Emergence
Croissance
Maturité

Enjeux, Impact

En raison des coûts d'investissement engagés et de l'impact potentiel des nouvelles technologies de l'information sur les structures et les stratégies organisationnelles, le développement de systèmes d'information constitue un enjeu important pour les entreprises et les organisations dans tous les secteurs de l'industrie, du commerce, des services marchands et non marchands.

Selon une étude Borland menée en France, 16 % des projets tiennent leurs engagements, tandis que 37 % sont purement et simplement arrêtés en cours de route. Les 47 % restants dépassent les délais ou le budget initialement prévus.

La maîtrise des développements de systèmes d'information est centrale pour tous les acteurs concernés :

  • pour les clients (administrations, PME, industrie), il s'agit de maîtriser les paramètres liés à la pérennité de leur investissement financier et de limiter la prise de risque ;
  • pour l'industrie du logiciel et des services informatiques, l'enjeu est d'accroître leur capacité à prédire et à contrôler la qualité des produits, à planifier, à évaluer le coût et le cycle de renouvellement et la productivité des équipes de développement. Il s'agit aussi de maîtriser les risques liés à des projets de développement fortement délocalisables ;
  • pour les développeurs, il s'agit d'accroître leurs capacités à analyser, prédire et contrôler les caractéristiques fonctionnelles des logiciels qu'ils développent.

Marché

La maturation rapide mais encore inachevée des standards et des technologies relatives aux SOA n'a pas empêché un ensemble d'acteurs de l'industrie informatique de se positionner, dès l'arrivée même des Web services, sur un marché qui est devenu un des plus visibles et des plus porteurs.

Le marché des environnements intégrés de développement d'applications logicielles, traditionnellement très lié aux langages de programmation, s'ouvre à des solutions plus complètes permettant de gérer la totalité du cycle du projet de développement informatique. En plus des éditeurs traditionnels (IBM, Microsoft, Sun, Borland), ce marché attire les éditeurs de progiciels d'entreprises (Sap, Oracle), les acteurs venant des Web services (tels BEA, aux États-Unis) ou des services mobiles pour l'entreprise. De fait, on assiste à des mouvements de concentration des acteurs, par le biais d'alliances ou de rachats, et à l'entrée de nouveaux acteurs. Ce marché, longtemps très tourné vers les grands comptes, s'ouvre aux PME et aux administrations en proposant des solutions adaptées à leurs besoins spécifiques.

Les premiers marchés concernés par les outils et méthodes pour le développement des systèmes d'information sont :

  • le marché de la prestation de service pour l'intégration logicielle (consulting, intégration, support technique) qui est en croissance continue depuis 2003 et qui devrait atteindre 66,2 Md€ en Europe de l'Ouest en 2006 ;
  • le marché des logiciels d'entreprise qui représentera 661,3 Md$ au niveau mondial en 2008.

Il s'agit d'un marché sur lequel sont positionnés les acteurs majeurs de l'édition logicielle et les SSII.

Le développement de systèmes d'information concerne aussi le marché de l'e-gouvernement qui est en pleine expansion, bien que les investissements restent inégaux selon les pays.

Degré de diffusion de la technologie :
Naissance
Diffusion
Généralisation

Domaines d'application :
édition, imprimerie, reproduction ; industrie automobile ; construction aéronautique et spatiale ; fabrication de composants électroniques ; services de transports ; activités financières ; activités immobilières ; postes et télécommunications ; services informatiques ; services aux entreprises ; recherche et développement ; éducation ; administration.

Acteurs

Disciplines scientifiques : informatique, mathématiques et leurs applications, sociologie, démographie, droit et sciences politiques, économie et gestion,

Compétences technologiques : informatique, technologies organisationnelles

Pôles de compétitivité : Image, multimédia et vie numérique (Île-de-France), Images et réseaux (Bretagne), Transactions Électroniques sécurisées (Basse-Normandie), System@tic (Île-de-France), Loisirs numériques (Rhône-Alpes).

Liens avec (technologies) : composants logiciels ; ingénierie des systèmes embarqués ; virtualisation des réseaux ; technologies du Web Sémantique ; gestion et diffusion des contenus numériques ; méthodes et outils de co-conception ; ingénierie des systèmes complexes

Principaux acteurs français

Centres de compétences : CNRS-Pirttem, Comité Interministériel pour l'informatique et la bureautique dans l'administration (CIIBA), pôle productique Rhône-Alpes, le club Urba-SI (www.urba-si.asso.fr), le cigref (www.cigref.fr),

Industriels : Business Object, Ilog, Adonix, Cartesis,Capgemini, Sage, Atos Origin, Steria, Unilog, GFI Informatique, Transiciel, achatpublic.com (CDC, France Télécom, Groupe Moniteur, Ugap, Dexia).

Exemples d'acteurs dans le monde : AmberPoint (États-Unis), BEA Systems (États-Unis), IBM (États-Unis), Intalio (États-Unis), Microsoft (États-Unis), Oracle (États-Unis), Sap (Allemagne), Sonic Software (États-Unis), Sterling Commerce-SBC (États-Unis), EAI Systinet (États-Unis), Tibco (États-Unis), Borland (États-Unis), Sun (États-Unis)

Commentaires

À travers les évolutions des technologies de l'information et de la communication, les schémas classiques du management, de la décision et de l'organisation sont ainsi amenés à être complètement repensés. Des travaux de recherche sont encore nécessaires pour aider à comprendre les relations entre les technologies de l'information et les pratiques du management des organisations.

 

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DGE Direction Générale des Entreprises, 12/2006