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TECHNOLOGIES CLÉS 2010 (novembre 2006)
Technologies du vivant - santé - agroalimentaire
49. Techniques de criblage et de synthèse à haut
débit
Description
Par techniques de criblage et de synthèse à haut débit
on entend :
- le criblage à haut débit (HTS - High Throughput Screening)
réel. Le développement de la génomique
et de la protéomique a conduit à la découverte de
nombreuses cibles thérapeutiques, constituant ainsi des ciblothéques.
Parallèlement, les progrès de la chimie combinatoire (méthode
de recherche pharmaceutique qui consiste à synthétiser,
de manière automatique, un grand nombre de molécules de
structures apparentées) ont permis de synthétiser des banques
de molécules,
potentiellement actives, à tester. Pour tirer partie de ces améliorations,
des techniques de tests à haut débit (criblage) sont mises
en place pour découvrir, à partir de ces chimiothèques
et de ces ciblothéques, des molécules aux propriétés
nouvelles biologiquement actives.
Les verrous principaux qui freinent
le développement de ces technologies
sont techniques. Ils concernent :
- le choix de la cible : une des
questions est de savoir s'il est préférable
de choisir une cible issue de la génomique ou de privilégier
l'étude d'une cible connue ayant déjà apporté des
résultats intéressants. Par ailleurs, manipuler un seul
gène
cible ou une seule protéine cible ne permettra pas, dans tous
les cas, d'obtenir des résultats satisfaisants (cas des maladies
multifactorielles) ;
- la mise au point d'essais biologiques robotisés pertinents :
il est bien sûr intéressant de mettre au point des tests
permettant d'évaluer l'activité mais aussi la toxicité,
l'absorption, la distribution, la métabolisation du composé en
vue des essais cliniques ;
- la gestion de la masse de données produites (jusqu'à 50 à 100
000 molécules par mois et par chercheur) ;
- l'approvisionnement
en molécules : la tendance est plutôt à la
conception rationnelle de chimiothéques ciblées, de plus
petite taille.
Cette technique de criblage à haut débit a été étendue à d'autres
domaines des biotechnologies, comme la mutagenèse dirigée
qui nécessite des outils de tests à très haut débit ;
- le
criblage virtuel. Il s'agit d'une modélisation (simulation
virtuelle) de l'action thérapeutique de molécules sur une
cible, qui pourrait se substituer en partie aux essais réalisés
in vitro, ou du moins avoir pour objectif d'effectuer une présélection
des molécules à tester in vitro. On parle de tests in silico.
Cette technologie fait appel aux progrès récents de plusieurs
disciplines : la biologie moléculaire, la biologie structurale
(détermination de la structure tridimensionnelle de la cible), la
bio-informatique, les mathématiques (voir la fiche Modélisation,
simulation, calcul) ;
- l'expérimentation à haut débit (HTE
- High Troughput Experimentation). Cette technologie a pour but d'accélérer
le processus de recherche principalement en catalyse et en chimie des matériaux
en vue de la mise au point de procédés de production. La technologie
repose sur l'utilisation des outils de la chimie combinatoire pour accélérer
la recherche de nouvelles conditions opératoires pour des réactions
généralement connues, et notamment la recherche de nouveaux
catalyseurs. L'expérimentation à haut débit permet
de découvrir des systèmes catalytiques nouveaux et/ou des
conditions opératoires performantes très rapidement.
Ces technologies font appel à de multiples disciplines comme la génomique,
la protéomique, la robotique, les microsystèmes (développement
de systèmes miniaturisés, MEMS-Micro-electro-mechanical-systems),
la microfluidique, la chimie, la bioinformatique ...
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Degré de développement :
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Emergence
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Croissance
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Maturité
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Enjeux, Impact
Les enjeux de la maîtrise de ces technologies sont les suivants :
- il s'agit de rendre les domaines d'application (drug discovery,
chimie, catalyse, matériaux ...) plus compétitifs en diminuant
les coûts
associés et en augmentant la vitesse des découvertes (time
to market) : il est évident que celui qui découvrira
le plus rapidement et produira les principes actifs agrochimiques ou pharmaceutiques
par le procédé le moins onéreux remportera le marché.
L'enjeu est grand si l'on sait que les plus grands block busters pharmaceutiques
rapportent chacun 5 ou 6 Md$ par an ;
- dans le domaine de la chimie,
l'amélioration de procédés
catalytiques est un domaine clé de la recherche chimique, étroitement
lié à la propriété industrielle. D'après
les Chemical Abstracts, les brevets les plus consultés dans
le monde sont régulièrement des brevets de méthodologie
de synthèse en catalyse. Ils se classent devant les brevets de chimie
médicinale. L'importance des impacts du développement des procédés
catalytiques est souligné par le choix de la catalyse comme un des
trois axes technologiques du pôle à vocation mondiale « chimie
environnement Lyon Rhône-Alpes » (Axelera) ;
- le développement
d'industries connexes (fabrication de robots de criblage, de synthèse,
logiciels ...) contribue à pérenniser et
développer ces secteurs industriels.
L'horizon temporel prévisible de la maîtrise de certaines de
ces technologies est assez proche (moins de 5 ans), notamment pour la santé (découverte
de nouveaux traitements) et les biotechnologies. Pour la chimie, l'horizon
est plus lointain : de 5 à 10 ans.
Marché
Les domaines d'application de ces technologies sont la pharmacie et l'agrochimie
(découverte de nouveaux médicaments, herbicides, insecticides,
fongicides ...), les biotechnologies (mutagenèse dirigée, par
exemple), la chimie (mise au point de procédés catalytiques
et de matériaux innovants).
Le marché européen du criblage à haut débit (découverte
de principes actifs) a été estimé à 377 M€ et
devrait augmenter pour atteindre 722 M€ en 2010. Le marché du
HTE est lui encore émergent, sa croissance est à prévoir
dans les années à venir. Globalement, le marché de ces
technologies est un marché à fort potentiel.
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Degré de diffusion de la technologie :
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Naissance
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Diffusion
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Généralisation
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Domaines d'application :
industries agricoles et alimentaires ; industrie pharmaceutique ;
fabrication de savons, de parfums et de produits d'entretien ;
chimie, caoutchouc, plastiques ; fabrication de composants électroniques ;
recherche et développement.
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Acteurs
Disciplines scientifiques : biochimie, biologie moléculaire,
sciences médicales et alimentation, physico-chimie de la pharmacologie,
médecine et odontologie, chimie moléculaire, chimie analytique,
informatique.
Compétences technologiques : composants électriques,
informatique, analyse, mesure et contrôle, ingénierie médicale,
chimie organique, biotechnologies.
Pôles de compétitivité : Innovations thérapeutiques
(Alsace), Chimie-environnement Lyon (Rhône-Alpes), Méditech Santé (Île-de-France).
Liens avec (technologies) : protéomique ; génomique
fonctionnelle à grande échelle ; microtechnologies pour
l'intensification des procédés ; transgénèse ;
modélisation, simulation, calcul ; acquisition et traitement de
données.
Principaux acteurs français
Centres de compétences : CEA (GCC : Groupe de chimie combinatoire
et de criblage à haut-débit), CIT (Rennes, HTE), Institut Gilbert
Laustriat (Criblage et chimiothéque nationale, Strasbourg), LOF Rhodia-CNRS
(HTE), RMNT (Réseau Micro Nano Technologies.
Industriels : Cerep, Hybrigenics, Biométhodes (Massive Mutagenesis® – Demande
PCT WO 02/16606 – technologie phare de Biométhodes, est la seule technologie
de mutagenèse dirigée combinatoire à haut débit),
Rhodia (HTE).
Exemples d'acteurs dans le monde : HTS : Aclara Biosciences
(États-Unis), Discovery Partners (États-Unis), Vertex Pharmaceuticals
(États-Unis), Euroscreen (Belgique), Interbioscreen (Russie) ; HTE :
DSM (Pays Bas) et probablement les différentes grandes entreprises
du même secteur comme Degussa (Allemagne), Avantium (Pays-Bas), Symyx
(États-Unis) ... Certains laboratoires du Massachusetts Institute of
Technology à Boston.


© Ministère de l'Économie, des Finances
et de l'Industrie,
Direction
Générale des Entreprises, 12/2006
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