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 TECHNOLOGIES CLÉS 2010 (novembre 2006)
Technologies de l’information et de la communication
6. Ingénierie des systèmes embarqués
Description
L'ingénierie des systèmes embarqués fait référence
aux méthodes, techniques et outils (équipements, logiciels,
plates-formes) pour la conception et le développement de sous-systèmes
intelligents capables de contrôler une large gamme d'équipements électroniques
(appareils photos, téléphones mobiles), de systèmes industriels
(usines, production d'énergie), d'infrastructures (réseaux de
diffusion d'énergie).
Les systèmes embarqués peuvent être vus comme des ordinateurs
enfouis dans les équipements électroniques du quotidien (téléphones,
voitures, avions, satellites, engins industriels). Ils sont souvent développés
pour une application particulière et sont soumis à des contraintes
fortes : faible consommation, capacité mémoire réduite,
temps-réel, communication, etc.
Le logiciel prend une place de plus en plus importante dans les systèmes
embarqués si bien que certaines fonctions qui étaient assurées
par du matériel (hardware) deviennent du logiciel (software). Ainsi
la frontière entre le matériel (répondant à des
questions de performance) et le logiciel (utilisé pour sa flexibilité)
est de plus en plus floue. L'utilisation de la co-conception matérielle-logicielle
n'étant pas encore généralisée, les techniques
usuelles de conception de systèmes embarqués conduisent à spécifier
de façon disjointe le hardware et le software, ce qui engendre plusieurs
inconvénients :
- le manque de représentation unifiée des fonctions software-hardware
rend difficile la vérification du système dans son ensemble
et peut entraîner des incompatibilités hard/soft ;
- la définition a priori de la répartition des fonctions
hardware-software conduit à des conceptions non optimisées
(manque de continuité) ;
- le manque de visibilité au
niveau des spécifications fonctionnelles
rend les révisions difficiles, ce qui a un impact direct sur le temps
de mise sur le marché.
Les méthodes d'ingénierie des logiciels en général
servent de cadre (voir aussi composants logiciels) pour l'ingénierie
des systèmes embarqués mais doivent faire l'objet d'adaptations
pour tenir compte des contraintes spécifiques au domaine de l'embarqué.
Plusieurs défis technologiques doivent être affrontés :
- méthodes de conception permettant d'optimiser la performance et
la consommation d'énergie ;
- langages de spécification
et de modélisation adaptés
aux problématiques spécifiques de l'embarqué, c'est-à-dire
temps réel, tolérance aux fautes, sécurité,
embarquabilité ...
et les boites à outils associées ;
- méthodes de
test et de vérification formelle adaptées
aux systèmes embarqués (validation par construction, prise
en compte des contraintes matérielles ...) ;
- méthodes
pour l'intégration de composants réutilisables
certifiés (COTS - commercial off the shelf) ;
- architectures
(logicielles) pour systèmes embarqués distribués,
communicants et hétérogènes ;
- autonomie des systèmes par adjonction de fonctions « intelligentes » ;
- réduction de la vulnérabilité des systèmes embarqués
aux attaques extérieures (virus, intrusions, etc.).
Les outils associés permettant d'assister la production doivent être
développés. Ils concernent :
- le langage de programmation et les compilateurs ;
- les ateliers
de développement intégrant les outils de modélisation,
exécution et vérification ;
- les outils d'aide à la
décision relatifs au choix de la répartition
des fonctions (liés à la vérification et à la
simulation) ;
- les ateliers de coconception matérielle-logicielle ;
- les
plates-formes de cosimulation.
La généralisation des systèmes embarqués dans
l'environnement quotidien tend à s'appuyer sur les capacités
des systèmes hétérogènes à communiquer
et à s'adapter aux changements de contexte. De fait, des systèmes
embarqués provenant de divers équipements et de diverses origines
doivent pouvoir interopérer. Cela induit la nécessité de
disposer de standards ouverts prenant en compte les spécificités
des équipements embarqués.
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Degré de développement :
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Emergence
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Croissance
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Maturité
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Enjeux, Impact
Dans les systèmes critiques (avionique, nucléaire, spatial,
etc.) les comportements doivent être garantis car des défaillances
peuvent avoir des conséquences irréversibles (vies humaines
en péril par exemple). L'acceptabilité des fonctions logicielles
(leur utilisation et leur généralisation) sont donc en jeu.
Dans le développement de systèmes moins critiques, des compromis
entre plusieurs critères comme la qualité de service, les coûts,
les délais de conception et de déploiement ou la consommation
d'énergie des équipements, la sécurité doivent être
déterminés.
Pour les grands intégrateurs, l'ingénierie des systèmes
embarqués impacte directement les coûts et délais de développement :
près de la moitié des projets de développement des systèmes
embarqués sont lancés avec plusieurs mois de retard, et moins
de la moitié de toutes les conceptions atteignent leurs objectifs de
départ en matière de performances. Ces difficultés sont
principalement dues à la complexité de la réalisation
de tels systèmes. Cela entraîne une perte importante en termes
de parts de marché accessible et de chiffre d'affaires, mais aussi,
dans le cas de mise sur le marché de produits défaillants, en
termes d'image.
L'environnement normatif dans le secteur des logiciels embarqués en
est à ses débuts. Il est encore largement possible pour les
acteurs français et généralement européens de
s'imposer, d'autant que l'Europe dispose en la matière d'acteurs de
premier ordre.
Marché
Les systèmes embarqués (Embedded Intelligent Systems)
sont enfouis dans la majeure partie des équipements du quotidien et
concernent la quasi-totalité des secteurs d'activité, par exemple :
- le transport automobile et aéronautique : assistance à la
conduite et à la commande de vol, maintenance des véhicules,
contrôle aérien ;
- le spatial : véhicule
orbital ;
- la défense : contrôle de trajectoires,
lanceur ;
- le secteur de la santé : équipement
de diagnostic médical
et de soins ;
- le secteur manufacturier : automatismes industriels,
dispositifs de sécurité, assistance à la maintenance ;
- l'électronique grand public : appareils photographiques et
vidéo,
lecteurs DVD, gros électroménager ;
- les télécommunications :
téléphones, switches,
routeurs ;
- l'agriculture : robots, surveillance.
En 2003, on pouvait dénombrer 8 milliards de composants électroniques
embarqués dans le monde. Selon une estimation, ce nombre pourrait passer à 16
milliards en 2010, soit une moyenne de trois par personne (source IST-High-Level
Group on Embedded Systems). Le seul marché mondial des systèmes
d'exploitation embarqués devrait progresser de 700 M$ en 2004 à plus
de 1,1 Md$ en 2006 (source VDC).
Le logiciel embarqué est de surcroît le secteur des TIC qui
dispose du plus fort potentiel de croissance pour les années à venir.
Selon l'Idate, les activités de recherche-développement en logiciel
devraient connaître une croissance de 130 % entre 2002 et 2015 (ce qui
représentera alors 132 Md€ de dépenses de R&D) sur
les six secteurs agrégés : aéronautique, automobile,
automatismes industriels, télécommunications, équipements
de santé et électronique grand public.
Le secteur des systèmes embarqués représente, à ce
jour, 460 000 développeurs dans le monde et devrait croître
de 10 % par an les prochaines années et ainsi atteindre près
de 700 000 en 2010 (source Artemis - Stratégic Research Agenda).
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Degré de diffusion de la technologie :
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Naissance
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Diffusion
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Généralisation
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Domaines d'application :
industrie automobile ; construction de matériel ferroviaire
roulant ; construction aéronautique et spatiale ; fabrication
de machines de bureau et de matériel informatique ; industries
des équipements électriques et électroniques ;
services de transports ; postes et télécommunications ;
services informatiques ; services aux entreprises ; activités
récréatives, culturelles et sportives ; services
personnels et domestiques.
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Acteurs
Disciplines scientifiques : informatique, automatique, électronique,
mathématiques et leurs applications.
Compétences technologiques : télécommunications,
informatique, semi-conducteurs, analyse, mesure et contrôle.
Pôles de compétitivité : Images et réseaux
(Bretagne), Solutions communicantes sécurisées (Provence-Alpes-Côte
d'Azur), Aéronautique et espace (Aquitaine et Midi-Pyrénées),
Transactions électroniques sécurisées (Basse-Normandie),
System@tic (Île-de-France), Minalogic (Rhône-Alpes), Vestapolis
(Île-de-France), Normandy
Motor Valley (Basse et Haute-Normandie).
Liens avec (technologies) : contrôle-commande des réseaux
et de la puissance ; infrastructures routières intelligentes ;
sécurité active des véhicules ; systèmes
aériens automatisés ; positionnement et horodatage ultraprécis ;
gestion de la microénergie ; processeurs et systèmes ;
RFID et cartes sans contact ; composants logiciels ; infrastructures
et technologies pour réseaux de communication diffus ; virtualisation
des réseaux ; sécurisation des transactions électroniques
et des contenus ; acquisition et traitement de données ;
affichage nomade ; contrôle de procédés par analyse
d'image ; imagerie et instrumentation associées aux sciences du
vivant ; capteurs intelligents et traitement du signal ; ingénierie
des systèmes complexes.
Principaux acteurs français
Centres de compétences : Inria, CNRS-LAAS (Toulouse), CEA, IERSET
(Toulouse), CNRS-INPG-Verimag (Grenoble), LaBRI (Bordeaux)
Industriels : Esterel technologies, Aonix, Sogeti-Transiciel, Memscap,
Tronics, Alcatel Space Industries, Comau Systèmes France, MBDA (Matra
BAE Dynamics), SC FLUIDS, ST Microelectronics, Datavision, Thalès,
EADS, Dassault Aviation, Trialog. Réseau d'excellence sur la conception
de systèmes embarqués : Artist2, Plate-forme FP7 (Artemis)
(ww.cordis.lu/ist/artemis/index.html).
Exemples d'acteurs dans le monde : Philips
(Pays-bas), Siemens (Allemagne), Continental (Allemagne), Infineon Technologies
(Allemagne), Berkeley University (États-Unis), ABB Group (Suisse)


© Ministère de l'Économie, des Finances
et de l'Industrie,
Direction
Générale des Entreprises, 12/2006
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