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 TECHNOLOGIES CLÉS 2010 (novembre 2006)
Technologies de l’information et de la communication
14. Interfaces humain-machine
Description
L'évolution technologique induit la généralisation
des fonctions d'interface humain-machine (IHM), c'est-à-dire
de dispositifs matériels et logiciels qui permettent à un
ou plusieurs utilisateurs de communiquer avec un dispositif chargé de
réaliser une action ou de fournir une information. Ces interfaces
servent à transmettre un ordre de l'humain vers le dispositif (souris
d'ordinateur, volant de direction, manette de jeu, commandes de machines-outils ...)
ou à relayer une information du dispositif vers l'humain (écran
d'ordinateur, tableau de bord automobile, alarme sonore, retour de force,
réalité augmentée, synthèse vocale ...). La
mise au point et le test de ces interfaces constituent un processus d'autant
plus complexe que la complexité des dispositifs concernés
augmente également. Par exemple, la quantité d'informations à transmettre à un
conducteur automobile augmente régulièrement, alors que
le nombre de paramètres de personnalisation du véhicule
(position de conduite, confort intérieur, alarme de sécurité ...)
croît également. Les interfaces posent donc des problèmes
aussi bien de l'ordre de la technique (fusion de données multimodales,
détermination de l'information à retransmettre, utilisation
au mieux des modalités disponibles en fonction du contexte ...)
que de l'humain.
Les interfaces doivent être adaptées à l'usage,
en tenant compte par exemple de la priorité de délivrer
telle information ou de réaliser telle action sur telle autre.
Elles doivent prendre en compte des critères aussi variés
que le type d'utilisateur (professionnel-domestique, homme-femme, enfant-adulte-personne âgée,
avec ou sans formation, acceptabilité individuelle et sociale ...),
l'environnement (industriel-tertiaire, conditions de visibilité,
culture, langue, collaboratif-individuel ...), la réglementation
(arrêts d'urgence, types d'information ...), la variété des
supports (ordinateur, PDA, machine-outil, interopérabilité entre
supports ...), etc..
Les moyens matériels de transmission de l'information
et d'action bénéficient du cumul croisé d'expérience
de différents secteurs d'activité : aéronautique
(viseur tête haute, joystick, suivi du regard ...), automobile
(bandes vibrantes, volant ...), informatique (fenêtres, souris,
menus ...), etc.
Les IHM font également l'objet d'efforts de la part des
industriels vers une standardisation. C'est particulièrement vrai
dans le domaine de l'informatique, où se développent des
boîtes à outils permettant de construire rapidement une interface
visuelle adaptable aux différents systèmes, langages et
contextes d'utilisation, à l'instar des outils disponibles pour
le développement logiciel.
Les technologies d'IHM relèvent de différents axes
technologiques :
- les interfaces matérielles (écrans, manettes,
claviers, interfaces haptiques, caméras, microphones ...) ;
- la conception des interfaces (ergonomie, psychologie cognitive, adaptation
au contexte à partir d'hypothèses
...) ;
- l'électronique et l'informatique de gestion des
interfaces.
Pour les années à venir, des travaux sont déjà engagés
dans différentes directions telles que :
- les nouveaux modes de représentation des informations
et de navigation, les nouveaux paradigmes d'interfaces pour remplacer
l'interface graphique de type « Wimp » ou « métaphore
du bureau » : exploitation du 3D, interfaces multimédias,
médiation homme-machine, usage d'avatars ;
- l'IHM générique,
briques logicielles permettant de construire des applications IHM adaptées
ou spécialisées ; à partir
de briques génériques, spécialisation des interfaces
en fonction du contexte (intelligence, apprentissage) ;
- l'interaction « ubiquitaire » affranchie
d'équipements par la langue naturelle, la gestuelle, la capture
des mouvements d'une partie du corps ou des yeux, des émotions
ou toute information « portée » naturellement
par l'utilisateur ;
- les interfaces sensorielles : haptiques
(toucher), vision augmentée, odorat, ouïe ;
- les technologies
d'interface électronique-neurones :
cette technologie basée sur des sondes miniaturisées permet
de comprendre le fonctionnement des réseaux de neurones biologiques.
Elle amènera un véritable saut dans le domaine des neurosciences.
Des applications sont à attendre à long terme pour les neuroprothèses
et les interfaces homme-machine. À ce jour il n'y a pas d'industriel
mais une solide base de recherche, notamment aux États-Unis. C'est
une technologie verrou pour les systèmes mixtes biologie-électronique.
La principale difficulté demeure dans la forte dimension « humaine » à appréhender
dans le développement des technologies. Les technologies développées
ne s'imposeront pas par leur qualité intrinsèque mais par
la valeur qu'elles apportent aux services et aux produits auxquels elles
sont intégrées. Notamment, elles devront gérer les éventuelles
surcharges sensorielles dans des domaines tels que la conduite automobile
ou certains environnements professionnels, dans lesquels l'attention de
l'opérateur doit rester concentrée sur des perceptions extérieures à l'interface.
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Degré de développement :
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Emergence
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Croissance
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Maturité
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Enjeux, impact
L'enjeu technologique est de réduire un goulot d'étranglement
en rapprochant les systèmes artificiels de la perception naturelle
de l'homme. L'enjeu social et économique est de favoriser l'acceptabilité des
fonctions communicantes dans la vie quotidienne, de concevoir des produits
fonctionnels et de permettre l'accès à un plus grand nombre
de personnes (handicaps, personnes âgées, etc.). Il est aussi
d'imposer de nouveaux paradigmes qui viendront se substituer à ceux
qui, datant des années 70, sont actuellement dominants. Des places
de leaders sont à prendre (par le biais de brevets sur ces nouveaux
paradigmes par exemple).
La nécessité de tester certaines technologies sur
l'humain (pour les implants neuronaux, par exemple) est un facteur qui
doit être pris en compte dans le développement de ces technologies.
Les aspects technologiques relatifs à la notion d'interopérabilité sont
fortement contraints par les normalisations de formats d'échange
pour chaque secteur d'application concerné. L'adaptation des interfaces
aux préférences des utilisateurs impose le stockage d'informations
personnelles et par conséquent des problématiques en relation
avec la protection de la vie privée.
Au cours des dernières années, ce domaine technologique
a été fortement influencé par les secteurs de la
défense et du jeu, secteurs dans lesquels la France se distingue.
L'impact est très fort puisqu'il s'agit de l'acceptabilité de
l'informatique ambiante et de rendre possible l'accès ubiquitaire à l'information, à la
communication. De nombreuses applications ne pourront voir le jour faute
de mode d'interaction adapté, notamment dans le monde du logiciel
embarqué où le système est transparent pour l'utilisateur
qui ne voit que l'interface.
Marché
Les interfaces humain-machine sont centrales pour de nombreux
secteurs d'application : électronique personnelle, environnements
industriels, automobile, défense, aéronautique, etc. C'est
une technologie à très fort potentiel diffusant. On estime
le marché mondial des interfaces humain-machine à 590 M$
en 2006 (vente de produits et services liés aux IHM). Le marché mondial
est en croissance annuel de 6 %, contre 10 % pour la seule Europe.
Par ailleurs, l'étude de marché met en évidence
la priorité accordée au développement d'interfaces
permettant la gestion d'information en temps réel, notamment pour
les secteurs de la logistique, de l'assurance qualité, de la planification
ou de la maintenance.
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Degré de diffusion de la technologie :
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Naissance
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Diffusion
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Généralisation
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Domaines d'application :
industries des équipements du foyer ; industrie automobile ;
construction navale ; construction de matériel ferroviaire
roulant ; construction aéronautique et spatiale ; autres
véhicules ; Industries des équipements mécaniques ;
fabrication de machines de bureau et de matériel informatique ;
industries des équipements électriques et électroniques ;
fabrication de matériel électrique ; fabrication
de composants électroniques ; travaux publics ; services
de transports ; activités financières ; postes
et télécommunications ; recherche et développement ; éducation ;
santé, action sociale ; administration.
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Acteurs
Disciplines scientifiques : informatique, automatique,
traitement du signal, électronique, sciences du langage, psychologie,
sociologie, neurosciences.
Compétences technologiques : composants électriques,
audiovisuel, télécommunications, informatique, analyse,
mesure et contrôle
Pôles de compétitivité : Image,
multimédia et vie numérique (Île-de-France), Images
et réseaux (Bretagne), Vestapolis (Île-de-France), System@tic
(Île-de-France), Véhicule du futur (Alsace, Franche-Comté),
Ville et mobilité (Île-de-France), Aéronautique et
espace (Aquitaine, Midi-Pyrénées)
Liens avec (technologies) : sécurité active
des véhicules ; composants et systèmes logiciels ;
acquisition et fusion de données ; réalité virtuelle,
augmentée, 3D ; imagerie et instrumentation associées
aux sciences du vivant ; capteurs intelligents et traitement du signal ;
méthodes et outils de coconception ; ingénierie des
systèmes complexes ; technologies d'authentification ;
affichage nomade ; infrastructures et technologies pour réseaux
de communication diffus.
Principaux acteurs français
Centres de compétences et industriels : une
partie des acteurs français sont regroupés au sein de l'AFIHM
(Association francophone d'interaction homme-machine) (www.afihm.org/sites-web/organismes.html).
Parmi les adhérents : CENA-PII (Toulouse et Athis-Mons), EMN-CMI
(Nantes), ENST-I3 (Paris), Eurecom (Sophia Antipolis), Eurisco ICTT (Lyon),
IRIT-IHMPT (Toulouse), Imag-Clips (Grenoble), LAMIH (Valenciennes), LIHS
(Toulouse), LIMSI (Orsay), LIRMM-IHMH (Montpellier), LISI (Poitiers),
LRI-IHM (Orsay), Merlin (Inria), Trigone (Lille), Valoria-Équipage
(Vannes), EDF, Ilog User Interface Research, La Poste-SRTP, FTRD.
On ne cite ici que des acteurs dont la principale activité est
liée aux IHM. L'ensemble des industriels des domaines d'applications
cités précédemment ont également une activité forte
dans les interfaces humain-machine.


© Ministère de l'Économie, des Finances
et de l'Industrie,
Direction
Générale des Entreprises, 12/2006
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